vendredi 24 juin 2016

ppi étape 18 le 24 juin 2016 Ekaterinbourg

Dans la série panne , on continue sur notre lancée : hier soir
c'est le frigo qui est parti en vrille . Une fois de plus je sollicite
Jean-Yves , notre mécano bien aimé , pour résoudre le problème . En un
tour de main , il comprend qu'il s'agit ne notre gicleur qui est bouché
; par contre il ne comprend pas que chez Opale Evasion ils ont changé
le brûleur juste à côté sans vérifier le gicleur alors que nous avions
demandé et payé une révision complète du frigo avant notre départ!!
Résultat nous sommes obligés de faire cuire tous les sachets de viande
et de poisson qui étaient dans le congélateur . Malheureusement ce matin
, les glaçons ne sont toujours pas durs et Jean-Yves est obligé
recommencer le nettoyage du gicleur : malgré tout son ton rassurant nous
soulage quant à l'issu de ce nouvel incident mécanique .
La nuit , bien fraîche pour une fois ,a été particulièrement
réparatrice ; nous nous réveillons vers 7h00 après une nuit de bébé .
Comme nous n'avons plus de pain , nous nous contentons de corn-flakes
au petit déjeuner et à 9h00 tapantes , nous partons en bus en compagnie
de notre nouvelle guide Catherine , comme le nom de la ville qu'elle va
nous faire découvrir . C'est Pierre le Grand qui a fondé Ekaterinbourg
pour en faire une ville industrielle en utilisant l'énergie hydraulique
; il a donc fait construire un barrage , ce qui nous a permis de
profiter d'un magnifique lac juste à côté de notre parking-camping .
Parvenus de l'autre côté du plan d'eau , Catherine nous montre deux
bâtiments modernes de verre et d'acier , abritant le chef du
gouvernement et la chambre des députés , l'exécutif voisinant le
législatif . En face , prés du square aux mille jets d'eau se dresse la
statue de Boris Elsine , l'enfant terrible de la région mais aussi le
premier président de la Russie démocratique .
A bord du bus , les conversations concertant la coupe du monde
de foot-ball qui a lieu en France en ce moment vont bon train et bien
sûr l'un de nous vient titiller Aldar car l'équipe russe vient d'être
éliminée : " à ton avis , quand est-ce que les Russes gagneront la coupe
du Monde de foot ? Quand les Brésiliens remporteront celle de hockey sur
glace , je pense !" Un autre sujet d'actualité anime également notre
petite communauté , c'est la sortie de la Grande Bretagne de l'Europe ce
matin . Treach et Nils , notre couple d'anglais, fort sympathiques
malgré tout , reste sur leur réserve toute la journée .
Catherine nous emmène maintenant dans l'ancien quartier des
négociants , datant du XVIIIème siècle pour admirer de jolies maisons en
bois : construites comme les isbas que nous avons vu le long des routes
dans les villages, avec des rondins , celles-ci sont élégamment
décorées de dentelles en bois qui en soulignent les arêtes principales ;
les encadrements de fenêtres , les linteaux et les volets ne sont pas en
reste quant à la finesse de la décoration . Des porches , des balcons ,
des chiens assis viennent terminer le travail pour le plus grand plaisir
de nos yeux . Un peu plus loin , dans un quartier voisin , c'est la
bibliothèque et un club de poésie qui ont pris demeure dans des isbas
de luxes comme celles des marchands .
Revenus dans la zone moderne , à proximité du lac , elle nous
montre la plus grande salle de spectacle de la ville baptisée Kosmos
avec la sculpture des frères lumières installés devant en mémoire de
leur passage ici à Ekaterinbourg . Cette première projection de film a
déclenché une véritable passion de la population ouralienne , ce qui
fait que la ville possède actuellement plus de 250 cinémas et 65
théâtres . Autre forme de spectacle , elle nous montre à l'autre bout de
l'avenue le cirque d'hiver : construit sous forme de sphère largement
ajourée sous laquelle est suspendu le chapiteau , il ne manque pas
d'allure .
Nous débarquons ensuite quelques instants du bus pour traverser
à pieds un parc décoré de larges escaliers , d'une pièce d'eau centrale
dans laquelle se reflètent la hautes silhouettes des immeubles voisins
