mercredi 3 août 2016

ppi étape 59 le 3 août 2016 Xining-Zhangye 400km

Dominique a été incommodée par des bruits sur le parking , tard
dans la nuit ; il faut dire que notre campement est au pied d'un écran
de cinéma de plein air géant , ça n'aide pas ! Personnellement , je n'ai
rien entendu et la petite brise d'altitude m'a bercé toute la nuit , ce
qui m'a procurer un sommeil de bébé . Après la douche et le petit
déjeuner je vérifie le niveau d'huile et celui du liquide
refroidissement car hier soir , après l'ascension du dernier raidillon ,
le voyant rouge s'est allumé . En fait tout est bon ; comme m'a dit
Serge , c'est à cause de la pente que la sonde de détection déconne !
Puis, comme il reste un peu de temps avant le départ , je m'octroie une
petite ballade à pieds à travers le parc où des Chinois pratiquent le
Taïchichuan en hurlant parfois , pour libérer leur énergie interne . Je
découvre le fameux lac au bord duquel nous devions camper d'après le
road-book : il s'agit en fait, d'un bassin d'agrément avec un petit pont
bossu , un kiosque en forme de pagode à côté , des par-terres de fleurs
, bref un jardin japonais comme on dit chez nous . En descendant plus
bas , dès que je sors la tête des arbres , je me retrouve face à un
belvédère offrant une vue panoramique sur Xining et ses hauts buildings
serrés les uns contre les autres , comme des quilles géantes . Encore un
cliché du temple bouddhique qui domine la ville du haut de notre
perchoir et je regagne le campement .
Comme prévu, nous partons de bonne heure, vers 8h00 , d'une
part parce qu'il y a 400 bornes de montagne à dégommer et d'autre part
parce que nous sommes pressés d'arriver car Phiippe nous a montré
quelques photos de la merveille géographique dans laquelle nous allons
camper ; il parait que nous avons obtenu cette faveur exceptionnelle
grâce à l'hospitalité de Gérard lorsqu'il a reçu la délégation chinoise
à Paris . Ce site vient d'être classé Patrimoine Mondiale de l'Humanité
. Merci Gérard ! Dès que nous quittons le parc Nanshan , nous plongeons
aussitôt dans une cohue infernale en remontons les avenues pourtant très
larges . A peine avons-nous franchis le pont qui enjambe la rivière ,
nous entendons Mare-Do nous dire par talky walky qu'ils sont victimes
d'un accrochage à quelques encablures derrière nous . Serge règle le
problème en criant plus fort que le Chinois et deux minutes plus tard
tout le monde regagne son véhicule sans plus de formalité ! Nous
apprendrons le soir que Jean-Luc a eu le même sort !Pour finir Serge
s'en tire avec un bout de parechoc déchiré , une optique de phare abimée
et quelques griffes au niveau de l'aile avant gauche .
Nous récupérons la G6 qui fait office de périphérique et très
vite nous tombons sur la G227 qui nous mène à Datong , encore une
mégalopole débordante de tours de trente étages . Dès la sortie de la
ville , nous attaquons à nouveau la montagne en remontant la vallée très
encaissée d'un torrent bouillonnant d'écume . En montant quelques
lacets serrés , nous arrivons au niveau d'un lac de barrage que nous
longeons sur 20 bornes . L'eau bleue-verte offre un miroir parfait au
cirque de montagnes qui la domine . C'est vraiment magnifique , dommage
que l'étroitesse de la route nous interdit tout arrêt photo . Sur des
langues de terre descendant des rives abruptes, des troupeaux viennent
brouter l'herbe jaunie , sans doute par l'excès d'eau environnante .
Parvenus au bout du lac la pente devient rude , il faut jouer avec la
boite de vitesse pour ne pas trop fatiguer le moteur .En plus il y a
beaucoup de camions chargés jusqu'à la gueule qu'il faut doubler malgré
les nombreux virages . Et puis il faut compter aussi avec les Tibétains
qui roulent n'importe comment : ils pilent devant nous sans raison , ou
bien traversent la route à notre nez pour aller stationner à gauche , ou
encore arrivent en face à deux de front , nous laissant juste un petit
passage au milieu de la route . C'est très fatigant de rouler ici : nous
en sommes à trois accrochages en deux jours pour notre petites
communautés , c'est quand même pas mal ! Heureusement que la qualité du
paysage fait vite oublier tout ça : de superbes montagnes arrondies,
