dimanche 17 juillet 2016

ppi étape 40 le 16 juillet 2016 Terej-Sainshand 480 km

Comme hier, je profite de mon lever précoce pour admirer la
magie de l'aube sur les steppes et sur les pics rocheux qui nous
surplombent . C'est féérique ,ces jeux de lumières qui font courir des
ombres interminables sur le fond de la vallée , dépourvue de brouillasse
aujourd'hui . Et puis ce calme... ce silence...c'est divin ... ça en
décuple le plaisir comme ce n'est pas permis ! Aujourd'hui aussi , je me
fais violence en regagnant mon poste de travail dans le camping-car tous
volets fermés car Dominique y finit sa nuit . Je profite également que
tout le monde est encore sous la couette pour utiliser les douches de
l'hôtel . Après le petit déjeuner pris en tête à tête , nous décidons de
partir tôt ce matin car l'étape est longue jusqu'à Sainshand .
Le grand beau nous permet de profiter pleinement de la route
qui mène à la sortie du parc de Terej que nous avions faite plus ou
moins sous la pluie lors de notre arrivée , il y a deux jours . La
chaude lumière du matin rend le vert de la steppe plus tendre et en
renforce les contrastes avec l'ocre des rochers . En bas , au fond de la
vallée , la rivière écume en contournant de petits îlots de graviers .
De nombreux adeptes du trekking ont monté leur tente sur les berges et
ne semblent pas avoir très chauds à en juger par leur tenue
vestimentaire ; il faut dire que malgré les rayons du soleil , le
thermomètre ne décolle pas des 12 degrés . Des troupeaux de vaches et de
yaks battent déjà la campagne un peu partout , broutant ici , se
baignant là-bas .Les chevaux ne sont pas en reste non plus ,bien que
eux préfèrent galoper en longues files indiennes , leur crinière et
leur longue queue au vent . Nous retraversons ensuite Nalaikh pour
laisser la route de Oulan Bator à droite et prendre à gauche vers le sud
, direction Choir .C'est amusant de voir dans cette immensité d'herbe
rase des demi pneus plantés debout : Onur nous a expliqué que chaque
Mongol reçoit gratuitement du gouvernement une parcelle de terre qu'il
délimite en la bornant de la sorte . Lorsque la route franchit un haut
de côte , on domine alors la steppe et en suivant le ruban de bitume qui
disparait à l'horizon on prend conscience alors de ce que représente
l'infini . Nous longeons ensuite un cimetière chamanique fait de pierres
dressées debout dans l'herbe , occupant tout un flanc de montagne ; de
l'autre côté de la crête , c'est le cimetière bouddhiste , à en juger
par le buste doré du prophète qui trône au milieu des stèles . En
franchissant la montagne russe suivante ,nous tombons sur une mine de
charbon à ciel ouvert ; il a l'air très fin à en juger par les tas qui
occupent l'entrepôt . Un peu plus loin un champ d'éoliennes nous
interpelle : un tel matériel high-tech au milieu de nulle part , c'est
plutôt curieux . En fait , dans le secteur nous nous rendons compte que
beaucoup de prospections minières ont lieu un peu partout . On voit
également que le sous-sol doit être riche en gaz car beaucoup de gros
tuyaux équipés de vannes sortent de terre ,un peu partout .
Plus nous progressons vers le Sud ,plus les montagnes qui
limitent l'horizon de part et d'autre de la route ,s'amenuisent , plus
l'herbe se claire-sème , laissant apparaitre le rouge de la terre .
Quelques yourtes se perdent là au milieu de nulle part . Ici c 'est le
paradis des animaux . Onur nous a dit que la Mongolie possèdent 60
millions de têtes de bétails pour seulement 3 millions d'habitants . Une
bonne quinzaine de fois ,de grands troupeaux nous coupent la route sans
se presser : des vaches , des moutons , des chèvres et même plusieurs
fois des chameaux . Le chevaux se disposent souvent en rond , la tête
vers le centre lorsqu'ils se reposent ; par contre quand ils se mettent
à galoper dans la steppe ,c'est en longues files indiennes avec leurs
poulains au milieu qu'ils défilent le long de la route . Malins , ils
cherchent les points d'eau aux pieds des ponts . Lorsqu'il y en a
