Hier , nous avons eu une soirée difficile ...qui a commencé
par l'apéro général organisé par Monique et Marc .Puis une fois les
ppistes repartis dans leur camping car respectif , c'est à bord du notre
que nous avons reçu Aldar , toujours aussi intarissable en anecdotes
plus intéressantes les unes que les autres . C'est après avoir dégommé
moult vodkas et whiskys que notre bouriate bien aimé nous a quitté vers
23h30 pour aller chez Claire et Roger . Motivée par le ramassage des
passeports en vue de notre sortie prochaine de Russie , sa visite chez
nos voisins s'est terminée à 1h00 du mat ! La résistance à l'alcool des
Russes et plus encore des Sibériens , bien que prévenus , nous a laissé
pantois !!
Quel bonheur aujourd'hui d'avoir enfin une journée de relâche
après un enchainement de dix étapes de 4 à 6 cent bornes . 10 000 km qui
nous ont amené au coeur de la Sibérie , entre Moscou et Vladivostock
distante respectivement de 4 et 5 mille kilomètres . Comme à chaque
étape double , un bus vient nous chercher vers 9h30 pour aller visiter
les deux joyaux de la Sibérie centrale , Irkoustk et le lac Baïkal , en
compagnie d'une ravissante et jeune guide , Natacha .
Nous commençons par prendre la direction d'Irkoustk , pour
aller visiter un musée de plein air ,consacré à l'architecture : dans
une clairière au bord du lac, on a reconstitué un village typique
sibérien, en récupérant d'authentiques isbas qui étaient condamnées à
être englouties lorsqu'on a construit, dans les années cinquante ,
barrage sur l'Angara , très gros fleuve d'un kilomètre de large à sa
naissance , lorsqu'il sort du lac Baïkal . Ici on voit bien la structure
de l'habitat avec une haute palissade , faite de troncs qui protège la
cour des intempéries , des animaux sauvages tels que les ours , les
loups et les renards ,et aussi des forçats évadés qui rodaient beaucoup
à l'époque : à leur intention , les autochtones laissaient toujours un
peu de nourriture à l'extérieur de l'enclos . Certaines cour intérieure
étaient dotées d'un épais plancher que la maitresse de maison briquait
avec une pierre comme pour les pont de bateau ; au fond il y avait les
dépendances pour abriter les animaux domestiques , le foin , les
réserves de nourriture et les outils . Sur un des côtés on peut
visiter l'habitation principale faite de gros troncs empilés et emboités
aux angles par tout un système de tenons et de mortaises : en bas , pour
éviter la putréfaction on utilisait le mélèze , au dessus le pin de
Sibérie plus isolant . Les interstices entre les troncs étaient calfatés
avec de l'écorce de bouleau . La disposition intérieure étaient
standardisait : de part et d'autre du sasse d'entrée on trouve la
chambre avec de petits lits très hauts sur pattes et la cuisine dotée un
énorme poêle fait en briques , recouvert de chaux , un peu comme les
poêles alsaciens en faïence . Au dessus on installait deux couchettes
pour les nuits d'hiver où le thermomètre peut descendre à moins 50
alors que l'été il atteint facilement 40 degrés : un pays de contraste
! Il en est de même dans la journée avec 12 degrés le matin et 37
l'après midi comme hier par exemple ! On continue la visite par celle
de l'église également tout en troncs avec un clocher doté d'un bulbe
réalisé avec de petites planchettes cintrées pour en respecter les
courbes . Les bouriates qui habitaient la région , en temps que
descendants des Mongols , fabriquaient leur maison en forme de yourte
avec un feu ouvert au centre , le coin des femmes à droite de l'entrée ,
à gauche le coin des hommes et au fond le coin dortoir . La forme
conique du toit avec une ouverture centrale permettait l'évacuation de
la fumée comme dans les tipis des indiens d'Amérique du Nord : l'été ça
permettait d'établir un courant d'air avec la porte ouverte à deux
battants pour rafraichir l'intérieur .
