dimanche 31 juillet 2016

ppi étape 56 le 31 juillet 2016 Pingliang-Xuzhong 300 km

Les 1300 mètres d'altitude de Pingliang ont permis à tout le
monde de récupérer enfin de la fatigue accumulée à Xi'an .La fraicheur
nocturne nous a procuré un sommeil de qualité au point d'ailleurs que
Dominique a dû enfiler un polaire en fin de nuit : le thermomètre
affiche pourtant 22 degrés à bord ! Aussi tout le monde traine ce matin
aussi bien pour prendre son petit déjeuner en terrasse , ou pour faire
la corvée d'eau . Entre deux on discute un peu , on regarde le monastère
bouddhique perché tout là-haut avec des jumelles , on fait une photo du
campement , bref personne n'est pressé de partir . Il fait si bon ici
sous les arbres que nous n'avons pas besoin de nous précipiter dans la
cabine pour bénéficier de clim comme d'habitude .
Il faut se gendarmer pour réussir à partir enfin vers 9h00 . La
sortie de Pingliang ne nous donne pas trop de fil à retordre , les deux
GPS étant d'accord pour nous conduire jusqu'au G22 . Au cours de la
traversée de la ville nous n'avons pas vu de commerce pour faire nos
courses de bouche , résultat nous filons sur l'autoroute où nous
essuyons une série de petits péages successifs .Nous commençons par
passer aux pieds des temples bouddhistes que nous observions tout à
l'heure avec les jumelles : malheureusement pour les photos quelques
nuages de brume sont accrochés sur la crête où ils sont perchés . Nous
longeons ensuite un barrage de terre en construction et tout de suite
nous attaquons la montagne avec une deux fois deux voies qui rend plus
difficile le doublement des nombreux camions scotchés dans la pente .
Nous enfilons aussi une série de tunnel dont le plus long mesure 10
bornes ! Sur l'autre versant le paysage change complétement : la
végétation se fait plus rare laissant place à l'argile qui offre une
multitude de nuances d'ocre . Travaillée à souhait par l'érosion , nous
traversons une série de canyon plus torturés les uns que les autres ,
laissant derrière eux des bouquets de cheminées de fée . L'homme aussi a
mis sont grain de sel dans l'affaire en creusant des terrasses pour
domestiquer cette nature aride . Grâce à un ingénieux système
d'irrigation , partout le maïs , les pomme de terres ,le lin poussent à
merveille , nous offrant par la même occasion une jolie marquéterie à
base de vert , de jaune et d'ocre . De profil les montagne ressemble à
d'immenses gradins . Certaines terrasses où la moisson a déjà été faite
sont décorées de l'alignement de jolies petites meules disposées
artistiquement Difficile de repérer les habitations dans un tel paysage
d'autant qu'elles sont faites de briques de la même couleur que la roche .
Comme nous multiplions les arrêts photos sur l'autoroute , ce
qui n'est pas du goût des camions que nous venons de doubler , nous
décidons d'essayer de continuer sur une route secondaire en prenant la
G 312 qui mène à Langzou . Quel bonheur de pouvoir faire parti du décor
, on a l'impression de participer d'avantage , bien que les arrêts ne
soient pas plus facile : nous avons toutes les peines du monde pour
trouver un coin pour pique-niquer , même au sommet du col que nous
venons de franchir à plus de deux mille mètres . La vue plongeante sur
les terrasses multicolores est de toute beauté . Parvenus en bas dans la
vallée , nous traversons une ville curieuse où se côtoient HLM en béton
et petites maisons en argile séchée au soleil . La suivante nous réserve
quelques surprises car ici tous les ponts sont coupés ou en travaux : il
faut parfois descendre dans le lit de la rivière sur des chemins
complétement défoncés , parfois passer en fil indienne sur la moitié
d'un pont branlant . Au cours d'une traversée de travaux j'ai mes
berceaux de canoé qui font sailli sur le toit , qui ont chatouillé un
portique métallique . Marc qui me suit a eu très peur !
