Victime d'une sévère poussée de rhume des foins hier soir ,
j'avais la tête farcie à tel point qu' à 22h00 il n'y avait plus de
bonhomme et je tirais ma révérence . Aussi , après une longue nuit de la
sorte, ce matin je suis sur le pont à 5h15 pour blogger , prendre ma
douche , le petit déjeuner et je trouve même le temps de faire le plein
d'eau avant le départ . Pendant ce temps ,Serge est obligé d'avoir
affaire à Jean-Yves pour une panne de chauffe-eau : pour finir c'est un
court-circuit électrique qui est responsable de la décharge complète
d'une de ses batteries .
A 8h00 nous quittons le parking pour repasser sous la porte
fortifiée des remparts et les suivre sur un bon kilomètres ; nous
arrêtons très vite pour acheter des pêches et des tomates aux paysans
venus vendre le produit de leurs cultures . Ensuite , grâce au GPS
Garmin , nous trouvons facilement la direction de la G5 . Etant déjà sur
la réserve de gasoil , je fais un demi-tour surprise sur une deux fois
trois voies car j'ai vu une station service en face , à la dernière
minute . Marc et Serge , pas trop bien réveillés apparemment , ne
réagissent pas assez vite pour couper la circulation et préfèrent
m'attendre sagement le long du trottoir . Une fois le plein fait et le
G5 devant le parechoc pour quelques centaines de bornes , nous pouvons
enfin souffler un peu et nous détendre en parlant ce cette magnifique
étape à Pingyao . Premièrement , parce que nous avons bénéficié d'un
site de campement exceptionnel , en pleine vieille ville et aux pieds
des remparts par dessus le marché ; il parait que les camping-caristes
chinois ont eu une amende de deux cent yuans et trois points de moins
sur leur permis pour avoir franchi la porte fortifiée , réservée aux
voitures . D'après Philippe ,nous avons eu beaucoup de chance car le
parking où nous étions va bientôt disparaitre . Deuxièmement , pour nous
Pingyao était une première alors que depuis le début de notre périple en
Chine, nous étions en terrain connu . Troisièmement ,nous pensons que
pour se plonger dans la Chine profonde , avec ses ruelles bordées de
petites échoppes et grouillantes de monde , on ne peut pas faire mieux
qu'ici ! Et tout ces toits de tuiles rondes en forme de pagode , et
toutes ces grosses lanternes de papier de couleur rouge qui balancent au
moindre courant d'air , c'est merveilleux . Quatrièmement , la cerise
sur le gâteau , Dominique et Marie-Do ont trouvé leur fameux papier , ce
qui en plus nous a valu un super contact avec des autochtones et la
possibilité de voir un intérieur chinois .
Rapidement nous retrouvons la montagne couverte d'une
végétation très dense et très verte ; l'érosion a travaillé le sol en
creusant ici de petits canyon d'argile ocre , laissant là derrière elle
des bouquets de cheminées de fée .C'est vraiment très joli cette
alternance de vert et d'ocre dans la chaude lumière du matin . Par
endroit la main de l'homme a laissé sa trace aussi, en installant des
successions de terrasses parfois plantées d'arbres lorsqu'elles sont
trop étroites parfois couvertes de hauts maïs lorsqu'elles sont plus
larges . L'effet rendu est superbe avec des rayures de différentes
nuances de vert qui escaladent la montage , la transformant en d'énormes
gradins . La G5 serpente à souhait parmi les monts, pénétrant parfois au
plus profond leurs entrailles par de larges tunnels ou enjambant
d'immenses vallées sur des viaducs audacieux . Nous empruntons une
successions de travaux d'art à couper le souffle . Il parait que
Philippe est tombé une fois dans ce secteur sur un groupe de singes en
s'arrêtant pour contempler le paysage .
Malheureusement , à l'approche de Linfen , nous récupérons un
écran de brouillasse digne de Pékin , derrière lequel tout ce beau petit
monde disparait ; il parait que c'est la ville la plus polluée de la
planète : triste record ! Encore un truc qui ne va pas arranger l'état
de mes muqueuses respiratoires . Nous longeons puis traversons le Fleuve
Jaune à Shangyuan . La chaleur commence à être accablante avec le
thermomètre qui atteint 38 degrés . Comme je vois que Marc a un petit
moment de faiblesse en trainant la patte derrière , je propose un arrêt
casse-croute au talky walky qui aussitôt obtient l'assentiment général
.Nous sommes obligés de sortir un peu de l'autoroute pour trouver notre
bonheur prés d'une sorte de jardin public décoré de kiosques en forme de
pagodes . Nous dressons la table à l'ombre d'une haie de petits
acacias... ombre bien légère sous un soleil de plomb qui fait monter le
thermomètre à 39,5 degrés .
Cette après midi , alors que nous reprenons notre descente
vers le sud sur la G5 , nous recevons une succession de message sur
notre téléphone chinois envoyés par Philippe : d'abord pour dire que la
G207 est coupée par des travaux qu'il faut contourner par le nord . Cinq
minutes plus tard un autre nous apprend qu'il ne faut pas prendre ce
chemin car il y a un pont à 2,8 mètres de hauteur . Un troisième nous
conseille de ne pas suivre le GPS chinois , mais de suivre le road-book
! Devant les élucubrations successives de Philipe , nous décidons
d'arrêter sur la bande d'urgence pour en discuter, carte routière en
main . Nous finissons par trancher en décidant d'emprunter la S 85 et de
prendre Dengfeng à revers par le sud . Notre décision se révèle
excellente puisque nous atteignons Shaolinsi vers 16h30, juste après un
seul demi-tour pour trouver l'hôtel Chanwu que nous avions un peu
dépasser dans un premier temps . Ce soir nous avons 14 000 km au
compteur depuis notre départ de Liévin .
Bien qu'accablés par la chaleur, nous décidons d'aller faire
quelques courses de bouche à pieds , la ville étant toute proche . En
route , que nous regardons dans n'importe quelle direction, nous voyons
et surtout nous entendons des écoles d'arts martiaux : dans leur cour
respective , des garçons et des filles , alignés au cordeau effectuent
des figures de self-défense , les plus doués faisant les mêmes du haut
de leur podium , en hurlant à gorge déployée des successions de" yo, yo
, yo ...yo,yo,yo ...!" Il parait que Shaolinsi est le berceau des arts
martiaux créé en 497 après JC par des moines bouddhistes . Après avoir
exploré plusieurs supermarchés, nous revenons avec quelques paquets de
petits pains au lait , des biscottes et de l'eau . Plus persévérantes
Monique et Marie-Do continuent leurs investigations à la recherche de
viande pendant que nous rentrons bien chargés ,après avoir dégommé une
glace .
Après la réunion et l'apéro organisé par Serge et Marie-Do ,
nous sommes conviés à une démonstration d'arts martiaux dans un théâtre,
à proximité du parking de notre hôtel : et oui les jours se suivent mais
ne se ressemblent pas , aujourd'hui le campement c'est tare-mac et
compagnie , sous le soleil de plomb, c'est royal ! Le seul avantage
c'est que nous pouvons manger dehors sans soucis de lumière . J'ai beau
avoir mis deux heures de clim , il fait 35 degrés dans la chambre quand
nous nous couchons ; le plus mal loti est encore Serge avec son fourgon,
moins bien isolé et de beaucoup plus faible volume . J'ai presque honte
en le quittant, de lui souhaiter bonne nuit !















Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire