samedi 20 août 2016

ppi étape 73 le 18 août 2016 Osh-Fergana 130 km

A 4h30 du matin une voix nasiarde s'échappe du minaret voisin
en hurlant dans toutes les directions :" allah! macbar... allah ...!" Il
est complétement malade ce mec , il fait encore noir comme dans un four
. A peine ai-je temps de replonger dans les bras de Morphée qu'il remet
ça . Bien qu'il ne fasse pas froid, je me cache la tête sous la couette
pour ne plus l'entendre jusqu'à 6h00, car aujourd'hui nous démarrons de
bonne heure vers 7h30, comme d'habitude en convois et pas ordre de
numéro, pour passer la frontière entre Kirghizstan et Ouzbékistan .
Hier soir à la réunion , Rousman nous a répété les consignes à respecter
: sourire aux douaniers , pas de signe d'impatience et surtout pas de
photo . Comme il y aura fouille du véhicule , il faudra se montrer
coopérant , ouvrir les placards , montrer les médicaments et les
ordonnances correspondantes . Le premier véhicule à passer sera le 4x4
d'assistance avec les médicaments d'urgence et le toubib , puis ce sera
notre tour ,un par un . Comme d'habitude , il faut compter la journée
complète ! Donc , patience , patience , patience comme aurait pu dire
Aldar ! Il faudra déclarer le montant de liquide dont nous disposons de
façon précise car il ne faut surtout pas en avoir plus à la sortie qu'à
l'entrée .
Hier soir à l'apéro , tout le monde est un peu nostalgique de
quitter le Kirghizstan aussi rapidement : c'est franchement un pays dans
lequel on aurait aimé passer plus de temps et la plus part d'entre nous
se sentent prés à y revenir pour la beauté des paysages , pour l'accueil
des autochtones , pour le climat et aussi parce qu'on y mange bien .
Malgré ce relent d'amertume , la bonne humeur est à son comble avec
Jean-Luc , notre barman préféré, assis sur une chaise , une bouteille
dans chaque bras et sa petite cour de pochtrons (dont nous faisons
partie avec Dominique ) debout autour de lui : bien sûr il y a Serge ,
Claude et Bernard . Une fois nos munitions terminées , Jean-Yves en
dépanneur professionnel , vient une bouteille d'alcool de riz à la main
: "dis-donc , le garagiste ,t'es sûr que ce n'est pas du liquide de
lave-glace au moins ...!
Après la corvée de vidange et la récupération du prolongateur
électrique , nous voilà prêts à partir en file indienne, derrière la
voiture de Thomas . En fait le poste frontière n'est distant que de 5
kilomètres de notre hôtel . Résultat nous attendons une heure et demi
devant la barrière fermée mais heureusement quand même car un groupe de
15 camping-cars allemands arrivent juste après nous ! Chacun cherche à
s'occuper : les uns discutent , d'autres tentent d' échanger leurs
derniers soms kirghizs en soms ouzbéks ,d'autres encore mettent leurs
notes de voyages à jour , ça permet de mieux supporter l'attente
d'autant qu'il n'y a pas grand chose à voir dans le secteur . A 9h00 ,
le chef douanier arrive en voiture et tout à coup on voit des uniformes
courir dans tous les sens . La barrière ne tarde pas à s'ouvrir . Pour
finir , nous passons deux par deux : on nous invite à avancer jusqu'aux
premiers bureaux : les passagers passent dans ceux de droites , les
chauffeurs dans ceux de gauche pour présenter passeport et carte grise
.Puis il faut attendre encore une heure devant la frontière ouzbék
toujours pas ouverte . Dès que les douaniers ouzbeks arrivent, on nous
fait avancer dans une cour, où coincés entre deux grilles , nous sommes
rejoints par Marc et Serge ,porteur du numéro 2 et 3 ,qui ont été moins
épluchés que nous apparemment puisqu'ils sont déjà là . Encore de
l'attente , encore une deuxième cour , cadenassée aussi , tout çà pour
prendre un bain désinfectant avec le véhicule et pour avoir le droit de
passer sur la fosse d'inspection du dessous des voitures qui a failli
coûter la vie à Gérald ; Thomas , après avoir demandé si tout est OK,
démarre le 4x4 alors que notre toubib est entrain de fermer la porte
arrière à l'aide de sa clef accrochée autour du coup . Un peu plus le
pauvre restait pendu au dessus du trou béant ! Assis dans le
camping-car à un mètre derrière eux , nous ne pouvons rien faire . C'est
affreux d'être témoin d'une catastrophe et de ne pas avoir la
possibilité d'intervenir!
Après ce fâcheux incident qui se termine bien malgré tout nous
voilà libre après six heures d'aller et venus de bureau en bureau .
Juste à la sortie je retombe sur deux jeunes globe-trotters français
avec qui j'avais discuté un peu tout à l'heure au cours de nos errances
administratives ; bien que Fergana ne soit pas tout à fait leur
destination initiale , ils acceptent de faire un bout de chemin avec
nous . Il faut d'abord attendre une heure encore après Serge , Claude et
Jean-Luc toujours aux prises avec les douaniers . Résultat, nous
faisons salon avec nos deux auto-stoppeurs ,une bière à la main .
Vers 15h00 nous pouvons enfin dégommer les cent bornes de
l'étape et rejoindre Fergana en traversant une plaine écrasée par le
soleil : le thermomètre monte quand même jusqu'à 34 degrés ! Les routes
ouzbeks se révèlent
de piètre qualité avec beaucoup de trous et de bosses , sans compter
quelques petits tronçons de piste ! Après une zone relativement déserte
, nous nous enfonçons ensuite parmi les vergers de toutes sorte à en
juger par les cageots de fruits que des autochtones vendent au bord de
la route :des pommes , des pêches , des abricots et même du raisin car
nous avons vu aussi au passage pas mal de vignes . Arrivés à l'hôtel
Asia nous nous installons une fois de plus sur un parking dépourvu
d'ombre . Il est déjà 16h30 lorsque nous pouvons enfin casser la croute
tout en discutant avec nos deux jeunes baroudeurs qui ont trouvé à se
loger juste à côté .
A 19h30 , bien que tout le monde ne soit pas encore sorti des
griffes des douaniers , avec Dominique j'installe les tables car nous
sommes d'apéro ce soir : je pense qu'il sera bien utile celui-là après
une journée crispante au possible passée à contempler l'inertie
administrative avec le sourire aux lèvres de surcroît ! Comme nous
n'avons pas tiré de photo aujourd'hui , je joins quelques clichés du
Kirghizstan trop nombreux pour être envoyé avec le blog le 16 août .

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