mardi 27 septembre 2016

ppi étape 107 le 21 septembre 2016 Plitvice-Pag 150 KM

On voit tout de suite que nous sommes le premier jour de
l'automne aujourd'hui : le thermomètre du camping-car affiche 11 degrés
ce matin lorsque je prépare le premier café au lit . C'est vrai aussi
que nous bénéficions d'un climat alpin ici avec tous ces montagnes et
tous ces sapins autour de nous ! Le ciel , grisâtre , ne laisse rien
présager de bon pour cette seconde journée de visite des lacs ! Mais ,
malgré tout ça , nous activons quand même les préparatifs , décidés à
attaquer la ballade de bonne heure pour essayer d'éviter la cohue des
touristes . Bien qu'on nous avait promis une wifi de compétition hier
soir sur toute la surface du camping , nous sommes obligés de nous
rendre au resto pour parvenir à transmettre les trois derniers chapitres
du blog avant de passer à la réception régler la check-out .
Bien qu'il soit à peine 9h00 lorsque nous arrivons sur site
, il y a déjà plusieurs bus sur le parking ! Mais aujourd'hui nous
gagnons du temps car nous avons déjà nos billets d'entrée . Après avoir
rencontré quelques difficultés pour trouver l'entrée du chemin , nous
descendons en sous-bois tout en décrivant une série de lacets jusqu'à la
rive d'un premier lac ; sur notre droite , dès que la végétation est un
peu moins touffue , nous découvrons toute une série de très hautes
chutes d'eau tombant depuis le sommet du coteau d'en face dans un
concert de grondements indescriptibles , les sons étant amplifiés par
le cirque des parois rocheuses qui les entourent . Une fois au fond de
la vallée , nous traversons le premier lac couleur émeraude , sur des
pontons de bois mal équarris pour atteindre le pied même des chutes .
Aussitôt la température chute affreusement au point que je suis obligé
d'enfiler un coupe-vent au dessus du pull ! C'est formidable ces
pare-terres de végétation parmi lesquelles des dizaines de ruisseaux
débordant d'écume courent en cascadant depuis le pied des chutes pour
venir jusqu'à nous et finir dans les eaux d'un autre lac en contre-bas ,
d'un vert plus clair celui-là .
En revenant sur nos pas, nous retrouvons ensuite le fil de la
ballade : sur un autre ponton , toujours aussi rustique nous traversons
le lac , dans le sens de la longueur cette fois, en longeant une haute
falaise qui limite la vallée du coté droit . Puis nous gravissons un
sentier de montagne qui nous permet de nous hisser à la hauteur d' une
seconde ligne de chutes d'eau , moins hautes celles-là puis qu'elles
n'excèdent pas dix mètres mais très abondantes par contre . C'est
superbe toutes ces colonnes d'écume à moitié cachés derrière le
feuillage des arbres qui grondent au point de faire vibrer le sol ! Un
nouveau ponton , bien frêle devant tant de forces déployées se lance sur
notre gauche pour rattraper l'autre rive de la vallée en suivant le pied
des chutes . Là, au bas d'une autre paroi rocheuse vertigineuse , on
découvre une large grotte dont le fond est occupé par un bassin aux
eaux bleues-vertes dans lequel d'énormes truites semblent endormies .
Nous montons ainsi une succession de marches de quinze à vingt
mètres ,chacune occupée par un lac d'une nuance de vert différent , les
contre-marches écumant de cascades plus belles les unes que les autres .
N'ayant pas parfaitement assimilés la topographie du site ,nous
embarquons sur un bateau qui en traversant un grand lac , nous amène où
nous étions hier , ce qui n'était pas forcément notre désir . Résultat ,
nous reprenons aussitôt son homologue dans le sens de la descente ; puis
nous réempruntons à pieds le chemin en sens inverse jusqu'au
camping-car en nous faisant incendier par des groupes de touristes
obligés de partager l'espace disponible ...! C'est trop dur pour des
petites têtes ...!
Après le repas dégommé à bord du camping-car , nous
prenons la direction de l'ile de Pag ; en fait il faut quasiment revenir
sur nos pas , pratiquement jusque Zadar avant d'obliquer vers l'ouest .
Nous commençons par traverser une zone montagneuse qui avec ses alpages
et ses forêts de sapins fait penser à la Savoie . Puis nous retrouvons
une chaine de montagnes complétement pelées avant d 'atteindre la côte
adriatique mais pas celle que nous connaissons avec les bougainvilliers
et les palmiers dattiers un peu partout . Ici la terre est à nue , très
pâle , couleur mastic . Pas la moindre végétation, hormis un peu d'herbe
sèche . Nous sommes dans un univers minéral à cent pour cent ! Et tout à
coup nous franchissons un pont qui enjambe un bras de mer complétement
déchainé : et nous voilà dans la fameuse ile de Pag ! Nous avions lu que
c'était lunaire et battu par les vents , nous ne sommes pas déçus ...!
Après vingt kilomètres de désolation totale , nous trouvons notre
camping à la pointe nord de l'ile . C'est une véritable ville de cinq ou
six mille installations ; malgré tout, on nous trouve une place presque
face à la mer . Pendant que Dominique règle quelques problèmes
administratifs , je prend le temps de piquer une tête bien que la météo
pourrie . Ici , pour les sauvages que nous sommes , nous touchons le
fond : c'est vraiment très "Camping Paradis . Aussi lorsque Dominique me
demande de faire la vidange des WC , c'est avec un certain plaisir que
je traverse le village de toile avec ma cassette en bandoulière ! Le
plus drôle est que sur mon trajet je dois couper la queue d'attente
devant le cochon à la broche ! Il y a vraiment tout pour les bobo au
camping-paradis !

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