mercredi 17 août 2016

ppi étape 71 le 16 août 2016 Sary Tash-Joholu 150 km

Hier soir nous avons fait la connaissance d'Aïda , notre guide
pour le Kirghizstan , et de Roustam qui s'occupe de toute la partie Asie
Centrale , Kirghzistan, Ousbekizstan et Kazakstan jusqu'à la frontière
russe . Ils sont plutôt sympas et parlent bien le Français . Ils nous
expliquent que la famille qui nous prête la pâture pour la nuit est très
honorée de notre visite et nous offre gentiment eau et électricité .
Après la réunion , Jean-Luc , insiste pour faire quand même son apéro
malgré le froid ambiant qui s'abat sur notre haut plateau perché à 3200
mètres . A peine a-t-il tout installé , toasts au pâté et au fromage ,
melon et biscuits en tous genres que l'orage éclate et fait fuir
rapidement même les plus mordus . Tout le monde se retrouve au coin du
feu, dans son camping-car, pour prendre le repas du soir .
Ce matin c'est grand beau mais il ne faut s'y fier ,le
thermomètre n'affiche que 2,5 degrés . Il a fallu laisser le chauffage
toute la nuit et ressortir la couette . Aussi nous ne sommes pas pressés
de la quitter , résultat nous prenons le café au lit et je prolonge même
ce confort douillet en travaillant un peu sur l'ordi dans le lit . Dès
que nous sommes prêts , nous nous rendons dans une famille du village
pour leur donner le colis de vêtements que nous n'avions pas pu apporter
à l'association d'Oulan Bator en Mongolie . Avec trois bambins , je
pense que la maman en fera bon usage ; par contre elle refuse toute
photo . En baladant dans le village nous découvrons de jolies maisons de
terre aux toits plats couverts de touffes d'herbes dont les cheminées
fument déjà . Il y a aussi quelques yourtes installées dans des jardins
entourés de murs de pisés avec de grosses meules de foin à côté . Des
bouses de vache, empilées en pyramides d'environs un mètre de hauteur,
sèchent dans le vent en attendant d'être brûlées dans les poêles . Nous
rencontrons par hasard l'institutrice qui parle bien anglais, à qui
Marc confie quelques boites de stylo . Elle nous confie qu'elle possède
aussi une petite épicerie qu'elle tient pendant les trois mois de
vacances scolaires . De retour au campement nous ne pouvons nous
empêcher de tirer des clichés à répétition de la magnifique chaine de
monts neigeux qui se dressent orgueilleusement devant nous : de sacrés
morceaux , ces pics qui nous dominent de la sorte alors que nous sommes
déjà à plus de trois mille mètres d'altitude .
Le cadre est tellement superbe que nous avons beaucoup de mal
à partir ce matin ! Nous commençons par aller à la station service de
Sary-Tash pour faire le plein de gasoil : il n'est vraiment pas cher
avec 34 soms soit 1/2 euros le litre . Heureusement, car nous ne
disposons pour l'instant que de 2500 soms . Malgré tout, j'arrive non
seulement à faire le plein, mais en plus à dépanner Thomas qui conduit
le 4x4 de secours . Tout de suite la route attaque l'ascension du Tadjik
Pass , encore un joli col qui dépasse les 3600 mètres . La route
serpente gentiment parmi les coteaux d'herbes rases où nous voyons
paitre des troupeaux de yaks , de moutons et de chevaux . Parvenus au
sommet , la vue plongeante sur l'autre versant est à couper le souffle :
c'est impressionnant de voir cette multitude de lacets qui
s'entrecroisent . Ici aussi le frein moteur est de rigueur! Par endroit
l'asphalte disparait pour laisser place à un tronçon de piste, défoncée
à souhait : en y regardant de plus prés , cela correspond à des portions
de route, parties lors de glissements de terrain . En bas de la pente ,
la route se met à suivre un petit torrent le long duquel des familles de
bergers ont installés leurs yourtes ou pour les plus modernes leurs
roulottes . En tout cas, toutes fument abondamment : partout des
ribambelles de gamins courent au devant de nous en criant et en agitant
les mains . Même les adultes sont souriants depuis que nous avons passé
la frontière : rien à voir avec leurs voisins ouïghours . Ici c'est le
domaine des cavaliers , comme chez les bergers mongols . Leurs petites
selles sont aussi joliment décorés, d'ailleurs . Dans chaque méandre de
la rivière ,trois ou quatre habitations partagent un petit coin de
pâturage et un enclos pour le bétail .
Dès que nous quittons ces gorges étroites , nous débouchons
dans une large vallée où se sont installés quelques villages : partout
on s'active à faucher et à rentrer les foins sur de petites camionnettes
qui disparaissent littéralement sous leur chargement . Sur les coteaux,
la géologie s'est mise en quatre pour nous combler. Il y en a pour tous
les goûts : des rochers polis par les vents qui leur donnent des formes
aérodynamiques , des falaises taillées par le ravinement au point de
ressembler à des orgues majestueux , des flancs de montagne zébrés par
le passage incessant des troupeaux , des plis rocheux disloqués ou
rompus de mille failles .Les couleurs ne sont pas en reste . Tout y
passe pour le plus grand plaisir de nos yeux : les ocres , les jaunes ,
les gris bleutés , les verts et même les mauves . C'est fantastique au
point que nous mettons plus d'une heure pour faire les trente premières
bornes à cause de nos arrêts photos incessants . Par endroit, l'eau qui
cascade un peu partout ,se met à ne plus respecter la route au point de
nous obliger à passer à guet . Avec tout ça , nous avons toutes les
peines du monde à respecter notre rendez-vous de midi à l'entrée de
Gulcha où nous retrouvons Aïda .
Elle nous emmène aussitôt au "bazar" du village où notre
premier soucis est de changer des euros en soms : armés de monnaie
locale , nous pouvons maintenant nous faufiler dans les étroites allées
du marchés où les étales de légumes et de fruits rivalisent de couleurs
avec ceux de tissus installés un peu plus loin : nous achetons un gros
melon en forme de ballon de rugby , des galettes en guise de pain , des
oeufs et même du fromage ! Nous sortons ensuite du village à la
recherche d' un coin pour le pique-nique au bord d'un torrent sur la
route du bivouac prévu pour ce soir . L'orage déjà menaçant en fin de
matinée interrompt prématurément notre repas ; nous sommes bon pour
prendre le dessert et le café à bord du camping-car .
Nous décidons ensuite de nous rapprocher du campement en
suivant le torrent sur une vingtaine de kilomètres mais sans aller
jusqu'au bout car nous ne sommes pas désirable avant 18h00 . J'en
profite pour mettre à jour le blog et transférer les photos pendant que
Dominique écrit son journal . Deux heures plus tard Thomas nous informe
que trois d'entre nous se sont embourbés dans le chemin du campement et
qu'en conséquence nous retournons en ville pour nous installer dans la
cour macadamisée d'un restaurant . Ce soir c'est Clotilde et Claude qui
régalent après la réunion de 19h00 . Puis comme il fait déjà un peu
frais pour manger en terrasse , nous nous réfugions dans nos
camping-cars respectifs .

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