Au cours de sa petite conférence , hier soir Rousman nous
parler aussi du climat très continental de son pays ,très chaud l'été ,
très froid l'hiver : le thermomètre ne descend guère plus bas que moins
10 degrés mais il y a toujours du vent qui fait que la température
ressentie est beaucoup plus basse .Il a été amené à s'occuper d'un
groupe de jeunes sibériens cet hiver alors qu'il faisait moins sept
degrés :malgré ses mises en gardes , les lycéens se sont moqués de lui ,
eux qui vont habituellement à l'école par moins quarante ! En visitant
Samarcande à pieds , à 10h00 ils ont demandé à rentrer à l'hôtel tant le
vent était insupportable , même pour des gens aguerris . Un gros
problème pour l'Ouzbékistan est celui de l'eau car toute la vallée de
Fergana avec ses vergers et ses cultures de coton en sont très gourmande
. Même si les deux gros fleuves Syr Darya et Amou Darya apportent une
importante contribution à ce besoin massif , cela ne suffit plus ; avec
l'aide de la Russie il devait construire un grand barrage sur le Syr
Darya pour résoudre définitivement le problème de l'irrigation ;
malheureusement le projet a été ajourné , faute de moyens . Rousman nous
explique aussi que les Américains les ont lâcher depuis 2008 car son
pays refuse de faire partie d'une quelconque alliance militaire :
l'Ouzbekistan , avec ses frontières communes avec tous les autres pays
d'Asie Centrale occupe une place privilégiée sur le plan stratégique qui
intéressait beaucoup les States .
Ce matin , une fois de plus je suis obligé de me lever très tôt
vers 5h00 à cause de mon retard de rédaction du blog après la journée
marathon d'hier ! Vers 6h00 Dominique prépare le premier café et
commence la corvée d'eau pendant que je termine ma mise à jour du blog ;
il faut également que je trie les photos de Josiane que j'ai dû pompé
hier soir :comme j'ai réussi à oublier de prendre mon appareil , je
n'ai pas pu tirer le mienne !
Nous parvenons à partir vers 8h00 , GPS Garmin en main : en
principe , nous devons reprendre la route d'hier vers Margilan , Rishtan
et Kokan d'après Rousman . Après une petite errance dans Fergana en
raison d'un pont coupé qui nous oblige à faire demi-tour , nous
reconnaissons au passage le quartier des boulangers de Margilan installé
juste à côté de la fabrique de soie que nous avons visité , puis le
centre de Rishtan avec ses larges avenues bordées de bâtiments neufs :
on voit que nous sommes dans un pays très jeune , à peine 26 ans , qui
essaie de redémarrer après avoir été abandonné par le grand frère russe
. Partout des pares-terres de fleurs , des pelouses et des jets d'eau
décorent les ronds points . Des villes à l'échelle humaine où les gens
ont l'air d'être heureux de vivre .Curieusement la plupart des voitures
qui circulent sont des Chevolets , construite sur place selon notre
guide , par Général Motor Ouzbékistan , peut-être un vestige laissé sur
place par l'oncle Sam ! A l'entrée de Kokan ( que vous pouvez voir écrit
comme ça : Qoqan ) , nous prenons la direction de Tashkent .Finie la
traversée des vergers et des champs de coton , dès la sortie de la ville
nous retrouvons le désert avec du sable , des touffes d'herbes sèches et
des monts pelés à l'horizon sur une bonne cinquantaine de kilomètres
.Puis tout à coup le miracle de l'irrigation fait ré-apparaitre comme
par enchantement des rizières , des champs de maïs bien vert et du coton
bien sûr .
Après notre premier contrôle de police où nous nous en sortons
avec une simple présentation de passeports , nous tombons sur le fameux
marché aux pains indiqué par Rousman hier soir à la réunion . Nous y
achetons une belle galette en pâte feuilletée et une pissaladière qui
sent bon l'oignon . Dominique finit par craquer sur de petites boulettes
de fromages de la taille d'une bille bien sèches et parfumées aux herbes
pour certaines
Une fois sortis du marché , nous attaquons l'ascension du col
de Kamchik qui culmine à 2200 mètres . Le paysage devient de nouveau
désertique avec quelques petits monts pelés qui ressemblent à des dunes
de sable doré ; derrière , leurs grands frères exhibent de hautes
falaises qui alternent avec des champs d'éboulis . La couleur un peu
terne des rochers ne met pas en honneur le paysage . Nous franchissons
avec pas mal de difficultés le contrôle militaire du fait que beaucoup
d'autochtones essaient de resquiller en s'infiltrant en force devant
nous . Cela finit par déclencher une bagarre entre une passagère qui se
met debout devant le capot de la voiture d'à côté pour permettre à son
mari de passer . Il faut malheureusement l'intervention des flics pour
calmer le jeu . Une fois que nos épouses sont sorties du contrôle des
passeports , nous terminons l'ascension sur une route en très mauvais
état et encombrée de nombreux camions . Au cours de la descente nous
pouvons admirer sur la gauche un superbe lac de barrage aux eaux bleues
turquoises qui tranchent avec les ocres des falaises environnantes . Une
fois dans la vallée , nous nous arrêtons à l'ombre d'une ligne de
cognassiers pour casser la croûte : un vieil autochtone , d'origine
Tadjik , offre gentiment un bouquet de fleurs des champs à Dominique et
quelques épis de maïs ; en échange je lui donne un litre d'alcool de
riz chinois à 54 degrés : il repart enchanté !
Dominique assure ensuite la fin d'étape vers Tashkent avec
encore deux contrôles de police : le road-book et le Garmin nous
permettent un sans faute jusqu'à l'hôtel Ouzbékistan où nous nous
installons sur un parking ombragé , pour une fois ! Nous profitons de
l'hôtel pour changer des euros au black avec un membre du personnel à un
taux nettement plus intéressant : 1euro pour 6000 sums . Nous terminons
la soirée en mangeant en terrasse sur le parking et dans le noir total
car les journées raccourcissent fortement .













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