On dort très bien dans une yourte en tout cas , même si nos
colocataires , Josiane et Michel , ont allumés le poêle à bois hier
soir, avant de nous coucher . Dès que la flambée a baissé , il a même
fallu se glisser sous la couette , le thermomètre n'affichant que 11
degrés ce matin . Levés à 5h30 comme d'habitude , nous admirons le lever
de soleil sur la steppe où planent une brume matinale ; la lumière
chaude de l'aube met aussitôt en valeur les dégradés d'ocre des rochers
et des pics environnants . C'est avec les pieds de plomb que je descends
jusqu'au camping-car pour taper le blog pendant que Dominique essaie les
douches de l'hôtel .
Ce matin nous sommes conviés à un buffet pour le petit déjeuner
: Dominique , qui adore les oeufs et la charcuterie , ne se prive pas et
s'octroie même un second passage . Dès que tout le monde est prêt , nous
grimpons à bord du fourgon de Serge et Marie-Do pour aller à Tarej ,
petite commune située à une dizaine de kilomètres dans la réserve .
Comme il fait grand beau ,nous apprécions doublement l'immensité verte
de la steppe , les énormes rochers ocres semblant posés sur l'herbe rase
, les éperons de pierres qui garnissent le sommet des montagnes voisines
. Nous traversons le village sur une piste particulièrement défoncée
pour atteindre les berges de la rivière . Après le passage à gaie d'un
groupe de cavaliers , nous nous avançons sur lune large plage de galets
jusqu'à l'eau pour assister au bain d'un troupeau de yaks venus de la
rive d'en face . Une mère et ses deux petits enfants de trois ou quatre
ans s'installe à côté de nous pour les ablutions matinales . Plus en
aval, un couple lave des végétaux dans la rivière : en approchant, je
crois reconnaitre des branches de rhubarbe mais modèles réduits . Je ne
peux être formel qu'après avoir demandé pour goûter : le vieillard
m'explique alors que c'est pour faire une boisson , si j'ai bien compris
à visée médicinale , pour le ventre d'après ses gestes . En revenant au
véhicule nous tombons sur un groupe de poulains qui s'amusent comme des
petits fous . Nous revenons maintenant sur nos pas jusqu'au pied d'un
énorme rocher qui barre une petite vallée transversale : comme nous
l'avez expliqué hier , Onur , notre guide , il a effectivement la forme
d'une tortue géante . Il faut ensuite prendre une petite piste à droite
,très défoncée ,pour aller jusqu'au pied d'un monastère bouddhiste
construit à flan de montagne . On abandonne ensuite le fourgon à l'ombre
d'un bouquet de jeunes pins pour grimper un sentier qui mène jusqu'à un
immense escalier de plus de 120 marches . Il faut faire plusieurs poses
photos pour retrouver son souffle avant d'atteindre le porche d'un joli
petit temple ; richement décorés de fresques très colorées ,qui couvrent
la moindre des boiseries de la sous-toiture , il offre un panorama
époustouflant sur la vallée et la chaîne des monts environnants . Une
fois redescendus en bas des marches , nous préférons rentrer par un
autre chemin à droite beaucoup moins raide que celui que nous avons
emprunté à l'aller ; le seul inconvénient est qu'il faut traverser un
ravin sur un pont suspendu aux planches disjointes , ce qui n'est pas
trop du goût de Dominique ! Un peu plus bas ,un jeune taureau se met en
pétard car, malgré ses beuglements intempestifs , son troupeau de vaches
ne le suis pas : très en colère , il finit par revenir sur ses pas pour
mettre un peu d'ordre chez ses femelles particulièrement indisciplinées
! Des chiens de prairie nous amusent également, en jouant à cache-cache
derrière les rochers , pour se redresser sur leurs pattes arrières dès
qu'ils se sentent en sécurité . Une rafale de photos se révèlent
nécessaire pour parvenir à les cadrer correctement tant ils sont agiles
, les bougres !
Un petit coup de rosé frais pour nous remettre de la grimpette
et nous regagnons le camps de base pour casser la croûte en plein air ,
royalement perchés sur un petit promontoire dominant la steppe . Un
journaliste de D8, qui suit notre épopée depuis 4 ou 5 jours ,nous
demande l'autorisation de survoler notre pique-nique avec son drone ,
pour nous filmer ; il avait déjà fait une prise de vue dans notre yourte
hier soir avec Josiane et Michel, mais sans nous ,car nous étions
retenus au camping-car pour regarder les photos du jour en écoutant le
CD acheté aux musiciens , un peu avant .
Cette après midi nous repartons dans le fourgon de Serge et
Marie-Do pour prendre cette fois la direction inverse sur une
quarantaine de bornes . Nous allons voir une énorme statue d'une
cinquantaine de mètres de haut dédié à Gengis Khan, juché sur son
cheval, étincelant au soleil . C'est pour le moi ahurissant ce monstre
de métal ,dressé au beau milieu des steppes . Pour dire la grandeur de
la construction , on voit par moment des têtes de visiteurs dépasser
d'un des bras du grand guerrier . Comme l'ascension n'apporte rien quant
à la découverte du paysage environnant , nous nous contentons d'en faire
le tour et nous terminons la visite en allant voir de plus prés un
groupe de cavaliers mongols en bronze qui gardent l'entrée du site .
Ce soir nous décidons de profiter de la proximité de l'hôtel
pour manger au restaurant : après l'excellent mouton grillé d'hier ,
nous voulons essayer leur façon d'accommoder le boeuf : la sauce , un
peu aigre-douce, n'est pas mauvaise mais nous sommes déçu par la viande
qui est hachée . Le vin rouge que nous commandons est chilien ou
australien , c'est un peu dommage pour des papilles de gaulois ! Ensuite
nous décidons , à la demande de Gérard Couté , de rendre visite à l'un
des ppistes , qui déprime au point de ne plus vouloir sortir de son
camping-car . Il a été victime de problèmes mécaniques, résolus
maintenant, mais il est encore ennuyé par une fuite au réservoir d'eau
qu'il est impossible de réparer ; il ne bénéficie donc que d'une
trentaine de litres ce qui n'est vraiment pas beaucoup pour deux
personnes ; mais Dominique, comme Marc et Serge, et d'autres
certainement, lui ont déjà proposé de lui prêter notre jerrican d'eau de
secours en aide, qu'il a refusé jusque là . Malheureusement il est 22h00
et son épouse nous dit qu'il est déjà couché et qu'il vaut mieux
discuter de tout ça demain . En rentrant de notre tentative de sauvetage
, nous repassons chez Gérard qui vient de tordre la cheville dans un
trou du campement : résultat , petite consultation de trauma , glaçage
de cheville et petit coup de prune servi sur le pouce par Serge ! Ce
n'est pas encore ce soir que je vais pouvoir transférer mes photos avec
tout ça ..!













Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire