mercredi 13 juillet 2016

ppi étape 37 le 13 juillet 2016 Oulan Bator

C'est le troisième jour de la fête du Naddam aujourd'hui .
Nous prenons le bus vers 9h00 pour aller assister aux épreuves de
courses de chevaux qui ont lieux à 50 km au nord d'Oulan Bator . En
route , notre guide nous explique que la longueur de la course dépend de
l'age des chevaux : à deux ans c'est 12 à 14 km et çà va jusqu'à 24 km
pour des chevaux de 6 ans . Les jockeys sont très jeunes ,de 6 à 12 ans
. Celui qui gagne la course c'est le premier cheval qui franchit la
ligne d'arrivée, peu importe si le cavalier n'est plus dessus . Il garde
son titre pendant un an , c'est à dire jusqu'au prochain Naddam . La
prime du gagnant revient au propriétaire du cheval , le jeune jockey se
contente de l'honneur et de quelques bonbons . Il parait que ça porte
bonheur de caresser la tête du cheval vainqueur .
Ce matin la sortie de la capitale ne pose pas trop de problèmes
, la circulation étant relativement fluide ; nous empruntons en partie
la route qui nous a amené à Oulan Bator il y a quatre jours ,puis nous
tournons à droite pour nous enfoncer dans la steppe . D'immenses
parkings ont été aménagés pour la circonstance pour les bus et les
voitures des très nombreux visiteurs. Une véritable ville de plein air
,faites d'une multitude de yourtes blanches et de tentes de toutes les
couleurs , a poussé comme un champignons sur le chemin de l'hippodrome :
en fait , celui-ci se résume à un alignement de gradins de part et
d'autre de la ligne d'arrivée au beau milieu de l'immensité d'herbes
rases. Comme notre guide n'était pas claire concernant le déroulement
des épreuves , nous nous installons sagement dans la première tribune,
parmi les autochtones . Il faut attendre prés de deux heures avant de
voir les premiers compétiteurs arriver . Heureusement que dans les
gradins , notre curiosité en éveille , ne manque pas de sujets d'intérêt
: ici c'est une mamy en tenue traditionnelle qui tente, avec beaucoup de
difficultés, de monter les marches d'escalier; là c'est un gamin avec
une coupe de cheveux à la Gengis khan , une longue queue tressée lui
tombant dans le dos , plus loin une famille commence à manger des
beignets fourrés à la viande . L'appareil photo de refroidit pas ! Et
puis il y a aussi les organisateurs qui nous occupent en passant à
cheval , laissant flotter au vent derrière eux , un immense drapeau de
Mongolie ; d'autres, en robe de soie et chapeau pointu , appuyés sur
une barrière , ne trouvent rien de mieux que de tomber à la renverse ,
droit devant nous . Puis de petits groupe de 5 ou 6 jeunes jockeys
passent au galop pour aller se regrouper un peu plus loin dans la steppe
.A l'horizon, des nuages de poussière s'élèvent à chaque mouvement de
voiture que se soit celles des organisateurs ou bien des ambulances
assez nombreuses le long du parcours ou encore celles de la police .
Notre patience d'ange finit par être récompensée : des flics
commencent à former un véritable cordon le long des barrières , des
gyrophares clignotent un peu partout sur de grosses motos et puis tout à
coup , à l'horizon , au beau milieu d'un énorme nuage de poussière
apparaissent les phares des voitures qui précèdent la course . Arrivées
à proximité des tribunes , celles-ci s'écartent pour laisser passer les
premiers concurrents , debout sur leurs étriers et la cravache à la main
qui ne cesse de battre les flancs de leur monture . Les chevaux écument
mais ne lâchent pas prise pour autant . Leurs fines pattes sont à peine
visible tant elles fendent l'air . Plusieurs purs-sangs passent la
ligne d'arrivée dépourvus de leur cavaliers . Dès que la première manche
est terminée , nous essayons de quitter les lieux dans une mêlée
indescriptible ,les mongols poussant comme de vrais taureaux ! Résultat
, nous nous retrouvons en tête à tête , isolés du reste de la troupe .
Loin en contrebas un vaste enclos attire notre attention , nous
décidons d'aller voir ça de plus prés . Il 'agit d'un autre type de
compétition dans laquelle les cavaliers sont des adultes plutôt vieux en
