On voit que la soirée d'hier s'est prolongée un peu tard dans
la nuit , ce matin je n'émerge pas avant 6h45 .Malgré la chaleur
ambiante , nous avons réussi à obtenir un léger courant d'air dans la
chambre , ce qui nous a bien aidé pour dormir . Après l'incontournable
rédaction du blog , je me précipite sous la douche pour laver le premier
bain de sueur de la journée : et oui ça coule déjà à flot à cette heure
matinale !
Nous partons en petit taxi collectif électrique , très
pratique pour circuler dans la vieille ville , à raison de six ou huit
par véhicule . Nous attaquons par la porte sud solidement fortifiée .
Surmontée d'une tour crénelée de 18 mètres de haut , elle donne un point
de vue exceptionnel sur la rue principale bordée de commerces sur toute
sa longueur . En se penchant par les créneaux , le panorama extérieur ,
avec les remparts en premier plan n'est pas mal non plus . De l'autre
côté, on domine une mer de toits de tuiles rondes au bords retroussés
vers le haut ,de style pagode . D'après notre guide , la ville de
Pingayo ,très secondaire pourtant,,, a pu bénéficier d'une telle
fortification parce qu'elle abritait la première banque de Chine créée
en 1820 et dont les fonds étaient stockés ici . Un système de lettres de
change permettait les transactions commerciales , sans le risque de
transporter de l'argent et d'être attaqué par les brigands . Ce
privilège a survécu aux deux Guerres de l'Opium , pourtant perdues par
la Chine contre les Anglais et les Français . Notre guide Yang nous
explique que si on voyait la ville depuis un petit avion , on verrait
qu'elle a la forme d'une tortue , animal qui symbolise la longévité ,
très chère aux riches banquiers de la cité . Sur la tour sont également
exposées quelques armes de siège et de vieux canons .
Une fois redescendus de notre poste d'observation , nous
traversons une petite place pour aller visiter la rue principale,
bordées de magnifiques maisons aux toits de pagodes, d'où pendent des
rangées de grosses lanternes de papier, souvent de couleurs rouge et
noire . Devant, de petit commerçants ambulants préparent des galettes
fourrés , des pains bouillis , des fruits découpés et enfilés sur un
grand bâton comme les sucettes . D'autres vendent des chapeaux chinois
coniques ou des éventails finement décorés . Dominique en achète un
pour 15 yuans, soit 2 euros .De beaux magasins proposent des
dégustations de thé, stocké dans de grandes jarres de terre cuite,
noires vernissées . Il y a également beaucoup de restaurants, dont les
portes grandes ouvertes sur la rue, permettent de voir que ceux-ci donne
à l'arrière sur de magnifiques jardins .
Nous remontons ensuite à bords de nos triporteurs électriques
pour aller jusqu'à la tour de l'Est, équipée d'une cloche qui sonnait le
début de la journée, contrairement à son homologue de l'Ouest , équipée
d'un tambour qui en marquait la fin . Nous visitons alors le tribunal ,
la prison avec de petites cellules chauffées pour trois détenus et les
salles de tortures où les Chinois ne manquaient pas d'imagination pour
faire parler les prisonniers ! Des figurants habillés comme au Moyen
Age, miment une petite scènette retraçant le procès opposant un père et
son fils qui lui manquait d'égard et de respect . Nous continuons notre
périple parmi les ruelles jusqu'à la fameuse première banque où l'on
voit encore les bureaux et les lettres de change peintes au pinceau .
Partout l'architecture est conçue pour apporter le maximum d'air et de
fraicheur dans les cours intérieures et les ruelles, ce qui rend notre
visite beaucoup plus agréable que celle de la Cité Interdite à Pékin .
Malgré tout, nous sommes bien contents de rentrer au campement vers
13h00 pour nous rafraichir . Après un pastis très faiblement dosé, avec
beaucoup d'eau et de glaçons , nous installons le salon de jardin sous
une sorte de patio au toit de pagode, pour casser la croute . A l'ombre
de cette frêle construction , nous bénéficions d'un petit vent qui rend
notre repas fort agréable . Et en prime nous pouvons admirer les dessins
qui décorent la charpente , un peu partout au dessus de nos têtes .
Après nous être reposé tant bien que mal , à l'abri des rayons
du soleil très ardent aujourd'hui , nous décidons de retourner au coeur
de la vieille ville en louant les services d'un mini-taxi électrique sur
lequel nous avons bien du mal à nous caler à quatre . Pendant qu'avec
Serge nous nous contentons d'observer les grouillements de la foule dans
les ruelles , Dominique et Marie-Do fouillent touts les petites échoppes
à la recherche de papiers imprimés à motifs chinois pour décorer leur
création en cartonnage . Elles finissent par trouver leur bonheur chez
un marchand de papier et de pinceaux que son épouse est entrain de
fabriquer , accroupie devant la porte . Il nous invite à la suivre
jusque chez eux pour acheter les fameux papiers exposés en petites
quantités dans son magasin . Après dix minutes de marches dans des
ruelles plutôt glauques , nous traversons une enfilade de courées du
même tonneau pour nous retrouver à couper les rouleaux du précieux
papier directement sur le lit des propriétaires . Comme l'opération se
prolonge un peu , étant donné qu'il faut mesurer et couper 7 morceaux
différents de cinq mètres chacun , la taulière demande à son petit
garçon de faire un service de morceaux de pastèques . Nous avons tout
juste le temps de rentrer en triporteur électrique pour assister à la
réunion de 19 h00 concernant l'étape de demain .Puis nous prenons
l'apéritif avec les camping-caristes chinois qui nous servent des
galettes d'une pâte très tendre que nous devons fourré de petites
tranches de viandes finement coupées et de légumes hachés baignant dans
une sauce noirâtre . C'est délicieux mais très copieux pour une simple
kémia .
Toute la journée nous avons dû présenter notre passeport un peu
partout à chaque entrée de bâtiments historiques et là ce soir nous
constatons que pendant notre petite fête avec nos collègues chinois ,
des flics sont entrés discrètement sur le parking pour filmer tous les
camping-car . Sans aucune paranoïa de notre part , nous avons d'un avis
général , l'impression d'être surveillés sans arrêt . Autre petite chose
désagréable concernant les autochtones , que nous apprenons ce soir à la
réunion, c'est que les camping-caristes chinois sont des gens très
riches (l'un d'entre eux possèdent plusieurs entreprises employant des
centaines de personnes) qui achètent ce genre de véhicule , très rares
dans le pays , pour montrer leur réussite sociale et non pas comme chez
nous par amour du camping , de la vie en plein air et de la liberté .
Leurs véhicules sont limités à 6 mètres de long par la loi . Ils sont
presque vides de meubles, souvent fabriqués en bois très sombre . Dès
qu'ils arrivent au camping , ils sortent le matériel de cuisine dehors
qu'ils installent sous l'auvent , le camping-car ne servant que pour
dormir , quand ils ne vont pas directement à l'hôtel ! Curieuse
conception du camping qui ferait se retourner dans la tombe Baden Powell
en personne .













J imagine votre déception sur la notion du camping cariste chinois...du coup méfiance encore plus, les gens pourraient vouloir vous vider le votre!
RépondreSupprimerEt petite voiture électrique c est bien ça pour l écologie ;-) car ça doit être bien pollue la .