Ce matin , nous nous réveillons avec la pluie ; dommage , nous
avions laisser le salon de jardin dehors pour prendre le petit déj . Cà
fait bien longtemps que nous n'avions pas eu de mauvais temps , le
thermomètre est à peine à 17 degrés . Nous reprenons notre progression
vers l'Est dès 8h30 : en principe aujourd'hui nous franchirons la barre
des six mille kilomètres ! Nous espérons que le camping-car de Marc
tiendra le coup : par sécurité il reste au milieu de notre petite
colonne sous notre étroite surveillance ; Serge ouvre la marche pendant
que nous servons de voiture balais . Reste plus qu'à croiser les doigts
en espérant que son voyant de turbo reste éteint ! Hier soir , lors de
la réunion nous avons encore eu le droit à un nouveau chapitre de
prévention routière , façon Aldar : "plus tu va vers l'Est , plus
routes mauvais , plus trous profonds , faire très attention dans
doublement , voitures russes arrivent très vite en face , quelques fois
150 km/h !"
Sur le premier tronçon de l'étape nous retrouvons les routes
épouvantables d'hier avec d'énormes bosses et des trous difficiles à
voir du fait qu'ils sont remplis d'eau . La proportion de camions croît
régulièrement au fur et à mesure que nous avançons vers l'Est ,ce qui ne
nous facilite pas la tâche ! Nous avons même droit à un bouchon suite à
un grave accident , une camionnette complétement écrabouillée sur le cul
d'un semi-remorque ,avec une dizaine de voitures de flics garées
n'importe comment , histoire de réduire encore un peu plus la fluidité
de la circulation .Un autre piège sur cette M7 , ce sont les tronçons de
chaussée parfaitement lisses comme des billards qui brusquement se
métamorphosent en tôle ondulée .Rapidement je suis obligé de prévenir
Serge par talky que je roule sur la réserve ; et malgré cela je ne
parviens à mettre que 43 des 55 litres de gasoil payés d'avance .
Résultat chacun de nous se dévoue pour compléter son plein mais il en
reste quand même ! Dominique profite de cet intermède pour aller acheter
des tomates à une paysanne installée sur le bas côté de la route malgré
la pluie qui continue à tomber . Plus loin ce sont surtout des
confitures et des pots de miel que les autochtones proposent le long de
la route .
Nous traversons très peu de villages aujourd'hui , la région a
l'air plus sauvage et les forêts plus denses aussi ; le peu d'isbas que
nous voyons parait bien triste avec cette lumière blafarde et
l'humidité qui en assombrit leurs rondins. Notre attention est attirée
par les petits cimetières , installés à la sortie des communes , juste
à la lisière de la forêt ; certaines tombes se cachent même parmi les
sapins , la plupart sont couvertes de hautes herbes et de fleurs
sauvages , ne laissant dépasser que le sommet des croix et des stèles .
Malgré la sauvagerie du coin nous tombons sur un déballage de flics
impressionnant : des radars mobiles camouflés , des voitures banalisées
, tout est bon pour piéger les conducteurs , surtout dans les zones
limitées à 40 km/h . Malgré toutes ces embûches nous parvenons à
maintenir une moyenne de 60 km/h ce qui fait que nous arrivons à boucler
l'étape sur la matinée , un peu prolongée certes car nous nous
installons au camping vers 14h00 : en fait nous sommes sur le parking du
stade.
Après le pique-nique pris sur le tare-mac à l'ombre du store ,
nous allons visiter Ekaterinbourg , capitale de l'Oural . Un petit tour
rapide car demain nous avons une visite guidée d'une journée complète
prévue en bus ; nous voyons au passage la cathédrale orthodoxe avec ses
énormes bulbes dorés qui ressortent sur fond de ciel orageux , plusieurs
églises plus discrètes , de grands buildings de verre et d'acier qui se
dressent orgueilleusement de l'autre côté du plan d'eau du parc , de
vieux trolley antédiluviens et bien sûr l'immense stade à la soviétique .








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