Aujourd'hui nous quittons le groupe des ppistes pour voyager en
solo avec Roger et Claire , Hubert et Marie-Noelle et leur fille Claire
. Comme nous devons essayer de faire un maximum de kilomètres pour nous
rapprocher le plus possible d'Istambul , histoire de trainer le moins
possible en Turquie , nous décidons de partir tôt vers 7h00 d'autant
qu'il y a la frontière turco-géorgienne à franchir . Bien qu'avec la
petite sauterie d'hier soir nous nous sommes tous couchés tard , tout le
monde parvient à être à l'heure ce matin . Il faut d'abord suivre la
côte jusqu'à Batumi , belle petite station balnéaire dotée de nombreux
casinos et de belles plages . Dès la sortie de la ville la route longe
le pied de hautes falaises qui tombent a-pic dans la Mer Noire ; d'après
Vladimir elle tient son nom du fait qu'avec la lumière du soleil,
violente dans le secteur , l'eau fait miroir et parait noire . Nous
commençons à doubler une file impressionnante de camions en
stationnement sur plusieurs kilomètres avant de tomber sur le poste
frontière, curieusement installé au bord de l'eau . Comme nous sommes
parmi les premiers véhicules légers , nous entrons aussitôt dans la cour
. Pendant que nos épouses vont présenter leur passeport au bureau
d'immigration , nous suivons la filière de dédouanement des véhicules
avec nos camping-cars pour nous retrouver à sept une demi-heure plus
tard coté turc . Voilà une affaire rondement menée comme je les aime et
en plus nous gagnons une heure avec le décalage horaire , ce equi fait
qu'il est toujours 7h00!
Nous décidons de garder notre confortable avance en démarrant
aussitôt .La route longe la rive de la mer Noire jusqu'à Samsun distante
de 450 km ;en corniche elle offre le plus souvent des vues plongeantes
sur de petites criques rocheuses , de jolie ports de pêche où s'alignent
des barcasses aux couleurs vives , de minuscules plages entourées de
rochers . De l'autre coté de la route c'est la montagne de type
méditerranéenne avec des forêts de pins , de la garrigue où alternent
buis et chênes verts . Nous traversons une succession de stations
balnéaires , bétonnées à souhait jusque dans l'eau , un peu comme sur la
Cote d'Azur : même les palmiers de la Promenade des Anglais et les
pistes d'atterrissage gagnées sur la mer y sont . La seule chose qui
choque ici c'est qu'il n'y a personne sur les transats ou sous les
parasols . Même les trottoirs sont déserts . On dirait que les touristes
boudent la Turquie depuis les événements de juillet ! Partout d'immenses
drapeaux rouges garnis du croissant de Lune flottent au bout de hauts
mats , au fenêtres des maisons , sur les mosquées et même sur les
voitures , peut être pour rassurer , pour montrer le soutient au régime
en place , même s'il s'agit d'une dictature !
Vers 13h00 , fatigués ,nous arrêtons au bord de l'eau, dans
l'enceinte d'une entreprise de travaux publics : aussitôt des employés
viennent au devant nous non pas pour nous chasser , bien au contraire ,
mais pour nous inviter à nous installer sur une table en béton installée
dans la cour , prés de la plage . Il nous propose même du potage , puis
du thé . L'hospitalité turque n'est vraiment pas une légende ! Ils nous
montrent les mouvements de troupes actuels à la frontière turco-syrienne
sur le quotidien d'aujourd'hui . Ils nous parlent également de leur
président qu'ils considèrent comme un tyran ! Puis nous avons droit aux
inévitables photos de famille ! Le plus difficile est de prendre congés
d'eux sans les froisser car ils comptaient bien nous garder une partie
de l'après midi !
Après Samsun , nous faisons nos adieux à la Mer Noire . En
piquant à l'intérieur des terres , la route attaque aussitôt la montagne
en serpentant parmi les bouquets d'épineux et les pâtures jaunies par le
soleil . De petits villages s'égrainent tout au long des vallées ou
s'accrochent hardiment à flanc de coteaux . Partout on récolte les
oignons et l'ail : ils sont vendus en gros sacs le long de la route
pour un peu plus d'un euro les 20 kilos ! Devant chaque étale fume un
samovar en fer blanc : ici la moindre transaction s'accompagne du
cérémonial du thé , servi dans de petits verres transparents et ventrus
, avec un pot de sucre en poudre et des quartiers de citron . Le soleil
rougissant de fin d'après midi commence à mettre en valeur les pans de
montagnes , les rochers et les falaises environnantes . Par contre avec
notre trajectoire plein ouest , ce n'est pas drôle pour les yeux des
chauffeurs . La fatigue commençant à faire son oeuvre malgré des
changements réguliers de pilote , nous décidons de nous arrêter sur le
parking voisin d'une station service : le papy qui s'en occupe nous
guide gentiment pour nous installer à peu prés à l'horizontal , puis
nous invite à prendre le thé sur une grande table installée à l'ombre .
Et comme-ci son hospitalité ne suffisait pas encore , il nous apporte un
gros melon préparé en petits morceaux et des grappes de raisin blanc et
noir avant de disparaitre pour faire sa prière . Il accepte également de
charger la batterie de mon ordinateur mise à rude épreuve en tapant le
blog cette après midi pendant que Dominique conduisait .
Après un apero bien mérité avec dégustation d'Aberlour et de
Glenfidish en terrasse, nous terminons la soirée en mangeant dans nos
camping-car respectif étant donné l'obscurité ambiante . Avec 700 bornes
au compteur et un passage de frontière , à 21h00 tout le monde est au lit .














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