samedi 6 août 2016

ppi étape 62 le 6 août 2016 Dunhuang

Duhuang veut dire tempête de sable en chinois , c'est dire
l'inhospitalité du coin . Ecrasée sous un soleil de plomb , osais sur
la Route de la Soie , elle était la deuxième ville de l'empire chinois
sous les Tangs après Xi'an , la capitale . C'est ici que la fameuse voie
commerciale qui conduit vers l(ouest ,se divise en deux : la route nord
vers Hami puis Turpan et la route sud qui se rejoignent à Kashgar
séparées par un désert de 900 km de long sur 600 de large . C'est donc à
partir de 500 après JC et ce pendant plus de mille ans que les Chinois,
convertis au bouddhisme, se sont mis à creuser les Grottes de Mogao que
nous devons visiter au cours de la matinée .
Le départ étant prévu à 7h30 , nous dépêchons un peu pour les
préparatifs du matin , d'autant que nous réveillons tardivement vers
6h30 après une nuit mouvementée : grâce à la clim nous n'avons pas eu de
problème d'endormissement . Par contre, celle-ci s'est mise en rideau
vers minuit et c'est le fait de ruisseler de la tête aux pieds qui m'a
réveillé . En fait , hier soir, j"ai branché par erreur la clim sur le
convertisseur qui a mis nos batteries au lithium à plat en l'espace de
trois ou quatre heures . Il faut dire qu'il faisait 39 degrés dans le
camping-car quand j'ai décidé de la mettre en route ,cela a dû pomper de
l'énergie pour ramener le thermomètre intérieur à 23 degrés . A l'aide
d'une lampe torche pour ne pas réveiller Dominique , je branche cette
fois la clim directement sur le 220 v du secteur . Après une heure de
violents ronronnements et de bruits de ventilo nous replongeons
violemment cette fois dans les bras de Morphée .
Comme l'organisation n'a pas prévu de bus , nous devons prendre
quelques campings-cars pour nous rendre à l'entrée du site située à 10
bornes au sud de la ville . Là, nous commençons par assister à deux
projections de film : le premier, sur écran normal , retrace en image
l'histoire des caravanes de chameaux qui osaient se lancer dans la
traversée de zone aussi hostile que celle-ci pour aller commercer avec
les Arabes sur les bord de la Méditerranée . Il fallait qu'ils
affrontent les violentes tempêtes de sable du désert et les attaques des
bandits et des pillards ; c'est pour cela qu'ils se sont mis sous la
protection de Bouddha en creusant plus de 1500 cavernes dans une falaise
de roche tendre sur plusieurs kilomètres .Le second film , projeté sur
un écran à 360 degrés , nous montre en détail les magnifiques fresques
qui décorent aussi bien la voûte que les murs des cavernes . Celles-ci
étaient creusées en installant des échafaudages de bois devant la
falaise sur plusieurs étages : c'était aussi bien l'oeuvre de familles
de nomades que des moines bouddhistes à l'aide de simples burins . Pour
la peinture des fresques , ils utilisaient des pigments naturels . Nous
apprenons ainsi que le visage noir de Bouddha n'est pas dû au fait qu'il
était d'origine hindoue , venu en Chine au premier siècle de notre ère ,
mais à une oxydation de la teinte rose utilisée pour la peau .
Certaines sont décorées de statues faites d'une armature de bois et de
paille recouverte d'une couche d'argile et peinte ensuite . Toues les
cavernes se composaient de trois pièces ; la première qui correspondait
à un vestibule construit en bois pour protéger la porte , a disparu
avec les intempéries . Ensuite venaient deux chambres consacrées à la
prière .
Une fois les projections terminées , une navette nous même 15
bornes plus loin , juste au pied de la fameuse falaise, toute alvéolée
de grottes ,comme un gros morceau de Gruyère . Pour des raison de
conservation des précieuses fresques, les Chinois ont muré en partie les
cavernes .Sur les 20 000 personnes qui viennent chaque jours , seuls
4000 sont autorisés à visiter l'intérieur des grottes, pour éviter
d'amener trop de vapeur d'eau . Il parait que nos billets,
nominatifs, ont été achetés il y a plus d'un mois . C'est à la fois très
beau et très émouvant de découvrir de tels chefs-d'oeuvres datant d'une
quinzaine de siècles pour les plus vieux . Deux caverne se distinguent
des autres : l'une , appelée la bibliothèque , parce qu'elle contenait
une niche secrète , bourrée de plus de 40 000 recueils et autres trésors
pillés par deux sinophiles , un anglais et un français au début du 20
éme siècle . L'autre , très haute , contient la statue d'un bouddha
debout de 40 mètres de haut et 19 de large , sculpté à même la falaise
: c'est impressionnant quand on se retrouve au pied de ce monstre de
pierre , on se sent vraiment tout petit !
De retour au campement , il faut s'organiser pour affronter les
45 degrés à l'ombre , qui n'existe pas dans le secteur : il faut
installer le salon de jardin sous l'auvent pour prendre un repas léger
et surtout se réhydrater ! Comme hier , une fois la vaisselle faite ,
nous nous réfugions dans les confortables fauteuils du hall de l'hôtel
pour blogger et mettre à jour le journal pour Dominique qui sombre vite
dans une petite sieste !
Vers 17h00 , nous prenons notre courage à deux mains pour aller
faire quelques courses de bouche sur un petit marché au grand mépris des
45 degrés et du soleil encore très ardent . Il y a beaucoup de commerce
d'épices et de fruits séchés en tous genres et quelques étales de
légumes . Le plus dur est de trouver du pain ; encore une fois , il
faudra se contenter de grandes galettes un peu à la mode arabe . De
retour au campement , chargés comme des baudets avec les grosses
bombonnes d'eau minérale , nous regagnons péniblement notre parking .
Une fois douchés et réhydratés , nous assistons à la réunion du soir .
Il est déjà 19h30 lorsque nous sautons dans un taxi pour aller
voir de belles dunes de sable au soleil couchant . Nous ne sommes qu'à
deux , nos compagnons de route préférant rester sagement au campement .
Pour 30 yuans , soit un peu moins de 5 euros, le chauffeur nous dépose à
l'entrée du site . A notre grande surprise, celui-ci est payant , 120
yuans par personne pour pouvoir grimper à pieds sur les dunes . Nous
nous contentons de trouver des petits coins d'où la vue est correcte sur
les jeux de lumière et sur la crête de ces immenses dunes qui ondule
comme des dos de chameaux : cela représente cinq à dix fois celle du
Pilat en hauteur sur des kilomètres de largeurs : c'est magnifique quand
le crépuscule fait rosir le sable . Et puis, à bonne distance comme nous
sommes, les chapelets de chameaux à touristes arrivent même à faire
illusion à contre-jour et rappeler les véritables caravanes de nomades
de la Route de la Soie .

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire