Un très violent orage nous a réveillé vers 1h00 du matin :
Comme nous avions laissé les trois hublots de toit ouverts ainsi que
toutes les fenêtres pour obtenir un courant d'air , ça n'était pas
triste à bord : ils pleuvait à torrent dans les toilettes et le vent ,
avec ses furieuses rafales avait bousculé nos fragiles moustiquaires .
Debout en un clin d'oeil , je me suis précipité pour nous calfeutrer de
façon étanche au plus vite . Pas besoin d'allumer la lumière , le ciel
était clair comme en plein jour, avec les éclairs qui se succédaient à
un rythme infernal . Trempé de la tête au pied , il a fallu que je
m'essuie avant de regagner ma couette . Encore une nuit de sommeil pas
très réparateur étant donné que le vent , toujours aussi violent nous a
accompagné jusqu'à l'aube . Résultat des courses , ce matin ce n'est pas
la grande forme d'autant qu'il faut se lever tôt pour partir à 6h00 .
Pour une fois ce sont nous qui retardons le départ de notre
petite colonne de trois ; nous prenons la direction de la capitale ,
Oulan Bator , par l'unique route du pays . Après une zone de macadam
relativement correcte d'une vingtaines de kilomètres , nous voilà
confrontés à la tôle ondulée , mais cette fois , mongolienne , c'est à
dire qu'ici les ondulations sont plus fortes , les ornières plus
profondes et surtout la route beaucoup plus étroite . Notre moyenne
chute aussitôt ; heureusement que nous n'avons que deux cent cinquante
bornes à dégommer . Chose nouvelle aussi , nous sommes contraints
d'arrêter plusieurs fois pour payer des droits de passage , bien
modestes pour nous : de l'ordre de 2 à 3000 t soit autour d'un euro !
Comme hier ,de part et d'autre de la longue ligne droite du
ruban d'asphalte , c'est l'immensité de la steppe que limitent de
petites montagnes dépourvues de toute végétation hormis l'herbe rase
omniprésente . Aujourd'hui les sommets sont dans la brume et le ciel
encore menaçant , charrie de gros nuages tourmentés . Par endroit la
brouillasse descend jusqu'à nous , nous obligeant à allumer les feux de
brouillard . Mais quel spectacle, aussi bien à droite qu'à gauche , nous
ne savons plus où donner de la tête : ici c'est un petit hameaux de
yourtes fumantes par l'étroite buse qui sort du toit , là c'est un grand
troupeau de chevaux sauvages qui courent dans l'immensité après je ne
sais quoi , un peu plus loin un groupe de cavaliers tente de faire
rentrer une centaine de vaches dans un enclos de bois , style ranch . On
a décoré certains chevaux de parures, peut-être en vue de la fête
nationale du Naddam ...! En tout cas, la circulation est déjà très dense
pour une région aussi déserte , on sent qu'il s'y prépare quelque chose .
Après avoir franchi quelques petits cols , nous plongeons dans
un énorme nuage de pollution sous lequel se cache Oulan Bator : partout
de grosses usines , de hautes cheminées et de gigantesques
refroidisseurs crachent leur venin . Autour de nous, ce ne sont que
carcasses de bâtiments désaffectés ou en voie de construction , c'est
hideux ! Heureusement que sur les collines environnantes on aperçoit des
regroupements de yourtes parmi les baraques en planches souvent peintes
de couleurs vives , chacune s'abritant derrière un petit enclos de bois
. On nous avez prévenu qu'il fallait compter deux heures pour pénétrer
la capitale , mais je commence à comprendre . A 10 km du but indiqué par
le GPS ,c'est l'horreur : sur une avenue à trois voies de chaque côté ,
les Mongols se mettent sur cinq files : bonjour les petits
frotti-frottas !En plus , on dirait que le sport national est le
changement de direction toutes les dix secondes : il y en a même qui se
retrouvent perpendiculaires au sens de la marche général . Une chose
cependant qui est agréable dans ce chaos général , c'est qu'ils ont tous
le sourire et que si on se trouve bloqué , on peut toujours sortir le
bras par la fenêtre de la portière pour demander de l'aide . Et vraiment
quand la situation tourne au vinaigre , il reste le klaxon, très prisé
dans le pays . Avec mes deux trompes à 150 décibels et notre carrure ,
nous parvenons malgré tout à nous faire respecter et nous atteignons
l'hôtel Miami après seulement une heure quarante de bataille rangée !