Nous reprenons ensuite le bus pour aller à Listvianka , petit
port et station balnéaire , installé sur la côte nord du Baïkal pour
aller d'abord au restaurant déguster de l'Omul , poisson spécifique des
eaux glacées du lac : nous le dégustons d'abord cru ou à peine fumé ,
puis cuit en brochette avec des oignons et une sauce assez relevé . Sa chair
ferme est vraiment d'un goût très fin et, grand bonheur ,dépourvue
d'arête ! D'après Natacha , il s'agit d'un salmonidé , rose au départ ,
qui est devenu blanc au fil des siècles . Il vit à deux ou trois cent
mètres de profondeur.
Au cours du repas , nous lui demandons pourquoi les serveuses onst
autant le visage figé , de pourvu de tout sourire: " c'est parce que
chez nous en Russie , il n'est pas convenable de montrer ses dents comme
le font les Américains!"
Pour faciliter notre digestion , notre guide nous convie a une
petite croisière sur le lac , tout en nous le présentant sous toutes ses
coutures : plus de 600 km de long , plus de 45 de larges et plus de 1650
mètres de profondeur qui en fond la plus grande réserve d'eau douce de
la planète ; 5 fois la superficie des Grands Lacs Américains (et pan
dans le bec des yankees) En hiver , c'est à dire pendant huit mois
l'eau est gelée et permet la circulation en voiture sur le lac . En
1904 on a même mis les rails du Transsibérien dessus pour faire passer
les troupes partant pour la guerre avec le Japon . Pour ne pas ébranler
la glace avec les locomotives , on faisaient tirer les wagons par des
chevaux . Puis on a utilisé deux brises-glaces qui pouvaient transporter
chacun 25 wagons .On a ensuite construit le contournement du
Transsibérien par le sud en creusant 39 tunnels .Lors du dégel l'eau est
si pure qu'on peut voir jusqu'à quarante mètres de profondeur , elle est
potable partout d'après les scientifique .
Il est déjà presque 16h00 lorsque nous reprenons le bus pour
aller visiter Irkoustk : les 45 km de route qui nous y emmènent ont été
construits pour la deuxième visite Einsenhoher qui pour finir n'a pas eu
lieu à cause d'un incident militaire(avion américain de reconnaissance
abattu sur le sol russe) , point de départ de la Guerre Froide entre les
deux supers puissances . Irkoutsk a été fondé en 1650 par les cosaques
du tsar : d'abord un simple petit fort , qui devient une petite ville
commerciale spécialisée dans les fourrures , surtout les zibelines .
Ensuite sa notoriété étaient moins glorieuse , liée aux nombreux forçats
déportés dans la régions , dont les Décembristes en 1825 ; il
s'agissait de nobles réformistes qui désiraient l'abolition du servage
et qui ont tenté pour cela de renverser le tsar Nicolas 1er . Il parait
qu'un habitant sur deux d'Irkoutsk descendrait de bagnard ! C'est le
Transsibérien qui propulsa ensuite la ville au rang de capitale de la
Sibérie Orientale . Actuellement l'industrie de l'aluminium ,
l'électricité produite par les grands barrages et les universités en
fond sa notoriété . Elle compte pas moins de 600 000 habitants ,
dont beaucoup de jeunes du fait de la forte concentration estudiantine .
Une ville qui subit 300 secousses sismiques par ans , c'est pourquoi le
grand barrage sur Angara a une digue en terre et en roches plutôt qu'en
béton . Après nous avoir fourni toutes ces précieuses informations ,
Natacha nous conduit jusqu'au musée consacré aux Décembristes : leurs
épouses sont venues pour la plupart en Sibérie pour les soutenir ; ils
étaient condamnés à 20 ans de travaux forcés mais à force de suppliques
adressées au tsar , ils n'en purgèrent que 9.Le petit musée est
installé dans une superbe isba en bois au milieu d'un beau petit jardin
: c'est là que l'une des épouses a vécu pendant que son mari travaillait
enchainé dans les mines de charbon . C'est intéressant de voir le
mobilier de l'époque , les instruments de musiques , les lettres , et
une foule de détails se rapportant à cette première révolution russe .
Nous allons ensuite voir toute une séries d'isbas de luxes ,
construites par de riches marchands, qui ont consacré une partie de leur
fortune à faire décorer leurs façades de dentelles de bois , de balcons
soutenus par des colonnes sculptées et d'imposants porches pour le plus
grand plaisir de nos yeux . Une rafale de clichés s'imposent pour ne
pas oublier la finesse de la décoration des linteaux , des volets et
même des gouttières .
