jeudi 11 août 2016

ppi étape 66 le 11 août 2016 Lac Bosten-Kuche 470 km

Hier soir , lors de l'apéro Yang ,nous a parlé un peu de sa
province et des coutumes ouïghours entre autre : le fait par exemple
,que ceux-ci ne mangent que de la viande halal ,résultat ils ne
consomment pas de cochon , d'âne ni de chien, contrairement au Chinois .
La viande canine a la réputation d'être très bonne au goût et de donner
de la force ; elle est donc surtout consommée l'hiver pour combattre le
froid et la maladie . Ils sont fous c'est Chinois! Il nous parle aussi
du mariage ; ici la femme exige de son mari, de posséder un appartement
avant de l'épouser . On ne peut donc se marier qu'après avoir travaillé
au moins cinq à dix ans . C'est apparemment son cas !
Dépourvus de clim , en rideau également depuis hier, nous avons
malgré tout passé une excellente nuit grâce à une petite brise qui est
venue nous caresser délicatement et nous rafraichir surtout au point que
ce matin le thermomètre affiche à peine 19 degrés . Serge , habitué
maintenant à être rôti , avoue avoir eu froid , c'est pour dire...! De
mon côté , je suis obligé de me lever tôt, vers 5h30 ,car hier avec nos
problèmes électriques , je n'ai pas eu le loisir de taper le blog et de
transférer les photos . A 7h00 , je fais une petite pause café et j'en
profite pour en amener un au lit, à Dominique, qui a du mal à émerger .
Nous nous activons fébrilement ensuite, car nous avons décidé à la
réunion, de partir en convoi derrière Philippe qui aurait trouvé une
petite route permettant d'éviter les 10 bornes de pistes défoncée d'hier .
Résultat, nous démarrons en file indienne derrière le 4x4 ,tous
warnings allumés ! C'est sûr , nous empruntons deux longues portions en
macadam très confortables , mais le petit bout de piste qui les relie
n'est pas "piqué des hannetons "! On rebondit comme jamais et je ne vous
parle pas de la vaisselle qui fait des allers et retours dans les
placards .On traverse un village d'une crasse inouïe , avec des détritus
recouvrant les trottoirs , des toitures éventrées , des cours
intérieures envahies de boue où des animaux domestiques et des enfants à
demi-nus pataugent . Des carcasses de voitures toutes rouillées , des
meubles boiteux et des coussins déchirés viennent compléter le tableau
en décorant la devanture des maisons . Une fois sortie de cette fange ,
nous tombons sur la bretelle d'autoroute où nous sommes sortis hier .
Comble de malchance , il n'y a pas d'entrée sur la G3012 : il faut soit
refaire les dix bornes de piste de la veille , soit prendre l'autoroute
vers l'Est sur 70 km pour pouvoir passer au dessus et revenir sur nos
pas ! Le choix est difficile! Devant notre déception collective , le 4x4
part en reconnaissance et finit par trouver un passage pour couper
l'autoroute au niveau d'un poste de police à cinq minutes d'ici . Ouf!
Encore un plan foireux à mettre sur le compte de Philippe !
Nous commençons par traverser une zone désertique, hideuse au
possible : de la caillasse à perte de vue , pas même une petite montagne
pour nous distraire et limiter un peu l'horizon . Pas de végétation ,
pas d'éolienne , le néant minéral et de couleur grise par dessus le
marché ! Après une bonne centaine de bornes , une petite bande de
verdure ose s'imposer dans cette enfer sur notre gauche: une
interminable haie de peupliers abrite des vignobles qui ressemblent
étrangement aux nôtres par la façon dont ils sont taillés . Sur la
droite, une petite chaine de montagne, pas très jolie d'ailleurs, finit
par peupler l'immensité, devenue sableuse maintenant . Nous contournons
également deux villes qui se cachent timidement derrière un voile de
pollution inévitable . La monotonie de la route nous pèse comme jamais,
aussi c'est avec joie que nous nous arrêtons vers 13h00 sur une aire
d'autoroute pour casser la croute et se changer les idées surtout .
Lorsque Dominique reprend le manche , le ciel devient très
sombre brutalement , un peu comme avant un orage ; des bourrasques de
vent se mettent à secouer le camping-car comme un prunier et le sable ,
soulevé par les rafales, cingle vioemment le pare-brise . Une lumière
étrange ,magnésienne presque , éclaire alors la chaine de montagnes ,
lui donnant des couleurs incandescentes . Vite , l'appareil photo que
j'essaie de fixer tout ça sans trop savoir ce que ça donnera !
A plusieurs reprises au cours de l'étape , nous sommes amenés à
sortir de l'autoroute pour traverser un barrage de police où on nous
demande à chaque fois les passeports . Même à la pompe à essence , nous
sommes obligés de descendre du véhicule pour aller demander l'ouverture
des herses qui en condamnent l'entrée ; nous sommes vraiment dans un
pays de liberté ! Pourtant les autochtones ouïghours semblent moins
agressifs ici que du côté de Turpan .
Les GPS , pour une fois , nous conduisent directement au parking
de l'hôtel Kuche vers 16h00 , dépourvu de toute ombre , comme d'hab !
Une fois l'installation électrique réalisée avec la précieuse
collaboration de Jean-Luc , nous allons faire quelques courses de bouche
dans les petits magasins , à proximité . Pas question d'aller trop loin
, le grand beau est de retour avec un soleil qui plombe ardemment . Puis
nous nous octroyons un bain à la piscine de l'hôtel , installée dans
une immense serre réfrigérée . Pour 5 yuans par personne , nous avons le
droit à l'entrée et à l'achat d'un bonnet pour les cheveux , obligatoire
en terre musulman . Il y a même des filles qui se baignent en jupe !
L'eau étant relativement propre et très fraiche surtout , nous en
profitons un max avant la réunion de 19h00 . Ce soir , Marc est d'apéro
général , étant donné qu'il fête ses 64 bougies . Joyeux anniversaire ,
Marc ! L'ombre des grands bâtiments voisins ayant envahies le parking ,
nous n'avons aucune difficulté à dresser la table pour le repas du soir .

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