dimanche 11 septembre 2016

ppi étape 96 le 10 septembre 2016 Alexandroupolis-Les Météores 580 km

C'est avec impatience que nous reprenons la route ce matin . Un
break était nécessaire certes , mais pas plus long qu'une journée ; nous
avons déjà des fourmis dans les jambes . Aussi nous nous activons dès
six heures : il faut dire qu'en doublant l'étape on a tendance à
s'étaler , ce qui fait qu' il y a d'autant plus de rangement pour partir
. Le salon de jardin en déroute , la réserve d'eau quasiment vide le
dernier plein remontant à Tbilissi il y a cinq jours , une corde à linge
tendue sous la tonnelle pour les serviettes de bain , il ne manque que
le barbecue ! Comme ce matin le ciel est couvert et qu'un petit vent
frais s'engouffre sous la tonnelle , nous shuntons la baignade pour
passer directement au petit déjeuner . Reste à passer à la réception
pour régler les deux nuits et envoyer les deux derniers chapitres du blog.
Nous prenons la direction de Thessalonique au sud ouest en
longeant tout d'abord la côte sur quelques kilomètres avant de nous
enfoncer dans les terres . C'est un paysage de petites montagnes
couvertes de garrigue qui s'offre à nous , tout à fait de style
méditerranéen à la différence prés qu'ici les rivières sont pleines ;
rien à voir avec les grands lits de galets où coule un fin filet d'eau
comme en Provence . Malgré tout la chaleur de l'été a tout grillé sur
son passage , les herbes calcinées des pâtures et les maïs jaunis qui
ont bien du mal à se tenir debout ! De temps en temps , on découvre les
murs blancs d'un petit village , niché au creux d'une vallée ; c'est
curieux de voir se dresser bien souvent un minaret au dessus des toits ,
peut-être des vestiges de l'occupation turque !
Au bout d'une centaine de bornes la route revient flirter avec
la côte mais tout en gardant ses distances , dominant les petits ports
et les criques du haut de ces montagnettes . Par moment nous doublons
une grosse ville dont les petites maisons individuelles , au façade
blanche, s'étalent sur plusieurs flancs de montagne jusqu'à la mer, tant
elles sont nombreuses . Tout à coup une grosse fumée , que nous prenons
au début pour un nuage de brume ,descend de la montagne pour courir sur
la mer : en fait il s'agit d'un énorme feu de forêt dont nous voyons
par moment les hautes flammes dépasser de l'écran opaque qui fait
courir des dizaines de camions de pompiers en sens inverse sur
l'autoroute . Nous contournons le port de Kavala avec ses énormes grues
depuis nos hauteurs pour traverser une nouvelle langue de terre très
montagneuse et très désertique . Pas un seul village ne rappelle la
présence de l'homme dans le secteur . Puis nous plongeons vers
Théssalonique , énorme mégalopole qui coule depuis le haut des monts qui
l'entourent jusqu'à la côte . Après quelques errances dûes à une
mauvaise programmation du GPS , nous revenons sur nos pas pour prendre
la direction d'Athènes , histoire de suivre la mer vers le sud pour
trouver une plage afin de se baigner et de manger un morceau .
Malheureusement les petites routes que nous empruntons pour sortir de
l'autoroute mène vers la montagne mais pas vers la mer et sans carte
routière , la situation devient vite difficile . Comme il est déjà
presque 14h00 , nous finissons par nous arrêter sur une aire d'autoroute
pour casser la croute d'abord , et ensuite pour étudier l'itinéraire
vers les Météores car la météo n'engage pas à la baignade .
Après le repas , nous continuons notre descente vers le sud
ouest dans un paysage très montagneux avec des franchissement de petits
cols à 600 mètres d'altitude . Arrivés à trente bornes de Grevena nous
sommes invités à sortir de l'autoroute car celui-ci est enseveli sous
une coulée de boue . En prenant la petite route de délestage qui grimpe
dans la montagne nous voyons effectivement que le fond des vallées est
inondée par des torrents d'eau boueuse à souhait . Il faut emprunter la
déviation sur prés de quarante kilomètres avant de récupérer l' A2 .
Nous restons au sec encore une bonne heure avant de tomber sur la route
touristique qui mène aux Météores . Après avoir traversé un haut plateau
nous plongeons vers des gorges où un torrent impétueux nous impressionne
par sa force , écumant à souhait à chaque obstacle et grondant comme
jamais ; avec l'écho des falaises , l'amplification du son vous glace le
sang et nous ne sommes pas fières lorsqu'il faut emprunter la frêle
passerelle pour passer sur l'autre rive . Des flaques de boue couvrant
encore la chaussée du pont indiquent qu'il a dû être englouti au moment
fort des orages qui se sont abattus sur le secteur !
Au détour d'un virage nous tombons nez à nez avec les célèbres
falaises , sculptées et polies par l'érosion , où des ermites ont trouvé
refuge . C'est amusant de les voir se dresser devant nous au beau milieu
d'une large vallée comme si elles avaient été posées là . Nous trouvons
un petit camping sympathique installé au centre du site avec une
piscine que nous fréquentons aussitôt : quel bonheur de pouvoir se
détendre dans l'eau après une étape de 600 bornes et de pouvoir
admirer ces superbes rochers sur lesquels ont voit encore grimper des
touristes attardés .Très vite la fatigue de la reprise du périple a
raison de nous une petite heure après le repas !

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