jeudi 21 juillet 2016

ppi étape 45 le 21 juillet 2016 Jining-Yanqing 350 km

On voit que nous sommes au centre d'une grande ville, car ce
matin c'est aux sons des klaxons et des coups de freins que nous nous
réveillons . Bien qu'il fasse encore un peu sombre, je sors faire
quelques clichés de notre campement un peu insolite , au pied d'une tour
de béton qui abrite le superbe hôtel Horizon . Une bonne vingtaine de
bus sont déjà entrain de charger leur quota de touristes asiatiques,
dans un vacarme infernal . Une fois le calme revenu, nous avons la
visite du big-boss des lieux, accompagné de plusieurs chasseurs en queue
de pie , de chefs cuisiniers coiffés de leur haute toque blanche et bien
sûr d'un poulailler complet de secrétaires et d'hôtesses en petit
tailleur bleu marine ; c'est amusant de voir tout ce beau monde grimper
à bord des camping-cars pour satisfaire leur curiosité . Puis c'est le
rituel des photos de familles, inévitable chez les asiatiques . Pour
nous remercier de notre gentillesse, le patron fait amener un énorme
chariot avec dix sept plateaux de fruits exotiques que les groumes se
dépêchent de nous distribuer .
Prêts de bonne heure , un peu avant 8h00 , nous décidons de
partir dès que Philippe a fini de régler nos GPS chinois ,car cette
après midi nous avons rendez-vous à 14h30 pour visiter la Muraille de
Chine . Nous remontons de larges avenues encore désertes ou presque à
cette heure, à la recherche de la bretelle d' autoroute qui mène à
Beijin (Pékin) . Nous trouvons notre bonheur à peine un quart d'heure
après notre départ, mais je ne comprends pas tout de suite le système
chinois ,qui consiste à emprunter la contre-allée, pour pouvoir tourner
à droite sur la rampe d'accès à l'autoroute . Résultat , nous sommes
bon pour un demi-tour sur un quatre voies, improvisé à la dernière
minute ,que je groupe avec une entrée à l'envers ,sur une station
service que la providence a placé juste là , tout ça bien sûr avec notre
petite colonne de trois camping-cars ! Un plein de gasoil de 60 litres
nous coûte un peu plus de 350 yuans soit 50 euros . Nous en profitons
également pour acheter des bouteilles d'eau car nos réserves sont au
plus bas .
Cette fois nous prenons la bretelle du premier coup, mais le
GPS chinois nous conseille de faire demi-tour . Comme nous ne voulons
pas le contrarier d'entrée de jeu , nous obéissons ce qui nous ramène à
proximité de l'hôtel . Nous nous laissons alors guider aveuglément par
lui, pour nous retrouver un quart d'heure plus tard, dans une impasse à
demander la direction de "Beijin" à des cantonniers . Avec leurs
explications ,nous nous retrouvons pour la nième fois devant l' Horizon
. Pour se moquer de moi Serge me lâche au talky walky : "tu as raison ,
Pierre , il est vraiment pas mal tout, cet hôtel ! Au lieu de dire des
conneries , aides-moi à trouver cette foutue sortie de ville , ça fait
déjà plus d'une heure qu'on tourne !"
En suivant les conseils du road-book, mais cette fois en
tournant le plan d'un quart de tour, étant donné que l'hôtel est situé à
un angle de deux avenues , nous finissons par trouver la G110 qui,
quinze bornes plus loin nous mène à la fameuse G6 qui dessert Pékin .
Dès que possible, nous arrêtons sur une aire de détresse, pour vider les
eaux grises et les toilettes, en faisant attention qu'il n'y ait pas de
caméra de vidéo surveillance . En effet, depuis hier ,nous avons
remarqué que nous sommes sans arrêt flashés ou surveillés aux sortie
d'autoroutes , après les péages . Sans tourner parano , nous restons
persuadés que nous sommes observés pour voir si nous ne nous éloignons
pas de notre circuit prévu et enregistré en haut lieux; ce n'est pas
encore la démocratie en Chine ...!
Plus nous approchons de Pékin , plus la circulation se densifie
; deux voies sont occupées par d"énormes semi-remorques à trois essieux,
