mercredi 31 août 2016

ppi étape 85 le 30 août 2016 Frontière du Kazakstan-Beyneu 100 km

Comme ce matin le départ est prévu en convois et par ordre
de numéro vers 7h30 , ce n'est pas la peine de courir d'autant qu'ici en
bivouac nous n'avons pas de corvée d'eau à prévoir . Aussi nous nous
levons à 6h15 juste pour photographier le superbe lever de soleil sur le
désert . Autre inconfort du bivouac , il faut se contenter d'un Nescafé
, faute de branchement électrique pour faire tourner la Nespresso .
Pendant que Dominique essaie de nettoyer la poussière intérieure
récupérée sur la piste hier , nous avons avec Roger et Jean-Louis la
possibilité de discuter avec Octobre en petit comité et ça change tout
par rapport à ce qu'il a pu dire lors de sa petite conférence de la
veille . En fait, il pense que nous aurions dû aller à la Mer d'Aral et
dormir une nuit là-bas plutôt qu'à Nukus , la route n'étant pas si
mauvaise que cela pour les camping-car ; nous aurions pu voir les
bateaux échoués sur le sable et il organise même avec son agence une
approche de l'eau en 4x4 avec possibilité de se baigner . Celle-ci
contient 160 grammes de sel par litre , il en résulte une portance
inégalable , permettant de faire la planche en lisant le journal !
L'argent ainsi récolté avec ce genre de prestation ,permet aux locaux de
vivre et même de financer le reboisement avec des tamaris qui ont le
pouvoir de fixer le sable . D'autre part un artisanat local s'est
également développé pour compenser un peu les pertes économiques de la
région du fait de la disparition de la pêche et la fermeture des
nombreuses conserveries du secteur . Nous apprenons également que le
Karakapalstan représente près de 40 % de la surface de l' Ouzbékistan et
que la Mer d'Aral , la Mer Caspienne et la Mer Noire ont la même origine
géologique qui remonte à 6 millions d'années . En fait Octobre est un
archéologue de renom international qui vient de faire un cycle de
conférences en Arizona , notamment à Phoénix et à Flagstaff . Dire
qu'hier midi lorsque nous avons fait le plein de gasoil, je l'ai pris
pour un bluffer à l'entendre parler des states en connaisseur !
A 7h30 tapantes le cortège se met en route pour faire les 5
bornes qui nous séparent de la frontière kazak .Aujourd'hui nous sommes
en troisième position derrière le 4x4 et le président . Comme c'est la
fête nationale en Ouzbékistan , les autochtones ne peuvent pas sortir
du pays , résultat il n'y a pas trop de monde et surtout pratiquement
pas de camion , hormis les Russes . A 8h00 les grilles s'ouvrent pour
laisser passer les cinq premiers véhicules ; c'est super encourageant .
Malheureusement nos espoirs fondent vite comme neige au soleil :
aussitôt dans l'arène , nous nous rendons compte que que l'équipe du
matin joue la montre en attendant leurs collègues de 9h00 .D'entrée de
jeu , nous perdons une heure bêtement ! Le temps que les nouveaux
s'échauffent , il faut attendre 9h30 . Rousman est anxieux car il pense
qu'en tant qu'ouzbek , il va se faire refouler , même s'il a le statut
de guide ! Après avoir montré nos passeports et la carte grise plusieurs
fois dans différents bureaux , c'est la visite du camping-car et le
passage sur la fosse . Encore une demi-heure d'attente inexplicable et
nous avons le droit de quitter l'Ouzékistan en compagnie de Rousman qui
rayonne de joie .
Il faut ensuite franchir la barrière cadenassée du Kazakstan où
un groupe d'énormes camions nous attend. Par chance en avançant à pieds
jusqu'à la barrière suivante ,nous tombons sur un soldat très dynamique
qui comprend aussitôt qu'on a beau avoir le statut de touriste , ça ne
sert à rien si on est coincé derrière une armée de poids lourds.
Un quart d'heure plus tard nous passons devant tout ce beau monde pour
attaquer les formalités douanières kazaks .
Présentations de passeport , de carte grise , formulaires à remplir dans
deux ou trois bureaux et il n'y a plus que l'épreuve de la fosse . En
quatre heures l'affaire est dans le sac , nous n'en revenons pas . C'est
bien la première fois que nous franchissons une frontière si vite depuis
notre départ de France !
Par contre la piste qui s'offre à nous pour rejoindre Beyneu
n'est pas du gâteau :il s'agit d'un vestige de route goudronnée dont il
ne reste que quelques lambeaux sous une épaisse couche sable amenée par
le vent . Gérard , notre président , ouvre la route en soulevant des
nuages de poussière et de sable . Par endroit le désert a asséché
d'ancien lac , laissant d'énormes croutes de sel jusqu'aux niveaux des
plantes qui peuplaient les rives . C'est curieux à voir : aussi je ne
résiste pas longtemps à l'envie de photographier tout ça et de prélever
un peu de cristaux de sel.
Beaucoup de chameaux et de dromadaires ,abandonnés à leur triste sort ,
déambulent nonchalamment tout en broutant quelques touffes d'épineux .
Ils ne sont vraiment pas difficile , ces bestiaux !
Tout à coup au kilomètre 70 , la piste se métamorphose en un
billard .Aussitôt , en optimistes nez nous faisons des plans sur la
comète ! Pas de chance ,ça dure deux kilomètres à peine ! Quelle
déception, d'autant que les dix dernières bornes se révèlent être une
ancienne route en béton ,complétement détruite, avec de dangereux
bouts de ferraille qui dépassent . Une fois rendus à Beyneu ,notre
premier soucis est de faire le plein de gasoil car nous sommes sur la
réserve depuis quelques kilomètres . Après deux essais infructueux ,nous
trouvons notre bonheur mais il ne prennent pas la carte de crédit ni les
euros . Résultat nous allons jusqu'à l'hôtel pour essayer de faire du
change : non seulement ,il ne s'en occupe pas mais en plus ils nous
disent que la banque est fermée aujourd'hui car c'est la fête de la
Constitution . Par chance en fouinant un peu en ville ,nous finissons
par trouver un guichet automatique qui accepte la Masert Card .Une fois
notre problème de carburant réglé , nous nous installons sur le parking
en plein soleil . Il est 16h00 lorsque nous pouvons enfin passer à table .
Quelques lignes jetées sur le blog , une dégustation de café
avec Rousman et Sergeï, notre nouveau guide kazak,
un peu de rangement , quelques petites courses de bouche avec Claude qui
a trouvé une petite épicerie et nous voilà gentiment arrivés à l'heure
de la réunion , suivi aussitôt de l'apéro offert royalement par
Jean-Yves ce soir . Fatigués par cette journée passée à glander dans
les bureaux de la frontière , nous nous contentons d'un petit repas
rapide à bord du camping-car sans même essayer d' aller voir les
festivités pour la Constitution kazak que l'on entend vaguement de très
loin .

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