jeudi 15 septembre 2016

ppi étape 100 le 14 septembre 2016 Tivat-Dubrownik 75 km

Je crois que le métier de retraité rentre à une vitesse grand
V : ce matin j'ai bien du mal à émerger avant 7h00 et c'est seulement
après deux cafés au lit que je daigne descendre m'occuper du blog . Puis
je m'octroie une petite baignade en mer avant de prendre mon petit
déjeuner . Une bonne douche de dessalage et je consent enfin à m'occuper
de la vidange , du rangement du matériel électrique et du plein d'eau .
Résultat , il est 10h30 lorsque nous sortons du camping pour prendre la
direction de la Croatie .
A peine avons-nous repris la route du nord qu'un problème se
pose : ou nous prenons à gauche vers le ferry ou nous continuons tout
droit sur le continent . Pour finir nous optons pour la terre ferme et
c'est bien dommage car nous nous retrouvons très vite sur une route de
deux mètres cinquante de large, coincée entre la mer d'un côté et la
façade des maisons de pêcheurs de l'autre ; c'est super jolies ces
petites bicoques au bord de l'eau avec en face les barcasses qui dansent
à l'amarrage . A peine sommes-nous sortis du village que la route se
faufile entre mer et paroi rocheuse : bonjour l'angoisse dès qu'un
véhicule pointe le nez en face , quand ce n'est pas un bus carrément !
Nous continuons malgré tout sur un bonne dizaine de bornes avant de nous
rendre compte que le tour de la baie de Tivat avec toutes ses alvéoles,
c'est plus de soixante dix kilomètres de stress permanent . Aussi dès
que je trouve une zone un peu plus large , j'en profite pour faire
demi-tour ; le retour sur la zone d'embarquement du ferry se révèle haut
en couleur avec le croisement d'un camion et de deux camping-cars !
Moyennant 9 euros nous obtenons un ticket de traversée dans le premier
bac disponible . Nous en profitons pour faire quelques clichés des
petits villages de pêcheurs qui bordent le fjord : c'est magnifique ces
petites maisons basses en pierres sur lesquelles grimpent de superbes
bougainvilliers mauves ! Et toutes ces barques colorées qui balancent au
grès de la houle devant la porte de leur propriétaire !
En dix minutes de traversée nous nous épargnons deux heures de
stress , c'est sûr . Un certain regret toutefois de laisser derrière
une petite route pittoresque , ce sera pour la prochaine fois . Très
vite, la route rentre dans les terres et attaque la montagne . Au bout
de trente bornes , nous nous retrouvons au premier poste frontière où il
y a déjà la queue : il nous faut patienter une demi-heure à chacun
d'entre eux avant de fouler le sol croate . Curieusement le paysage
change : les montagnes deviennent plus pelées et plus pâles , un peu
comme la Montagne Sainte Victoire d'Aix en Provence . Très vite la
circulation devient infernale surtout à l'approche de Dubrovnik dont
l'approche est royale . Partie à l'assaut d'un sommet , la route est
creusée à même la paroi rocheuse laissant sur la gauche un à-pic
vertigineux ; quelques centaines de mètres plus bas les flots bleus
turquoises viennent se fracasser sur des rochers et des îlots ,
s'entourant ainsi d'une jupette blanche d'écume . Puis , tout à coup ,
à la sortie d'un virage , c'est l'extase ; tout en bas nous découvrons
la massive silhouette des remparts de la vieille ville , parfaitement
intactes , bien qu'ils se dressent là depuis plus de huit siècles . Par
contre la descente sur le centre ville se révèle costaud : il faut
d'abord que je trouve un moyen de faire demi-tour car avec les 7 mètres
cinquante du camping-car il m'est impossible de tourner à gauche . Puis
la traversée des ruelles étroites qui mènent au vieux port , encombrées
d'une circulation infernale avec en plus des gens qui stationnent
n'importe où , ce n'est pas une partie de rigolade . Aussi nous décidons
d'aller directement chercher refuge au camping ,situé à seulement 4
kilomètres de la forteresse . Après avoir fait le tour du port où
d'énormes paquebots de croisières tout blancs sont amarrés , nous
franchissons un petit mont pour gagner notre nouveau "chez nous"
installé sur l'autre versant : moyennant 40 euros la nuit , nous pouvons
nous installer à proximité de la plage que nous allons aussitôt essayer .
Après le repas nous décidons d'aller visiter les remparts
malgré un orage menaçant ; nous prenons le bus à quelques centaines de
mètres de l'entrée du camping pour nous faire déposer devant la Tour
Pile qui est le point de repaire indiquer dans les guides . Là , il faut
acheter un droit d'entrée de 120 couronnes soit 15 euros , pour avoir la
possibilité de parcourir le tour complet des remparts . Après avoir
gravi plusieurs escaliers très raides , la récompense est à la hauteur
de l'effort : d'un côté, c'est la mer bleue intense qui vient décorer la
base de rochers de gerbes d'écumes toutes blanches, de l'autre une autre
mer , ocre celle-là , faite d'une multitude de toitures qui par leurs
tailles , leurs formes , leur inclinaisons différentes forment un
magnifique patchwork . De nombreux clochers hissent leur tête au dessus
de la mêlée . C'est musant de suivre du regard le labyrinthe qu'offrent
les étroites ruelles garnies de balcons et de lanternes . Nous dominons
parfois de petits jardins aériens où poussent quelques vignes grimpantes
et des figuiers , quand ce n'est pas seulement quelques touffes de
romarin . Au niveau des bastions d'angle , des troquets se sont
installés , parfois ce ne sont pas carrément des restaurants ! Arrivés
au milieu du tour de la ville , nous ne résistons pas longtemps devant
le magnifique présentoir d'une marchande de glace qui offre une
multitude de parfums . Avec le paquet de calories que nous venons de
dégommer , nous avalons la seconde partie du tour en à peine une heure
et nous trouvons encore la force de parcourir les ruelles de la vieille
ville pour changer des euros en couronnes et pour acheter du pain , des
olives et une bouteille de rosé .
Rincés par trois bonnes heures de marches sous le soleil , nous
reprenons le bus numéro 6 pour rentrer au camping et enchainer aussitôt
avec un petit tour à la plage toute proche . Un plouf au soleil
couchant, bien mérité après un bain de sueur d'une après midi complète
! Fatigués nous décidons de casser la croute au camping-car tout en
transférant les photos et en lisant les guides en vue de la visite de
Dubrovnik demain .

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