Bien que les conditions de sommeil soient tops ,avec une clim
qui fonctionne correctement , je suis obligé de me lever de bonne heure,
vers 6h00 , pour rattraper mon retard au niveau du blog et du transfert
des nombreuses photos tirées hier dans les gorges et à Tuyuk . A 7h30 je
réveille quand même Dominique avec un petit café au lit car nous devons
partir visiter Turpan en bus vers 9h00 .
Nous commençons par nous rendre dans la plus vieille mosquée de
la ville , reconnaissable par son minaret couleur terre cuite de 38
mètres de hauteur , terminée par une coupole en argile . Avec sa forme
rectangulaire , son minaret en bout, son grand dôme au dessus du
transept et son porche en haut d'une volée d'escaliers , cela lui donne
la silhouette d'une de nos églises ! Il parait qu'elle fut construite
par un des chefs ouïghours au XIII ème siècle , élevé au rang de roi par
l'empereur de Chine , titre qui devint par la suite héréditaire . Nous
sommes surpris à l'intérieur, de voir que les voûtes , partout au dessus
des portes sont triangulaires . De hauts piliers de bois soutiennent la
toiture, surmontée d'une petite construction carré, dont les parois en
clayette, diffusent une certaine luminosité dans la grande pièce unique
réservée à la prière . Au cours de la visite , notre guide Yang,
originaire de cette région nous montre sa carte d'identité, écrite en
chinois et en arabe , ce qui le fait mal voir lorsqu'il demande une
chambre dans un hôtel , par exemple : les ouïghours ont une très
mauvaise réputation dans le reste de la Chine . Ici la règle de l'enfant
unique, longtemps pratiquée depuis Mao, n'a jamais été appliquée ici :
les familles compte six à sept enfants ; les filles travaillent à la
ferme familiale alors que les garçons doivent quitter la maison à l'age
adulte pour gagner leur vie de leur côté. Beaucoup deviennent
délinquants ,faute de travail , d'où la mauvaise réputation des
ouïghours . Nous apprenons par la même occasion, que s'ils commencent le
travail à 10h00 au lieu de 8h00 comme dans le reste de la Chine , c'est
parce qu'étant musulman, il faut attendre le lever du jour pour qu'ils
fassent la prière et qu'ici à 3000 km à l'ouest de Pékin , le jour se
lève deux heures plus tard . On voit qu'il est chez lui ici notre "cher
Peuplier ", il s'ouvre d'heure en heure, le bougre ! Dans les petites
boutiques du site Dominique trouve une espèce de châle à son goût pour
150 yuans soit 23 euros .
Nous reprenons ensuite le bus pour aller visiter une ancienne
ville du nom de Yar , complétement disparue aujourd'hui ,alors qu'elle a
contribué pendant très longtemps au développement de la région . La
première occupation du site remonte au deuxième siècle avant J-C sous
les Qings . Le sommet de sa prospérité se situe sous la dynastie des
Tangs au VII ème siècle de notre ère , d'où la présence d'un grand
temple bouddhiste dans ses murs avec des statues de Bouddha décapitées
ensuite par les musulmans ouïghours d'origine turc qui occupèrent le
site à partir du IX ème siècle . Les empereurs de Chine y envoyaient
souvent des troupes en garnisons pour défendre les caravanes marchandes
qui parcouraient la Route de la Soie . Par son site naturel , sur un
plateau bordée de falaises de 20 mètres de hauteur , la ville n'avait
pas besoin de mur d'enceinte . On y rentre par la porte sud , seul point
faible de sa défense pour emprunter la rue principale qui nous mène au
quartier occupé par le gouverneur : avec trois niveau , dont un sous
-terre , il bénéficiait d'une certaine fraicheur l'été et d'une grande
douceur l'hiver . Nous continuons notre progression vers le nord pour
atteindre sur notre droite la porte Est de la ville qui donnait accès à
la rivière . Plusieurs grands puits permettaient d'avoir accès à l'eau
même lorsque les portes de la ville étaient fermées . Nous continuons
vers le nord jusqu'au fameux temple bouddhiste dont les haut murs
atteignent encore trois étages entourant une immense cour au centre de
laquelle se dresse le stuppa . Plus au nord encore c'est le cimetière où
on a trouvé les ossements de plus de deux cents jeunes enfants qui
correspondrait à un massacre perpétrer par les Mongols au XIII ème
siècle ! Une heure et demi de visite en plein cagnard sur l'argile à nu
: pas un brin de végétation pour nous protéger des rayons du soleil : de
retour à l'entrée du site nous nous précipitons sur des morceaux de
melon et de pastèque pour nous rafraichir avant de reprendre le bus pour
aller manger chez un ami de Yang , viticulteur et producteur de raisin sec .
