Hier , la soirée se trouve un peu entachée par un incident
regrettable survenu chez les Staelen ;en partant à la réunion , Marc
claque la porte de son camping-car en laissant les clefs à l'intérieur !
Pas un hublot , pas une fenêtre resté ouvert bien sûr . Il ne reste plus
qu'à appeler notre sauveur :après examen de la situation , Jean-Yves
décide de percer le barillet de la serrure d'un coup de chignole . Marc
, un peu maniaque avec son camping-car , en a les larmes aux yeux à
chaque gémissement de la mèche dans le métal . J'en ai mal pour lui .
Heureusement Monique , plus cool , prend çà à la dérision . Maintenant ,
c'est armé d'un grand tournevis que notre mécano préféré joue dans la
serrure: Marc devient tout pale ! Il ne faut pas moins d'une demi-heure
malgré tout, pour que la porte cède enfin! N'est pas voleur qui veut
!On a pas le temps de s'ennuyer ici , à chaque jour son incident :
qu'est-ce-que ce sera demain ?
Aldar , ce soir s'étend peu sur la prévention routière :"demain
Novossibirsk , quatrième ville de Russie , très grande, 2 millions
d'habitants , beaucoup de circulations , routes défoncées car beaucoup
camions . Très prudent ! Ici , vous pourrez acheter caviar : 3000
roubles pour 100 grammes ... Le marché , 12 rue Michoulevia , plein
centre ville , pas parking , accès difficile ... Surtout il faut goûter
avant acheter ... Surtout pas conserve , caviar tout pourri dedans ...
Acheter en vrac ! Ici, c'est contrebande , mais autorisée , pas de
problème , tu peux acheter...! Une petite histoire : deux ans avant avec
groupe touristes sur lac Baïkal ... tempête.. on se sauve jusqu'à la
côte ...On allume feu , on monte tente ...Un bateau pêcheurs arrive
pour se protéger aussi ... Ils sortent esturgeon grand comme çà , deux
mètres : un coup de couteau , 15 kilos caviar ...Touristes habitués à
petites boites là-bas chez eux , tous grands yeux ...Ils demandent : on
peut acheter ? Aldar donne 5 bouteilles vodka aux pêcheurs ...Alors
touristes mettent petites cuillères sur petit bout de pain , c'est
rigolo ...Moi , prend louche et croque dedans ...Humm! c'est bon comme
çà! ... Nous fait comme çà chez nous , en Sibérie ! Encore petite chose
, avancez vos montres d'une heure !" Cela nous fait 4h00 de décalage
avec la France .
Ce matin , dégagé des obligations du blog , nous nous octroyons
un café au lit que nous accompagnons de lectures concernant le
Transsibérien , vu hier à Barabinsk . Nous apprenons que c'est Alexandre
III qui en a démarré les travaux vers 1881 en attaquant par les deux
bouts , côté Ouest depuis Tuymen et côté Est depuis Vladivostock. Les
problèmes rencontrés étaient multiples : la longueur du trajet, 9200
kilomètres , les conditions météos , le sol marécageux de certains coins
de Sibérie , 7 grands fleuves à traverser (Irtich ,Ob ,Amour ,Volga
,...) , le lac Baïkal .
Le coût énorme des travaux a fait que la France , qui chercher un allié
contre le bloc austro-prussien , a participé financièrement ; c'est ce
qui a ruiné la plupart de nos grands parents avec le fameux Emprunt
Russe . Une aide technique également a été apporté par le biais de
Eiffel et ses ponts métalliques : l'Exposition Universelle de 1900 qui
exhibe la fameuse Tour du même nom , montre également un
wagon-restaurant du Transsibérien où le tout-paris
se précipite pour manger . Le roman Michel Stroggoff de Jules Vernes
favorise également l'engouement des Français pour la cause sibérienne .
La motivation d'Alexandre III , puis de Nicolas II était à la fois
économique car la Sibérie était une mine de richesses , mais aussi
militaire car la Chine devenait menaçante pour la frontière sud-est de
l'Empire Russe . Fini en vingt ans , il sert aussitôt au transport des
troupes pour la guerre avec le Japon en 1905 .
Au début , la traversée du lac Baïkal se faisait grâce à deux
ferry-boats à vapeur qui transportaient 25 wagons chacun
Puis on a monté les rails directement sur la glace avant de se lancer
dans des travaux pharaoniques en perçant pas moins de 39 tunnels pour
contourner le lac Baïkal par le sud . Ces derniers travaux ont été
terminé seulement en 1916 .Comme le trafic passa rapidement de 3 à 20
trains quotidiens d'autres travaux d'améliorations furent vite
nécessaires . Actuellement il faut sept jours et six nuits pour aller de
Moscou à Vladivostock : un projet de TGV est à l'étude actuellement pour
relier Moscou à Pékin en moins de 24 heures !
C'est la tête pleine d'images sur ce train mythique que nous
reprenons aussi notre progression vers l'Est ,un peu moins rapide certes
. La qualité de l'asphalte relativement bonne sur les trois quarts de
l'étape met au repos les amortisseurs du camping-car et par la même
occasion notre dos . Aujourd'hui avec le retour du soleil, la traversée
de la steppe parait moins triste et surtout moins monotone .Toujours pas
de village avec de jolies isbas pour retenir notre attention et de ce
fait pas de petit marchand sur le bas côté de la route pour proposer des
fraises des bois , de cornichons ou même du thé fumant ,comme dans la
région de Tobolsk, armés de gros samovars en métal argenté .
Il faut se contenter de l'immensité de la plaine , plate à souhait , où
ondulent des herbes folles au grès du vent : quelques bouquets de frêles
bouleaux morts le plus souvent ou en tout cas très dépouillés viennent
rompre la monotonie environnante . Un peu avant Novossibirsk nous
franchissons la barre des 8000 kilomètres . D'après Aldar c'est la
nouvelle capitale de la Sibérie , après avoir détrônée la première
Tobolsk , puis Omck , avec l'arrivée de l'industrie pétrochimique . A
55 km de notre point de chute , il faut déjà contourner la mégalopole
dont nous effleurons à peine les faubourgs . Le plein de gasoil
quotidien sagement fait avant la fin de l'étape , nous allons nous
installer dans un centre de loisir , au bord d'un lac de barrage
alimenté par l'Ob , énorme fleuve de 5400 km de long qui traverse le
continent asiatique du sud au nord : né en Chine , il se jette dans la
mer de Kara .
Après un royal pique-nique à l'ombre des pins parasols qui
peuplent la rive , le staff vient nous déloger : un contre-ordre de
dernière minute, dont on ne juge pas utile de nous donner la raison ,
nous déménageons notre campement pour nous installer un peu plus loin
dans une clairière herbeuse , toujours au bord du lac , mais infestée de
moustiques cette fois . Nous décidons de prendre un taxi pour aller au
fameux marché du centre ville ; une heureuse initiative , car malgré la
petite taille de celui-ci , nous mettons pas moins d'une heure pour nous
faufiler dans la circulation et trouver un stationnement à proximité .
Je n'ose pas imaginer la même chose avec trois gros camping-cars !
