jeudi 30 juin 2016

ppi étape 24 le 30 juin 2016 Barabinsk-Novossibirsk 350 km

Hier , la soirée se trouve un peu entachée par un incident
regrettable survenu chez les Staelen ;en partant à la réunion , Marc
claque la porte de son camping-car en laissant les clefs à l'intérieur !
Pas un hublot , pas une fenêtre resté ouvert bien sûr . Il ne reste plus
qu'à appeler notre sauveur :après examen de la situation , Jean-Yves
décide de percer le barillet de la serrure d'un coup de chignole . Marc
, un peu maniaque avec son camping-car , en a les larmes aux yeux à
chaque gémissement de la mèche dans le métal . J'en ai mal pour lui .
Heureusement Monique , plus cool , prend çà à la dérision . Maintenant ,
c'est armé d'un grand tournevis que notre mécano préféré joue dans la
serrure: Marc devient tout pale ! Il ne faut pas moins d'une demi-heure
malgré tout, pour que la porte cède enfin! N'est pas voleur qui veut
!On a pas le temps de s'ennuyer ici , à chaque jour son incident :
qu'est-ce-que ce sera demain ?
Aldar , ce soir s'étend peu sur la prévention routière :"demain
Novossibirsk , quatrième ville de Russie , très grande, 2 millions
d'habitants , beaucoup de circulations , routes défoncées car beaucoup
camions . Très prudent ! Ici , vous pourrez acheter caviar : 3000
roubles pour 100 grammes ... Le marché , 12 rue Michoulevia , plein
centre ville , pas parking , accès difficile ... Surtout il faut goûter
avant acheter ... Surtout pas conserve , caviar tout pourri dedans ...
Acheter en vrac ! Ici, c'est contrebande , mais autorisée , pas de
problème , tu peux acheter...! Une petite histoire : deux ans avant avec
groupe touristes sur lac Baïkal ... tempête.. on se sauve jusqu'à la
côte ...On allume feu , on monte tente ...Un bateau pêcheurs arrive
pour se protéger aussi ... Ils sortent esturgeon grand comme çà , deux
mètres : un coup de couteau , 15 kilos caviar ...Touristes habitués à
petites boites là-bas chez eux , tous grands yeux ...Ils demandent : on
peut acheter ? Aldar donne 5 bouteilles vodka aux pêcheurs ...Alors
touristes mettent petites cuillères sur petit bout de pain , c'est
rigolo ...Moi , prend louche et croque dedans ...Humm! c'est bon comme
çà! ... Nous fait comme çà chez nous , en Sibérie ! Encore petite chose
, avancez vos montres d'une heure !" Cela nous fait 4h00 de décalage
avec la France .
Ce matin , dégagé des obligations du blog , nous nous octroyons
un café au lit que nous accompagnons de lectures concernant le
Transsibérien , vu hier à Barabinsk . Nous apprenons que c'est Alexandre
III qui en a démarré les travaux vers 1881 en attaquant par les deux
bouts , côté Ouest depuis Tuymen et côté Est depuis Vladivostock. Les
problèmes rencontrés étaient multiples : la longueur du trajet, 9200
kilomètres , les conditions météos , le sol marécageux de certains coins
de Sibérie , 7 grands fleuves à traverser (Irtich ,Ob ,Amour ,Volga
,...) , le lac Baïkal .
Le coût énorme des travaux a fait que la France , qui chercher un allié
contre le bloc austro-prussien , a participé financièrement ; c'est ce
qui a ruiné la plupart de nos grands parents avec le fameux Emprunt
Russe . Une aide technique également a été apporté par le biais de
Eiffel et ses ponts métalliques : l'Exposition Universelle de 1900 qui
exhibe la fameuse Tour du même nom , montre également un
wagon-restaurant du Transsibérien où le tout-paris
se précipite pour manger . Le roman Michel Stroggoff de Jules Vernes
favorise également l'engouement des Français pour la cause sibérienne .
La motivation d'Alexandre III , puis de Nicolas II était à la fois
économique car la Sibérie était une mine de richesses , mais aussi
militaire car la Chine devenait menaçante pour la frontière sud-est de
l'Empire Russe . Fini en vingt ans , il sert aussitôt au transport des
troupes pour la guerre avec le Japon en 1905 .