Une fois à Xuzhong , les problèmes commencent pour trouver le
campement car au lieu d'arriver par l'autoroute comme le prévoit le
road-book , nous arrivons par la G 312 . Nous décidons de nous fier au
GPS Garmin qui nous mène jusqu'à une petite route fort sympathique mais
qui présente un étranglement entre deux énormes blocs de béton sur
lesquels il est indiqué 2 mètres trente . D'un commun accord , nous
optons pour le demi-tour , ce qui n'est pas du goût du GPS qui se met à
délirer . Dominique descend pour demander notre route à trois flics
stationnés dans une voiture : gentiment , ils proposent de nous y
conduire . Et deux minutes plus tard nous voilà à nouveau devant nos
deux gros blocs de béton . Serge avec son fourgon passe le premier avec
succès . Pour Marc et moi , c'est beaucoup plus difficile car il reste
la valeur de deux doigts de chaque côté : heureusement la présence des
flics calment l'impétuosité des automobilistes chinois déjà prés à
forcer le passage en klaxonant et Serge, en professionnel du camion,
nous guide par talky walky . Cinq minutes de stress et nous repartons
toujours escortés par la voiture de police , toute rampe lumineuse
éclairée jusqu'au campement installé dans un parc aux pieds des montagne
: nous sommes à 1900 mètres mais cela n'empêche par le thermomètre
d'afficher 41 degrés !
Il est déjà 16h00 lorsque nous installons le salon de jardin
sous l'auvent pour casser la croute . Puis nous attaquons aussitôt les
problèmes mécaniques : pendant que Jean-Yves s'attaque au frigo sur le
côté droit du camping-car , avec Jean-Luc je m'attelle à décoincer le
tiroir extérieur où est installée la pile à combustible sur le côté
gauche . Les projections de boue sur les pistes ont complétement
bloquées les glissières ;il faut se coucher sous le camping-car et taper
à coups de massette pendant une heure avant de pouvoir sortir le tiroir
et réparer la partie en polyester cassée en essayant de forcer , il y a
quelques jours . La position est pénible d'autant que nous prenons de la
terre dans les yeux . Il est 19h30 lorsque tout est réparer , graisser ,
les outils rangés , et la douche prise , juste pour assister à la
réunion , un peu houleuse où Philippe en prend plein la tête sur les
imperfections multiples de ses explications aussi bien sur le road-book
que sur le GPS chinois . Une fois la pression descendue , nous prenons
le repas en commun ppistes et camping-caristes chinois compris avec un
pull car le thermomètre est en dessous de 20
degrés maintenant .

samedi 30 juillet 2016

ppi étape 54 le 30 juillet 2016 Xi'an-Pingliang 300 km

Quel bonheur de pouvoir dormir avec la clim ! La fraicheur ,
mais aussi je pense la fatigue d'hier ont contribué pour beaucoup à ce
que nous dormions comme des souche jusqu'à 6h00 du matin . L'obscurité
inhabituelle dans la chambre ,qui pour une fois était complétement
fermée , y est pour quelque chose aussi . Dès que nous avons pris douche
et petit déjeuner, je vais chercher Jean-Yves pour qu'il nettoie la
veilleuse de la rampe à gaz du frigo .De mon côté , je scotche le
tiroir cassé de la pile à combustible, comme je peux ; il y a deux
jours ,en voulant l'ouvrir pour prendre un prolongateur électrique ,
j'ai forcé avec Serge et Marc et nous avons arraché la devanture en
polyester .La tourista commence à sévir dans notre petite communauté
:Hubert et sa fille Claire ont inauguré la liste , suivi de peu par
Serge qui a compliqué les choses par un malaise vagal responsable d'une
rencontre fâcheuse avec la porte des toilettes : bilan , la porte a tenu
,mais lui a la tête couverte de griffes . Quant à nous , notre forme
intestinale est en dents de scie .
Vers 8h00 , nous sommes conviés à une petite réunion
officielle avec les représentants du camping-carisme chinois et
certainement des membres de la municipalité de Xi'an devant l'immense
mur de pierre couvert de bas reliefs , face à notre parking . Après
quelques discours d'usage en chinois puis en français , on nous remet un
colis de thé , une bouteille de Saké , des livres écrits en chinois par
l'un des camping-caristes autochtones qui nous accompagnent depuis Pékin
; c'est celui qui possèdent des entreprises de fabrication de levures,
apparemment . Xi'an étant le départ de la Route de la Soie , Philippe
nous invite , comme les caravanes de chameaux il y a deux mille ans , à
partir en convoi sous l'oeil attentif des caméras de la presse et de la
télé locale .