beaucoup , ils n'hésitent pas à s'y baigner avec de l'eau parfois
jusqu'au milieu du poitrail . Depuis ce matin ,nous suivons sans le
savoir tant elle se fait discrète , la ligne de chemin de fer qui
traverse la Mongolie pour aller jusqu'à Pékin .
Nous nous faisons rattraper par le 4x4 d'assistance juste à
l'entrée de Choir où nous décidons de faire le plein de gasoil : le
caméraman de D8 en profite pour prendre quelques séquences et nous
faire une petite interview à la pompe . Dès que nous sortons de la ville
, la steppe fait place progressivement au désert ; l'herbe , moins drue
, laisse voir de plus en plus de plages de terre ocre . On voit moins de
troupeaux aussi et pratiquement plus de bovin, surtout : ici c'est le
domaine des chèvres et des moutons qu'accompagnent parfois un cavalier
quand ce n'est pas un berger-motocycliste ! . A plusieurs reprises des
groupes de chameaux se mettent à courir lors de notre passage , levant
de gros nuages de poussières .Les yourtes aussi se font plus rares ,
avec toujours la porte orientée au sud . Encore une heure de route dans
cette aridité et nous trouvons un coin pour pique-niquer à la sortie
d'un village : nous dressons la table en plein désert ,au milieu de
nulle part , sur du gros gravier qui ressemble à des scories volcaniques
. Par contre certains cailloux , très lourds , doivent contenir des
minerais . A proximité , on entend le clapot d'un petit étang qui doit
servir d'abreuvoir pour les troupeaux à en juger par la quantité de
crottes qui couvrent les berges . Un vent frais nous permet de rester là
assis en plein soleil sans souffrir le moins du monde de la chaleur .
Il est 14h00 lorsque nous reprenons notre descente plein sud
avec Dominique aux commandes . Très rapidement le gravier du désert fait
place à du sable moins grossier . L'herbe disparait plus ou moins pour
faire place à des petites touffes d'épineux qui volent parfois au vent .
Malgré tout , des troupeaux de chèvres et de moutons continuent à
batifoler dans l'immensité , trouvant par-ci par-là quelques végétaux à
se mettre sous la dent . Bien que l'environnement soit particulièrement
désolé tout autour de nous , nous sommes surpris de voir régulièrement
des flaques d'eau , avec un peu d'herbes vertes autour . Les monts qui
limitaient l'horizon depuis ce matin se sont éclipsés tout doucement ,
laissant place à l'immensité plate à souhait du désert de Gobi dont nous
franchissons la porte matérialisée par un immense portique de béton . Un
nom qui fait rêver et qui rappelle bien des lectures de notre enfance ,
comme le voyage de Marco Polo par exemple , et bien d'autres . Nous
essayons de trouver de l'eau pour remplir nos réserves à Assayra comme
nous avez conseillé Onur car au bivouac de ce soir nous risquons de ne
pas en avoir :nous retournons le village de fond en comble sans résultat
. Encore quelques bornes et nous voilà à Sainshand , curieuse ville
posée sur le sable , au milieu du désert t : c'est quand même ahurissant
de voir des yourtes installées aux pieds des HLM ! Nous avons bien du
mal à trouver du pain au supermarché , pour les légumes ce n'est même
pas la peine d'y penser , il n'y en a pas . Après une dizaine de
kilomètres de piste sableuse, un peu tourmentée par les effets du
ravinement , nous atteignons notre lieu de campement .C 'est formidable
de pouvoir passé la nuit en plein désert de Gobi . Nous apprenons un peu
plus tard que Jean-Luc et Babette se sont ensablés sur la première piste
proposée par Onur et qu'ils ont dû être remorqués par un 4x4 : bilan de
l'opération , les étagères de sa penderie se sont effondrées sur les
tuyaux d'alimentation en eau de sa douche : encore du bricolage en
perspective : heureusement que demain c'est relâche car la frontière
Mongolie-Chine est encore fermée à cause du Naddam . Nous terminons la
soirée en dinant à la lumière de la lune et sous une voûte étoilée à
souhait face, à l'immensité de sable du désert ! Le panard ...!

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