lundi 22 août 2016

ppi étape 76 le 21 août 2016 Tashkent-Samarcande 300 km

Comme chaque jour ,je vous livre le petit mot de Rousman
,distillé goutte à goutte, un peu tous les soirs après la réunion :
aujourd'hui cela concerne le chapeau que porte les ouzbeks . Il
ressemble de loin à un béret: de forme ronde , à la partie inférieure
,au niveau de la tête qui rappelle la yourte des nomades , de forme
carrée à la partie supérieure qui évoque la maison des sédentaires et
décoré de broderies sur le dessus évoquant la vie , l'espoir , le
bonheur . Ce chapeau , à lui seul , résume tout l'environnement des
Ouzbeks . Il nous parle également de l'enseignement gratuit jusqu'à la
fac ; prévu de 2 à 7 ans sous forme de jardins d'enfants et d'écoles
maternelles , puis c'est l'école primaire suivie du collège ou du lycée,
un peu comme chez nous . Par contre , on accède à l'enseignement
supérieur par concours : les cinq premiers bénéficient d'une bourse
d'état , les autres doivent payer car la plupart des écoles supérieures
sont privées : il y a des établissements en rapport avec de grandes
écoles étrangères telles que l'Ecole Polytechnique de Turin ou
Westminster en Angleterre ou l'Institut Usmirov de Moscou pour la
physique fondamentale .
Comme la veille, je suis obligé de me lever à 5h00 pour
blogger : en effet il faut que je recommence l'étape 74 que j'ai perdu
lors d'une fausse manoeuvre informatique : deux précieuses heures
perdues bêtement qui me coûtent cher en temps de récupération !
Heureusement que Dominique me soutient, du moins moralement, en me
préparant un bon café . J'ai un peu honte de l'entendre faire la corvée
d'eau alors que je suis bloqué là devant l'ordi ! En allant dans le hall
de l'hôtel pour me connecter en wifi , je me fais à nouveau alpaguer
,comme hier, par un groume pour changer des euros en sums : après nous
être isolés discrètement , je le vois plonger la main dans sa chaussette
pour en tirer une liasse de 600 000 sums , je trouve la situation
cocasse et je ne peux m'empêcher d'avoir le sourire aux lèvres pendant
toute la fin de la transaction . C'est quand même très rentable par
rapport au change proposé par Rousman : c'est 20% de mieux , il n'y a
pas photo !
Nous décollons comme d'hab vers 8h00 sous un soleil déjà bien
agressif, qui laisse présager une journée éprouvante . Jean-Yves, en
optimiste patenté, m'avais confié hier à l'apéro ,que la sortie de
Tashkent ne sera pas chose facile ...! "Tu vas voir la circulation , et
puis la conduite des gens de la capitale , sans compter le GPS qui
déconne plein tube par ici ...!" Hormis un pont coupé, non prévu au
programme , le Garmin nous fait sortir de la mégalopole en à peine une
demi-heure . Quant à l'encombrement des avenues , je ne sais pas si nous
avons de la chance d'être dimanche , mais les tashkenois ont l'air
d'avoir fait une grasse mat aujourd'hui et nous ne nous en plaindrons
pas ! Un peu avant la sortie nous arrêtons dix minutes pour attendre
Serge et Marc qui ont loupé un embranchement masqué par une rangée
d'arbres .
Dès la sortie de la ville , nous traversons une plaine qui se
perd tout là-bas dans le bleu du ciel ,à l'infini , sans la moindre
limite .Ici c'est le domaine du coton , du maïs et du blé réduit à
l'état de chaumes dans lesquels se régalent des troupeaux de vaches en
liberté . Partout des paysans s'activent dans les champs , travaillant à
la main ou s'aidant de l'attelage d'un petit âne, bien frêle pour des
travaux pareils . Beaucoup d'enfants en vacances scolaires , participent
activement aux récoltes , en conduisant de petites charrettes remplies
de foin ou de paille . Nous avons tout le loisir de les observer tant
notre moyenne est basse, du fait de la qualité déplorable de la route .
Des trous , des bosses , quand il ne manque pas de gros morceaux
d'asphalte .Nous apprendrons le soir par la bouche de Jean-Luc que
Jean-Yves , notre mécano, a pris un gros trou , responsable du
déchirement d'une jante et de l'explosion d'un pneu . A bord on ne
s'entend plus à cause des vibrations , c'est affreux ; de temps en
temps le charriot du bar s'offre une fugue en dehors du placard
,obligeant Dominique à intervenir en urgence, à l'arrière . Au bout