Après avoir repris le deuxième périphérique vers l'ouest ,
nous gagnons le troisième pour trouver la G70 . La circulation, un peu
moins dense qu'hier, permet de faire une sortie de Xi'an honorable ;
c'est vrai que nous sommes samedi et qu'avec nos obligations de début de
matinée nous avons peut-être, sans le vouloir, évité le rush de 8h00 .
Dès que les cités dortoirs, avec leurs tours hautes de vingt à trente
étages s'éloignent dans notre dos , nous traversons des vergers de
pommiers et de poiriers à perte de vue . Certains arbres attirent notre
attention car nous n'arrivons pas à en reconnaitre les fruits ; en
ralentissant d'avantage nous finissons par comprendre qu'il s'agit de
sachets en papier de couleur marron qui les recouvrent : quel travail
d'emballer ainsi chaque fruit !Puis progressivement le relief devient
plus montagneux , exhibant par endroit des falaises peuplées
d'habitations troglodytes . Nous apprendrons le soir par Claire et Roger
, qu'il s'agit carrières d'argile creusées pour fabriquer des briques ;
ils ont même pu visiter les fours et rencontrer l'un des fournisseurs
de charbon nécessaire à la cuisson , occupé à casser de gros blocs de
houille .
Comme il fait encore très chaud , nous décidons de tirer
l'étape d'une traite sans pause casse-croute . Arrivés à proximité de
notre but , nous laissons de côté la sortie Est Pinglianghong pour
prendre vingt bornes plus loin Pingliangxi , la sortie ouest comme nous
l'a recommandé Philippe , ce matin à la dernière minute : en effet il a
réussi à nous changer le parking situé en pleine ville en un campement
dans un parc construit récemment par la municipalité avec piscine ,
petits commerces , salles de spectacle et autres divertissement . Quel
bonheur de pouvoir nous installer à l'ombre de jeunes arbres et sur du
gazon . En plus , comme nous sommes à 1300 mètres d'altitude l'air est
plus frais et par moment on perçoit même une légère brise : le panard
après la rôtisserie de Xi'an .
Après le repas pris en terrasse , je m'installe dans le courant
d'air du camping-car pour rédiger le blog pendant que Dominique prépare
les toasts pour l'apéro car c'est à notre tour d'arroser la compagnie
ce soir . Vers 16h30 nous nous rendons à pieds à un spectacle de danses
folkloriques et d'acrobaties : rien à voir avec la qualité de celui de
Xi'an , ici nous avons les tympans percés par les aigus comme jamais .
Par contre la traversée des petites ruelles grouillantes de monde où
beaucoup de marchands ambulants proposent les plats qu'ils ont cuisinés
: c'est très joli et très appétissant , dommage que notre état digestif
nous incite à la prudence !

ppi étape 53 le 29 juillet 2016 Xi'an

Hier soir , c'était Marc et Monique qui étaient d'apéro avec
Treach et Nils , juste après une courte réunion pour nous expliquer le
programme de visite à Xi'an . Ensuite deux camping-caristes de Shangaï
installés au bout, sur le même parking que nous , sont venus nous
inviter à manger les spécialités culinaires de leur région ; c'était
excellent à en juger par les plats vides qui restaient sur la table .
Grâce à la clim, nous nous sommes endormis facilement, malgré
les 35 degrés persistant dehors . Je n'ose pas imaginer dans quelles
conditions sont Serges et Marie-Do dans leur fourgon mal isolé ! Ce
matin , il faut que je vois Jean-Yves pour le frigo qui a beaucoup de
mal à refroidir depuis quelques jours : en testant les température avant
hier , les congélateurs était à plus deux degrés et les frigos à 20
degrés . Heureusement que depuis hier , nous sommes branchés sur le 220
volts : j'espère que nous pourrons refaire des glaçons aujourd'hui !
Comme le départ en bus est prévu pour 9h00 ,nous avons enfin le temps de
trainer un peu pour prendre une bonne douche et le petit déjeuner . J'en
profite même pour compléter le plein d'eau de la réserve .
