Par chance cette nuit nous arrivons à obtenir un très léger
courant d'air ,mais qui malgré tout, nous a bien aidé à trouver le
sommeil . Comme hier , c'est au son de l'hymne chinois que nous sommes
tirés du lit . Nous devons être juste à côté d'une école d'arts martiaux
car aussitôt le lever des couleurs terminé , nous entendons résonner le
sol sous les pas précipités de jeunes recrues, qui passent en courant
au bout du parking . La journée commence fort pour eux et pour nous
aussi , par la même occasion . Il faut absolument faire le plein d'eau
car nous n'en aurons pas à Xi'an selon Philippe . Il nous dit qu'ils ont
pris un orage il y a deux jours lorsque nous étions à Pingyao avec un
mètres de précipitation ,çà promet ! Il nous recommande donc de ne pas
s'écarter de l'autoroute .
Après les préparatifs d'usage avant le départ de l'étape, avec
en prime aujourd'hui la vérification de la pression des pneus ,nous
traversons Shaolinsi sans problème pour récupérer ensuite la G207 sur
quelques kilomètres et enfin la S 85 . Comme c'est grand beau , nous
pouvons admirer au passage les montagnes qui entourent la ville ; très
abruptes, elle ressemblent aux Alpes de Provence avec leur maigre
végétation qui alternent avec des champs d'éboulis et quelques falaises
. Dès notre entrée sur l'autoroute, nous constatons que nous sommes
attendus par la police qui doit noter le nombres de camping-cars passés
et l'heure de départ . Encore une fois ce n'est pas de la paranoïa de
notre part : hier Martine et Bernard , sortis de l'itinéraire prévu par
simple curiosité touristique , ont reçu un appel téléphonique de la part
de Yang pour en savoir plus, quant à leur petite incartade : nous
pensons bien qu'il s'agissait d'une vérification policière auprès de
notre organisme suite à une dénonciation ,car ils étaient seules dans un
coin très isolé !
Au bout de cinquante bornes un peu montagneuses ,nous plongeons
dans la cuvette de Luoyang ,énorme ville industrielle , à en juger par
l'importance du nuage de pollution qui arrive à faire écran au point de
dissimuler le haut des buildings d'habitations rangés en files
indiennes le long de l'autoroute . Partout autour de nous ,de grosses
cheminées crachent leur venin . C'est impensable d'être obligé de
supporter ça , de vivre en permanence dans un brouillard mal odorant,
alors qu'il fait un temps magnifique en plus.
Il faut s'éloigner d'au moins cinquante kilomètres pour
récupérer une luminosité à peu prés satisfaisante . Nous commençons
alors à suivre le Fleuve Jaune, qui a creusé une large vallée très
verdoyante où règne la monoculture du maïs . Il a été mal baptisé à mon
avis : il aurait dû s'appeler Fleuve Rouge car ses eaux sont toujours
aussi boueuse que lorsque nous l'avions descendu pendant cinq jours , de
Chonquing à Shangaï ,il y a 25 ans . L'imposante largeur de son lit
laisse supposer qu'il doit être sujet aux crues . Dans les énormes
méandres , il laissent derrière lui de grandes îles couvertes d'herbes
qui nous offrent un joli contraste avec l'ocre du fleuve .
Vers 12 h00 nous décidons de faire le plein de gasoil et
comme nous trouvons une place à l'ombre sur la station service , nous
dressons la table pour le pique-nique sous le préaux de la futur pompe
à gaz encore en construction . Le décor est un peu bobourien mais les
véhicules sont à l'ombre et nous aussi .
Après le café, c'est Dominique qui reprend le manche pendant
que je commence à taper le blog .Sur les coteaux on voit quelques
parcelles de vignes ; hier , il parait que Claire et Roger ont visité
un vignoble un peu avant d'arriver à Shaolinsi : ils ont juste pu
acheter quelques bouteilles de rouge mais n'ont pas pu déguster , ce
n'est pas la mode en Chine, apparemment . Nous suivons ainsi le plus
grand fleuve de Chine jusqu'à Tongguen .Nous contournons encore un
mégalopole,Weinan , qui exhibent autant d'usines fumantes à souhait que
de cités dortoirs avant de voir les hauts buildings de Xi'an se profiler
à l'horizon .
Dominique me demande d'être sur le pied de guerre en temps que
copilote , car il s'agit de l'entrée d'une ville de 8 millions
d'habitants , ça risque d'être chaud ! Cela commence d'ailleurs très
fort puisque la sortie 32 proposée par le road-book est fermée , cause
de travaux . Nous nous retrouvons à la 31 avec des panneaux partout
écrits en Chinois , pas facile de prendre une décision dans de telles
conditions ! Nous commençons par suivre un moment le Garmin , puis le
GPS chinois , puis comme nous tombons sur des panneaux en anglais
proposant le 3 ème puis le 2 ème périphérique , nous finissons par nous
débrouiller tous seuls . Nous croisons même un camion citerne en flamme
, ce n'est pas le quart d'heure de trainer dans le secteur ! Après une
bonne heure de lutte dans une une circulation infernale ,nous trouvons
le fameux parc du lac Hanchen . Nous nous installons sur un parking en
dalles de pierres par 43 degrés à l'ombre ! Le cadre est certainement
joli, au pied d'une grande pagode , mais pas très confortable .
Heureusement que Jean-Luc finit par nous improviser une installation
électrique de compétition qui nous permet même de brancher la clim sur
le 220 extérieur ! Le panard ! Merci Jean-Luc !












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