d'une petite centaine de bornes , nous tombons sur le fameux marché aux
poissons recommandé par Rousman ; malheureusement pour nous les étales
sont vides : est-ce dû au repos dominical ? Est-ce-qu'il est trop tôt ?
Résultat nous repartons aussitôt , pour nous faire arrêter par des
flics ,cinquante mètres plus loin : Croyant qu'il s'agit d'un simple
contrôle de routine , je lui tends mon passeport . Il me fait
comprendre, en me montrant sa lunette-radar , toute rafistolée de bouts
de scotch , qu'il m'a pris en excès de vitesse . Quand je lui explique
que ce n'est pas possible puisque je sors d'un stationnement , il
n'accuse d'être en état d'ivresse et m'oblige à descendre du véhicule
pour aller voir son chef, qui reste impassible . A intervalles réguliers
au cours de la conversation, il me demande de l'argent . Comme je fais
celui qui ne comprend pas , il me menace de faire des examen pour
l'alcool et la drogue . Dominique , pour le calmer, essaie de téléphoner
à Rousman et à Thomas ,qui malheureusement ne sont pas joignable . Comme
le flic continue à me harceler , je finis par hausser le ton et lui
dessine un zéro avec le pouce et l'index :" no money , you understand ,
no money...!" Le scélérat , devant la moutarde qui commence à me monter
au nez , finit par me rendre les passeports et me fait signe de dégager
en pestant tout ce qu'il peut ! Dominique , occupée avec son portable
est surprise de me voir revenir aussi vite !
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, c'est Serge qui
passe à la toise cette fois , le flic l'accusant d'avoir grillé un feu
rouge : le corrompu réclame pas moins de 100 dollars . Serge fait celui
qui ne comprend pas et lui donne royalement un billet de deux cent sums
soit 20 centimes d'euros ! Voyant l'ironie au travers de la dérision de
la somme versée , le flic finit par lâcher prise et rend la carte grise
. Le coin n'est vraiment pas sympathique ! Marc a intérêt à se tenir à
carreau , il est le troisième sur la liste ! Quelle journée !
Nous franchissons ensuite un petit col dans d'un paysage
lunaire fait de champs de caillasses et de petits monts plus pelés les
uns que les autres avant de rejoindre à nouveau la plaine qui nous mène
à Samarcande . Encore un nom qui fait rêver , qui sent bon les épices
et l'Orient .Comme hier, le Garmin nous réalise un sans faute en nous
conduisant directement à l'hôtel Régistan Plaza . Le personnel commence
par vouloir nous installer sur des cours de tennis désaffectés , en
plein cagnard et entourés de haut grillage ! C'est vraiment complet ,
cette fois c'est carrément le goulag ! Aussi , pour la manoeuvre
d'entrée dans la cage , je ne fais pas de zèle et ils sont bien obligés
de constater que cela n'est pas réalisable . Résultat , je m'installe au
pied du grand escalier qui mène à la terrasse d'entrée de l'hôtel ,
suivi de peu par Serge qui parvient à se glisser à côté et de Marc qui
s'installe en travers : pour une fois nous sommes tous à l'ombre du
grand bâtiment et notre porte donne sur la pelouse de surcroît !
Après avoir cassé la croûte sur le gazon , je met le blog à
jour pendant que Dominique s'offre une petite sieste , accablée par les
37 degrés affichés au thermomètre . Vers 17h30 nous prenons un taxi pour
aller faire des courses de bouche au supermarché indiqué par le
personnel de l'hôtel : très achalandé , nous remplissons le caddy en un
clin d'oeil : de beaux fruits , de la viande bien saine , des cornichons
que nous ne trouvions plus depuis un mois , du vrai pain , du fromage
, c'est le panard ! Malheureusement à la caisse , nous en prenons pour
500 000 sums soit une petite centaine d'euros , que je n'ai pas sur moi
. Il faut se délester d'un précieux bocal de Nescafé de 100 000 sums
pour arranger la transaction ! Par chance le taxi ne coûte que 4000 sums
, soit 0,66 euros , nous ne sommes pas obligés de rentrer à pieds !
Après la réunion du soir qui s'éternise un peu autour de
l'apéro offert par Gérard , notre président , nous mangeons dans la
pelouse en tête à tête à la lumière des petites lanternes du parc . Ca
fait du bien , un peu d'intimité de temps en temps !

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