lundi 12 septembre 2016

ppi étape 98 le12 septembre 2016 Les Mééores- Lezhze 490 km

Nous nous levons vers 6h00 pour pouvoir partir de bonne heure
car nous avons une longue étape devant nous avec 500 bornes de montagne
par des petites routes si nous voulons atteindre la première station
balnéaire après Tirana en Albanie . Comme hier nous n'avons rien préparé
il y a du boulot ce matin : la vidange , le plein d'eau , ranger le
matériel électrique et aller à la réception pour transférer les deux
derniers chapitres du blog grâce à la wifi du camping . Après avoir fait
nos adieux à la sympathique taulière nous prenons la route de Kalampaka
d'abord pour aller à la poste faire peser le courrier, puis aller au
supermarché car le frigo n'a jamais été aussi vide : c'est l'occasion
d'acheter une caisse d'Ouzo que nous avions décidé de ramener en France
et quelques courses de bouche .
C'est sous la pluie et donc sans regret que nous quittons les
Météores ; cela fait un peu peur car l'orage qui a duré une bonne partie
de la nuit , n'a pas dû arranger l'état de la route que nous avions
emprunté pour venir jusqu'ici , elle qui était déjà couverte de coulées
de boue ! Heureusement , partout des niveleuses sont déjà en action pour
essayer de dégager au moins une voie et pour creuser des fossés de
drainage . Résultat, par moment il faut attendre son tour pour pouvoir
passer . Avec les nombreux virages et l'ascension de plusieurs petits
cols , la route pour récupérer l'A2 parait interminable . Nous la
suivons jusqu'à Kozani où nous trouvons l'E 65 qui doit nous mener à
Florina : quelle déception lorsque nous constatons que ce qui est
indiqué comme autoroute sur la carte se révèle l'équivalent d'une petite
départementale de chez nous ! A ce tarif l'étape risque d'être longue !
Tout à coup le GPS décide de nous envoyer tout droit alors que Florina
est indiqué à droite . Nous donnons d'abord priorité aux panneaux , puis
Dominique revient sur sa décision en regardant plus précisément la carte
, peu détaillée il est vrai car il s'agit d'une carte d'Europe . Plutôt
que de faire demi-tour et de revenir sur la route initiale , je fais
confiance au GPS pour nous ramener sur la grande route et c'est là
l'erreur : il nous fait tourner de village en village par des chemins
vicinaux de plus en plus petits pendant une heure avant de nous
abandonner comme des vieilles chaussettes devant un poste frontière
...! Comme il y a une station service en face , je décide de faire le
plein pendant que nous sommes encore en Grèce , c'est à dire en zone
euro . Quelle tête fait le pompiste lorsque je lui demande s'il s'agit
bien de la frontière albanaise ! Bien qu'il s'exprime dans son charabia
local je comprends aussitôt que la situation est grave : en fait nous
sommes à la frontière de la Macédoine . Résultat nous en profitons pour
lui acheter sa carte qui est plus détaillée que la notre .
Les formalités douanières se règlent en l'espace de cinq
minutes et nous voilà au pays d'Alexandre le Grand . En y regardant de
plus prés , pour aller à Tirana en Albanie , il faut traverser un petit
morceau de Macédoine le long du lac Ozéro , c'est plus facile à voir sur
la nouvelle carte . La route vers Bitola se révèle catastrophique : des
tronçons de pistes alternent avec une chaussée pleine d' ornières et
des bosses monstrueuses . La moyenne chute à vue d'oeil . La traversée
de la ville est du même tonneau avec des tranchées à peine rebouchées et
des ruelles étroites et très encombrées . Fatigués et surtout un peu
déçu par ce qui est dessiné comme étant de l'autoroute sur la carte ,
nous décidons de nous arrêter en pleine montagne ,pour casser la croute,
un peu avant Resen .
A 14h00 , nous repartons à l'assaut des montagnes qui nous
entourent . Couvertes de forêts , elles plongent de façon abrupte vers
de profondes vallées où coulent de petits torrents . Hormis les bourgs
indiqués sur la carte , nous ne voyons ni village ni hameaux peupler les
vallées ou les flancs de montagne. Ce qui choque , ce sont les détritus
déposés le long des routes et les plastiques qui volent au grès du vent
. Des pans entiers de montagne sont transformés en décharge . Le
spectacle est d'autant plus désolant que le ciel s'obscurcit et la pluie
ne tarde pas à tomber.Après bien des ascensions et des descentes
vertigineuses sur des routes défoncées , étroites et sans parapets nous
finissons par tomber sur le lac Ezero que nous contournons .Nous
franchissons alors sans plus de difficulté que tout à l'heure , la
frontière entre Macédoine et Albanie . La première chose que nous voyons
ce sont de fins minarets blancs pointer un peu partout au dessus des
toits . A peine sommes-nous cinq minutes dans la vallée que la route
repart à l'assaut des montagnes environnantes qui sont de plus en plus
hautes et dont les pentes sont de plus en plus abruptes . Je suis obligé
de rouler avec la boite manuelle en troisième quasiment en permanence ,
d'abord pour faciliter l'ascension et en suite pour utiliser le frein
moteur . Dommage que la météo soit si chagrine car nous traversons des
paysages aussi magnifiques que sauvages avec des lac de barrages qui
occupent le fond des vallées dont les eaux vertes tranchent avec l'ocre
des rochers . Par endroit des portions de route semblent avoir glissé
vers le ravin , formant des marches redoutables d'une bonne trentaines
de centimètres qui font décoller le camping-car comme de véritables
tremplins . Surpris à la sortie d'un virage , je n'ai pas le temps de
ralentir et nous voilà les quatre fers en l'air ; drôle de sensation
avec un véhicule de plus cinq tonnes et de 7,5 mètres de long dans une
toute petite route de montagne ! Bien que nous soyons déjà en retard ,
je m'octroie quelques minutes de répit avant que continuer notre course
folle parmi les virages qui se succèdent à un rythme effréné .
Il est déjà 19h00 lorsque nous remontons la dernière vallée
dont la route en corniche creusée à même la paroi rocheuse nous offre
une succession de points de vue magnifiques sur le lac de barrage puis
le torrent qui le suit . Avec la lumière rougissante du couchant c'est à
couper le souffle , dommage que nous ayons ses rayons dans les yeux!
Après un nouveau caprice du GPS qui nous fait rejoindre la route Tirana
-Lezhe par un étroit chemin garni d'ornières monstrueuses , nous
décidons d'arrêter dans un camping que nous découvrons fortuitement sur
notre droite ; bien que ce ne soit pas celui que nous avions prévu au
bord de mer , il est le bienvenu après 10 heures de volant dans des
conditions épouvantables et six cent bornes de montagne plus qu'escarpée
! Je pense qu'un Ouzo sur glace va être le bienvenu !

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