Affiché à 3000 roubles les 100 grammes , nous l'avons après une agréable
négociation avec une jolie petite russe , à 2600 roubles , soit 34 euros
(340 euros le kilo c'est vraiment beaucoup moins que les 1000-1200 euros
affichés en France ) Comme prévu par Aldar , nous le goûtons avant de
l'acheter au détail . Nous en profitons pour faire un tour au marché aux
épices et aux légumes dont les étales sont superbes . Par contre ceux
des bouchers, avec leurs gros morceaux de viandes coupés à la machette
, ne retiennent pas du tout notre attention . Un rapide tour à l'étage
où sont exposées les fourrures et nous regagnons le campement . Et ce
soir bien sûr ,c'est diner de gala avec caviar-vodka au menu , au milieu
d'une superbe clairière !
jeudi 30 juin 2016
mercredi 29 juin 2016
ppi étape 23 le 29 juin 2016 Omck-Barabinsk 380 km
Ce matin , c'est un peu l'émoi dans notre petite communauté à
la suite de l'annonce du dernier attentat perpétré hier à Istambul ,
responsable de la mort d'une cinquantaines de touristes ! La corvée de
flotte, souvent sujet à la rigolade , est bien morne aujourd'hui ! Même
le récit de Treach , notre anglaise , qui a vu des bergers sur des
chameaux, des vrais à deux bosses , ne parvient pas à détendre
l'atmosphère , bien que a moitié d'entre nous pense qu'elle a dû tirer
un peu trop sur la vodka et le vin de Crimée !
Les recommandations routières d'Aldar pour la journée concerne
l'alcool : "hier , au restaurant , j'ai vu encore bouteille bière
devant assiette ; je répète , en Russie c'est alcool zéro au volant! Si
police arrête toi , c'est goulag ...hi..hi...hi...! En tout cas , tu
peux appeler Aldar , c'est quand même milles dollars , et ils peuvent
prendre véhicule...! C'est très sérieux , je rigole pas ! A partir de
maintenant c'est conduite sibérienne , alors attention ...! Rien à voir
avec conduite russe que vous avez vue jusque là ; çà roule très vite ,
çà double à droite , çà coupe la route sans prévenir, faire très
attention...! Vous verrez beaucoup voitures avec volant à droite ,
voitures occasion achetées Japon : chauffeur sibérien déjà très
dangereux , avec çà , voit rien...Attention.! Demain, arrivons à
Barabinsk , arrêt Transsibérien vingt minutes pour changer locomotive :
si vous voulez voir , pas de problème , mais pas photo... interdit...
surtout pas photo ! Transsibérien , c'est considéré comme stratégique
par gouvernement soviétique...c'est axe vital pour Russie donc surtout
pas photo !"
C'est sous un ciel gris et une pluie battante que nous
attaquons la traversée d'Omk ; notre GPS étant une fois de plus en
rideau , je me cale derrière Roger et Claire partis de bonne heure
aujourd'hui . En passant à proximité du centre ville, nous profitons des
embouteillages pour admirer la cathédrale orthodoxe et une mosquée un
peu plus loin . Très rapidement nous nous initions à la conduite
sibérienne : on a beau avoir été mis en garde par Aldar , ce n'est pas
tous les jours qu'une voiture vous double à droite pour traverser les
trois voies de circulation à notre nez et une fois à l'extrême gauche
recouper la chique à tout le monde pour s'enfourner au final dans une
minuscule ruelle à droite , le tout à quatre vingt km/h .Le problème ,
c'est que des gaillards comme çà il en a des centaines ... C'est
rapidement hallucinant et stressant aussi ...!
Le compteur affiche 18 km lorsque nous sortons enfin de la
ville par une petite route digne du Paris-Roubaix : une tôle ondulée qui
a le chique me mettre tous les éléments bruyants en vibration .On ne
s'entend plus à bord , il faut parler par signes ! Même sortis du
milieux urbain , nos ravacholes de Sibériens continuent à nous
surprendre : sur une petite route à deux voies on est doublé en
permanence par un flot d'intrépides et de trompes-la-mort au grand
mépris des camions qui arrivent en face : on se serre un peu et çà
passe! Juste , certes , mais çà passe , tout çà dans de grandes gerbes
d'eau , la chaussée étant complétement inondée..! Au bout d'une
demi-heure , je n'ai plus un poil de sec ... et j'ai les genoux qui
tremblent...
Au bout de trente bornes nous récupérons enfin la M51 par
laquelle nous aurions dû sortir et éviter le tape-cul sur lequel nous
rebondissons depuis une heure : et oui , une heure pour parcourir trente
kilomètres . A ce train là , nous ne sommes pas rendus . Par chance la
bonne qualité de la grand-route nous permet de rattraper rapidement
notre retard . Très vite , la monotonie du paysage devient pesante ,
derrière les essuies-glaces , en plus . La brouillasse a envahie la
steppe à travers laquelle le ruban de bitume ne daigne pas faire le
moindre petit écart ; c'est désespérant au possible . Pas l'ombre d'un
village , juste quelques étangs , des herbes folles battues par le vent
et à l'horizon un liseré de forêt quand il n'est pas masqué par la brume .
Après avoir doublé Claire et Roger arrêtés pour je ne sais
quelle raison , nous roulons encore deux heures qui paraissent un siècle
avant de trouver un parking de routiers pour casser la croûte , chacun
chez soi ,car il pleut toujours et le thermomètre ne dépasse pas 15
degrés . Après le repas , je vide mon jerrican de 20 litres dans notre
réservoir de gasoil car notre jauge nous fait encore des blagues depuis
l'incident électrique de Kazan où Jean-Yves avait dû intervenir avec son
banc électronique pour désactiver certaines fonctions comme l'ABS et l'
EPS qui restaient allumées au tableau de bord .
Deux petites heures encore de route relativement confortable et
nous entrons dans Barabinsk pour chercher la gare et voir le fameux
Transsibérien : arrivés à 15h30 sur site, nous tombons juste sur lui, à
quai depuis quelques minutes : des paysannes viennent proposer aux
voyageurs des poissons fumés par leurs soins ,qu'elles transportent
enfilés sur une perche . Nous profitons d'être montés sur la passerelle
qui enjambe les voies pour photographier la belle église orthodoxe de
Barabinsk dotée de cinq bulbes dorés . Elle est vraiment superbe sur
fond de ciel tourmen- té avec un petit rayon de soleil qui filtre à
travers la nuée , juste pour le plus grand plaisir de nos yeux . La
gare, propre comme un sou neuf , ressemble d'avantage à un aéroport :
rien à voir avec les halls crasseux des nôtres !
Quelques petites courses de bouche et nous gagnons le parking à camions
indiqué par Géraldine pour y passer la nuit .
la suite de l'annonce du dernier attentat perpétré hier à Istambul ,
responsable de la mort d'une cinquantaines de touristes ! La corvée de
flotte, souvent sujet à la rigolade , est bien morne aujourd'hui ! Même
le récit de Treach , notre anglaise , qui a vu des bergers sur des
chameaux, des vrais à deux bosses , ne parvient pas à détendre
l'atmosphère , bien que a moitié d'entre nous pense qu'elle a dû tirer
un peu trop sur la vodka et le vin de Crimée !
Les recommandations routières d'Aldar pour la journée concerne
l'alcool : "hier , au restaurant , j'ai vu encore bouteille bière
devant assiette ; je répète , en Russie c'est alcool zéro au volant! Si
police arrête toi , c'est goulag ...hi..hi...hi...! En tout cas , tu
peux appeler Aldar , c'est quand même milles dollars , et ils peuvent
prendre véhicule...! C'est très sérieux , je rigole pas ! A partir de
maintenant c'est conduite sibérienne , alors attention ...! Rien à voir
avec conduite russe que vous avez vue jusque là ; çà roule très vite ,
çà double à droite , çà coupe la route sans prévenir, faire très
attention...! Vous verrez beaucoup voitures avec volant à droite ,
voitures occasion achetées Japon : chauffeur sibérien déjà très
dangereux , avec çà , voit rien...Attention.! Demain, arrivons à
Barabinsk , arrêt Transsibérien vingt minutes pour changer locomotive :
si vous voulez voir , pas de problème , mais pas photo... interdit...
surtout pas photo ! Transsibérien , c'est considéré comme stratégique
par gouvernement soviétique...c'est axe vital pour Russie donc surtout
pas photo !"
