C'est avec beaucoup d'amertume qu'hier soir nous avons fait nos
adieux à la Sibérie et surtout à Aldar , celui qui a su si bien nous la
vendre depuis 3 semaines . Nous ne tarissons pas d'éloges car il a su
nous guider avec beaucoup d'humour et de bonne humeur ; il a répondu
présent lors de chaque problème mécanique qu'il a résolu avec une
efficacité remarquable . Aussi nous écoutons religieusement son dernier
briefing :" demain , passage frontière russo-mongolienne , très , très
long , donc patience ...patience ...patience...! Deux ans avant ,
arrivés à 9 h00 , sortis à 18h00 ... Surtout pas photo , même avec
appareil caché derrière sac ou autre ...Pas phooootooo...! Douanier pas
si bête , voit tout ... Si photo , prend appareil , vide mémoire et
après fouille camping-car ...ça peut durer 4 heures donc surtout pas
phoootooo ...On part tôt , à 7h00 pour être premier à la frontière ...On
part en convois jusque là ! Un convois , c'est surveiller celui derrière
dans rétro , et pas seulement coller celui devant . Une fois là-bas ,
par contre on colle celui devant , pas plus 30 cm , surtout ! Si non
aussitôt trois voitures mongoles précipitent entre camping-cars ...Il
faut coller ! Moi , peut pas passer , mais t'attends à la barrière ! Si
léve le bras comme-ça , tu fonces ...Pas adieux Aldar , la bise , les
pleurs , toutes sortes conneries ...Si lève le bras , tu fonces , c'est
tout! Et bonne chance en Mongolie !"
Comme convenu , ce matin à sept heures pétantes , le convoi de
dix sept camping-cars quitte le bivouac pour serpenter d'abord dans la
plaine comme une immense chenille . Nous passons ensuite deux ou trois
petits cols parmi les pins : on se croirait sur les pentes du Ventoux et
dès que nous redescendons nous retrouvons notre trajectoire rectiligne à
travers l'immensité herbeuse de la steppe . Après avoir quitté une zone
relativement humide avec de petits lacs , nous voilà en pleine
sécheresse avec des buissons desséchés , une herbe qui se fait rare et
beaucoup de sable et de poussière , surtout lorsqu'un camion s'amuse à
prendre un chemin de traverse !
A 9h00 nous atteignons le poste frontière après s'être arrêtés
à un barrage de police 10 bornes avant . Aldar nous livre son dernier
numéro de chef d'orchestre en organisant notre passage de la fameuse
barrière par paquet de trois . Puis nous errons de bureaux en bureaux
pour présenter ici les passeport ,là la carte grise rebaptisé pour la
circonstance "passeport machine" plus loin les permis internationaux ;
on remplit des formulaires sans comprendre , puis d'autres papiers ...à
chaque bureau il faut attendre , attendre ,... Unef ois le supplice
terminé pour les Russes , on recommence chez les Mongols . C'est aussi
long mais ici au moins on bénéficie de beaux sourires , çà permet de
mieux supporter ce véritable parcours du combattant ! On termine par le
change d'euros en tugorit (1 euros pour 2200 tugorit , résultat on se
retrouve avec une pile de billets couvert de zéro : pour un peu on se
sentirait riche sauf qu'au bureau suivant on nous réclame déjà 70 000 t
pour la carte verte mongolienne ! C'est devant le dernier bureau que
nous rencontrons pour la première fois notre guide locale : quel bonheur
d'entendre enfin quelqu'un s'exprimer en français . Et puis ça y est ,
la récompense est là , la barrière s'ouvre et le bidasse qui la garde
m'offre un salut militaire des plus rigide !Il est déjà 15h00 car ici
nous ajoutons une heure , ce qui porte à sept heures le décalage avec la
France
" Bonjour la Mongolie !" A peine sommes-nous de l'autre côté de
la barrière que nous nous frottons à l'anarchie ; face au camping-car ,
quatre files de bus et de voitures et tout le monde reste sur ses
positions . Nous profitons de cette inertie statique pour changer des
euros au black .Pendant ce temps les resquilleurs de la quatrième lignes
finissent pas s'infiltrer l'un à droite , un autre à gauche , et le
chemin finit par se libérer devant nous .Et bien sûr plus loin le même
scénario se reproduit , mais là c'est moi qui suis obligé de céder .Pas
drôle d'emprunter le bas-côté en devers avec une inclinaison inavouable
. Je sert les fesses tant j'ai peur de baller sur le côté surtout quand
en plus nous franchissons de grosses ornières . Au point de ralliement,
nous retrouvons une partie des troupes , le reste étant encore aux
prises avec les douaniers .
Après une petite pause bien nécessaire d'une demi-heure ,nous
prenons la direction de Darkhan . Aussitôt la route affronte l'immensité
de la steppe , mais curieusement celle-ci n'est plus la même depuis la
frontière ; ici l'herbe est beau plus verte et plus drue . Les petites
montagnes qui en limitent l'horizon paraissent plus vertes et surtout
plus hautes Nous voyons aussi nos premiers chevaux et nos premières
yourtes parfois groupées par deux ou trois avec souvent un enclos à côté
pour le bétail .Nous croisons également de grands troupeaux de vaches ,
mais surtout de moutons et de chèvres avec des bergers à cheval . Nous
atteignons notre lieu de bivouac vers 17h00 , superbement installé en
pleine steppe avec en contrebas de lac de sel de Darkhan . Sous un ciel
tourmenté où courent de gros nuages sombres , les yourtes blanches des
bergers installées au bord de l'eau n'en ressortent que d'avantage .
Ce soir ,nous sommes obligés de faire la réunion et de prendre
l'apéro sous l'auvent de Pierre et Lydia qui sont d'astreinte .
Heureusement ,ça ne dure pas et nous parvenons à dresser la table pour
manger face au lac : c'est royal...! Et en plus , nous avons sans cesse
les encouragement de toutes les voitures mongoles qui passent ; l'une
d'entre-elles s'arrête pour nous montrer l'auto-stoppeuse française
qu'ils ont prise en charge à Oulan Bator ! Que le monde est petit ...!





Super déjà la Mongolie ;-). Merci pour ces belles photos qui font tjs autant rêver. ..
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