Nous sommes reçu sous une tonnelle couvertes de vignes d'où
pendent d'énormes grappes de raisin blanc : Yang nous explique qu'il y a
celui à petits grains de la taille d'une olive et sans pépin et les très
gros appelés "pie de jument" qui eux ont des pépins . Les tables sont
dressés sur des lits garnis de tapis de laine finement tissés où ils
faut s'agenouiller pour manger . Nous dégustons des crudités relevées de
lanières de piment , des pâtes aux légumes , du riz avec des éclats de
fruits et de délicieuses brochettes . Nous terminons par une nouvelle
rafale de tranches de pastèque et de melon . Le seul problème , c'est le
thé chaud qui coule à flot avec tous les plats . On a beau dire qu'une
boisson chaude, ça désaltère mieux , la plus part d'entre nous aurait
donné n'importe quoi pour avoir une bonne mousse bien fraîche . On
visite ensuite son séchoir à raisin installé sur le toit de la maison
construit en briques ajourées : à l'intérieur , les grappes accrochées
sur des perches mettent 30 à 45 jours pour donner le raisin sec que l'on
connait . Certains d'entre nous en achète pour 85 yuans les 500 grammes
car en Chine on vend toujours par livre et non au kilo , vieille
héritage britannique certainement .
Nous allons maintenant visiter à pieds car c'est juste à côté,
une particularité de la région : les fameux canaux de Karez . Depuis
deux mille ans les autochtones se sont acharné à fertiliser la région
pourtant réputée désertique : pour cela, ils ont creusés des puits ,
alignés dans la plaine quelquefois sur plus de cinq kilomètres , et
reliés entre eux par des galeries souterraines hautes de 1 mètre à 1
mètre cinquante jusqu'au pied de la Montagne Flamboyante que nous avons
vu hier . Karez veut dire tas , c'est à dire qu'autour de chaque puits
il y a un espèce de tas de terre circulaire tout à fait caractéristique
, un peu comme un nid de taupe ! Cela leur permet de capter l'eau de la
fonte des neiges de la Montagne Céleste qui culmine à 8600 avec le K2 .
Actuellement on préfère forer jusqu'à 300 mètres pour tomber directement
dans la nappe phréatique . On recrutaient à l'époque de jeunes enfants
pour réaliser ces galeries où un adulte ne pouvait pas se tenir debout .
Grâce au musée , nous pouvons descendre dans l'une de ces souterrains ,
toujours en service actuellement, pour constater que l'eau y est d'une
pureté irréprochable : il parait qu'on peut la boire ! Nous apprenons
par Yang , devenu intarissable d'anecdotes depuis qu'il est dans sa
province d'origine, qu'en hiver les autochtones couchent les cèpes de
vigne par terre et les ensevelissent complétement pour les protéger du
gel .S'il fait très chaud l'été par ici, le thermomètre est capable
descendre à moins 20 degrés l'hiver!
De retour au campement , nous descendons du bus
prématurément pour aller retirer de l'argent à la Bank of China et
acheter quelques fruits . Puis je me mets au transfert des photo et à la
rédaction du blog pendant que Dominique , malgré la chaleur accablante
,se met à laver le camping-car dans un état déplorable , il est vrai ,
depuis notre passage dans l'argile rouge de Tuyuk . Après la réunion ,
Marc , contrarié par un débranchement sauvage de son alimentation
électrique , passe au travers d'une plaque d'égout fixée à la chinoise :
il faut que je lui nettoies les griffures qu'il a tout au long des deux
jambes . Puis nous demandons l'hospitalité à Claire et Roger pour
installer nos salons de jardin à l'ombre de la tonnelle couverte de
vignes , le soleil étant encore très ardent dans notre coin . Au cour du
repas nous goûtons un vin rouge chinois qui se révèle un peu sucré . Par
l'intermédiaire de "Peuplier" , nous en achetons chacun quatre
bouteilles à 58 yuans pièce pour le rouge et 35 pour le blanc .














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