mardi 28 juin 2016

ppi étape22 le 28 juin 2016 Ichim-Omck 350 km

A la réunion d'hier soir nous avons eu l'occasion de goûter le
vin russe de Crimée : le blanc manque de corps et le rouge , un peu
sucré , déstabilise vraiment nos papilles occidentales ! Aldar en
profite une fois de plus pour glisser dans le tuyau de l'oreille une
série de recommandations routière : " pas prendre auto-stoppeur ,pas
s'arrêter si voiture avec capot ouvert ,même si madame à genoux pour
supplier enfant malade ou je ne sais quelle connerie , bandits dangereux
...! Demain on reprend grande route Moscou-Vladivostok , beaucoup
camions parfois roulent à gauche si trous ,faire appels de phare et
klaxon si non bougent pas !"
Ce matin , comme nous ne sommes pas à la bourre pour une fois
,nous nous octroyons un café au lit tout en regardant de plus prés la
géographie de la Russie : nous constatons que Tobolsk , avec sa latitude
à 58 degrés se situe à 600 kilomètres à peine du cercle polaire et à
3000 bornes des côtes américaines , de l'autre côté du détroit de
Béring . Pas étonnant que nous ayons eu froid avec un thermomètre à 12
degrés ! La chaine montagneuse de l'Oural ,que nous avons traversé sans
nous en rendre compte du côté d'Ekaterinbourg , court de la mer de Kara
au nord à la frontière du Kazakstan au sud ; très vieux géologiquement
il a encore moins d'allure que nos massifs Armoricain ou Ardennais . Il
parait qu'il culmine malgré tout à plus de 1800 mètres d'altitude .
C'est la barrière que nous avons franchie pour passer d'Europe en Asie .
Après la géographie , c'est la leçon d'histoire : nous
apprenons qu'à l'origine Ichim était un simple bagne ; ce n'est que sous
Catherine II qu'elle devient une ville à part entière, dotée d'un marché
d'hiver très important , certainement spécialisé dans le commerce des
fourrures à l'époque . Aujourd'hui son activité principale est orientée
vers la construction mécanique et l'agro-alimentaire .
Prés vers 8h00 , nous prenons la direction du centre d'Ichim
que nous traversons de part en part , découvrant au passage une belle
cathédrale orthodoxe , de superbes isbas en rondin , finement décorées ,
et un char d'assaut soviétique trônant au milieu de la place Karl Marx .
Après avoir traversée la rivière Ichim , nous reprenons l'axe
Moscou-Vladvostok qui suit la frontière du Kazakstan située à une
cinquantaine de kilomètres au sud . Une plaine céréalière s'étend devant
nous à perte de vue, mais contrairement à chez nous, ce n'est pas un
patchwork de jaune et de différentes nuances de vert qui s'offre à nous
, mais une uniformité qui n'a d'autre limite que l'horizon . Apparemment
le système collectiviste est encore de mise dans le secteur car ici les
parcelles se mesurent en kilomètres carrés ! Dès que la nature reprend
le dessus , c'est pour faire place à des chapelets d'étangs dans
lesquels des troncs et des branches de bouleaux sont en voie de
putréfaction : on se croirait dans les tourbières des marais de la Somme
. Pas étonnant que le sous-sol soit riche en pétrole et en gaz naturel !
Les conditions de circulation n'ont rien à voir avec celle de
la petite route sympa d'hier ; au pays des trous les camions sont rois ,
les valeurs sont complètement inversées . Nous n'arrêtons pas de nous
faire talonner ou doubler par des semi-remorque lancés à fond les
manettes sur la tôle ondulée . Pas question de lutter avec les énormes
ornières et les bosses qui nous font décoller de terre dès que nous
dépassons les 50km/h . Sur plus de 20 bornes la chaussée se transforme
tout à coup en un véritable bourbier où les trente huit tonnes lèvent
d'énormes gerbes de boue et nous projette par la même occasion des
morceau de glaise sur le pare-brise . Après le bain de boue, voilà que
le macadam a été gratter sur 10 centimètres par endroit , formant des
fosses rectangulaires dont les arêtes bien vives ne plaisent guère à nos
pneus . Dominique profite de nos importants ralentissements pour
franchir de telles embuches , pour prendre des photos des marigots
voisins . Un chauffeur russe , mécontent me mon excès de zèle , se venge
en me poussant vers le bas-côté droit lors de son doublement ; il ne me
reste qu'à bien tenir le volant pour ne pas me retourner dans le large
fossé et lui lancer un violent coup de trompe ! Dans le même registre ,
j'apprends le soir que notre toubib, Charles ,a du sortir de la route
avec le 4X4 de l'expédition pour laisser passer deux camions, pas du
tout enclins à quitter la voie de gauche !
Vers midi et demi , nous quittons la grand-route pour traverser
un petit village à la recherche d'un coin repas . Malheureusement en
Russie , les espaces vides n'existent pas dans les communes , il faut se
résoudre à faire demi-tour . Nous finissons pas trouver notre bonheur
sur un énorme parking pour camions où nous disposons nos véhicules en
carré pour ne pas déjeuner au milieu de nul part et pour nous mettre un
peu à l'abri de la poussière étant donné que le grand beau est revenu .
Comme chaque après midi , Dominique reprend le manche pendant
qu'à ces côtés, je tente la frappe du blog entre deux ornières : c'est
tout une technique! Avec l'ordi sur les genoux , il faut lever très haut
les doigts pour ne pas risquer de toucher le clavier qui rebondit sans
cesse . Pendant que je suis absorbé par mon récit, notre Nespresso ne
trouve rien de mieux que d'ouvrir le robinet de la cuisine en grand .
C'est le bruit de l'eau qui cascade par dessus le buffet et qui coule
jusqu'au poste de pilotage qui finit par attirer mon attention . Dur ,
dur la vie de copilote ! Comme il n'est pas question pour Dominique de
stationner par ici , je ne vous explique pas le numéro d'acrobate que je
suis obligé de réaliser pour tenter de réparer au mieux la situation !!
Tant pis , les finitions , ce sera pour ce soir ! Avant de rentrer dans
Omck , nous décidons de passer les véhicules au karcher tant ils sont
crottés : pendant que nous nous tapons la discute avec le patron des
lieux , ivre mort , un gamin s'applique à nous rendre les camping-cars
comme neuf .
Encore une ville de plus d'un million d'habitants dont la
traversée se révèle bien difficile , d'autant que nous nous la tapons
deux fois , tout çà pour trouver le magasin Obi , recommandé par Aldar ,
hier à la réunion ; après une heure de duel dans une circulation pas
possible , avec notamment une homérique traversée des quatre voies d'en
face à trois camping-cars de front..., nous découvrons qu'il s'agit
d'une réplique de nos Castorama ! Par chance , nous trouvons un peu plus
loin , un Cyne-market qui fait l'affaire . Encore une journée à 400
bornes et 7 heures de volant à mettre à notre actif !

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