mardi 19 juillet 2016

ppi étape 43 le 19 juillet 2016 Zamiin Uud-Erlianhot 20 km

Ce matin je me laisse réveiller par le soleil ,déjà ardent à
6h30 ,car le programme de la journée est plutôt statique : le passage de
la frontière Mongolo-Chinoise qui peut prendre 24 à 48 heures !! Après
la douche et le petit déjeuner, je fais la tournée des popotes en
attendant l'heure du départ en cortège, fixée à 8h30 . Roger a passé une
mauvaise nuit car il n'a pas le petit papier blanc avec trois tampons
rouges délivré lors de notre entrée en Mongolie et indispensable pour en
sortir avec le camping-car, selon Onur . Il parait qu'il y en a un
autre, dans la même situation . En passant chez Hubert , celui-ci me
demande en chuchotant ,de me mettre accroupi . Curieux comme entrée en
matière ! En fait, il y a deux espèces de "chiens de prairie" à trois
mètres devant son véhicule , occupés à batifoler à l'entrée de leur
terrier . Par chance j'arrive à les cadrer du premier coup :" merci
Hubert !"
A 8h30 tapantes , le 4x4 du chauffeur d'Onur ouvre la tête du
convoi , le warning allumé : comme nous devons être rangés par numéro ,
je lui emboite aussitôt le pas, suivi de prés par Marc , puis par Serge,
ce qui rassure Claude et Clothilde , titulaires du numéro 4 , déjà
entrain de piaffer d'impatience sur le parking : il faut dire
qu'habituellement ce sont toujours les premiers partis vers 6h30-7h00 .
Profitant de notre situation privilégiée , je tire quelques clichés de
la longue chenille de camping-car qui serpente sur la piste . Nous
traversons Zamiin Uud pour nous stationner au bout d' une file d'attente
. Pendant que notre guide Onur part négocier notre passage, nous pouvons
observer une ligne de jeeps mongoles d'en un état de délabrement
effroyable ,qui attendaient déjà hier après midi ; on nous a expliqué
que ce sont des trafiquants en tout genre, qui passent de Mongolie en
Chine plusieurs fois par semaine ,pour acheter toutes sortes de
fournitures fabriquées dans l'Empire Céleste, pour les revendre ensuite
trois fois plus chères chez eux . Après une heure d'attente, nous
atteignons la première barrière . Là , nous attendons encore une heure
le retour d'Onur qui nous fait mettre un grand papier blanc derrière le
pare-brise . Nous avançons sur quelques centaines de mètres, pour
atteindre enfin les premiers bureaux : les passagers doivent se faire
enregistrer d'un côté , les chauffeurs de l'autre . Là encore, on perd
une heure dans les files d'attente devant les guichets, avant d'avoir la
possibilité de montrer son passeport et sa carte grise à un policier au
visage figé . De retour au camion, il faut ouvrir le capot pour faire la
vérification des plaques moteurs et des numéros de châssis . Notre
supplice se serait arrêté là, du moins pour le côté mongol, si six
d'entre nous n'avez pas égaré leur fameux petit papier blanc avec trois
tampons rouge, délivré lors de notre entrée en Mongolie . Grâce à sa
diplomatie et certainement à quelques bakchichs , Onur parvient a réglé
le problème en une heure .
Là, c'est le grand bon en avant , nous parcourons les deux
kilomètres de no-mans-land qui séparent les deux pays pour attendre à
nouveau devant une barrière gardées par des militaires : il faut
attendre les seize autre camping-cars pour obtenir un petit bout de
papier de la taille d'un grand timbre poste et avoir la possibilité
d'avancer jusqu'à une nouvelle barrière où nous retrouvons le groupe des
trafiquants mongols en jeep . Comme apparemment ce n'est pas le bon coin
pour attendre , du moins pour nous , nous avons droit à une belle petite
marche-arrière au milieu de cette cohue indescriptible . Après quelques
explications, plutôt gestuelles , nous comprenons qu'il faut aller
présenter les papiers dans un bureau, en face ,où nous attendons une
demi-heure avant de retrouver notre guide local Yang ; il nous invite à
retourner au camping-car pour préparer un sac de voyage car ce soir nous
dormons à l'hôtel , le dédouanement étant prévu trop long pour être
réglé en 24 heures ! Après avoir présenté passeport , carte grise
,permis international ,les conducteurs regagnent les camping-car pendant
que les passagères continuent leurs errances parmi les bureaux . Nous
finissons par retrouver nos chères épouses , après avoir montré à
nouveau les plaques moteurs et les numéros de châssis aux douaniers .
Puis notre jeune guide Yang (ce qui veut dire peuplier en chinois ) nous
invite à stationner les camping-cars sur un grand parking où ils
resteront jusqu'à demain . Nous attendons alors, encore deux heures,
avant de pouvoir regagner le Erlian-Pacific Hôtel à bord d'un taxi
collectif, qui est obligé de faire plusieurs rotations , étant donné
que nous sommes 34 . Au troisième voyage , voilà qu'il revient avec l'un
des nôtres , refoulé à la sortie faute de passeport . Devant la détresse
de Jean-Louis, tout le monde s'y met pour chercher le fameux document .
C'est grâce aux caméras de vidéo-surveillance que l'on finit par
retrouver l'erreur : c'est Roger, qui machinalement, a embarqué les
papiers ,dans la pagaille !
A peine une demi heure de repos à la chambre et il faut
redescendre pour faire du change au black, avec des commerçants du coin
.L'euro vaut sept yuans . Ensuite c'est la réunion du soir avec
Philippe , notre guide de Chine que nous avons déjà rencontré à deux
reprises : au Blanc, l'été dernier et au Bourget ,en septembre 2015 . Il
nous distribue des road-books et des GPS spécifiques de Chine , ce qui
fait que maintenant nous en avons trois à bord ! Après quelques conseils
de prudence sur route, car il parait que les chauffeurs chinois sont
encore pire que les mongols et les sibériens , ils nous donnent
rendez-vous demain matin , pour régler les problèmes téléphoniques .
Sur ses conseils , nous trouvons une petite taule, pour manger
en terrasse des pattes avant de moutons rôties à la broche et servies
avec des épices : c'est excellent, mais il faut s' occuper du service
soi-même, avec pour tout instrument, un petit couteau de cuisine
.Résultat ,Marc et moi y allons avec les doigts, au risque de se brûler
avec la graisse encore grésillante . Pas suffisamment rassasiés car nous
n'avons pas mangé de la journée, nous complétons par quelques
brochettes tout aussi bonne . Puis nous terminons le repas avec une
petite bouteille d'alcool de riz, trouvée au fin fond de la turne, que
nous partageons avec Roger et Hubert qui occupent la table de derrière
avec le reste de leur troupe .

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