Au début , la traversée du lac Baïkal se faisait grâce à deux
ferry-boats à vapeur qui transportaient 25 wagons chacun
Puis on a monté les rails directement sur la glace avant de se lancer
dans des travaux pharaoniques en perçant pas moins de 39 tunnels pour
contourner le lac Baïkal par le sud . Ces derniers travaux ont été
terminé seulement en 1916 .Comme le trafic passa rapidement de 3 à 20
trains quotidiens d'autres travaux d'améliorations furent vite
nécessaires . Actuellement il faut sept jours et six nuits pour aller de
Moscou à Vladivostock : un projet de TGV est à l'étude actuellement pour
relier Moscou à Pékin en moins de 24 heures !
C'est la tête pleine d'images sur ce train mythique que nous
reprenons aussi notre progression vers l'Est ,un peu moins rapide certes
. La qualité de l'asphalte relativement bonne sur les trois quarts de
l'étape met au repos les amortisseurs du camping-car et par la même
occasion notre dos . Aujourd'hui avec le retour du soleil, la traversée
de la steppe parait moins triste et surtout moins monotone .Toujours pas
de village avec de jolies isbas pour retenir notre attention et de ce
fait pas de petit marchand sur le bas côté de la route pour proposer des
fraises des bois , de cornichons ou même du thé fumant ,comme dans la
région de Tobolsk, armés de gros samovars en métal argenté .
Il faut se contenter de l'immensité de la plaine , plate à souhait , où
ondulent des herbes folles au grès du vent : quelques bouquets de frêles
bouleaux morts le plus souvent ou en tout cas très dépouillés viennent
rompre la monotonie environnante . Un peu avant Novossibirsk nous
franchissons la barre des 8000 kilomètres . D'après Aldar c'est la
nouvelle capitale de la Sibérie , après avoir détrônée la première
Tobolsk , puis Omck , avec l'arrivée de l'industrie pétrochimique . A
55 km de notre point de chute , il faut déjà contourner la mégalopole
dont nous effleurons à peine les faubourgs . Le plein de gasoil
quotidien sagement fait avant la fin de l'étape , nous allons nous
installer dans un centre de loisir , au bord d'un lac de barrage
alimenté par l'Ob , énorme fleuve de 5400 km de long qui traverse le
continent asiatique du sud au nord : né en Chine , il se jette dans la
mer de Kara .
Après un royal pique-nique à l'ombre des pins parasols qui
peuplent la rive , le staff vient nous déloger : un contre-ordre de
dernière minute, dont on ne juge pas utile de nous donner la raison ,
nous déménageons notre campement pour nous installer un peu plus loin
dans une clairière herbeuse , toujours au bord du lac , mais infestée de
moustiques cette fois . Nous décidons de prendre un taxi pour aller au
fameux marché du centre ville ; une heureuse initiative , car malgré la
petite taille de celui-ci , nous mettons pas moins d'une heure pour nous
faufiler dans la circulation et trouver un stationnement à proximité .
Je n'ose pas imaginer la même chose avec trois gros camping-cars !
Affiché à 3000 roubles les 100 grammes , nous l'avons après une agréable
négociation avec une jolie petite russe , à 2600 roubles , soit 34 euros
(340 euros le kilo c'est vraiment beaucoup moins que les 1000-1200 euros
affichés en France ) Comme prévu par Aldar , nous le goûtons avant de
l'acheter au détail . Nous en profitons pour faire un tour au marché aux
épices et aux légumes dont les étales sont superbes . Par contre ceux
des bouchers, avec leurs gros morceaux de viandes coupés à la machette
, ne retiennent pas du tout notre attention . Un rapide tour à l'étage
où sont exposées les fourrures et nous regagnons le campement . Et ce
soir bien sûr ,c'est diner de gala avec caviar-vodka au menu , au milieu
d'une superbe clairière !

1 commentaire:

  1. miam.... vous m'avez donné faim à 9h avec ce caviar...le marché avait l'air magnifique

    RépondreSupprimer