Depuis Moscou notre GPS ne fonctionne pas : notre carte SD
fournie par Garmin en France était défectueuse apparemment comme celle
d'ailleurs d'un autre équipage dont le pilote s'appelle Pierre également
. Nous roulons donc depuis avec une carte SD que Jean-Yves , le mécano ,
a bien voulu nous prêter . Là , ce matin nous récupérons une carte
bricolée par Géraldine , une de nos guides ,qu'elle a pu charger via
internet .
Nous testons aussitôt le nouveau cru pour sortir de Kazan ;
malheureusement , au lieu de nous indiquer la route pour récupérer la
bretelle de contournement de la ville , le GPS nous dirige vers le
centre . Après un petit coup de talky walky à Marc et à Serge nous
sommes rassurés : les leurs font la même bêtise . Pour éviter la
circulation déjà très dense bien qu'il ne soit que 8h00 , nous décidons
de s'en tenir à notre feuille de route . Il faut remonter malgré tout de
larges avenues bondées de monde et de trolley-bus qui nous coupent la
route sans cesse pour atteindre les plages sur la Volga et enfin la
forêt . Encore un village d'isbas à traverser et nous devons tomber sur
la M7 . Malheureusement , je ne reconnait pas notre destination ,Ijevsk
, écrit en cyrillique et nous sommes bon pour expérimenter le demi-tour
sur une quatre voies avec terre-plein central : pas facile de couper les
deux voies de gauche face aux camions qui arrivent plein pot ! C'est un
peu la roulette russe...! Et n plus en colonne de trois véhicules , çà
n'améliore pas la sauce !
Sortis par la porte ouest de Kazan , c'est seulement une
trentaine de kilomètres plus loin sur la M7que tombons sur la sortie Est
; nous récupérons d'ailleurs ceux qui , comme Marie-Noelle , sont passés
par le centre-ville . Très vite l'autoroute se métamorphose en une
petite départementale à deux voies mais avec toujours autant de camions
qui ne respecte pas les limitations de vitesse ; dès qu'il y a une côte,
il faut les doubler mais aussitôt ils nous talonnent dangereusement et
dès que nous atteignons une zone 60 km/h , ils redoublent . C'est un
ballet incessant auquel il faut bien s'habituer .
La région que nous traversons maintenant devient très sauvage ;
c'est la taïga : de l'herbe et des forêts de sapins à perte de vue ,
très peu de villages et quand il y en a , ils ne sont plus au bord de la
route mais à quatre ou cinq kilomètres sur le côté , nichés dans les
arbres . La disparition des villages s'accompagne également d'une
raréfaction des pompes à essence : je suis obligé de rouler plus de
trente bornes sur la réserve de gasoil avant d'en trouver une : le
stress me fait commander 70 litres au pompiste alors que je ne peut en
mettre que 60 dans notre réservoir :comme ici on paie d'avance , je mets
le surplus dans notre jerrican de secours dans la soute . Serge ayant le
même problème je me retrouve avec une nourrice pleine à ras-bord .
A peine avons-nous repris la route qu'un petit marché ,
installé sur un parking pour camion , attire notre attention et nous
décidons d'aller voir d'un peu plus prés : on y vend essentiellement
des poissons fumés de toutes sortes : des carpes , des esturgeons ,...
Pour 800 roubles , soit un peu moins de 10 euros , nous achetons un
demi-poisson que nous mangerons ensemble ce soir . Dominique se lance
dans l'achat de quelques patisseries pendant que Marie-Do se laisse
tenter par un grand pot de fraise des bois . Quant à Marc , toujours
aussi bavard , se lance dans des explications concernant une sorte de
beignet fourré à la viande : son imitation de tous les animaux de la
ferme fait beaucoup rire ces braves paysannes russes , contentes de voir
des "françousse" en chair et en os .
Encore une heure de route et en passant sur le pont qui enjambe
un petit lac ,nous trouvons un beau petit coin pour le pique-nique de
midi au bord de l'eau et à l'ombre de surcroît : il vaut mieux car le
thermomètre affiche encore 35 degrés aujourd'hui !
La qualité relativement bonne , hormis sur les ponts , de la
chaussée nous permet d'arriver dans le coin de Ijevsk vers 16h30 : notre
camping est installé dans une petite station de sport d'hiver , au bord
d'un lac dont je ne tarde pas à goûter la fraicheur de l'eau : mon
enthousiasme pour cette baignade n'est guère communicatif ; seules
Dominique et Monique se contentent d'un bain de pieds sur le bord .








Trop bien les aléas du voyage! Ça va pas vous réconcilier avec les gps tout ça! !!!
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