Ce matin à 6h30 ,nous faisons l'ouverture du buffet de petits
déjeuners servi au second étage, suivi de peu par Mari-Do et Serge ;
Marc et Monique nous rejoignent un peu plus tard . Comme nous avons du
pain sur la planche , la sortie de Pékin et une longue étape de 650
bornes , nous sommes décidés à ne pas trainer dans le secteur ! Le temps
de remonter à la chambre pour se laver les dents et de descendre les
sacs au camping-car, il est déjà 7h30 avec l'inertie de groupe , même
restreint !
Comme nous devons partir de l'hôtel par la gauche ,vers
l'ouest, et que nous sommes sur une avenue de deux fois trois voies
,notre premier souci est de trouver un passage pour faire demi-tour . Je
me rend compte en quittant la contre-allée qu'il aurait été plus facile
de trouver notre bonheur sur celle-ci . Quelques kilomètres plus loin ,
je ressors donc pour trouver un passage qui, pour finir ,nous ramène sur
le quatrième périphérique mais direction Est . D'un commun accord nous
décidons d'accepter notre sort, c'est à dire de faire deux tiers du tour
de Pékin par l'Est plutôt qu'un tiers par l'Ouest : une petite erreur
qui se solde par vingt bornes de plus, quand même ! Mais comme
aujourd'hui , nous sommes dimanche , la circulation est beaucoup plus
fluide , résultat ça nous pénalise d'une demi-heure de retard tout au
plus .
Comme prévu , nous tombons sur la G4 au bout de quarante
kilomètres , que nous nous dépêchons d'emprunter ,pressés que nous
sommes de quitter cet enfer urbain . Le mérite de notre petit détour est
de nous faire visiter une dernière fois la capitale de l'Empire du
Milieu et de pouvoir admirer ses magnifiques buildings de verre et
d'acier, aux formes très futuristes . Cà n'a plus rien à voir avec le
Beijin que nous avons connu, il y a 25 ans avec ses bâtiments en béton
grisâtre tout carrés , très communistes et couverts d'une épaisse couche
de poussière blanche venant du désert de Gobi . Nous n'aurions pas pu
imaginé à l'époque ,voir toutes ces voitures , tous ces magasins ouverts
jour et nuit , 7 jours sur 7 ; il fallait se dépêcher d'arriver au
restaurant à 18h00 , car à 19h00 tout était fermé , c'était nuit noir .
Et puis tout ces gens habillés en "bleus de chauffe" avec un petit col
mao , assis sagement au feu rouge sur leur vélo, sur 20 mètres de
front, de chaque côté des larges avenues désertes. C'est prodigieux
la rapidité avec laquelle cette métamorphose s'est opérée . Comme nous
avons pu le lire avant notre départ , le grand boum économique de la
Chine, enfin libéré des dogmes communistes ,profite pour l'instant à
cinquante pour cent de la population , peut-être soixante mais pas
d'avantage . Il y a les "laissés pour comptes" que nous avons vu dans
les petites communes et les villages qui sont restés au même stade que
les Chinois de nos voyages de jeunesse . Le "doux Deng"a quand même fait
du bon bouleau même s'il a encore le sang de Tian 'an men sur les mains
. Même les crachats qui écoeuraient tant les étrangers n'existent
quasiment plus , par contre , le nuage de pollution existe toujours lui
,et il s'est même aggravé , je pense . Pourtant d'après Sophie , notre
guide, des mesures ont été prises comme le fait de rouler à tour de rôle
: les numéros pairs le lundi , les impairs le mardi et ainsi de suite .
Résultat les gens achètent deux voitures pour pouvoir rouler tous les
jours . Pour le permis c'est pareil : il faut attendre 5 ans entre
l'inscription et le droit de le passer, à Pékin .Résultat , les gens le
passent dans une autre ville mais du coup, ils ne peuvent conduire que
jusqu'au cinquième périphérique, et pas au delà : ils ne peuvent pas
venir en plein centre . Tout est compliqué en Chine !
Au fur et à mesure que nous nous éloignons du centre , la
concentration d'usines, fumantes à souhait ,augmente et par la même
occasion la grisaille environnante aussi . C'est vraiment affreux et
suffoquant à la fois d'autant que le thermomètre est passé de 29 degrés
ce matin à 39,5 vers midi ! Pendant les trois cent premiers kilomètres
nous traversons une plaine spécialisée dans la culture du maïs ; on voit
aussi pas mal de pépinières dont les jeunes arbres sont couchés par le
vent . Puis tout à coup, à travers la brouillasse toujours omniprésente
, nous devinons la silhouette de petites montagnes très abruptes, qui
jaillissent de la plaine comme des pains de sucres . On dirait des
ombres chinoises, avec la lumière du soleil à contre .