Un peu plus loin vers l'Angara nous arrêtons le bus devant deux
magnifiques églises orthodoxes qui rivalisent de beauté , se dressant
fièrement de part et d'autre de l'avenue Lénine ; l'une s'impose par la
sobriété de ses hauts murs d'un blanc immaculé qui tranche avec le vert
du cuivre oxydé de ses dômes ; l'autre, à l'inverse , exhibe tout une
série de fresques aux couleurs éclatantes sur sa façade principale que
surmontent des bulbes et dômes dorés, étincelant au soleil couchant .
Sur le fleuve des chapelets de petites embarcations de pêcheur osent
s'ancrer dans le courant , pourtant très violent à cet endroit .
Heureusement que nous avions préparé les plateaux de toasts ce
matin ,car aujourd'hui nous sommes d'apéro général et le bus ne nous
ramène pas avant 20h00 au camping . La proximité du Baïkal nous oblige
à enfiler une petite laine pour rester dehors ce soir . Encore une
journée bien difficile !
mercredi 6 juillet 2016
mardi 5 juillet 2016
nouvelles de siberie
Salut les enfants
Je suis très content que çà va bien chez vous , que vous avez passé un
bon moment ensemble pour l'anniversaire de Nathalie et que les deux
terreurs se sont éclatés . Ici nous n'avons guère le temps d'écrire de
petits mots personnel comme celui-là , mais ça ne nous empêche pas de
penser souvent à vous et d'en discuter entre nous . On aaque déjà la 30
ème étape aujourd'hui avec 10 000 km au compteur en fin de journée . On
sent que la fatigue est là : heureusement qu'on conduit à deux et qu'on
se répartit les tâches .J 'espère qu'avec le blog vous voyez un peu ce
que nous traversons , en tout cas j'essaie de fournir le plus de détails
possible et d'être présent chaque jour , ce qui tient quelquefois de
l'exploit physique en tapant sur l'ordi sur la piste par exemple ou à 5
heures du mat .
En tout cas gros bisous de sibérie à vous tous et j'espère à
très bientôt sur le web
Je suis très content que çà va bien chez vous , que vous avez passé un
bon moment ensemble pour l'anniversaire de Nathalie et que les deux
terreurs se sont éclatés . Ici nous n'avons guère le temps d'écrire de
petits mots personnel comme celui-là , mais ça ne nous empêche pas de
penser souvent à vous et d'en discuter entre nous . On aaque déjà la 30
ème étape aujourd'hui avec 10 000 km au compteur en fin de journée . On
sent que la fatigue est là : heureusement qu'on conduit à deux et qu'on
se répartit les tâches .J 'espère qu'avec le blog vous voyez un peu ce
que nous traversons , en tout cas j'essaie de fournir le plus de détails
possible et d'être présent chaque jour , ce qui tient quelquefois de
l'exploit physique en tapant sur l'ordi sur la piste par exemple ou à 5
heures du mat .
En tout cas gros bisous de sibérie à vous tous et j'espère à
très bientôt sur le web
ppi étape 29 le 5 juillet 2016 Sayansk-Irkoutsk 400 km
Heureusement que nous sommes arrivés tôt hier soir car il y
avait l'apéro de Serge et Marie-Do et barbecue général : notre
campement dans une clairière avec des bouquets de sapins un peu partout
s'y prêtait bien . On voit que Sayansk est une petite station de sport
d'hiver , nous sommes quand même à 600 mètres d'altitude ! Rien à voir
avec nos stations alpines , mais dans notre pâture , il y a quand même
une machine à faire les pistes en stationnement. Autre conséquence de
tous ces événements , la réunion du soir a été écourté : " demain ,
arrivons enfin à Irkoutsk ... grande ville , beaucoup circulation ....
