vendredi 1 juillet 2016

ppi étape 25 Novossibirsk-Tomsk 280 km

"Demain , on traverse Novossibirsk ,capitale actuelle de la
Sibérie , alors , patience...patience...patience...C'est l'heure du
bureau , beaucoup de monde ... Seulement quatre ponts sur l'Ob ... Tout
le monde passe par là ... alors , patience ...patience ...patience !
Attention , trois,, quatre files , des fois plus , chauffeurs sibériens
changent sans arrêt , toujours avoir oeil à droite , à gauche ... Faire
très attention ! Ensuite , monte nord , routes mauvaises ,beaucoup
camions , beaucoup travaux : en Sibérie hivers long , été court , alors
beaucoup travaux été ....beaucoup ,beaucoup! l faut encore avancer
montre une heure aujourd'hui!" Cela fait cinq heures de décalage avec la
France , bonjour la fatigue , surtout pour moi qui me lève à 5h00 pour
taper le blog !!
Retardé par la nécessité de vérifier mon niveau d'huile à la
demande de Jean-Yves , je ralentis le démarrage que nous voulions
précoce ,de notre petit groupe , mon bidon du précieux liquide étant
enfoui au fin fond de notre soute. Il faut dire aussi que je profite
de mon déballage complet des lieux pour sortir des réserves alimentaires
, des médicaments et une bouteille d'apéro , cachés sous le double fond
. Ce 'est pas le tout , de tout sortir , maintenant il faut que chaque
chose retrouve sa place ... Un vrai casse-tête ! Malgré cela , nous
décollons vers 8h00 armés de nos GPS .C'est Serge qui ouvre la marche ,
bien que son guidage satellite mette un bon quart d'heure pour se cadrer
enfin . En attendant nous le guidons à coup de talky walky . Comme hier
, mais à l'envers, nous remontons Sovietskoï sur 11 km avant de gagner
le noeud du problème . A la volée nous tentons quelques clichés
,profitant des nombreux ralentissements , quand ce ne sont pas des
immobilisations prolongées carrément :" patience
...patience...patience.." a dit Aldar , hier soir ! Ici c'est une
mosquée avec ses frêles minarets , qui attire notre attention , là ce
sont les bulbes et les dômes dorés d'une église orthodoxes qui méritent
notre curiosité , plus loin de sinistres bâtiments staliniens en béton
grisonnant à souhait ,rappellent que l'air soviétique n'est pas encore
si éloignée que çà , les grands ponts sur l'Ob qui ont dû être un
véritable casse-tête pour les ingénieurs de la fin du XIX ème siècle
pour faire traverser le Transsibérien d'Alexandre III ,un caprice de
monarque qui en valait la peine !
Quarante kilomètres , une heure quarante cinq de gym-cana
stressant à souhait , pour venir à bout de la capitale sibérienne , ce
n'est pas une mince affaire en début de journée . Aussi la route , bien
que très mauvaise , nous parait facile après cet enfer urbain . Je ne
sais pas si c'est une coïncidence ou pas , mais notre remontée vers le
nord s'accompagne d'une réapparition de la forêt de bouleaux de part et
d'autre de la route .Plus de steppe herbeuse qui s'étale à l'infini ,
notre horizon retrouve des limites à l'échelle humaine . On retrouve
quelques traversées de village et même quelques petits commerçants
équipés de samovars . Les cultures aussi sont plus belles et mieux
soignées que dans le reste de la Sibérie .
Grâce à nos efforts respectifs de conduite et aussi au bon
vouloir de nos GPS , coopérant aujourd'hui , nous arrivons vers 13h00 à
Tomsk dont la traversée se révèle beaucoup plus commode que celle de
Novossibirk . On s'installe une fois de plus sur l'étroit parking d'un
hôtel où il faut se tasser les uns contre les autres pour que les dix
sept camping-cars trouvent une place . Un repas rapide et nous
enchainons avec une visite guidée de la ville en bus .
Mickael , notre coach d'une après midi , nous apprend que la ville avait
été fondé en 1600 par Ivan Godounov à la demande des autochtones pour
les défendre des brigands . C'est ici que fut installée la première
université au delà de l'Oural . Elle a gardé ce prestige intellectuel
jusqu'à nos jours car elle fait parti du top 10 des meilleurs
établissements universitaires de Russie . La visite de la ville comporte
une fois de plus son cortège d'églises orthodoxes et de couvents sur
lesquels je n'insisterais pas car nous commençons tous à saturer et
notre guide semble bien désabusé ! Par contre , c'est ici que nous
voyons les plus belles maisons en bois décorées de magnifiques
sculptures , le plus souvent laissée à l'abandon , avec de vieilles
carcasses de voitures toutes rouillées , abandonnées dans la cour !
Aldar me montre une pompe à eau installée au bord de la rue , qu'on
laissait couler l'hiver pour ne pas qu'elle soit bloquée par le gel :
les isbas , même très riches , n'étaient pas équipées d'eau courante ;
pourtant âgé seulement de quarante deux ans , il a vécu sa petite
enfance dans ces conditions et garde de très mauvais souvenirs des
corvées d'eau qui lui incomber en temps que gamin de la maison . Nous
visitons également l'université la plus ancienne de la ville ,
construite dans un joli parc fleuri , où nous assistons à la remise des
diplômes de fin d'étude : çà ressemble d'avantage à un défilé de mode
qu'à une soutenance de thèse , avec une myriade de supers nanas en robe
de soirée et chaussures à talons démesurés . Nous en avons tous le
souffle coupé!
De retour au camping-car nous attaquons notre seconde
dégustation de caviar , cette fois organisée par Monique ; je me
contente de livrer la vodka congelée qui l'accompagne . Une superbe
russe , vient alors nous interrompre pour nous inviter à manger à
condition de pouvoir visiter nos camions . Une fois sa curiosité
satisfaite , accompagnée d'une séance photo incontournable , elle nous
emmène dans le jardin de l'hôtel pour faire connaissance avec son groupe
d'amis ; ils sont tous alpinistes et pratiquent également le rafting
couramment . Près du feu de camp et du barbecue , ils ont installé un
grand écran pour nous montrer leurs exploits , tous çà bien sûr , un
verre de vodka à la main . De notre côté nous leurs versons du pastis
pur à chaque fois qu'il faut trinquer : "good french vodka with anis ,
an other one , please !" Il n'y a pas que nous qui allons avoir mal au
cheveux , demain matin . Une chose curieuse dans leurs films c'est qu'à
chaque fois qu'ils parviennent à un sommet , même à 4 000 mètres , les
filles s'habillent en robe de soirée qu'elles transportent dans leur sac
pendant l'ascension ! Marc leur montre ses talents de chanteur
qu'aussitôt un guitariste russe accompagne spontanément . Pour éponger
les petits godets de vodka qui se succèdent ils nous servent des
morceaux de volaille grillés . Un soirée aussi extraordinaire
qu'inattendue où nous goûtons la légendaire hospitalité russe à pleines
dents . C'est avec beaucoup de regrets que nous tirons notre révérence
vers 23h30 car demain une dure étape de 600 km nous attend !

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