dimanche 7 août 2016

ppi étape 63 le 7 août 2016 Dunhuang-Hami 500 km

Avec 23 degrés à bord , la clim étant sur le 220 v secteur, et
les volets clos , nous dormons jusqu'à 6h30 d'un seul tenant .
Heureusement que ce matin nous n'avons que le plein d'eau à compléter et
le prolongateur électrique à ranger car nous n'avons pas les yeux en
face des trous près une nuit comateuse pareille . Au petit déjeuner ,
nous expérimentons les galettes achetées hier au marché, qui en séchant,
sont devenues très dures, comme du bois : mieux vaut les tremper dans le
café pour arriver à les mâcher . Malgré tout, avec un peu de confiture,
quand on a faim, ça passe quand même !
A 8h00, tout le monde est prés pour le départ d'une assez
longue étape à travers le désert . Hier soir Philippe nous a prévenu que
nous entrons dans une nouvelle province, peuplées de Ouïgours et de
Kazaks , musulmans et volontiers auteurs d'actes terroristes pour faire
parler d'eux et montrer leur contestation face au joug chinois . On
risque donc de tomber sur des barrages de police et surtout de
militaires chinois qui quadrillent le secteur pour la sécurité des
étrangers . Dominique n'est pas du tout enchantée d'entendre de tels
propos, d'autant que Jean-Yves , toujours optimiste , rajoute qu'il y a
deux ans , un peu avant le passage du Raid des Baroudeurs , 200
étrangers avaient été victimes des rebelles islamistes . Puis Thomas ,
le successeur de Stéphanie , qui arrive tout droit des bureaux parisiens
d'Atypic , nous confirme que dans le contexte actuel , sauf faits
nouveaux , notre programme en Turquie est maintenu dans son intégralité
avec la bénédiction du ministère des Affaires Etrangères . Ils ont
toutefois travaillé sur un plan B ,remontant sur Moscou et
Saint-Pétersbourg puis retour en traversant les républiques baltes .
Comme ajoute Gérard , cela nous ferait rouler beaucoup pour voir peu de
chose , donc à réserver qu'en cas de nouveaux mouvements terroristes .
Nous commençons l'étape en revenant sur nos pas jusqu'à Guazhou
, c'est à dire sur 120 km, car la route directe pour Hami, la S 215 est
en très mauvais état, d'après les renseignements de dernières minutes de
Philippe . C'est un peu frustrant, mais cela va nous faire gagner du
temps en fin de compte . Un vent violent balaie le désert , ramenant des
volutes de sable quand ce n'est pas un nuage carrément sur l'autoroute .
C'est joli à ce stade ,mais j'espère que ce n'est pas le début d'une
tempête de sable , en tout cas ! Dès que nous atteignons Guazhou , nous
obliquons vers le nord ouest en empruntant la G30, ce qui fait que nous
prenons les rafales de vent , devenues plus fortes , par le travers . Ce
n'est pas facile de doubler les camions dans de telles conditions, avec
bien souvent des chargements qui dépassent d'un mètre de chaque côté de
la remorque . Je ne vous explique pas les appels d'air que cela provoque
, une fois parvenus au niveau de la cabine ; il faut tenir son volant à
deux mains et fermement encore! Ici , par chance c'est un désert de
caillasses que nous traversons , nous n'avons plus droit aux projections
de sable comme tout à l'heure . Rapidement de petits monts gris sombres
bouchent l'horizon : on dirait les terrils du nord , à part qu'ici , il
y en a partout autour de nous . C'est affreux . Au bout de quelques
kilomètres, ceux-ci virent à l'ocre rouge, comme si les schistes
avaient brûlés .
Tout le long de ces routes perdues au milieu de l'immensité ,
on voit des cabanes en tôles où des autochtones vendent des fruits , on
peut se demander à qui ? En y regardant de plus prés , on s'aperçoit que
dans cet univers hostile ,il y a une vie malgré tout : ici, on aperçoit
les tentes de cantonniers , là, derrière une dune, une petite usine
d'extraction de je ne sais quoi , avec une dizaine de cabanes en tôles
où logent les ouvriers . On voit même des panneaux rappelant la
prudence à cause de la présence de gibier susceptible de traverser ! Par
endroit , on retrouve la sable ocre jaune avec de petites touffes
végétales bien rondes et même quelques bouquets de tamaris . Au fond à
l'horizon ,des monts , complétement pelés ont les flancs crevassés à
souhait par le ravinement ; le vent en a poli les arrondis , les rendant
vraiment superbes au point de mériter quelques clichés .
Aujourd'hui nous nous octroyons un arrêt sur parking pour
casser la croute , Marc en a marre de manger un sandwich pâté au volant
! Comme il fait déjà plus de 40 degrés , nous mangeons séparément,
chacun dans sa tanière , tous volets fermés . Comme d'habitude c'est
Dominique qui prend le poste d'après midi au volant pendant que je
bloggue . Nous essuyons au moins trois barrages de police où on nous
demande surtout si nous transportons quelqu'un . Philippe nous avait
prévenu aussi qu'on risquait de nous demander le passeport dans les
stations services : c'est vraiment l'état de siège à l'entendre . Nous
avons peut-être eu de la chance , mais nous faisons le plein de gasoil
sans aucune formalité juste avant d'entrer dans Hami .Nous traversons
la ville en remontant de larges avenues quasiment désertes et bordées
d'immeubles tout aussi peuplés . Par chance le parking de l'hôtel Hami
est ombragé et grâce au concours des employés , nous parvenons à nous
brancher électriquement directement sur un tableau électrique sous la
surveillance bienveillante de Jean-Luc , bien sûr !
Après la réunion du soir et l'apéro offert par Gérard , notre
président FFCC , nous installons les tables pour le pique-nique devant
les campings-cars et ,Claire et Roger se joigne à nous pour le repas du
soir .

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