Nous quittons la G4 pour prendre la G20 à droite sur une bonne
vingtaine de bornes puis la G5, lorsque tombons sur un barrage en béton
: en allant voir de plus prés , je constate que l'autoroute est
seulement en construction . Nous décidons de continuer par la route qui
s'offre à nous sur la ,en espérant que nos deux GPS seront à la hauteur
: une demi-heure plus tard nous décidons de faire demi-tour à l'entrée
d'une piste poussiéreuse à souhait et pleine de camions . Nous
rebroussons chemin pour récupérer la G20 que nous prenons vers le sud .
Aussitôt celle-ci se met à attaquer sévèrement la montagne , provoquant
de ce fait une file continue de camions sur la droite . Nous traversons
alors une large rivière , transformée en un véritable torrent de boue
qui charrie des énormes troncs d'arbres et même deux semi-remorques
complétement pliés . C'est certainement la conséquence des orages d'hier
soir . Nous franchissons un premier col où nous doublons une série de
poids lourds transportant jusqu'à 25 voitures chacun , 9 en bas et deux
rangées de 8 en haut . Nous ne résistons pas au plaisir de photographier
de tels monstres qui peinent tout ce qu'ils peuvent dans la pente . Dans
le second col, nous finissons par être immobilisés par un énorme bouchon
: pour ne pas perdre de temps , nous décidons de casser la croute , ce
qui crée rapidement des envies chez nos voisins routiers .Un message de
Phiippe nous apprend que le bouchon , suite à des glissements de
terrains, atteint maintenant 30 kilomètres . Et dire que je plaignais
ceux d'en face , bloqués suite à deux accidents successifs avec des
camions complétement tordus au milieu de la chaussée .
A peine avons-nous fini le café que la situation se débloque
tout doucement . Comme d'habitude Dominique prend le poste d'après midi
. Bien que la route reste montagneuse et tortueuse à souhait , je mets
le blog à jour aux prix de quelques acrobaties . Il faut être à 500
kilomètres de Pékin pour qu'enfin le voile laiteux de la pollution nous
quitte pour laisser place à un beau soleil d'après midi . Nous
retrouvons en même temps la plaine travaillée par l'érosion : sous
l'effet du ravinement , de mini canyons de terre ocre se sont creusés un
peu partout dans le vert tendre de la nature . C'est vraiment très joli
avec la chaude lumière qui règne maintenant .
Nous atteignons enfin Pingyao vers ,après 10 heures de volant
dans une chaleur étouffante: une étape redoutable ! Heureusement que le
jeu en vaut la chandelle : après avoir traversé des quartiers populaires
, grouillant de monde , où beaucoup de paysans sont venus vendre le
fruit de leurs cultures sur les trottoirs et même dans les rues déjà
étroites , nous tombons nez à nez avec les remparts crénelés de la
vieille ville : c'est un spectacle fabuleux avec le soleil couchant qui
en rosit les murailles : nous finissons par pénétrer dans la ville
fortifiée en empruntons l'une de ces six portes garnies de tours de
défense . Nous héritons cette fois d'un super campement installé juste
aux pieds des remparts et entouré de pagodes aux toits retroussés , d'où
pendent de grosses lanternes de papiers rouges . C'est dans ce cadre
idyllique que nous décidons de terminer la journée par un barbecue avec
Claire et Roger pendant que le reste des ppistes investit les petits
restos du coin . Cela nous permet aussi de faire connaissance avec des
camping-caristes chinois venus à notre rencontre ici , à Pingyao en leur
faisant goûter du champagne et de l'eau de vie de prune . De leur côté ,
ils nous servent des carottes râpées et des concombres alors que nous
sommes déjà au café-chocolat ; je ne vous explique pas le mélange !
















C'est vrai que les photos semblent plutôt sorti du quartier de La Défense plutôt que de l'image du Pékin des années 80 !
RépondreSupprimerPurée ils St énorme les camions de voitures : Ô vaud mieux pas s en prendre un!!!
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