couvertes d'herbes rases aux nuances de vert infinies sous l'effet des
rayons solaires et des nuages , de profondes vallées où coulent des
torrents , des troupeaux de moutons , de yaks et de chèvres à cornes
démesurées , des tentes brodées et des yourtes fumantes , des bergers à
cheval , nous ne savons plus dans quelle direction tourner le tête .
C'est dans ce décor de rêve que nous grimpons un premier col à 3792
mètres d'altitude . Pas étonnant que nous nous sentons un peu oppressés
depuis tout à l'heure .
Comme hier la descente nécessite beaucoup de prudence , la
pente étant très raide aussi , ce qui n'empêchent pas des cyclotouristes
de l'attaquer, en face de nous . Je ne savais pas avant de venir ici ,
que cette discipline était aussi répandue en Chine, car depuis quelques
jours nous en avons croisé un paquet de ces courageux . Avant de
descendre au plus profond de la vallée , nous traversons d'immenses
plateaux herbeux , paradis des troupeaux en tous genres et des
pastoureaux qui ont dressé leur tente un peu partout . Dès que nous
touchons le plancher des vaches, c'est pour mieux regrimper sur l'autre
versant de la montagne .Encore vingt bornes d'ascension difficile et
nous franchissons un second col à 3767 mètres d'altitude . Lors de la
descente , nous nous arrêtons pour casser la croute au beau milieu d'un
haut plateau herbeux où beaucoup d'autochtones sont venus faire des
ballades à cheval , pique-niquer ou tout simplement se promener à pieds
. Comme il ne fait que 16 degrés avec un petit vent désagréable , nous
décidons de manger à bord, d'autant plus qu'un groupe de Tibétains
s'apprêtent à nous harceler . Ce n'est pas pour autant que nous sommes
tranquilles car qu'ils montent à bord à tour de rôle, pour visiter et se
faire photographier avec l'un de nous deux dans les bras !
Après midi Dominique finit la descente du deuxième col en
longeant le vaste lit caillouteux d'un petit torrent dont il ne reste
que quelques fins filets d'eau . Plus bas dans la vallée, c'est le
domaine des apiculteurs dont les ruches sont installées le long de la
route, à côté de leur tente . Sous un parasol, ils exposent leur
production de miel de différentes couleurs . La météo se gâte tout à
coup, avec un ciel qui se charge de gros nuages, très rapidement . Nous
finissons l'ascension d'un troisième col de 3600 mètres d'altitude sous
une pluie battante . Il faut attendre le retour dans la vallée pour que
le temps s'éclaire enfin , juste sur des champs de fleurs où les
autochtones viennent chercher des bouquets qu'ils cueillent eux-même .
Progressivement ,au fur et à mesure que nous approchons de Zhangye ,le
paysage devient lunaire ; la végétation disparait pour laisser la place
au sable et aux cailloux . En plus ,une brouillasse de pollution
mélangée à la poussière soulevée par le vent, nous oppressent . Quel
déception pour nous qui croyons ce matin découvrir un site exceptionnel
! Après quelques difficultés GPS , nous sommes pris en charge par une
autorité locale, qui nous invite à terminer l'étape en convois, derrière
lui . Nous sommes installés provisoirement sur un parking, en attendant
que le reste de la troupe arrive .
Après deux heures et demi d'attente , bien qu'il en manque
toujours trois à l'appel ,nous partons en convois pour une dizaine de
kilomètres à travers le site ; malgré des conditions de lumière
épouvantables , nous découvrons des monts rayés de toutes les couleurs :
du vert , du jaune , du gris , et toute la gamme des ocre sy passe . Il
n'y a pas beaucoup de couleurs de la palette qui sont épargnées . Nous
essayons tant bien que mal de tirer quelques clichés par dépit, en
espérant que demain ,avec la lumière du matin, ce soit beaucoup mieux .
Nous terminons la visite sous l'orage avant de nous installer sur le
parking nord du parc . Nous apprenons à la réunion qu'une bonne moitié
d'entre-nous ont eu des problèmes de carburation avec l'altitude et que
le camping-car de Jean-Yves , le mécano , a une grosse fuite d'huile
moteur : il a dû en rajouter 3 litres sur la journée ! D'après lui il y
a 8 heures de travail car il faut descendre boite et moteur ! Affaire à
suivre !

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