mercredi 29 juin 2016

ppi étape 23 le 29 juin 2016 Omck-Barabinsk 380 km

Ce matin , c'est un peu l'émoi dans notre petite communauté à
la suite de l'annonce du dernier attentat perpétré hier à Istambul ,
responsable de la mort d'une cinquantaines de touristes ! La corvée de
flotte, souvent sujet à la rigolade , est bien morne aujourd'hui ! Même
le récit de Treach , notre anglaise , qui a vu des bergers sur des
chameaux, des vrais à deux bosses , ne parvient pas à détendre
l'atmosphère , bien que a moitié d'entre nous pense qu'elle a dû tirer
un peu trop sur la vodka et le vin de Crimée !
Les recommandations routières d'Aldar pour la journée concerne
l'alcool : "hier , au restaurant , j'ai vu encore bouteille bière
devant assiette ; je répète , en Russie c'est alcool zéro au volant! Si
police arrête toi , c'est goulag ...hi..hi...hi...! En tout cas , tu
peux appeler Aldar , c'est quand même milles dollars , et ils peuvent
prendre véhicule...! C'est très sérieux , je rigole pas ! A partir de
maintenant c'est conduite sibérienne , alors attention ...! Rien à voir
avec conduite russe que vous avez vue jusque là ; çà roule très vite ,
çà double à droite , çà coupe la route sans prévenir, faire très
attention...! Vous verrez beaucoup voitures avec volant à droite ,
voitures occasion achetées Japon : chauffeur sibérien déjà très
dangereux , avec çà , voit rien...Attention.! Demain, arrivons à
Barabinsk , arrêt Transsibérien vingt minutes pour changer locomotive :
si vous voulez voir , pas de problème , mais pas photo... interdit...
surtout pas photo ! Transsibérien , c'est considéré comme stratégique
par gouvernement soviétique...c'est axe vital pour Russie donc surtout
pas photo !"
C'est sous un ciel gris et une pluie battante que nous
attaquons la traversée d'Omk ; notre GPS étant une fois de plus en
rideau , je me cale derrière Roger et Claire partis de bonne heure
aujourd'hui . En passant à proximité du centre ville, nous profitons des
embouteillages pour admirer la cathédrale orthodoxe et une mosquée un
peu plus loin . Très rapidement nous nous initions à la conduite
sibérienne : on a beau avoir été mis en garde par Aldar , ce n'est pas
tous les jours qu'une voiture vous double à droite pour traverser les
trois voies de circulation à notre nez et une fois à l'extrême gauche
recouper la chique à tout le monde pour s'enfourner au final dans une
minuscule ruelle à droite , le tout à quatre vingt km/h .Le problème ,
c'est que des gaillards comme çà il en a des centaines ... C'est
rapidement hallucinant et stressant aussi ...!
Le compteur affiche 18 km lorsque nous sortons enfin de la
ville par une petite route digne du Paris-Roubaix : une tôle ondulée qui
a le chique me mettre tous les éléments bruyants en vibration .On ne
s'entend plus à bord , il faut parler par signes ! Même sortis du
milieux urbain , nos ravacholes de Sibériens continuent à nous
surprendre : sur une petite route à deux voies on est doublé en
permanence par un flot d'intrépides et de trompes-la-mort au grand
mépris des camions qui arrivent en face : on se serre un peu et çà
passe! Juste , certes , mais çà passe , tout çà dans de grandes gerbes
d'eau , la chaussée étant complétement inondée..! Au bout d'une
demi-heure , je n'ai plus un poil de sec ... et j'ai les genoux qui
tremblent...
Au bout de trente bornes nous récupérons enfin la M51 par
laquelle nous aurions dû sortir et éviter le tape-cul sur lequel nous
rebondissons depuis une heure : et oui , une heure pour parcourir trente
kilomètres . A ce train là , nous ne sommes pas rendus . Par chance la
bonne qualité de la grand-route nous permet de rattraper rapidement
notre retard . Très vite , la monotonie du paysage devient pesante ,
derrière les essuies-glaces , en plus . La brouillasse a envahie la
steppe à travers laquelle le ruban de bitume ne daigne pas faire le
moindre petit écart ; c'est désespérant au possible . Pas l'ombre d'un
village , juste quelques étangs , des herbes folles battues par le vent
et à l'horizon un liseré de forêt quand il n'est pas masqué par la brume .
Après avoir doublé Claire et Roger arrêtés pour je ne sais
quelle raison , nous roulons encore deux heures qui paraissent un siècle
avant de trouver un parking de routiers pour casser la croûte , chacun
chez soi ,car il pleut toujours et le thermomètre ne dépasse pas 15
degrés . Après le repas , je vide mon jerrican de 20 litres dans notre
réservoir de gasoil car notre jauge nous fait encore des blagues depuis
l'incident électrique de Kazan où Jean-Yves avait dû intervenir avec son
banc électronique pour désactiver certaines fonctions comme l'ABS et l'
EPS qui restaient allumées au tableau de bord .
Deux petites heures encore de route relativement confortable et
nous entrons dans Barabinsk pour chercher la gare et voir le fameux
Transsibérien : arrivés à 15h30 sur site, nous tombons juste sur lui, à
quai depuis quelques minutes : des paysannes viennent proposer aux
voyageurs des poissons fumés par leurs soins ,qu'elles transportent
enfilés sur une perche . Nous profitons d'être montés sur la passerelle
qui enjambe les voies pour photographier la belle église orthodoxe de
Barabinsk dotée de cinq bulbes dorés . Elle est vraiment superbe sur
fond de ciel tourmen- té avec un petit rayon de soleil qui filtre à
travers la nuée , juste pour le plus grand plaisir de nos yeux . La
gare, propre comme un sou neuf , ressemble d'avantage à un aéroport :
rien à voir avec les halls crasseux des nôtres !
Quelques petites courses de bouche et nous gagnons le parking à camions
indiqué par Géraldine pour y passer la nuit .

1 commentaire:

  1. J imagine comme l annonce à du rafraîchir le moral des troupes...ici c était ps gai. Enfin, finalement je préfère vous savoir en russie :P. Attention pas de bière le midi...pas le goulag!

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