lundi 1 août 2016

ppi étape 57 le 1 ier août 2016 Xuzhong-Xiahe 300 km

Avec ses 1900 mètres d'altitude et sa fraicheur nocturne avec
un thermomètre qui descend à 16 degrés Xuzhong nous offre un sommeil de
qualité . Comme ce matin il a été décidé que nous partions en convois
sur les quarante premiers kilomètres à 8h30 , il ne faut pas trainer .
Pendant que je rédige le blog , Dominique fait le plein d'eau , puis
nous déjeunons en tête à tête . Le temps de régler les GPS et de jeter
un coup d'oeil à la carte , il est temps de partir . C'est Gérard ,
notre président , qui ouvre le bal . Nous avons même droit aux adieux de
la police locale à la sortie du parc. Par chance nous sortons par une
route différente, ce qui nous évite de repasser entre les deux blocs de
béton . Nous sommes un peu émus ce matin car nous prenons la direction
du Tibet , encore un nom qui fait rêver , déjà depuis la petite enfance
avec les aventures de Tintin au Tibet.
Après la traversée de quelques villages où les autochtones
battent le lin séché pour récolter les graines directement sur la
chaussée ,nous longeons un énorme camp militaire , certainement là pour
défendre la frontière tibétaine proche . Puis nous attaquons la zone
très urbaine de Langzhou où la circulation n'est pas facile surtout pour
une colonne de dix neufs véhicules ; nous sommes obligés de faire
quelques arrêts pour que tout le monde recolle au peloton de tête .
C'est curieux de voir toutes ces tours d'une trentaine d'étages avec la
montagne complétement pellée juste derrière . Au fond , lorsqu'à la
faveur d'une large avenue on voit l'horizon , on devine de très hautes
montagnes dans la brume matinale . Nous mettons plus d'une heure et demi
pour se sortir de ce guêpier et atteindre enfin la G75 qui part aussitôt
à l'assaut d'un col . La vue sur les coteaux d'en face est magnifique
avec toutes ces terrasses cultivées aux couleurs différentes . Ici
encore les ouvrages d'art se succèdent à un rythme infernal ; on passe
d'un tunnel à un viaduc vertigineux pour replonger dans l'obscurité d'un
autre tunnel . Un peu avant le sommet nous empruntons une galerie longue
d'une bonne dizaine kilomètres pour ressortir dans une autre vallée au
paysage totalement différent . La couleur verte des cultures intensives
du côté précédent fait place à toutes les nuances de l'ocre des rochers
mis à nu par l'érosion .Pas un brin d'herbe n'ose s'y aventurer ; c'est
lunaire jusqu'à ce qu'on atteigne le fond de la vallée . Là , nous
retrouvons la civilisation : un chapelet de petites villages le long
d'une rivière boueuse à souhait , des canaux d'irrigation un peu partout
et de magnifiques champs de maïs qui alternent avec des parcelles de lin
devenues jaunes par séchage au soleil . Ici les meules sont encore plus
artistiques que celles d'hier avec un étage supplémentaire . Par contre
une chose nous interpelle : il y a des mosquée partout, quelques fois
cinq ou six pour un village . Certaines ont la forme de pagodes
bouddhistes , avec des minarets également en forme de pagode ; seules
les trois boules dorées et le croissant de lune permettent de les
distinguer . Nous apprenons par Yang que ce sont les musulmans chinois
qui gardent un peu les coutumes ancestrales bouddhiques , qui
construisent ainsi leur lieu de culte .
Nous quittons à nouveau la vallée pour monter progressivement
sur le haut plateau tibétain ; là encore le paysage change en même temps
que le thermomètre passe de 34 à 25 degrés . La première ligne de
montagnes se couvre d'herbe rase , les sommets s'arrondissent pour
rappeler un peu les paysages de Mongolie .Les larges rivières boueuses
font place à de jolies torrents bouillonnant d'écume . Au fond ,
derrière les premiers monts , on voit une barrière de très hautes
montagnes, arides celles-la . Nos moteurs commencent à manquer de
puissance et de reprise lorsqu'il faut doubler : on voit que nous sommes
à plus de trois mille mètres d'altitude . La conduite tibétaine nous
réserve encore pas mal de surprises ; on croyait pourtant avoir toucher
le fond avec la conduite chinoise et bien non , on peut toujours faire
pire ! Je ne regrette par mon investissement dans un gros klaxon de
camion , c'est très efficace ici ! Une autre chose qui nous déstabilise
aussi c'est que les panneau sont écrits en chinois et en tibétain mais
plus en alphabet latin .
Une fois sortis de l'autoroute , nous empruntons la S2 sur une
trentaine de bornes pour atteindre Xiahe , puis nous continuons à
remonter la vallée d'un torrent sur 10 kilomètres pour atteindre notre
lieu de campement . Tout au long de la fin de parcours , partout sur les
hauteurs, des temples bouddhistes s'accrochent à la montagne : nous ne
savons plus où donner de la tête : il parait qu'ici un enfant sur trois
devient moine .
A peine installés , nous grimpons à bord d'un bus pour aller
visiter le plus grand monastère du coin qui est sous l'autorité d'un
Lama , haut grade dans la hiérarchie bouddhique . Celui-ci occupe à lui
seul tout un flanc de montagne . L'ensemble est superbe : une dizaine de
temples sont ainsi dispersés dans un vaste enclos dont la porte
principale est richement décorée . Leurs toits de pagodes avec les coins
hautement retroussés sont en tuiles dorées . C'est une véritable ville
dont on remonte les rues bordées par les cellules des bonzes aux murs
blanchis à la chaux .
Ici , ce sont les bonnets jaunes qui peuplent le monastère car il y a
aussi les bonnets rouges , les gris ...dans la religion bouddhique .
Chaque temple correspond à une salle d'enseignement : l'un est dédié à
l'étude de la médecine tibétaine : c'est pour ça que le flanc de la
montagne est couvert de petites constructions cubiques qui sont en fait
des séchoirs pour les plantes médicinales . D'autres sont dédié à
l'étude de la théologie , l'astronomie , l'art ...
Puis tout à coup notre visite est interrompue brutalement par le son
très grave de quatre grosses trompes de cuivre que portent plusieurs
bonzes : c'est le début d'une procession qui sort du temple principale
où réside le Lama . Couverts d'un curieux bonnets jaunes décorés d'une
crête de fourrure, un peu comme les casque de la Grèce Antique, une
centaine de moines à robe pourpre sortent du temple pour escorter le
Lama, très bedonnant dans sa jaune . Certains moines soufflent dans de
petites cornes métalliques pendant que d'autres frappent frénétiquement
sur de très gros tambourins à l'aide d'un fléau terminé par une boule de
bois . Le cortège s'enfonce entre les hauts murs des ruelles accompagnés
par l'éclatement de milliers pétards . Dix minutes plus tard , nous les
voyons revenir en courant et en ordre dispersé : ce doit être l'heure
sacrée de la soupe car ils sont bien gras tous ces bonzes pour des gens
qui sont ,soit disant, détachés des nourritures terrestres !
Une fois rentrés au campement , nous sommes invités à assister
à quelques danses tibétaines offertes par le responsable des lieux en
notre honneur . Nous nous contentons d'écouter la musique depuis notre
camping-car tout proche , en classant les photos de la journée ,déjà
bien éprouvante comme ça !

1 commentaire:

  1. Coucou les parents, je ne sais pas si vous recevez mes mails alors je tente sur le blog. Je vois que tout va bien puisque le blog est complété tous les jours.
    Gros bisous à tous les deux.

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