dimanche 18 septembre 2016

ppi étape 102 le 16 septembre 2016 Dubrovnik-Split 220 km

Après trois mois de traversée de désert ce n'est pas étonnant
cette ivresse de la baignade qui touche même Dominique au point de
m'accompagner ce matin sur la plage dès 8h00 ! Je n'en reviens pas moi
même ! Quel bonheur de pouvoir piquer une tête dans les vagues au lever
! C'est royal ! Une douche d'eau douce et on se sent près à soulever
des montagnes ... Pour l'instant il ne s'agit que de faire la vidange ,
le plein d'eau propre et ranger le branchement électrique . Il ne reste
plus qu'à régler la check-out et d'essayer de faire quelques courses au
super marché du coin . Le problème est le stationnement: résultat je me
dévoue pour faire les courses pendant que Dominique reste aux commandes
du camion comme nous le conseille gentiment un autochtone ,la police
locale étant très sévère ! Par chance le GPS nous fournit un itinéraire
de sortie de Dubrovnik plus pratique que celui indiqué par les panneaux
, et surtout plus court .
Une fois sur la route de Split nous arrêtons deux ou trois fois
pour tirer quelques clichés panoramiques de la rade ,du port , des
énormes paquebots de croisière plus blancs que blancs amarrés au quai ,
sans oublié l'immense pont suspendu asymétrique qui enjambe une partie
de la baie . Puis la route continue son chemin vers le nord , accrochée
à la paroi rocheuse pour mieux nous offrir une vue plongeante sur la
succession de petites criques que séparent des éperons rocheux . Des
chapelets d'iles et d'îlots parfois dénués de végétation suivent
fidèlement la côte . Avec l'alternance des fosses profondes et des hauts
fonds , la mer prend des nuances de bleu infinies . Nous ne nous lassons
pas de tirer le portrait de tous ces petits villages , nichés autour de
leur église au fond des baies . Les façades blanches des maisons
paraissent éclatantes au soleil parmi l'imposante chevelure des palmiers
dattiers et le mauve des bougainvilliers qui descendent bien souvent en
cascade depuis les toitures . Devant, des rangées de barques de pêches
multicolores , alignées le long des pontons, balancent inlassablement au
grès de la houle . D'autres , plus téméraires ,ont choisi de faire bande
à part et s'éparpillent au mouillage dans l'avant port . Nous avons
vraiment l'impression de ne pas avancer sur cette route qui est obligée
de contourner le moindre repli de la montagne et de faire le tour de
toutes les profondes baies qui pénètrent loin dans les terres . C'est
bien pour cela qu'ils ont construit une autoroute à partir de Ploce qui
va jusque Zagreb . Mais là n'est pas notre but !
Notre curiosité est mis en éveille par une multitude de
flotteurs abandonnés sur l'eau, au calme des fonds de baies ou entre la
côte et les iles proches du rivage . En regardant la carte Dominique
voit que nous sommes proches de Ston , c'est à dire le nom des huitres
que nous avons mangé hier . Effectivement , nous commençons à voir des
pubs sur le bas coté de la route , indiquant l'adresse d'ostréiculteurs
. Pas la peine de se concerter , nous arrêtons à la première taule venue
pour acheter trois douzaines de belons et des moules .
A la sortie d'un virage du côté de Néum qu'elle n'est pas notre
surprise lorsque nous nous retrouvons une fois de plus nez à nez avec un
poste frontière inattendu : cette fois c'est la Bosnie qui nous crée la
surprise avec son étroit corridor de 5 kilomètres de large seulement,
qui lui offre un débouché à la mer depuis le redécoupage des frontières
après la guerre de 1991 ! Bien que la queue soit déjà longue à cette
heure, nous passons relativement vite les deux postes successifs . La
route fait ensuite une incursion dans les terres , traversant une zone
riche en lacs dont les multiples lobes s'insinuent entre les montagnes :
couleur émeraude ,ils resplendissent au soleil et ne demandent qu'à
être photographiés . Par chance , nous trouvons rapidement un parking
pour leur tirer le portrait et où nous décidons de casser la croute : un
plateau de belons face à un tel paysage , c'est quand même le panard !
Dès que nous reprenons la route , celle-ci plonge dans une
large vallée très fertile où une multitude de vergers ont été gagnés sur
la mer , comme des polers : c'est amusant de voir ces langues de terre
perpendiculaires à la cote et séparées par des canaux , un peu comme nos
hortillonnages de St Omer ou d'Amiens . Et puis sur les bas coté de la
route bien sûr, les producteurs installés dans de petites cabanes de
bambous montrent de magnifiques étales de fruits : des pêches , des
brugnons , des figues , des grenades , des oranges et déjà des
clémentines encore un peu vertes . Nous nous arrêtons chez l'un de ces
paysans pensant pouvoir trouver du citron pour nos huitres : pour finir
nous repartons avec une grenade , des figues séchées au soleil et des
olives vertes .
Après encore deux heures passées à admirer les rivages de
l'Adriatique depuis notre route en corniche , nous finissons par
atteindre Split où nous trouvons une place au camping avec bien des
difficultés tant il y a du monde encore en vacances .Après quelques
manoeuvres olé-olé nous parvenons à nous glisser entre les troncs de
gros pins maritimes . A peine le branchement électrique fait , nous
allons piquer une tête à trente mètres du camping-car . Puis nous
attaquons le laborieux nettoyage des moules . Ensuite Dominique réussit
à faire cuire quelques frites dans l'huile d'une poêle pour respecter la
tradition nordique , of course ! Encore un repas léger qui rique
d'écourter la soirée !

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