et de vastes terrasses dallées où une danseuse , à mon avis
professionnelle ,exécute un numéro de patinage artistique à couper le
souffle. Munie d'écouteur lui procurant la musique nécessaire à sa
répétition, elle est dans sa bulle et elle enchaîne toutes une série de
figures des plus gracieuses sans se soucier le moins du monde de nos
regards admiratifs . Le décor de verdure , la spontanéité de cette
exhibition rendent ce spectacle encore plus saisissant que sur la scène
d'un théâtre . Restés à la traîne pour faire quelques photos , nous nous
dépêchons de rejoindre Catherine qui ne tarit pas déloge devant un
bâtiment servant à accueillir les délégations étrangères : du XVIIIème
siècle également , il rassemble tous les styles et ses couleurs un peu
criardes lui donnent une allure de gros gâteau d'anniversaire : il ne
manque plus que les bougies !
Un nouveau coup de bus mais cette fois beaucoup plus long car
nous quittons la ville par la route P241 qui nous a conduit à
Ekaterinbourg hier . Nous commençons par visiter le mémorial construit à
la mémoires des 18 000 victimes du goulag local : construit en pleine
forêt , c'est émouvant de découvrir toutes ces stèles de pierre garnies
de la liste de nom des victimes de la bêtise et de l'intolérance humaine
. Quelques kilomètres plus loin , c'est tout le contraire, ici c'est
l'insouciance , la frivolité : des rubans de toutes les couleurs
accrochés par les futurs époux aux sapins de la forêt marquent la
frontière entre l'Europe et l'Asie . La tradition veut qu'on boive le
champagne lors de ce passage en mémoire de celui qui a consacré une
bonne partie de sa vie à en déterminer la limite exacte qui correspond à
la ligne de partage des eaux entre à l'ouest le bassin de la Volga et à
l'Est le bassin de l'Obe . Et donc Aldar avec la complicité de Géraldine
nous servent une petite coupe de champagne russe , pas désagréable du
tout quoique un peu trop moelleux à mon goût avant l'inévitable photo de
groupe .
Nous regagnons la capitale de l'Oural pour goûter la cuisine
ouralienne dans un superbe restaurant du centre dont le décor intérieur
rappelle celui d'une isbas ; le potage , l'inévitable "borch" russe, à
base de tomates , d'oignons , de céleri en branche , de navets et de
pommes de terre , se révèle excellent . On continue notre découverte
gustative par un poisson de rivière servi avec des haricots verts et
nous terminons par une espèce de chausson en pâte feuilletée, fourré de
petits dés de pomme parfumés à la cannelle . Ici le personnel est
extrêmement gentil contrairement à celui de la région de Kazan .
Nous consacrons toute l'après midi à la famille Romanov , le
dernier Tsar Nicolas II , son épouse petite fille de la reine Victoria
, leures quatre filles Olga , Maria ,Vanessa , Anastasia et le petit
tsarévich Aléxis , atteint d'hémophilie qu'il tient de la famille
d'Angleterre . Nous attaquons par un monastère construit en pleine forêt
sur le lieu d'une mine désaffectée où les bolcheviques auraient voulu
faire disparaitre les corps après l'assassinat des sept membres de la
famille et de quatre domestiques . Il y a donc sept églises orthodoxes
nichées dans une clairière pour entretenir leur mémoire ,construction
commandité par Boris Elsine en fin de mandat présidentiel , le même qui
en début de carrière politique avait fait raser la maison où la famille
impériale avait trouvé la mort ! Un remord avant la mort , peut-être !!
Nous revenons en ville pour admirer les bulbes dorés de la cathédrale
orthodoxe du Christ Saint Sauveur du Sang Versé , construite sur
l'emplacement de la maison où eu lieu l'assassinat collectif en juillet
1918 alors que l'armée des russes blancs encerclait Ekaterinebourg .
A l'initiative de Géraldine , nous organisons une fête des
voisins en dressant une table d'une vingtaine de mètres de long , face
au lac pour diner ensemble , soit 34 ppistes et deux accompagnateurs .
Vous pourrez donc faire connaissance avec Aldar , notre bouriate en
regardant les photos ; vous le reconnaitrez facilement , il est au
premier plan .

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