Mais ensuite , c'est une véritable épreuve de plateau, exigé au permis
poids lourds , pour parvenir de justesse à nous glisser entre une
quantité effroyable de voitures stationnées de façon j'allais dire
anarchique , je crois que l'adjectif mongole convient mieux ,pour
atteindre enfin la grille de l'hôtel : quelle surprise lorsque nous nous
installons dans la cours inondée depuis l'orage de cette nuit sous 10
centimètres d'eau ! Il parait , d'après notre guide Omur qu'ils ont
installé des pompes et qu'en principe demain nous serons au sec .
Vu les circonstances , nous prenons notre repas chacun dans son
îlot respectif . Puis nous retrouvons le reste du groupe de ppistes
pour partir en bus visiter la Fondation Christina Noble où nous devons
remettre nos colis de vêtements et de fournitures scolaires . Nous
apprenons à bord que Bernard , avec son embrayage en rideau , est encore
sur la route , remorqué par le camping-car de Jean-Yves . Après vingt
bornes de trajet qui se terminent dans des petites ruelles de terre
battue nous pénétrons avec le bus pour des raisons de sécurité dans un
vaste enclos de bois . Un dénommé Tom , le big boss , nous explique
qu'ils ont recueilli 47 enfants ici , qu'il existe 10 établissements
comme celui-là en Mongolie et 25 au Vietnam . Puis nous visitons
différentes yourtes consacrées aux chambres , au réfectoire,à la
cuisine ,aux salles de classe et puis nous traversonsle potagers . Nous
assistons , toujours dans une autre yourte, à un petit récital de
musique , de chansons et de danses avant de déposer nos colis . Une des
petites pensionnaires , intriguée par mes chaussettes de contention ,
vient toucher mes jambes , en rigolant , persuadée qu'elles sont
artificielles ;se rendant compte de son erreur , elle montre qu'elle
aussi porte des chaussettes hautes !
Après quelques touchantes étreintes , nous prenons congé de
nos protégés pour aller assister sur la place principale d'Oulan Bator ,
la place Gengis Khan , à un concourt de costumes folkloriques . C'est
amusant de voir se promener les représentants de différents clans dans
la foule sur l'immense esplanade . A l'intérieur d'un véritable théâtre
de plein air ,des groupes professionnels ceux-là, effectuent des danses
folkloriques au son de musiques mongoles . Mais d'un commun accord nous
préférons ballocher sur la place parmi la foule et voir d'authentiques
mongols se promener . Nous nous faisons interpeller par un gars en civil
qui nous demande les passeports . Etant donné qu'il ne porte pas
d'uniforme , je l'envoie promener . Quelques minutes plus tard , il
revient à la charge avec une soit disant interprète qui parle
parfaitement français ; nous lui expliquons que nous sommes en groupe et
que nos papiers sont à l'hôtel , puis nous les laissons là tous les deux
. Mais ils ne lâchent pas l'affaire pour autant et attendent notre guide
: il parait que j'aurais soit disant bousculé quelqu'un qui prenait une
photo ! Une histoire rocambolesque , certainement inventée de toute
pièce pour excuser sa conduite stupide de flic .
Nous terminons la soirée dans un restaurant du coin, recommandé
par notre guide Omur, pour sa viande cuite aux sabres : en fait nous
héritons d'un wok de qualité médiocre après un petit numéro de cirque
avec de grands couteaux ! Le plus déçu d'entre nous c'est quand même
Serge qui comptait bien manger une bonne pièce de boeuf , lui qui est au
régime crudités depuis le début du périple . Résultat , nous compensons
cette déception culinaire générale par une petite vodka frappée à bord
du camping-car .









C est drôle tu viens de casser un mythe j ai toujours eu ds ma tête le nom de la ville soûlant bâton pour quoi aucune idée! Maintenant je sais que c est pas beau :-)
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