Nous commençons la visite de Xi'an par celle de la Grande
Pagode de l'Oie Sauvage qui date du VII ème siècle . Construite en
briques , elle penche un peu vers la gauche avec ces 9 étages : une très
haute construction pour l'époque! Malheureusement pour nous et surtout
pour les photos elle est masquée partiellement par un échafaudage :
c'est affreux ! Pour les clichés , mieux vaut s'attarder sur le reste du
monastère qui date de la dynastie des Tangs .Un magnifique escalier en
marbre blanc par exemple, décoré de superbes bas reliefs ; même les
contre-marches sont gravées artistiquement . De jolis temples en bois
répartis un peu partout dans un grand parc arboré abritent selon notre
guide 84 000 bouddhas ; nous n'avons pas vérifié !
Nous reprenons le bus qui doit affronter avec beaucoup de
difficultés une circulation infernale : il parait que X'an compte
maintenant plus de 10 millions d'habitants , ce qui en fait la quatrième
ville de Chine après Pékin , Shangaï et Chonquing , la plus grande avec
37 millions d'habitants ; plus de la moitié de la France dans une seule
ville ! En plus à Xi'an , d'après notre guide , toutes les familles
possèdent une voiture soit 3 millions de véhicules , d'où les bouchons!
Pour essayer de résoudre le problème ,ils sont entrain d'installer un
métro : sur quatre lignes prévues , deux fonctionnent déjà . Xi'an veut
dire "Paix de l'Ouest " :elle était la capitale sous le premier
empereur de Chine qui a fondé la dynastie des Mings en rassemblant par
le force les différents royaumes , en moins deux cent et des brocs .
Nous visitons maintenant une fabrique d'objets en jade car la
région a été de tout temps riche en cette pierre semi-précieuse . Les
réalisations sont magnifiques , notamment de belles petites coupes
transparentes avec la lumière qui met en valeur les veines de la pierre
mais c'est inabordable au point de vue prix : 4500 euros avec la
réduction ! Nous visitons l' atelier où des artistes de tous âges , mais
surtout des femmes, travaillent inlassablement à la meule , dans un bain
d'eau pour éviter la poussière . Nous nous contentons d'acheter un
encrier et un porte pinceau pour notre atelier de peinture à Liévin et
nous dégustons un thé offert par la maison servi sur une magnifique
table taillée dans un seul tronc , pieds compris .
Cette fois, nous quittons la ville pour nous rendre au pied
de la Montagne du Cheval Noir où a été découvert en 1974 la fameuse
Armée d'Argile par trois paysans qui creusaient un puits . Constituée de
plus de 7 000 hommes grandeur nature, fabriqués en argile et cuits à
haute température ( 1000 degrés) pour résister à l'érosion du temps ,
elle était disposée à proximité du tombeau du premier empereur Ming deux
siècle avant J-C . Au départ ils voulait que ce soit ses hommes en
personne qui l'accompagnent dans l'au delà ; c'est grâce à la sagesse
d'un de ses généraux que le sacrifice n'a pas eu lieu car il a expliqué
à l'empereur que son armée vivante serait plus utile sur Terre pour
combattre l'ennemi que sous terre . Une fois sur site nous commençons
par aller nous restaurer dans un self installé dans le musée même. Cela
tombe a-pic car il est déjà 13h30 et nous commençons à nous déshydrater
sérieusement sous un soleil ardent avec déjà 40 degrés au thermomètre .
Une fois ragaillardis , nous attaquons la visite proprement
dite par une première salle , d'une centaine de mètres de long où l'on
voit les soldats en parfait état pour la plupart , disposés en rangée de
quatre . Leurs lances , fabriquées avec un manche en bois ont disparu :
ce qui surprend , c'est l'expression des visages , toutes différentes ,
l'un sourit , l'autre semble parler , le troisième tend l'oreille pour
écouter : on dirait vraiment qu'il s'agit d'authentiques personnes ,
figés brutalement dans leur action , un peu comme à Pompéï. Dans la
seconde salle , on voit des chevaux en plus des soldats , eux aussi en
parfait état de conservation . La troisième salle est consacrée aux
officiers supérieurs que l'on distingue très bien par leur tenue et les
archers avec une première ligne à genoux, la seconde entrain de bander
l'arc , derrière et au dessus de la ligne de front . La quatrième
renferme le joyaux suprême : deux chars tirés chacun par quatre chevaux
en bronze à l'échelle 1/2 pesant plus d'une tonne chacun . D'une
exécution parfaite pour l'époque avec une bride pour les chevaux faites
d'anneaux d'or et d'argent qui pose encore un problème aux chercheurs
actuellement car on ne sait toujours pas souder deux métaux avec des
températures de fusion différentes . Bien que ce soit la deuxième fois
pour nous que nous voyons la fameuse Armée d'Argile , nous avons le
souffle coupé devant l'ampleur d'un tel chef d'oeuvre , classée huitième
Merveille du Monde . En tout cas la présentation s'est furieusement
améliorée en 25 ans : à l'époque , on marchait sur des planches au bord
des tranchées de soldats fraichement excavée , sous un vulgaire hangar
de tôles .