C'est sous un ciel gris et une pluie battante que nous
attaquons la traversée d'Omk ; notre GPS étant une fois de plus en
rideau , je me cale derrière Roger et Claire partis de bonne heure
aujourd'hui . En passant à proximité du centre ville, nous profitons des
embouteillages pour admirer la cathédrale orthodoxe et une mosquée un
peu plus loin . Très rapidement nous nous initions à la conduite
sibérienne : on a beau avoir été mis en garde par Aldar , ce n'est pas
tous les jours qu'une voiture vous double à droite pour traverser les
trois voies de circulation à notre nez et une fois à l'extrême gauche
recouper la chique à tout le monde pour s'enfourner au final dans une
minuscule ruelle à droite , le tout à quatre vingt km/h .Le problème ,
c'est que des gaillards comme çà il en a des centaines ... C'est
rapidement hallucinant et stressant aussi ...!
Le compteur affiche 18 km lorsque nous sortons enfin de la
ville par une petite route digne du Paris-Roubaix : une tôle ondulée qui
a le chique me mettre tous les éléments bruyants en vibration .On ne
s'entend plus à bord , il faut parler par signes ! Même sortis du
milieux urbain , nos ravacholes de Sibériens continuent à nous
surprendre : sur une petite route à deux voies on est doublé en
permanence par un flot d'intrépides et de trompes-la-mort au grand
mépris des camions qui arrivent en face : on se serre un peu et çà
passe! Juste , certes , mais çà passe , tout çà dans de grandes gerbes
d'eau , la chaussée étant complétement inondée..! Au bout d'une
demi-heure , je n'ai plus un poil de sec ... et j'ai les genoux qui
tremblent...
Au bout de trente bornes nous récupérons enfin la M51 par
laquelle nous aurions dû sortir et éviter le tape-cul sur lequel nous
rebondissons depuis une heure : et oui , une heure pour parcourir trente
kilomètres . A ce train là , nous ne sommes pas rendus . Par chance la
bonne qualité de la grand-route nous permet de rattraper rapidement
notre retard . Très vite , la monotonie du paysage devient pesante ,
derrière les essuies-glaces , en plus . La brouillasse a envahie la
steppe à travers laquelle le ruban de bitume ne daigne pas faire le
moindre petit écart ; c'est désespérant au possible . Pas l'ombre d'un
village , juste quelques étangs , des herbes folles battues par le vent
et à l'horizon un liseré de forêt quand il n'est pas masqué par la brume .
Après avoir doublé Claire et Roger arrêtés pour je ne sais
quelle raison , nous roulons encore deux heures qui paraissent un siècle
avant de trouver un parking de routiers pour casser la croûte , chacun
chez soi ,car il pleut toujours et le thermomètre ne dépasse pas 15
degrés . Après le repas , je vide mon jerrican de 20 litres dans notre
réservoir de gasoil car notre jauge nous fait encore des blagues depuis
l'incident électrique de Kazan où Jean-Yves avait dû intervenir avec son
banc électronique pour désactiver certaines fonctions comme l'ABS et l'
EPS qui restaient allumées au tableau de bord .
Deux petites heures encore de route relativement confortable et
nous entrons dans Barabinsk pour chercher la gare et voir le fameux
Transsibérien : arrivés à 15h30 sur site, nous tombons juste sur lui, à
quai depuis quelques minutes : des paysannes viennent proposer aux
voyageurs des poissons fumés par leurs soins ,qu'elles transportent
enfilés sur une perche . Nous profitons d'être montés sur la passerelle
qui enjambe les voies pour photographier la belle église orthodoxe de
Barabinsk dotée de cinq bulbes dorés . Elle est vraiment superbe sur
fond de ciel tourmen- té avec un petit rayon de soleil qui filtre à
travers la nuée , juste pour le plus grand plaisir de nos yeux . La
gare, propre comme un sou neuf , ressemble d'avantage à un aéroport :
rien à voir avec les halls crasseux des nôtres !
Quelques petites courses de bouche et nous gagnons le parking à camions
indiqué par Géraldine pour y passer la nuit .
mardi 28 juin 2016
ppi étape22 le 28 juin 2016 Ichim-Omck 350 km
A la réunion d'hier soir nous avons eu l'occasion de goûter le
vin russe de Crimée : le blanc manque de corps et le rouge , un peu
sucré , déstabilise vraiment nos papilles occidentales ! Aldar en
profite une fois de plus pour glisser dans le tuyau de l'oreille une
série de recommandations routière : " pas prendre auto-stoppeur ,pas
s'arrêter si voiture avec capot ouvert ,même si madame à genoux pour
supplier enfant malade ou je ne sais quelle connerie , bandits dangereux
...! Demain on reprend grande route Moscou-Vladivostok , beaucoup
camions parfois roulent à gauche si trous ,faire appels de phare et
klaxon si non bougent pas !"
Ce matin , comme nous ne sommes pas à la bourre pour une fois
,nous nous octroyons un café au lit tout en regardant de plus prés la
géographie de la Russie : nous constatons que Tobolsk , avec sa latitude
à 58 degrés se situe à 600 kilomètres à peine du cercle polaire et à
3000 bornes des côtes américaines , de l'autre côté du détroit de
Béring . Pas étonnant que nous ayons eu froid avec un thermomètre à 12
degrés ! La chaine montagneuse de l'Oural ,que nous avons traversé sans
nous en rendre compte du côté d'Ekaterinbourg , court de la mer de Kara
au nord à la frontière du Kazakstan au sud ; très vieux géologiquement
il a encore moins d'allure que nos massifs Armoricain ou Ardennais . Il
parait qu'il culmine malgré tout à plus de 1800 mètres d'altitude .
C'est la barrière que nous avons franchie pour passer d'Europe en Asie .
Après la géographie , c'est la leçon d'histoire : nous
apprenons qu'à l'origine Ichim était un simple bagne ; ce n'est que sous
Catherine II qu'elle devient une ville à part entière, dotée d'un marché
d'hiver très important , certainement spécialisé dans le commerce des
fourrures à l'époque . Aujourd'hui son activité principale est orientée
vers la construction mécanique et l'agro-alimentaire .
Prés vers 8h00 , nous prenons la direction du centre d'Ichim
que nous traversons de part en part , découvrant au passage une belle
cathédrale orthodoxe , de superbes isbas en rondin , finement décorées ,
et un char d'assaut soviétique trônant au milieu de la place Karl Marx .
Après avoir traversée la rivière Ichim , nous reprenons l'axe
Moscou-Vladvostok qui suit la frontière du Kazakstan située à une
cinquantaine de kilomètres au sud . Une plaine céréalière s'étend devant
nous à perte de vue, mais contrairement à chez nous, ce n'est pas un
patchwork de jaune et de différentes nuances de vert qui s'offre à nous
, mais une uniformité qui n'a d'autre limite que l'horizon . Apparemment
le système collectiviste est encore de mise dans le secteur car ici les
parcelles se mesurent en kilomètres carrés ! Dès que la nature reprend
le dessus , c'est pour faire place à des chapelets d'étangs dans
lesquels des troncs et des branches de bouleaux sont en voie de
putréfaction : on se croirait dans les tourbières des marais de la Somme
. Pas étonnant que le sous-sol soit riche en pétrole et en gaz naturel !
