Comme chaque matin , en chargeant les coordonnées GPS , je suis
toujours surpris par la progression de notre longitude : partis de 1
degré nous voilà arrivés à 97 : c'est vrai que c'est la première fois
pour nous que nous allons aussi loin vers l'Est par voie terrestre .
Krasnoïarsk , encore une ville russe de plus d'un millions d'habitants ,
est la capitale du Kraï , vaste région de la Sibérie centrale , qui
s'étend sur 3000 km du nord au sud et représente 4 fois la France . En
entrant dans cette mégalopole , nous avons traversé le fleuve Ienisseï ,
qui prend sa source en Mongolie et coule vers le nord sur plus de 3300
km pour se jeter dans la Mer de Kara . La Sibérie est vraiment le pays
de la démesure ! Après le GPS, c'est aux autres instruments de bord
qu'il faut penser et surtout ne rien oublier : les batteries de la
Go-Pro , la tablette de commande de notre "centrale électrique" ,le
téléphone se charge en roulant , par l'intermédiaire de deux ports USB
sur l'allume-cigare où est branchée en permanence la dach-cam et le GPS;
les talkies walkies , l'ordinateur , la batterie de l'appareil photo
c'est sur le 220 v fourni par notre super-convertisseur 3000 watts.
Bien que très fatigués hier soir ,par dix heures de route
pénible , tout le monde est à l'heure pour l'incontournable réunion : "
Pour demain , plus petite étape , moins fatigante ... mais attention ,
tout le long c'est travaux...travaux... travaux...et encore 100
kilomètres de piste ... Vous avez habitude maintenant , ce matin c'était
petit exercice , maintenant on passe choses sérieuses , nous sommes
coeur de Sibérie ,maintenant aventure commence ...hi!hi!hi!... Sur piste
, si voiture sibérienne double , toujours laisser 4 ou 5 mètres ...si tu
peux pas décaler à cause trous , tu ralentis ... très important , si non
carrosserie, aie!aie!aie! Au soir , arrivons à Taïchet , attention
vampires , hi!hi!hi! gros moustiques sibériens , piquent très fort !
mettre manches longues et pantalons , c'est mieux ! Ici , vivent Touvas
, peuplade très ancienne , comme bouriates plus à l'Est : sont origine
turque , sont éleveurs de bétail , moutons , bovins, yaks !"
La sortie de Krasnoïarsk se passe aussi bien que l'entrée : il
faut dire aussi que nous sommes dimanche et de bonne heure en plus
,résultat , il n'y a pas un chat dans les rues .Etant donné que nous
sommes en Sibérie profonde , nous optons pour la sagesse en faisant le
plein de gasoil avant de partir . Comme dans la plupart des villes
russes , nous sommes épatés par la présence de nombreuses usines
crachant à tout va leurs fumées noires en plein centre .
Dès que les faubourgs disparaissent derrière nous , la route part à
l'assaut de petits monts de quelques centaines de mètres d'altitude . Cà
fait bien longtemps que nous n'avions pas quitté le plancher des vaches
de la sorte avec cette interminable traversée de la steppe sibérienne .
Quel plaisir de serpenter parmi les hauts sapins à la découverte ici
d'un joli petit lac , là d'un minuscule village aux maisons en rondin :
on se croirait vraiment dans les Vosges Par contre les nombreux virages
ne facilitent pas le doublement des camions qui peinent dans les côtes
parfois à plus de 12 % . Arrivés au kilomètre cent , nous avons la bonne
surprise de constater que la piste promise par Aldar a été macadamisée .
Il s'en passe en deux ans , même en Russie ! De ce fait , nous
atteignons Kansk , petite ville située deux cent borne à l'Est un peu
avant la fin de matinée , juste pour faire quelques courses de bouche :
encore une fois nous sommes surpris de la faiblesse des prix car nous
nous sortons avec 2000 roubles , soit 26 euros pour un caddy bien garni
! Dans le petit super-marché nous faisons la connaissance d'un jeune
russe désirant parler anglais avec des touristes ; à notre demande , il
nous conduit dans une pizzeria un peu excentrée et nous aide à passer
commande , ce qui n'est pas chose facile avec un menu écrit en
cyrillique . Les russes se révèlent d'excellents pizzaïolos : nous
mangeons pour 13 euros par couple , boissons comprises et en plus la
taulière nous offre des barres chocolatées et une pizza à emporter .
Nous la remercions chaleureusement ( "spéciba bolchoï") et nous offrons
une bouteille de vin français et une excellente terrine de pâté à notre
guide bienfaiteur .
Comme d'habitude c'est Dominique qui prend le manche cette
après midi , d'autant plus que j'ai goûté la bière russe en mangeant .
Partout dans les villages que nous traversons , nous assistons au
stockage du bois pour l'hiver : de belles petites bûches de bouleau ,
argentées à souhait , rangées méticuleusement en stères devant la façade
des isbas . On récolte et on range aussi le foin un peu partout : on
voit bien que les Touvas sont des éleveurs , d'ailleurs à plusieurs
reprises ,nous sommes obligés d'arrêter le camping-car pour laisser
passer des troupeaux de vaches qui errent sans surveillance .Un peu plus
loin, c'est le train qui nous oblige à arrêter : pour éviter aux
ravacholes de conducteurs sibériens de passer bien que les barrières
soient baissées , des plaques de métal de 50 centimètres de largeur
sortent du macadam des deux côtés et sur chacune des voies . Des petits
vendeurs , installés sur les bas côtés , proposent des sortes de
bouquets de branches feuillues , pendus en chapelets sur une longue
perche de bois. Hier soir Aldar nous a expliqué que cela servait à se
flageller la peau pour la tonifier après la toilette un peu comme çà se
faisait chez nous dans les campagnes avec des orties .
Pour une fois nous arrivons de bonne heure , vers 16h00 mais
une sacrée surprise nous attend au bout du chemin de terre qui mène au
camping: le passage d'un pont en bois un peu vermoulu et branlant , et
en plus très étroit . Roger et Claire refusent de le franchir ainsi que
deux autres équipages ; après un repérage minutieux avec Serge et Marc
et le rebouchage d'un trou avec quelques planches avec Dominique , je
tente le passage en premier, étant en tête de colonne . Si nous passons
nos 5.2 tonnes , les autres pourrons traverser à coup sûr . Les bois
craquent , fléchissent mais tiennent le coup à merveille .La récompense
est au bout car pour une fois le coin est vraiment génial : un petit
lac , des sapins et surtout de l'herbe par terre : çà tombe à-pic car
on commençait à faire une allergie aux parkings en macadam !!










Holà la le pont en bois....maman ne devait pas etre fiere ;-(.
RépondreSupprimerGros bisous