Quel bonheur de remonter dans le bus et de pouvoir enfin
sécher sous la clim, après un quart d'heure de marche en plein cagnard
pour sortir du parc . On a beau se réhydrater sans cesse , nos
organismes restent en surchauffe et nous mouillons la chemise au point
de pouvoir la tordre ! J'ai déjà acheté 5 bouteilles d'eau pour nous
deux depuis le début de la visite et nous avons toujours soif .
Heureusement que nous roulons une bonne heure pour rejoindre le centre
ville pour assister à un diner-spectacle au Tang Palace Opéra . On
commence par nous servir un buffet de raviolis , spécialités de Xi'an :
artistiquement moulés en forme de poissons , de porcs , de canards ,...
nous n 'avons pas de difficulté à reconnaitre la composition de la farce
. Nous dégustons ainsi dix huit parfums différents : aux champignons , à
la patate douce , aux choux ..., le tout accompagnés de crudités en tous
genres et d'une grandes variété de sauces . Un assortiment de fruits et
nous passons au spectacle .Moi qui craignait d'avoir les oreilles
déchirées par des sons super-aigus aussi bien de la part des chanteurs
que des instruments de musiques , je suis agréablement surpris par la
douceur des mélodies datant des Tangs parfois revus et corrigés aux
goûts du jour , il faut le dire . Les costumes des danseuses et les
chorégraphies sont de toutes beautés et franchement pour quelqu'un comme
moi qui ne suis pas très friand de ce genre de spectacle , j'avoue ne
pas avoir regardé l'heure une seule fois !
Nous rentrons au camping-car vers 22h30 complétement rincés
après treize heures de visite dans des conditions climatiques
particulièrement hostiles . Il fait encore prés de 40 degrés et les
dalles de pierre du parking sur lesquelles nous sommes installés,
revoient toute la chaleur qu'elles ont pus accumuler pendant la journée
; c'est affreux cette sensation de marcher sur une cuisinière à charbon
! Heureusement que la clim de notre camping-car a tenu toute la journée
et que le thermomètre intérieur affiche 23 degrés , nous allons pouvoir
récupérer , après cette journée marathon !

jeudi 28 juillet 2016

ppi étape 51 le 28 juillet 2016 Shaolinsi-Xi'an 450 km

Par chance cette nuit nous arrivons à obtenir un très léger
courant d'air ,mais qui malgré tout, nous a bien aidé à trouver le
sommeil . Comme hier , c'est au son de l'hymne chinois que nous sommes
tirés du lit . Nous devons être juste à côté d'une école d'arts martiaux
car aussitôt le lever des couleurs terminé , nous entendons résonner le
sol sous les pas précipités de jeunes recrues, qui passent en courant
au bout du parking . La journée commence fort pour eux et pour nous
aussi , par la même occasion . Il faut absolument faire le plein d'eau
car nous n'en aurons pas à Xi'an selon Philippe . Il nous dit qu'ils ont
pris un orage il y a deux jours lorsque nous étions à Pingyao avec un
mètres de précipitation ,çà promet ! Il nous recommande donc de ne pas
s'écarter de l'autoroute .
