mercredi 17 août 2016

ppi étape 72 le 17 août 2016 Gulcha-Osh 100 km

Hier soir nous apprenons de la bouche d'Aïda que le Kirghizstan
n'est peuplé que de 5 millions d'habitants en majorité musulmans mais
ici l'islam est très modéré ; nous avions déjà constaté par nous même
que les femmes ne sont pas voilées et que les mosquées sont très
discrètes contrairement au pays ouïghour que nous venions de traverser .
A mon avis la domination russe a dû favoriser une certaine forme de
laïcité qui perdure aujourd'hui . D'après notre guide le Kirghizstan
possède un gouvernement démocratique avec un président de la république
élu et deux chambres .Même s'ils se sont débarrassés du joug soviétique,
les kirghizs gardent des rapports privilégiés avec la Russie de Poutine
qu'ils admirent beaucoup ! Par contre Aïda nous explique que beaucoup de
jeunes quittent leur pays pour aller tenter leur chance à l'étranger .
Elle insiste également sur l'hospitalité légendaire de son peuple : dès
qu'un étranger arrive le chef de famille se doit de lui offrir du lait
caillé et du pain pendant que le fils de la maison garde son cheval !
Après une nuit bien fraiche car nous sommes encore à prés de
2000 mètres d'altitude mais entrecoupée malheureusement de nombreux
aboiements de chiens , nous nous levons vers 6h30 après un petit café au
lit . Comme j'ai donné hier soir mon ordinateur à charger au toubib
qui loge à l'hôtel , je me retrouve au chômage ce matin ; je peux
m'offrir une bonne douche et même trainer un peu au petit déjeuner . Le
grand luxe ! Je profite également de mon temps libre pour ranger la
soute en vue du passage de la frontière ouzbek demain : il vaut mieux
dissimuler le maximum de médicaments dans le double fond ainsi que les
bouteilles d'alcool qui trainent encore à bord . C'est l'occasion aussi
de remonter des profondeurs du dentifrice et du sopalin qui commencent à
manquer .
Bien que l'étape soit courte , nous voulons partir relativement
tôt car nous avons rendez-vous à Osh à 10h30 pour une visite guidée de
la ville . Dès la sortie de Gulcha , nous attaquons l'ascension d'un
petit col qui culmine à 2300 mètres d'altitude . La route traverse de
grandes combes d'herbes rases où de nombreux troupeaux de moutons et de
bovins se dispersent à perte de vue ; de temps en temps on voit un
berger à cheval qui cherche après ses bêtes avec l'aide de quelques
chiens . Une fois le sommet franchit , nous enfilons une succession de
lacets plus serrés les uns que les autres pour nous nous retrouver dans
une vallée très évasée où coule un large torrent . Nous traversons une
succession de petits villages où tout le monde s'affaire à rentrer le
foin ; c'est amusant de voir tous les hommes porter un haut chapeau de
feutre ,en forme de cloche, au bord inférieur plus ou moins retroussé
,et décoré de jolies broderies monochromes : leur couvre-chef me fait
penser un peu à celui des gardes du Vatican . D'après Aïda , plus
l'homme est âgé , plus le chapeau doit être haut sur la tête . Même les
enfants que nous croisons en porte un ! Curieuse tradition ! Un peu
avant Osh nous perdons deux fois un bon quart d'heure à attendre le
passage d'un troupeau sur la route conduit par de jeunes cavaliers .
Quelques vaches aussi , livrées à elle-même nous créent des soucis en
déambulant paisiblement sur l'asphalte
Avant d'attaquer le centre ville , nous décidons de faire le
plein de gasoil car il parait que c'est très difficile en Ouzbékistan .
Par chance nous tombons sur une station équipée pour nous faire le plein
de GPL dans nos bouteilles de gaz . Avec un million six cent mille âmes
, Osh nous fait renouer avec la grande ville et surtout avec la
circulation anarchique des pays d'Asie Centrale . Malgré tout, nous
arrivons pile à l'heure à l'Orto Asia Hôtel où nous attendent trois
mini-cars . Nous commençons par la visite d'un rocher très prisé par les
autochtones au sommet duquel flotte le drapeau national ; si les
kirghizs sont musulmans ils n'en pratiquent pas moins le chamanisme .
Aïda nous explique qu'il y a des grottes tout le long du chemin qui
grimpe au sommet, réputées pour leur vertu : l'une pour la fécondité ,
une autre pour les problèmes médicaux , ... Quant à nous , nous nous
contentons du point de vue sur la ville entourée de petites montagnes
arides .
Nous nous rendons ensuite au musée installé dans une yourte à
trois étages, consacrée à l'artisanat local : on y découvre le matériel
nécessaire pour construire une yourte , des tapis aux motifs kirghizs
qui servaient à en isoler le plancher et des panneaux brodés, de forme
carrée , d'un mètre de côté, destinés à décorer les parois . J'en
profite pour prendre quelques clichés pour Dominique qui se voit déjà
entrain d'utiliser certains motifs décoratifs pour ses travaux manuels .
Nous allons ensuite manger dans un restaurant kirghiz où nous nous
régalons tous comme cela fait bien longtemps : une bière pression bien
fraiche servie d'un grand bock , une cuisine fine et délicate que l'on
peut manger de surcroît avec une fourchette , une propreté
irréprochable , du personnel souriant et à l'écoute et tout çà pour 5
euros par personne , c'est merveilleux après un mois de Chine !
Aïda nous conduit ensuite au grand "bazar" d'Osch où nous
vadrouillons une heure dans d'étroites allées encombrées de badauds et
de denrées en tout genre . Dominique et Josiane trouvent leur bonheur en
achetant un manteau brodé aux motifs kirghizs pour 1500 soms soit 21
euros . De retour au campement je peux me consacrer enfin au blog
maintenant que j'ai récupéré mon ordinateur . Dominique rattrape son
retard de lessive et nettoie l'extérieur du camping-car , peut-être pour
faire bonne figure demain à la frontière .
Comme chaque jour à 19h00 tapante nous avons droit à la réunion
, mais un peu plus longue cette fois en raison de notre arrivée en
Ouzbékistan demain . Puis Thomas, notre nouveau correspondant Atypic
paie son coup avant que nous nous retranchions tous dans nos
camping-cars respectifs à cause de l'obscurité .

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