vendredi 5 août 2016

ppi étape 61 le 5 août 2016 Jiayuguan-Dunhuang 420 km

Jiayuguan est une ville de 300 000 habitants , très aérée et
très verte bien qu'elle soit située en plein désert à1600 mètres
d'altitude . C'était déjà une oasis sur la Route de la Soie . Elle garde
l'entrée de ce qu'on appelle le Corridor de l'Ouest: en effet une plaine
désertique d'à peine 5 kilomètres de large par endroit qui court vers
l'ouest , est limitée au nord par une chaine de montagne au delà de
laquelle s'étend l'immense Désert de Gobi . Au sud la barrière
montagneuse culmine à plus de 7 000 mètres avec des neiges éternelles à
partir de 4000 mètres . Nous avons eu la chance de l'entrevoir l'espace
d'un instant avant que le ciel ne devienne trop blanc e trop brumeux
sous l'effet de la chaleur .
Ce matin ,nous sommes invités à partir en convois jusqu'à une
forteresse construite en 1320 sous les Mings pour garder le fameux
Corridor de l'Ouest contre d'éventuels envahisseurs . C'est donc sous le
tire croisée des caméras de télé que nous prenons la tête du convois,
puisque nous sommes numéro 1. Nous traversons la ville aux pas , warning
allumés , derrière les voitures officiels , ce qui déclenche chez les
autochtones déjà curieux de nature , des attroupements de badauds ,
appareil photo à la main . Nous remontons d'abord l'avenue principale
jusqu'à un grand rond point ovale qui permet de regrouper la vingtaine
de véhicules du convois ; après un tour d'honneur nous revenons sur nos
pas pour quitter la ville vers l'ouest . Après avoir fait vingt bornes
au milieu du sable et de la caillasse , nous tournons à droite pour
aller nous stationner en éventail devant la magnifique forteresse .
D'après Philippe le rempart de 13 m de hauteur mesure 850 mètres de long .
Après les inévitables discours du maire de Jiayuguan et de
Gérard , notre président FFCC , on nous remet la copie du laisser-passer
que délivrait l'Empereur de Chine aux valeureux caravaniers : ils
partaient à dos de chameaux sur la route de la soie jusqu'à la
Méditerranée . Nous pouvons ensuite visiter la fameuse forteresse
envahie de touristes ; du haut des rempart c'est amusant de voir l'oasis
de verdure s'arrêter brutalement, au mètre prés , pour laisser place au
sable du désert . Les épaisses murailles de briques sont de la même
couleur que le sol environnant ce qui rend difficile de voir la
forteresse de loin . Comme il fait déjà une chaleur pas possible, avec
un thermomètre à 34 degrés , nous nous achetons une glace parfumée aux
petits pois ! Et bien curieusement , ce n'est pas mauvais ! Nous sommes
qu'à moitié surpris car j'avais un patient qui travaillait chez Haagen
Daaz et qui produisait spécialement ce genre de parfum pour les Chinois
et les Hindous .
Nous parvenons à quitter le site vers 10h15 après avoir obtenu
la venue d'un gardien pour nous ouvrir la porte , Roger et Claire ayant
dû rebrousser chemin un quart d'heure avant . Dès que nous nous
éloignons un peu , nous nous retrouvons au beau milieu de l'immensité
plate du désert de sable et de cailloux ; par moment quelques dunes
viennent rompre la monotonie du paysage en s'alignant le long de
l'autoroute . Le thermomètre affiche déjà 41 degrés et le ciel
complétement dégagé maintenant, laisse passer les rayons du soleil comme
jamais . Un vent violent et chaud soulève des nuages de sable . Partout,
dans toutes les directions , nous voyons des champs d'éoliennes à perte
de vue ; il y a également de vastes étendues couvertes de panneaux
photo-voltaïques : c'est affreux . Curieusement , par endroit le paysage
lunaire disparait pour laisser place à des champs de maïs ,de tournesols
, et même de fleurs entourés d'arbres , maigrichons certes , mais des
arbres quand même ; ce sont vraiment d'excellents jardiniers , ces
Chinois ! Avec un peu d'irrigation , ils parviennent à faire des
miracles . C'est d'ailleurs pour ça que le gouvernement chinois a
toujours eu une politique expansionniste vis à vis du Tibet qu'il
considère comme le château d'eau de la Chine au grand mépris de
l'autorité bouddhique du Dalahi Lama .
Arrivés à Gouazhou , nous quittons la G30 pour nous emmancher
sur la petite S314 que nous devons suivre sur 120 km . Au bout de trente
borne , un tas de terre barre la route . Seules quelques camionnettes
ose contourner le barrage en passant dans le sable .Après quelques
hésitations , nous préférons revenir sur nos pas et reprendre
l'autoroute plutôt que de risquer la rencontre d'un second obstacle
infranchissable cette fois .
Comme hier , nous décidons de manger en roulant car la chaleur
ambiante ne nous pousse pas à arrêter pour pique-niquer : cette fois je
prépare des sandwichs fromage-tomate et fromage-salade , une salade de
fruits exotiques et un café frappé car Dominique est au volant . Cela
nous permet d'arriver de bonne heure vers 15h00 sur le parking de
l'hôtel Dunhuang , totalement dépourvu d'ombre : on se serre les uns les
autres pour bénéficier de l'ombre du voisin , c'est bien maigre quand le
thermomètre se permet d' afficher 44 degrés et que le soleil plombe
comme jamais . Une fois les fenêtres grandes ouvertes d'en l'espoir
d'obtenir un éventuel courant d'air et l'auvent sorti , je cours
m'installer dans le hall de l'hôtel pour travailler sur le blog dans un
bon fauteuil et sous une bouche d'air réfrigéré . Le panard !
La réunion de ce soir s'accompagne du pot d'adieux de Stépanie
, notre agent Atypic qui est remplacée par Thomas . Ensuite nous sommes
convié à un second apéro chez les Chinois qui nous accompagnent toujours
et Mme Wu , leur présidente nous offre des tee-shirts avec un gros panda
dessus que nous sommes obligés d'enfiler par dessus malgré la chaleur
toujours aussi intolérable, pour la photo de groupe . Nous terminons la
soirée en mangeant dehors en terrasse entre les campings-cars ! Par
chance j'arrive à faire démarrer la clim sur le 220 v de l'hôtel grâce à
un branchement sauvage de Jean-Luc .

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