Les conditions de circulation n'ont rien à voir avec celle de
la petite route sympa d'hier ; au pays des trous les camions sont rois ,
les valeurs sont complètement inversées . Nous n'arrêtons pas de nous
faire talonner ou doubler par des semi-remorque lancés à fond les
manettes sur la tôle ondulée . Pas question de lutter avec les énormes
ornières et les bosses qui nous font décoller de terre dès que nous
dépassons les 50km/h . Sur plus de 20 bornes la chaussée se transforme
tout à coup en un véritable bourbier où les trente huit tonnes lèvent
d'énormes gerbes de boue et nous projette par la même occasion des
morceau de glaise sur le pare-brise . Après le bain de boue, voilà que
le macadam a été gratter sur 10 centimètres par endroit , formant des
fosses rectangulaires dont les arêtes bien vives ne plaisent guère à nos
pneus . Dominique profite de nos importants ralentissements pour
franchir de telles embuches , pour prendre des photos des marigots
voisins . Un chauffeur russe , mécontent me mon excès de zèle , se venge
en me poussant vers le bas-côté droit lors de son doublement ; il ne me
reste qu'à bien tenir le volant pour ne pas me retourner dans le large
fossé et lui lancer un violent coup de trompe ! Dans le même registre ,
j'apprends le soir que notre toubib, Charles ,a du sortir de la route
avec le 4X4 de l'expédition pour laisser passer deux camions, pas du
tout enclins à quitter la voie de gauche !
Vers midi et demi , nous quittons la grand-route pour traverser
un petit village à la recherche d'un coin repas . Malheureusement en
Russie , les espaces vides n'existent pas dans les communes , il faut se
résoudre à faire demi-tour . Nous finissons pas trouver notre bonheur
sur un énorme parking pour camions où nous disposons nos véhicules en
carré pour ne pas déjeuner au milieu de nul part et pour nous mettre un
peu à l'abri de la poussière étant donné que le grand beau est revenu .
Comme chaque après midi , Dominique reprend le manche pendant
qu'à ces côtés, je tente la frappe du blog entre deux ornières : c'est
tout une technique! Avec l'ordi sur les genoux , il faut lever très haut
les doigts pour ne pas risquer de toucher le clavier qui rebondit sans
cesse . Pendant que je suis absorbé par mon récit, notre Nespresso ne
trouve rien de mieux que d'ouvrir le robinet de la cuisine en grand .
C'est le bruit de l'eau qui cascade par dessus le buffet et qui coule
jusqu'au poste de pilotage qui finit par attirer mon attention . Dur ,
dur la vie de copilote ! Comme il n'est pas question pour Dominique de
stationner par ici , je ne vous explique pas le numéro d'acrobate que je
suis obligé de réaliser pour tenter de réparer au mieux la situation !!
Tant pis , les finitions , ce sera pour ce soir ! Avant de rentrer dans
Omck , nous décidons de passer les véhicules au karcher tant ils sont
crottés : pendant que nous nous tapons la discute avec le patron des
lieux , ivre mort , un gamin s'applique à nous rendre les camping-cars
comme neuf .
Encore une ville de plus d'un million d'habitants dont la
traversée se révèle bien difficile , d'autant que nous nous la tapons
deux fois , tout çà pour trouver le magasin Obi , recommandé par Aldar ,
hier à la réunion ; après une heure de duel dans une circulation pas
possible , avec notamment une homérique traversée des quatre voies d'en
face à trois camping-cars de front..., nous découvrons qu'il s'agit
d'une réplique de nos Castorama ! Par chance , nous trouvons un peu plus
loin , un Cyne-market qui fait l'affaire . Encore une journée à 400
bornes et 7 heures de volant à mettre à notre actif !
vin russe de Crimée : le blanc manque de corps et le rouge , un peu
sucré , déstabilise vraiment nos papilles occidentales ! Aldar en
profite une fois de plus pour glisser dans le tuyau de l'oreille une
série de recommandations routière : " pas prendre auto-stoppeur ,pas
s'arrêter si voiture avec capot ouvert ,même si madame à genoux pour
supplier enfant malade ou je ne sais quelle connerie , bandits dangereux
...! Demain on reprend grande route Moscou-Vladivostok , beaucoup
camions parfois roulent à gauche si trous ,faire appels de phare et
klaxon si non bougent pas !"
Ce matin , comme nous ne sommes pas à la bourre pour une fois
,nous nous octroyons un café au lit tout en regardant de plus prés la
géographie de la Russie : nous constatons que Tobolsk , avec sa latitude
à 58 degrés se situe à 600 kilomètres à peine du cercle polaire et à
3000 bornes des côtes américaines , de l'autre côté du détroit de
Béring . Pas étonnant que nous ayons eu froid avec un thermomètre à 12
degrés ! La chaine montagneuse de l'Oural ,que nous avons traversé sans
nous en rendre compte du côté d'Ekaterinbourg , court de la mer de Kara
au nord à la frontière du Kazakstan au sud ; très vieux géologiquement
il a encore moins d'allure que nos massifs Armoricain ou Ardennais . Il
parait qu'il culmine malgré tout à plus de 1800 mètres d'altitude .
C'est la barrière que nous avons franchie pour passer d'Europe en Asie .
Après la géographie , c'est la leçon d'histoire : nous
apprenons qu'à l'origine Ichim était un simple bagne ; ce n'est que sous
Catherine II qu'elle devient une ville à part entière, dotée d'un marché
d'hiver très important , certainement spécialisé dans le commerce des
fourrures à l'époque . Aujourd'hui son activité principale est orientée
vers la construction mécanique et l'agro-alimentaire .
Prés vers 8h00 , nous prenons la direction du centre d'Ichim
que nous traversons de part en part , découvrant au passage une belle
cathédrale orthodoxe , de superbes isbas en rondin , finement décorées ,
et un char d'assaut soviétique trônant au milieu de la place Karl Marx .
Après avoir traversée la rivière Ichim , nous reprenons l'axe
Moscou-Vladvostok qui suit la frontière du Kazakstan située à une
cinquantaine de kilomètres au sud . Une plaine céréalière s'étend devant
nous à perte de vue, mais contrairement à chez nous, ce n'est pas un
patchwork de jaune et de différentes nuances de vert qui s'offre à nous
, mais une uniformité qui n'a d'autre limite que l'horizon . Apparemment
le système collectiviste est encore de mise dans le secteur car ici les
parcelles se mesurent en kilomètres carrés ! Dès que la nature reprend
le dessus , c'est pour faire place à des chapelets d'étangs dans
lesquels des troncs et des branches de bouleaux sont en voie de
putréfaction : on se croirait dans les tourbières des marais de la Somme
. Pas étonnant que le sous-sol soit riche en pétrole et en gaz naturel !
Les conditions de circulation n'ont rien à voir avec celle de
la petite route sympa d'hier ; au pays des trous les camions sont rois ,
les valeurs sont complètement inversées . Nous n'arrêtons pas de nous
faire talonner ou doubler par des semi-remorque lancés à fond les
manettes sur la tôle ondulée . Pas question de lutter avec les énormes
ornières et les bosses qui nous font décoller de terre dès que nous
dépassons les 50km/h . Sur plus de 20 bornes la chaussée se transforme
tout à coup en un véritable bourbier où les trente huit tonnes lèvent
d'énormes gerbes de boue et nous projette par la même occasion des
morceau de glaise sur le pare-brise . Après le bain de boue, voilà que
le macadam a été gratter sur 10 centimètres par endroit , formant des
fosses rectangulaires dont les arêtes bien vives ne plaisent guère à nos
pneus . Dominique profite de nos importants ralentissements pour
franchir de telles embuches , pour prendre des photos des marigots
voisins . Un chauffeur russe , mécontent me mon excès de zèle , se venge
en me poussant vers le bas-côté droit lors de son doublement ; il ne me
reste qu'à bien tenir le volant pour ne pas me retourner dans le large
fossé et lui lancer un violent coup de trompe ! Dans le même registre ,
j'apprends le soir que notre toubib, Charles ,a du sortir de la route
avec le 4X4 de l'expédition pour laisser passer deux camions, pas du
tout enclins à quitter la voie de gauche !