qui roulent cul à cul . Nous sommes malheureusement témoins d'un
terrible accident, où trois d'entre eux se sont emboutis ; c'est affreux
de voir les cabines déchiquetées avec des membres qui pendent dehors .
Ce triste spectacle nous vaut un bouchon d'une demi-heure du fait du
rétrécissement de la chaussée . Nous traversons une zone montagneuse où
le ravinement a creusé la terre, de couleur rouge à cet endroit ,pour
nous offrir un magnifique damier de vert et d'ocre . C'est vraiment
superbe, ces petits monts couverts d'herbes rases et plissés à souhait
par l'érosion : on se croirait au Machu Pichu en plus bas .
Notre GPS nous fait quitter l'autoroute beaucoup plus tôt que
le prévoyait le road-book , ce qui nous chagrine un peu ; mais quelle
surprise lorsque, après le péage, nous tombons sur le 4x4 d'assistance
et quelques ppistes complétements perdus . Pour finir , devant
l'hécatombe générale , Philippe décide d'attendre tout le monde ici ,et
de finir par la route, en convois . Après trente bornes sur une chaussée
encombrée, déformée à souhait ,avec un gros barrage de police en prime,
nous atteignons Ba-da-ling vers 13h30 . Les parkings débordent de bus et
de voitures, et il est bien difficile pour nous de nous frayer un chemin
dans une telle cohue et encore plus de trouver dix-sept places de
stationnement ! Etant donné notre retard , notre rendez-vous est
repoussé à 15h30 . Après plusieurs tentatives , nous finissons tous par
trouver une place , malgré tout , au prix quelques fois de manoeuvres
hasardeuses .
Après un rapide casse-croute , nous optons pour l'ascension en
téléphérique , histoire de ne pas trop nous fatiguer à grimper le chemin
escarpé qui mène à la Grande Muraille . Philippe profite de cet instant,
pour nous expliquer que celle-ci a été construite par les Mings , 250
ans avant J-C, pour freiner les invasions mongoles ; elle mesure 5
000 km de long et sa construction a nécessité l'intervention de 500 000
hommes pendant 30 ans . Quant au mythe que c'est la seule construction
humaine qui se voit de la lune , chacun en fait ce qu'il veut . Il y a
25 ans lorsque nous étions venus à Ba-da-ling avec le bus d'excursion du
dimanche, pour chinois en mal de tourisme , nous n'aurions jamais pu
imaginer que nous serions montés là-haut , dans une cabine panoramique,
un quart de siècle plus tard ! Bien qu'aujourd'hui malheureusement la
brouillasse gâche beaucoup le spectacle , cela reste époustouflant de
voir courir un tel rempart crénelé à souhait , par monts et par vaux ,
parmi les arbres de la forêt . Et puis toutes ces tours de guet et ces
fortins répartis régulièrement sur son parcours, qui se dressent
orgueilleusement, comme des bougies sur un gâteau , c'est merveilleux .
Même la deuxième fois ,le spectacle reste saisissant , on ne sent lasse
pas de ce monstrueux ruban de maçonnerie jeté en vrac sur le tapis vert
de la nature. L'appareil photo ne refroidit pas , même si le résultat ne
sera pas formidable ,avec cette luminosité détestable . Comme d'habitude
, dès que nous retrouvons la terre ferme , Dominique parcourt les
petites boutiques d'artisanat et bien sûr, flashe sur un service de
baguettes finement décorées que nous obtenons pour 60 yuan après un âpre
marchandage, le prix de départ étant de 250 yuans .
A 17h00 , nous prenons la direction d'un camping Longwan
International ,situé à 25 bornes de là ; d'après Philippe , c'est le
premier et l'un des seuls campings existant en Chine, qui pourtant est
actuellement entrain de promouvoir le phénomène . Il parait d'ailleurs
qu'un club de camping-caristes chinois à solliciter l'autorisation de
nous rencontrer dans quelques jours ! Cela risque d'être sympa .
Aujourd'hui , à l'issue de la réunion , c'est la FFCC et Atypic , qui
versent le champagne pour fêter notre arrivée en Chine .

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