samedi 3 septembre 2016

ppi étape 88 le 3 septembre 2016 Elista-Piatigorsk 350 km

Comme la veille Vladimir profite de la réunion du soir pour
présenter son pays : aujourd'hui il nous parle d'Elista , capitale de la
Kalmoukie , république soviétique rattachée à l'Union dont les habitants
sont d'origine mongole et bourriate comme Aldar , d'ailleurs ce que nous
avons vu ont tous les yeux bridés . Ils sont venus en 1230 avec Gengis
Khan et se sont sédentarisés pour la plupart : ils sont éleveurs de
bétails c'est pour ça que nous avons vu tant de troupeaux paitre dans
la steppe environnante , mais ils ne cultivent pas la terre , comme
leurs ancêtres . Ils ont aussi gardé leur langue maternelle .Elista est
également la capitale du Jeu d'Echec depuis qu'elle a organisé les Jeux
Mondiaux en 1970 . D'où la construction de cette fameuse Cité des Echecs
où nous sommes logés . Comme je lui raconte mes nombreuses mésaventures
avec les flics , il nous met de nouveau en garde car si la corruption
policière est à peu prés jugulée dans le nord de la Russie , il n'en va
pas de même ici dans le sud , loin de Moscou et des menaces de Poutine .
Donc surtout pas d'alcool au volant , allumer les phares et ne pas
donner les papiers originaux si possible ; après...il faut compter avec
la chance !
Après le changement de la cartouche de filtre à air hier , ce
matin c'est la vérification de la pression des pneus : pour nous ce
n'est pas du luxe ,devant il manque 500 grammes d'un côté et un kilo de
l'autre :il n'y avait donc pas que le vent qui tirait sur la direction
! Depuis quelques jours avec la complicité de Roger , d'Hubert et de nos
épouses , nous préparons un apéritif dinatoire programmé le 6 septembre
, la veille de notre départ prématuré ; nous sommes trois équipages à
vouloir quitter le groupe des ppistes pour ne pas suivre le programme de
visite de la Turquie tel qu'il a été programmé au départ , du fait de la
série d'attentats et du putch manqué il y a un mois . Roger , de son
coté a déjà acheté un gros gigot d'agneau qu'il a réussi à caser dans
son congélateur qu'il compte faire griller la veille au barbecue pour le
servir froid le lendemain .Comme il faut que l'on complète avec des
toasts et des légumes , nous décidons de passer au grand supermarché
d'Elista avant de partir .
Nous commençons par attendre une demi-heure en sirotant un café
devant la porte close du supermarché avant que Dominique reçoive un SMS
de Thomas nous rappelant qu'il y a un décalage d'une heure ; il n est en
fait que 8h00 . Nous sortons par la porte sud d'Elista où nous avons
une superbe vue plongeante sur la ville avec au centre l'énorme
monastère bouddhiste . Arrivés sur un haut plateau , nous retrouvons
l'herbe rase de la steppe à perte de vue où des troupeaux de bovins
broutent paisiblement tout en marchant le long de la route .Il faut
attendre une centaine de bornes pour que le désert cède le pas à la
civilisation ; on voit apparaitre des champs de céréale immenses de part
et d'autre de la route . Ici aussi les bovins envahissent les chaumes
pour brouter quand ce ne sont pas des troupeaux de moutons sous la garde
de bergers et de chiens . Sur les petites collines qui barrent l'horizon
, nous voyons apparaitre nos premières forêts depuis bien longtemps
.Quel bonheur de voir toute cette verdure après des semaines passées
dans un univers essentiellement minéral ! Par contre la qualité de la
chaussée laisse fortement à désirer :après vingt bornes de trous
nombreux et parfois profonds ,nous nous ramassons une superbe tôle
ondulée qui fait décoller de terre dès qu'on dépasse les 60 km/h .
Après avoir fait le plein de gasoil , nous traversons une
petite ville où nous trouvons un supermarché ouvert cette fois ,où
Claire et Roger sont déjà entrain de dévaliser les rayons : nous
trouvons du vin argentin , de la vodka ,des crudités et de quoi faire
des toasts pour notre apéro dinatoire .Reparti bien avant nous, Roger
trouve un superbe coin pour pique-niquer au bord d'un petit lac dont les
berges sont envahies d'oies . Bernard et Catherine ne tardent pas à nous
rejoindre à l'ombre de l'auvent pour casser la croute avec nous . Comme
Dominique et Claire acceptent de conduire après midi , nous pouvons
goûter le blanc argentin qui se révèle tout à fait correct pour 3 euros !
Pendant que je mets le blog à jour , Dominique taille la
route du mieux qu'elle peut étant donné la mauvaise qualité de la
chaussée . Nous commençons à voir des vignobles bien entretenus et des
autochtones qui vendent de jolis paniers de raisin sur le bas coté de la
route . Un peu plus loin , surprise , un groupe d'autochtones a exposé
une dizaine de samovars sur des tréteaux qui brillent magnifiquement au
soleil . Je ne résiste pas une seconde et demande à Dominique d'arrêter
. Moi qui rêvais déjà avant de départ de France d'en ramener un , je
n'en crois pas mes yeux : la mise à prix est de 12 000 roubles soit 160
euros . Après un marchandage serré je décroche la timbale à 120 euros !
Quel bonheur , j'ai l'impression que c'est irréel . Aussi quand il
commence à revenir sur sa parole parce qu' il constate qu'avec le change
cela ne fait que 9000 roubles , j'ai les jambes qui flanchent . Puis il
revient sur ses pas et finit par me serrer la main . Ouf , le samovar
est à moi !
Encore une cinquantaine de bornes où nous voyons la silhouette
de montagnes pointues posée sur la plaine se découper à contre-jour avec
en premier plan de jolies collines où errent de grands troupeaux de
moutons dans le soleil couchant et nous voilà à l'hôtel Hermes où nous
arrivons parmi les derniers . Aussitôt nous nous occupons du rangement
de la soute pour y cacher notre précieux butin car demain le passage de
frontière risque d'être chaud . Il y a du travail car deux bouteilles de
vodka ont littéralement explosées sur la piste de ces derniers jours ,
mouillant les réserves de vivre à souhait : nous retirons des pâtes
fondus , des biscuits ramollis , du sopalin imbibé d'alcool , c'est
affreux !
A 19h00 tapantes Vladimir commence la réunion du soir suivi de
l'apéro improvisé de Jean-Louis que nous continuons à la lumière des
phares . Fatigués , nous décidons d'aller manger au restaurant de l'hôtel .

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