robe de soie et chapeau pointu . Ici c'est au trot qu'ils courent sur
espace de la valeur d'un stade . Apparemment certains se font
disqualifier par moment jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un qui se
fait bruyamment acclamer . La faim commençant à se faire sentir ,nous
rapprochons du village de yourte pour manger quelques beignets fourrés à
la viande et aux oignons : ceux-ci , beaucoup moins gras , se révèlent
excellents . La famille qui nous sert sous un petit auvent accepte ma
présence à l'intérieur de la yourte et même quelques photos : d'un côté
un tas de bois finement coupé pour alimenter le poêle qui trône au
centre de la pièce : autour de la graisse qui bouillonne sur le feu ,
la mère confectionnent des boulettes de pâte qu'elle étale à l'aide
d'un rouleau en bois pour en faire un genre de crêpe bien ronde . Elle
étale alors un mélange de viande de mouton hachée et d'oignons coupés en
petits morceau par le père . Une fois repliés en deux comme nos
chaussons aux pommes , elles les déposent dans l'huile bouillante . A en
juger par les paillasses roulées au fond , derrière le fourneaux , la
famille au complet vie sur place pendant la durée de la fête .
Pour quatre beignets nous payons 4000 t soit un peu moins de deux euros !
Une fois rassasiés, nous décidons de trainer un peu dans les
ruelles parmi les yourtes, et notre curiosité naturelle s'en trouve
récompensée . Un peu plus loin , c'est le maitre de maison qui officie
devant un gros barbecue en tôle : ici ,c'est le royaume des brochettes
qui ne m'emballent guère avec de gros morceaux de viande un peu trop
oxydée à notre goût ! Partout c'est la fête : il y a même d'antiques
manèges pour les petits , des billards pour les plus grands , des stands
de tir à l'arc et de fléchettes . Des petits commerçants proposent des
fruits , des jouets , des cerfs-volants , des machines à faire de
grosses bulles . C'est la liesse générale , c'est leur Fête Nationale,
après tout ! C'est amusant de voir se balader des familles entières ,
adultes comme enfants , en robe de soie et chapeau à pointe . Les
décorations des selles et celle des portes de yourte retiennent aussi
notre attention . Nous assistons au démontage de l'une d'entre elles et
à son chargement sur une petite camionnette . L'armature se compose d'un
treillis de fine lattes posées contre de gros piquets de bois qui se
disposent en cercle de part et d'autre du bloc-porte . Deux ou trois
couches d'un épais feutre fait avec le poil de leur chèvre en assure
l'isolation thermique . Par dessus se tend une bâche blanche le plus
souvent , décorée d'une frise qui rappelle les motifs grecs , qui assure
l'étanchéité . Celle-ci laisse une large ouverture au sommet , qui
permet le passage de la buse du poêle et l'aération de la maison .Quand
il pleut ou qu'il fait très mauvais , une autre petite bâche , blanche
également, vient boucher la totalité du trou après avoir enlevé la buse
métallique , bien sûr . En été lorsqu'il fait très chaud , ils ne
mettent pas toujours les couches de feutres et ils relèvent parfois le
bas de la bâche pour mieux assurer la circulation de l'air. Depuis midi
le vent qui faisait claquer les nombreux drapeaux a faibli , laissant
s'installer une brouillasse qui envahit bientôt toute la steppe . Avec
toute la poussière levée par les sabots des chevaux et la chaleur de
l'après midi , l'air devient irrespirable sur le vaste champs de course
. De toute façon , c'est l'heure pour nous de regagner le bus et de
rentrer sur Oulan Bator .
Ce soir, nous essayons un restaurant de l'avenue principale ,
recommandé par Géraldine, qui nous quitte après demain pour rentrer en
France . Elle est remplacée par Stéphanie , qu'elle nous présente à la
réunion . Les grillades de boeuf mongol se révèlent excellentes , bien
qu'un peu trop cuites pour les inconditionnels de la viande saignante
. Serge est doublement ravi car les "french fries" d'accompagnement
valent celles de la France du Nord .

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