Vers midi et demi , nous quittons la grand-route pour traverser
un petit village à la recherche d'un coin repas . Malheureusement en
Russie , les espaces vides n'existent pas dans les communes , il faut se
résoudre à faire demi-tour . Nous finissons pas trouver notre bonheur
sur un énorme parking pour camions où nous disposons nos véhicules en
carré pour ne pas déjeuner au milieu de nul part et pour nous mettre un
peu à l'abri de la poussière étant donné que le grand beau est revenu .
Comme chaque après midi , Dominique reprend le manche pendant
qu'à ces côtés, je tente la frappe du blog entre deux ornières : c'est
tout une technique! Avec l'ordi sur les genoux , il faut lever très haut
les doigts pour ne pas risquer de toucher le clavier qui rebondit sans
cesse . Pendant que je suis absorbé par mon récit, notre Nespresso ne
trouve rien de mieux que d'ouvrir le robinet de la cuisine en grand .
C'est le bruit de l'eau qui cascade par dessus le buffet et qui coule
jusqu'au poste de pilotage qui finit par attirer mon attention . Dur ,
dur la vie de copilote ! Comme il n'est pas question pour Dominique de
stationner par ici , je ne vous explique pas le numéro d'acrobate que je
suis obligé de réaliser pour tenter de réparer au mieux la situation !!
Tant pis , les finitions , ce sera pour ce soir ! Avant de rentrer dans
Omck , nous décidons de passer les véhicules au karcher tant ils sont
crottés : pendant que nous nous tapons la discute avec le patron des
lieux , ivre mort , un gamin s'applique à nous rendre les camping-cars
comme neuf .
Encore une ville de plus d'un million d'habitants dont la
traversée se révèle bien difficile , d'autant que nous nous la tapons
deux fois , tout çà pour trouver le magasin Obi , recommandé par Aldar ,
hier à la réunion ; après une heure de duel dans une circulation pas
possible , avec notamment une homérique traversée des quatre voies d'en
face à trois camping-cars de front..., nous découvrons qu'il s'agit
d'une réplique de nos Castorama ! Par chance , nous trouvons un peu plus
loin , un Cyne-market qui fait l'affaire . Encore une journée à 400
bornes et 7 heures de volant à mettre à notre actif !
lundi 27 juin 2016
ppi étape 21 le 27 juin 2016 Tobolsk-Ichim 380 km
C'est le coeur gros que nous quittons Tobolsk même si cela fait bientôt 48 heures qu'il pleut : un bivouac face au Kremlin , des rues bordées de belles isbas , une cathédrale orthodoxe magnifique , un musée hyper intéressant , des rencontres insolites , nous ne sommes pas prêts d'oublier celle qui fut la capitale de la Sibérie .
Comme chaque jour , je vous transmets le chapitre de prévention routière d'Aldar d'hier soir :" demain étape difficile , petite route pour couper dans angle si non c'est retour sur Tyumen et plus de six cent kilomètres ...beaucoup de trous , faire très attention ... surtout quand tu doubles camion ...aie , aie ,aie ! Si moindre problème , appelles Aldar!" Et je profite de parler de notre bouriate bien aimé pour rappeler deux anecdotes oubliées lors de la visite du musée : la première concerne Nicolas II qui lors de son voyage au Japon avait été blessé par un exalté avec un sabre : en souvenir de l'événement les nippons ont exposé l'objet du délit dans un musée sans le nettoyer , pour faire plus authentique sans doute . Le sang resté sur la lame a servi récemment pour une analyse ADN comparative avec celle des corps retrouvés à Ekaterinbourg . La seconde concerne la révolution russe financée par les Allemands en 1917 : Lénine , réfugié en Suisse après l'échec de la première révolution de 1905 , traverse l'Allemagne en guerre ,en wagon blindé avec une petite fortune pour renverser Nicolas II , alors allié avec la France et l'Angleterre . Dès l'abolition du tsar , les bolcheviques signent la paix avec les Teutons et reçoivent dédommagement une partie de la Pologne et la Biélorussie . Personnellement je ne me souvenais pas que l'on présente les choses comme çà dans nos manuels scolaires !
Vers 8h00 ,notre petite colonne de trois équipages repasse le grand pont qui enjambe l'Irtysh pour trouver la petite route qui mène à Ichim : en fait, il vaut mieux chercher les panneaux indiquant Omsk , plus connue . Comme lors de notre arrivée , nous traversons une zone complétement inondée que les conditions météo actuelles de risquent pas d'améliorer . C'est aux travers du ballet incessant des essuies-glaces que nous contemplons la désolation environnante: des prairies dont ils ne restent que quelques touffes de hautes herbes , des arbrisseaux dont on devine à peine la crête, des chemins qui disparaissent brutalement dans les profondeurs .C'est affreux et beau à la fois ! Les premiers villages que nous rencontrons sont apparemment musulmans à en juger par le balcon qui entoure le mince clocher fait en rondins dont la cime est décorée d'un beau croissant de lune doré . Les suivants annoncent la couleur dés les premières maisons en exhibant une croix orthodoxe à trois traverses . La région semble plus cultivée avec de grands champs de pommes de terre qui s'alignent à perte de vue . On voit aussi des troupeaux par ici , très rares jusque là sur notre périple ; composés de vaches , de moutons et de chèvres qui semblent cohabiter en bonne intelligence , ils n'hésitent pas à traverser la chaussée à notre nez et à notre barbe les bougres !
On voit que la circulation est clairsemée dans le secteur .
Puis les cultures laissent place aux vastes prairies où les hautes herbes ondules dans le vent . Le ciel tout gris , digne du nord de la France , semble se poser là-bas, sur l'horizon : c'est oppressant cette sensation d'étau qui se resserre sur nous ! Après la morne plaine , voilà que la forêt de pins et de bouleaux revient à la charge de part et d'autre de la chaussée . Par endroit , entre les arbres , je distingue en forçant le regard, des tombes abandonnées à distance de tout village : çà fait penser à ce que nous a raconté Aldar sur les anciennes croyances chamaniques, hier : les sibériens considérant la Terre comme la Mère , ils ne peuvent , par respect pour elle ,la creuser pour ensevelir leurs morts : ils abandonnent donc les défunts dans la forêt un peu comme le font les indiens d'Amérique du Nord .
A peine sortons-nous le nez des bois qu'une violente averse s'abat sur nous , rendant les essuies-glaces inefficaces et nous obligeant à réduire la cadence . Et bien sûr comme un malheur n'arrive jamais seul , maintenant c'est la chaussée qui se met à se creuser d 'énormes ornières . Mais , malgré tout , nous n'avons pas à nous plaindre , car contrairement à ce qu'on nous avait annoncé hier concernant cette étape , depuis ce matin çà roule super bien ; je pense que depuis le dernier passage du Raid des Baroudeurs il y a deux ans , la route a été complétement refaite hormis peut-être quelques petits passages .
D'un commun accord , nous décidons de manger au restaurant ce midi ; nous trouvons notre bonheur dès que nous retrouvons la grand route d'Omsk . D'autres équipages ont apparemment la même idée et nous nous retrouvons dix à table pour avaler un borch à la tomate, à la viande et aux olives , et une goulache avec des pâtes .