Après les préparatifs d'usage avant le départ de l'étape, avec
en prime aujourd'hui la vérification de la pression des pneus ,nous
traversons Shaolinsi sans problème pour récupérer ensuite la G207 sur
quelques kilomètres et enfin la S 85 . Comme c'est grand beau , nous
pouvons admirer au passage les montagnes qui entourent la ville ; très
abruptes, elle ressemblent aux Alpes de Provence avec leur maigre
végétation qui alternent avec des champs d'éboulis et quelques falaises
. Dès notre entrée sur l'autoroute, nous constatons que nous sommes
attendus par la police qui doit noter le nombres de camping-cars passés
et l'heure de départ . Encore une fois ce n'est pas de la paranoïa de
notre part : hier Martine et Bernard , sortis de l'itinéraire prévu par
simple curiosité touristique , ont reçu un appel téléphonique de la part
de Yang pour en savoir plus, quant à leur petite incartade : nous
pensons bien qu'il s'agissait d'une vérification policière auprès de
notre organisme suite à une dénonciation ,car ils étaient seules dans un
coin très isolé !
Au bout de cinquante bornes un peu montagneuses ,nous plongeons
dans la cuvette de Luoyang ,énorme ville industrielle , à en juger par
l'importance du nuage de pollution qui arrive à faire écran au point de
dissimuler le haut des buildings d'habitations rangés en files
indiennes le long de l'autoroute . Partout autour de nous ,de grosses
cheminées crachent leur venin . C'est impensable d'être obligé de
supporter ça , de vivre en permanence dans un brouillard mal odorant,
alors qu'il fait un temps magnifique en plus.
Il faut s'éloigner d'au moins cinquante kilomètres pour
récupérer une luminosité à peu prés satisfaisante . Nous commençons
alors à suivre le Fleuve Jaune, qui a creusé une large vallée très
verdoyante où règne la monoculture du maïs . Il a été mal baptisé à mon
avis : il aurait dû s'appeler Fleuve Rouge car ses eaux sont toujours
aussi boueuse que lorsque nous l'avions descendu pendant cinq jours , de
Chonquing à Shangaï ,il y a 25 ans . L'imposante largeur de son lit
laisse supposer qu'il doit être sujet aux crues . Dans les énormes
méandres , il laissent derrière lui de grandes îles couvertes d'herbes
qui nous offrent un joli contraste avec l'ocre du fleuve .
Vers 12 h00 nous décidons de faire le plein de gasoil et
comme nous trouvons une place à l'ombre sur la station service , nous
dressons la table pour le pique-nique sous le préaux de la futur pompe
à gaz encore en construction . Le décor est un peu bobourien mais les
véhicules sont à l'ombre et nous aussi .
Après le café, c'est Dominique qui reprend le manche pendant
que je commence à taper le blog .Sur les coteaux on voit quelques
parcelles de vignes ; hier , il parait que Claire et Roger ont visité
un vignoble un peu avant d'arriver à Shaolinsi : ils ont juste pu
acheter quelques bouteilles de rouge mais n'ont pas pu déguster , ce
n'est pas la mode en Chine, apparemment . Nous suivons ainsi le plus
grand fleuve de Chine jusqu'à Tongguen .Nous contournons encore un
mégalopole,Weinan , qui exhibent autant d'usines fumantes à souhait que
de cités dortoirs avant de voir les hauts buildings de Xi'an se profiler
à l'horizon .
Dominique me demande d'être sur le pied de guerre en temps que
copilote , car il s'agit de l'entrée d'une ville de 8 millions
d'habitants , ça risque d'être chaud ! Cela commence d'ailleurs très
fort puisque la sortie 32 proposée par le road-book est fermée , cause
de travaux . Nous nous retrouvons à la 31 avec des panneaux partout
écrits en Chinois , pas facile de prendre une décision dans de telles
conditions ! Nous commençons par suivre un moment le Garmin , puis le
GPS chinois , puis comme nous tombons sur des panneaux en anglais
proposant le 3 ème puis le 2 ème périphérique , nous finissons par nous
débrouiller tous seuls . Nous croisons même un camion citerne en flamme
, ce n'est pas le quart d'heure de trainer dans le secteur ! Après une
bonne heure de lutte dans une une circulation infernale ,nous trouvons
le fameux parc du lac Hanchen . Nous nous installons sur un parking en
dalles de pierres par 43 degrés à l'ombre ! Le cadre est certainement
joli, au pied d'une grande pagode , mais pas très confortable .
Heureusement que Jean-Luc finit par nous improviser une installation
électrique de compétition qui nous permet même de brancher la clim sur
le 220 extérieur ! Le panard ! Merci Jean-Luc !