La barrière de la langue nous oblige à aller en cuisine pour montrer ce que nous voulons . La bière russe , comme celle d'hier d'ailleurs , se révèle décevante . Nous nous en sortons pour 240 roubles par personne , soit à peu prés 3 euros boissons comprises .
Encore une heure et demi de route très déformées cette fois et suite à une erreur de GPS ,nous traversons Ichim en remontant de toutes petites rues jusqu'à ce que nous tombions sur la rivière qui porte le même nom . Ce soir nous sommes logés dans une base de loisir située à trois bornes de la sortie de la ville : le dernier kilomètre , dans un chemin de terre complétement détrempé , se révèle redoutable ; il faut traverser d'énormes flaques de boue très profondes où nous avons un peu peur de rester scotché . Après six heures de volant, nous franchissons aujourd'hui la barre des 7000 bornes .
Comme chaque jour , je vous transmets le chapitre de prévention routière d'Aldar d'hier soir :" demain étape difficile , petite route pour couper dans angle si non c'est retour sur Tyumen et plus de six cent kilomètres ...beaucoup de trous , faire très attention ... surtout quand tu doubles camion ...aie , aie ,aie ! Si moindre problème , appelles Aldar!" Et je profite de parler de notre bouriate bien aimé pour rappeler deux anecdotes oubliées lors de la visite du musée : la première concerne Nicolas II qui lors de son voyage au Japon avait été blessé par un exalté avec un sabre : en souvenir de l'événement les nippons ont exposé l'objet du délit dans un musée sans le nettoyer , pour faire plus authentique sans doute . Le sang resté sur la lame a servi récemment pour une analyse ADN comparative avec celle des corps retrouvés à Ekaterinbourg . La seconde concerne la révolution russe financée par les Allemands en 1917 : Lénine , réfugié en Suisse après l'échec de la première révolution de 1905 , traverse l'Allemagne en guerre ,en wagon blindé avec une petite fortune pour renverser Nicolas II , alors allié avec la France et l'Angleterre . Dès l'abolition du tsar , les bolcheviques signent la paix avec les Teutons et reçoivent dédommagement une partie de la Pologne et la Biélorussie . Personnellement je ne me souvenais pas que l'on présente les choses comme çà dans nos manuels scolaires !
Vers 8h00 ,notre petite colonne de trois équipages repasse le grand pont qui enjambe l'Irtysh pour trouver la petite route qui mène à Ichim : en fait, il vaut mieux chercher les panneaux indiquant Omsk , plus connue . Comme lors de notre arrivée , nous traversons une zone complétement inondée que les conditions météo actuelles de risquent pas d'améliorer . C'est aux travers du ballet incessant des essuies-glaces que nous contemplons la désolation environnante: des prairies dont ils ne restent que quelques touffes de hautes herbes , des arbrisseaux dont on devine à peine la crête, des chemins qui disparaissent brutalement dans les profondeurs .C'est affreux et beau à la fois ! Les premiers villages que nous rencontrons sont apparemment musulmans à en juger par le balcon qui entoure le mince clocher fait en rondins dont la cime est décorée d'un beau croissant de lune doré . Les suivants annoncent la couleur dés les premières maisons en exhibant une croix orthodoxe à trois traverses . La région semble plus cultivée avec de grands champs de pommes de terre qui s'alignent à perte de vue . On voit aussi des troupeaux par ici , très rares jusque là sur notre périple ; composés de vaches , de moutons et de chèvres qui semblent cohabiter en bonne intelligence , ils n'hésitent pas à traverser la chaussée à notre nez et à notre barbe les bougres !
On voit que la circulation est clairsemée dans le secteur .
Puis les cultures laissent place aux vastes prairies où les hautes herbes ondules dans le vent . Le ciel tout gris , digne du nord de la France , semble se poser là-bas, sur l'horizon : c'est oppressant cette sensation d'étau qui se resserre sur nous ! Après la morne plaine , voilà que la forêt de pins et de bouleaux revient à la charge de part et d'autre de la chaussée . Par endroit , entre les arbres , je distingue en forçant le regard, des tombes abandonnées à distance de tout village : çà fait penser à ce que nous a raconté Aldar sur les anciennes croyances chamaniques, hier : les sibériens considérant la Terre comme la Mère , ils ne peuvent , par respect pour elle ,la creuser pour ensevelir leurs morts : ils abandonnent donc les défunts dans la forêt un peu comme le font les indiens d'Amérique du Nord .
A peine sortons-nous le nez des bois qu'une violente averse s'abat sur nous , rendant les essuies-glaces inefficaces et nous obligeant à réduire la cadence . Et bien sûr comme un malheur n'arrive jamais seul , maintenant c'est la chaussée qui se met à se creuser d 'énormes ornières . Mais , malgré tout , nous n'avons pas à nous plaindre , car contrairement à ce qu'on nous avait annoncé hier concernant cette étape , depuis ce matin çà roule super bien ; je pense que depuis le dernier passage du Raid des Baroudeurs il y a deux ans , la route a été complétement refaite hormis peut-être quelques petits passages .
D'un commun accord , nous décidons de manger au restaurant ce midi ; nous trouvons notre bonheur dès que nous retrouvons la grand route d'Omsk . D'autres équipages ont apparemment la même idée et nous nous retrouvons dix à table pour avaler un borch à la tomate, à la viande et aux olives , et une goulache avec des pâtes .
La barrière de la langue nous oblige à aller en cuisine pour montrer ce que nous voulons . La bière russe , comme celle d'hier d'ailleurs , se révèle décevante . Nous nous en sortons pour 240 roubles par personne , soit à peu prés 3 euros boissons comprises .
Encore une heure et demi de route très déformées cette fois et suite à une erreur de GPS ,nous traversons Ichim en remontant de toutes petites rues jusqu'à ce que nous tombions sur la rivière qui porte le même nom . Ce soir nous sommes logés dans une base de loisir située à trois bornes de la sortie de la ville : le dernier kilomètre , dans un chemin de terre complétement détrempé , se révèle redoutable ; il faut traverser d'énormes flaques de boue très profondes où nous avons un peu peur de rester scotché . Après six heures de volant, nous franchissons aujourd'hui la barre des 7000 bornes .
dimanche 26 juin 2016
ppi étape 20 le 26 juin 2016 Tobolsk
Il a plu toute la nuit et ce matin le thermomètre du
camping-car affiche 12 degrés : il faut que je mette un peu de chauffage
pour pouvoir blogger pendant que Dominique fait la grasse-mat jusqu'à 8h15 .
Vers 9h00 nous descendons à pieds ,malgré la pluie qui sévit
toujours , du Kremlin à la ville basse pour assister à un petit concert
d'orgue promis par un curé polonais rencontré hier sur le parking .
Arrivé avec un quart d'heure de retard il nous raconte l'histoire de son
église , détruite par les bolcheviques puis reconstruite par des
prisonniers polonais déportés en Sibérie . Ami de Jean-Paul II qui lui a
offert un vélo , il a effectué avec celui-ci le voyage de Vilnius à
Irkoutsk il y a 2 ans . Il a visité 52 pays de cette façon avant
d'arriver ici il y a 1 an pour remettre en ordre le diocèse riche de
seulement 20 familles catholiques . Il nous fait visiter la petite
chapelle attenante à l'église avec la Vierge Noire polonaise devant
laquelle il désire être pris en photo en notre compagnie . Enfin il nous
invite à écouter quelques morceaux d'orgue joués par une de ses
paroissiennes , professeur au conservatoire de Tobolsk . Nous regagnons
ensuite la vieille ville en grimpant un escalier de 215 marches .
Hier soir , il y avait aussi sur le parking un jeune ingénieur
français , agé de 27 ans qui est venu spontanément à notre rencontre .
Comme nous, il doit se rendre à Oulan Bator en Mongolie en moto . Etant
donné qu'il n'a pas trouvé de chambre d'hôtel dans ses prix , il passe
la nuit dans le camping-car de Roger .
Vers 10h00 notre guide locale , Larissa , vient nous chercher
pour une visite détaillée du Kremlin commentée en russe que notre brave
Aldar traduit en y ajoutant tout une série d'anecdotes, comme il sait
faire à la perfection . Tobolsk a longtemps été la capitale de la
Sibérie , du mot turc Sib-ir , terre glacée .Au XVIème siècle , Ivan le
Terrible , agrandit son empire en colonisant les terres voisines de
l'Est ; il annexe d'abord la région de Kazan , puis l'Oural du côté
Ekaterinbourg et envoie ses troupes cosaques encore plus à l'Est ; cette
guerre d'annexion dure prés de 150 ans . C'est sous Pierre le Grand
qu'un dénommé Gagarine (qui n'a rien à voir avec le premier homme de
l'espace) finit la conquête de la Sibérie . Revenu à St Pétersbourg , il
se fait pendre en guise de récompense , le Tsar ne voulant pas être
redevable certainement . D'après Aldar il aurait même été pendu deux
fois : la première avec une corde qui a fini par pourrir , la seconde
fois avec une chaîne car le monarque voulait que la dépouille reste
exposée le plus longtemps possible en guise d'exemple ! Tobolsk veut
dire "montagne du khan" , la cité étant construite sur une petite
colline . Le premier Kremlin , construit en bois sous Ivan le Terrible
ayant brûlé , Pierre le Grand fit construire le second en pierres
blanches . La forteresse abrite la Cathédrale orthodoxe Sainte Sophie
garnie de quatre magnifiques bulbes bleus décorés d'étoiles dorées et
d'un autre central , énorme celui-la ,couvert de plaques faites du
précieux métal jaune .C'est la plus grande cathédrale orthodoxe
construite au delà de l'Oural . Jugée trop grande , donc trop difficile
à chauffer, on en a construit une autre plus petite à côté , baptisée
tout simplement Cathédrale d'hiver . Nous passons ensuite devant les
appartements du gouverneur et un peu plus bas devant une vaste
construction qui abritait l'administration fiscale car ici il fallait de
la place , les autochtones payant leurs impôts en nature , souvent en
peau de bêtes , en fourrures de zibeline . De la terrasse supérieure ,
on a une vue très dégagé sur toute la ville basse et ses nombreuses
églises orthodoxes , sur la rivière Irkich ainsi que sur toute la plaine
inondée .
Nous continuons ensuite par la visite du musée historique de
Tobolsk où on nous invite à nous déshabiller tant nous dégoulinons
littéralement de flotte . On y voit des vitraux faits de petites plaques
de quartz translucides montées avec des joints de plomb car le verre n'a
été connu ici que tardivement . Comme il n'y avait pas non plus de
ruches en Sibérie à cette époque , il n'y avait pas de cire donc pas de
bougie : sur une espèce de chandelier , on brûlait de fines lamelles de
bois en ayant pris la précaution de mettre une assiette remplie d'eau
sous le chandelier .
Une salle est consacrée à l'armement des soldats : des arcs et des
flèches pour les cosaques , des fusils pour les soldats russes dont les
crosses sont parfois décorées d'incrustations d'ivoire provenant de
défenses de mammouth retrouvées dans le permafrost . Il y a aussi des
côtes de mailles qui pèsent jusqu'à trente kilos : certains , parait-il
, en portaient deux l'une sur l'autre !! Une autre salle est consacrée à
la vie de tous les jours : ramassage de pignes de cèdre l'été pour en
faire une huile , très chère , d'avantage utilisée pour les soins du
corps et actuellement encore vendue aux chinois pour la médecine
traditionnelle . Les petits sibériens passent les trois mois de vacances
scolaires dans la forêt pour cette cueillette et celle des fraises des
bois qu'ils vendent aux bords des routes . Une petite explication
d'Aldar concernant la pointe des chaussures relevées des autochtones :
c'est pour ne pas blesser la Terre qui selon les croyances chamaniques
représente la Mère , le Ciel étant le Père, exactement comme chez les
indiens du Pérou . Un autre objet attire notre attention ; çà ressemble
à un déguisement pour bal masqué , magnifique loup brodé finement avec
des couleurs vives et un liseré de fourrure autour . Ce sont des
lunettes de soleil sibériennes , surtout utilisées par les chasseurs
pour protéger leurs yeux mais aussi pour rappeler les couleurs
lorsqu'ils vivent plus de six mois dans un univers complétement blanc
qui aurait tendance à rendre fou ! Deux pièces sont ensuite consacrées à
Pierre le Grand avec des cartes géographiques de ces nouvelles terres
conquises à l'Est ; homme très cultivé , qui avait fait ses études en
Europe occidental , il avait interdit le port de la barbe en Russie ; il
fallait payer un impôt pour pouvoir la conserver . La salle suivante
montre un superbe arbre généalogique des Empereurs avec le dernier Tsar
, Nicolas II , qui après avoir abdiqué après la révolution de 1917 , a
été déporté avec sa famille en Sibérie, à Tobolsk même . Un peu plus
loin le musée rend hommage à une gloire locale , le grand physicien
Mendéleïev à qui on doit la fameuse table , mais aussi d'après Aldar la
vodka à 40 degrés ; jusque là elle existait à des titrages variables en
fonction de la distillation , il a appris la technique de la dilution à
l'eau à ces concitoyens pour en régulariser le degré .
C'est avec la tête pleine de détails et d'anecdotes en tout
genre que nous quittons le musée pour visiter la prison qui a servi
jusqu'à la fin de l'époque soviétique : le génie de l'homme ne manque
lorsqu'il s'agit de réprimer !
Puis nous allons manger dans une grande isba , de l'autre côté de la
place : des crudités servies avec une compote d'airelles , un
incontournable "borch"(potage) au poisson , une fricassée de poulet au
bulgour et pour terminer des crêpes . Après le repas nous allons
chercher le thé directement au samovar : un peu de thé , très fort ,dans
une tasse qu' on dilue à discrétion à l'eau bouillante en jouant avec le
petit robinet d'argent situé à sa base .
L'après midi est consacrée à une visite en bus de la ville
basse où nous découvrons plusieurs églises orthodoxes toujours aussi
belles avec leurs bulbes finement décorés , des alignements de jolies
isbas agrémentées de dentelle en bois sculpté et la maison où la famille
impériale de Nicolas II a séjourné pendant les six derniers mois de sa
vie .
Libérés de nos obligations touristiques de bonne heure , nous
profitons de ce quartier libre inattendu pour transférer les films et
les photos sur l'ordi en sirotant un café bien chaud , au coin du feu
,dans nos camping-cars respectifs . Quel bonheur après une journée de
ballade sous la pluie battante et dans le vent sibérien ...!
camping-car affiche 12 degrés : il faut que je mette un peu de chauffage
pour pouvoir blogger pendant que Dominique fait la grasse-mat jusqu'à 8h15 .
Vers 9h00 nous descendons à pieds ,malgré la pluie qui sévit
toujours , du Kremlin à la ville basse pour assister à un petit concert
d'orgue promis par un curé polonais rencontré hier sur le parking .
Arrivé avec un quart d'heure de retard il nous raconte l'histoire de son
église , détruite par les bolcheviques puis reconstruite par des
prisonniers polonais déportés en Sibérie . Ami de Jean-Paul II qui lui a
offert un vélo , il a effectué avec celui-ci le voyage de Vilnius à
Irkoutsk il y a 2 ans . Il a visité 52 pays de cette façon avant
d'arriver ici il y a 1 an pour remettre en ordre le diocèse riche de
seulement 20 familles catholiques . Il nous fait visiter la petite
chapelle attenante à l'église avec la Vierge Noire polonaise devant
laquelle il désire être pris en photo en notre compagnie . Enfin il nous
invite à écouter quelques morceaux d'orgue joués par une de ses
paroissiennes , professeur au conservatoire de Tobolsk . Nous regagnons
ensuite la vieille ville en grimpant un escalier de 215 marches .
Hier soir , il y avait aussi sur le parking un jeune ingénieur
français , agé de 27 ans qui est venu spontanément à notre rencontre .
Comme nous, il doit se rendre à Oulan Bator en Mongolie en moto . Etant
donné qu'il n'a pas trouvé de chambre d'hôtel dans ses prix , il passe
la nuit dans le camping-car de Roger .
Vers 10h00 notre guide locale , Larissa , vient nous chercher
pour une visite détaillée du Kremlin commentée en russe que notre brave
Aldar traduit en y ajoutant tout une série d'anecdotes, comme il sait
faire à la perfection . Tobolsk a longtemps été la capitale de la
Sibérie , du mot turc Sib-ir , terre glacée .Au XVIème siècle , Ivan le
Terrible , agrandit son empire en colonisant les terres voisines de
l'Est ; il annexe d'abord la région de Kazan , puis l'Oural du côté
Ekaterinbourg et envoie ses troupes cosaques encore plus à l'Est ; cette
guerre d'annexion dure prés de 150 ans . C'est sous Pierre le Grand
qu'un dénommé Gagarine (qui n'a rien à voir avec le premier homme de
l'espace) finit la conquête de la Sibérie . Revenu à St Pétersbourg , il
se fait pendre en guise de récompense , le Tsar ne voulant pas être
redevable certainement . D'après Aldar il aurait même été pendu deux
fois : la première avec une corde qui a fini par pourrir , la seconde
fois avec une chaîne car le monarque voulait que la dépouille reste
exposée le plus longtemps possible en guise d'exemple ! Tobolsk veut
dire "montagne du khan" , la cité étant construite sur une petite
colline . Le premier Kremlin , construit en bois sous Ivan le Terrible
ayant brûlé , Pierre le Grand fit construire le second en pierres
blanches . La forteresse abrite la Cathédrale orthodoxe Sainte Sophie
garnie de quatre magnifiques bulbes bleus décorés d'étoiles dorées et
d'un autre central , énorme celui-la ,couvert de plaques faites du
précieux métal jaune .C'est la plus grande cathédrale orthodoxe
construite au delà de l'Oural . Jugée trop grande , donc trop difficile
à chauffer, on en a construit une autre plus petite à côté , baptisée
tout simplement Cathédrale d'hiver . Nous passons ensuite devant les
appartements du gouverneur et un peu plus bas devant une vaste
construction qui abritait l'administration fiscale car ici il fallait de
la place , les autochtones payant leurs impôts en nature , souvent en
peau de bêtes , en fourrures de zibeline . De la terrasse supérieure ,
on a une vue très dégagé sur toute la ville basse et ses nombreuses
églises orthodoxes , sur la rivière Irkich ainsi que sur toute la plaine
inondée .
Nous continuons ensuite par la visite du musée historique de
Tobolsk où on nous invite à nous déshabiller tant nous dégoulinons
littéralement de flotte . On y voit des vitraux faits de petites plaques
de quartz translucides montées avec des joints de plomb car le verre n'a
été connu ici que tardivement . Comme il n'y avait pas non plus de
ruches en Sibérie à cette époque , il n'y avait pas de cire donc pas de
bougie : sur une espèce de chandelier , on brûlait de fines lamelles de
bois en ayant pris la précaution de mettre une assiette remplie d'eau
sous le chandelier .
Une salle est consacrée à l'armement des soldats : des arcs et des
flèches pour les cosaques , des fusils pour les soldats russes dont les
crosses sont parfois décorées d'incrustations d'ivoire provenant de
défenses de mammouth retrouvées dans le permafrost . Il y a aussi des
côtes de mailles qui pèsent jusqu'à trente kilos : certains , parait-il
, en portaient deux l'une sur l'autre !! Une autre salle est consacrée à
la vie de tous les jours : ramassage de pignes de cèdre l'été pour en
faire une huile , très chère , d'avantage utilisée pour les soins du
corps et actuellement encore vendue aux chinois pour la médecine
traditionnelle . Les petits sibériens passent les trois mois de vacances
scolaires dans la forêt pour cette cueillette et celle des fraises des
bois qu'ils vendent aux bords des routes . Une petite explication
d'Aldar concernant la pointe des chaussures relevées des autochtones :
c'est pour ne pas blesser la Terre qui selon les croyances chamaniques
représente la Mère , le Ciel étant le Père, exactement comme chez les
indiens du Pérou . Un autre objet attire notre attention ; çà ressemble
à un déguisement pour bal masqué , magnifique loup brodé finement avec
des couleurs vives et un liseré de fourrure autour . Ce sont des
lunettes de soleil sibériennes , surtout utilisées par les chasseurs
pour protéger leurs yeux mais aussi pour rappeler les couleurs
lorsqu'ils vivent plus de six mois dans un univers complétement blanc
qui aurait tendance à rendre fou ! Deux pièces sont ensuite consacrées à
Pierre le Grand avec des cartes géographiques de ces nouvelles terres
conquises à l'Est ; homme très cultivé , qui avait fait ses études en
Europe occidental , il avait interdit le port de la barbe en Russie ; il
fallait payer un impôt pour pouvoir la conserver . La salle suivante
montre un superbe arbre généalogique des Empereurs avec le dernier Tsar
, Nicolas II , qui après avoir abdiqué après la révolution de 1917 , a
été déporté avec sa famille en Sibérie, à Tobolsk même . Un peu plus
loin le musée rend hommage à une gloire locale , le grand physicien
Mendéleïev à qui on doit la fameuse table , mais aussi d'après Aldar la
vodka à 40 degrés ; jusque là elle existait à des titrages variables en
fonction de la distillation , il a appris la technique de la dilution à
l'eau à ces concitoyens pour en régulariser le degré .
C'est avec la tête pleine de détails et d'anecdotes en tout
genre que nous quittons le musée pour visiter la prison qui a servi
jusqu'à la fin de l'époque soviétique : le génie de l'homme ne manque
lorsqu'il s'agit de réprimer !
Puis nous allons manger dans une grande isba , de l'autre côté de la
place : des crudités servies avec une compote d'airelles , un
incontournable "borch"(potage) au poisson , une fricassée de poulet au
bulgour et pour terminer des crêpes . Après le repas nous allons
chercher le thé directement au samovar : un peu de thé , très fort ,dans
une tasse qu' on dilue à discrétion à l'eau bouillante en jouant avec le
petit robinet d'argent situé à sa base .
L'après midi est consacrée à une visite en bus de la ville
basse où nous découvrons plusieurs églises orthodoxes toujours aussi
belles avec leurs bulbes finement décorés , des alignements de jolies
isbas agrémentées de dentelle en bois sculpté et la maison où la famille
impériale de Nicolas II a séjourné pendant les six derniers mois de sa
vie .
Libérés de nos obligations touristiques de bonne heure , nous
profitons de ce quartier libre inattendu pour transférer les films et
les photos sur l'ordi en sirotant un café bien chaud , au coin du feu
,dans nos camping-cars respectifs . Quel bonheur après une journée de
ballade sous la pluie battante et dans le vent sibérien ...!
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