autant de voitures achetées ici qu'à Moscou .... Sibériens riches ,
beaucoup voiture , faire très attention et patience , patience ,
patience car il y aura bouchon ... Surtout sur la route traverse
quelques villes , pas contournement , traverse par centre , aie aie ,
aie ...! Beaucoup police aussi ,plus on rapproche Irkoutsk , donc
attention vitesse , feux rouges , et pas d'alcool .... Alcool zéro pour
touriste .... Sibériens alcool , pas de problème ...bakchich ...Pas de
problème ... Toi , zéro alcool ! Plus on approche Pacifique , plus de
voitures japonaises avec volant à droite , très dangereux , vous avez dû
voir déjà , mais ici beaucoup , beaucoup voiture comme ça ...Poutine ,
voulu interdire volant à droite , six ou sept ans avant , mais Sibériens
têtus ... Rien à faire , Moscou trop loin ... Sibériens arrêtent donner
pétrole , gaz ...Alors Poutine obligé abandonner , hi! h! hi ! Après
Irkoutsk , on continue vers lac Baïkal , route deux voies et montagnes
russes ....beaucoup hauts de côtes , très dangereux ...sibériens
doublent quand même , voit rien ...mais double quand même ! Il faut
s'écarter sur droite , lui passera toujours ! Très dangereux rouler par
ici ! Si arrivez de bonne heure , pouvez baigner dans lac , eau 12
degrés, hi!hi!hi!.... Irtkoutsk , grande escale du Transsibérien : à
bord , quatre classes , très luxueux avec dentelles partout en première
, et wagons bestiaux en quatrième avec lits superposés même dans couloir
; mais femmes préfèrent quatrième pour pas être violée ... Depuis deux
ans wagon spécial pour femme !"
Après une nuit très fraiche à 14 degrés qui a permis de bien
dormir , c'est grand beau , un ciel immaculé , le panard pour aller à la
découverte du Baïkal . Irkoutsk , encore un nom qui fait rêver et qui
rappelle furieusement nos lectures de jeunesse : l'imagination sans
limite de Jules Verne nous déjà fait courir à travers ces contrées
hostiles grâce à son héro Michel Strogoff . Comme hier nous jouons la
prudence en faisant le plein de gasoil dès la sortie de Sayansk . Tout
de suite nous retrouvons les paysages vosgiens de a veille ,avec
petites montagnes arrondies et sapins à tout va. A peine avons-nous le
temps de nous y habituer, que voilà d'immenses combes jurassiennes où
de grands troupeaux de vaches vont paitre en toute liberté . Des
villages aux isbas en rondins s'y perdent aussi parmi les pâturages .
De nombreux petits lacs offrent leur miroir aux nuages : prés de
ceux-ci , des volutes bleutées trahissent la présence de fumoir à
poissons où les pêcheurs préparent leur précieux butin . Tout à coup des
chevaux se lancent dans un galop effréné , suivis de peu par un groupe
de vaches le long de la voie ferrée comme pour escorter le Transsibérien .
Maintenant la forêt disparait pour laisser place à des cultures
céréalières dont les champs se perdent à l'infini : curieusement on ne
voit pas de betteraves à sucre les accompagner comme chez nous : ce
brave Fidèle Castro y serait pour quelques choses en imposant sa canne à
sucre que ça ne m'étonnerait pas . Puis c'est de nouveau la lande
herbeuse , toute plate, à travers laquelle le ruban d'asphalte est tiré
au cordeau jusqu'à l'horizon : au premier plan de frêles bouleaux ont
enfilé de grandes chaussettes noirs d'au moins un mètre de haut . C'est
certainement le résultat d'inondations antérieures .
Arrivés à Irkoutsk vers 13h00 , nous décidons de profiter de la
trève du repas pour en affronter la circulation infernale . Malgré tout,
çà bouchonne dur le long des grandes avenues . Suite à des problèmes de
plein de gaz pour Marc, de talky walky pour nous , nous nous perdons de
vue pendant toute la traversée de la mégalopole pour nous retrouver
enfin , une heure plus tard ,sur la route de Listvianka . Nous trouvons
un superbe coin ombragé sous les sapins au bord du lac Baïkal pour
pique-niquer : un vrai paradis, avec en plus un groupe de villageois
qui dansent aux sons d'un accordéon . J'y fais encore la connaissance
d'une chienne venue chercher quelques friandises : un genre de Berger
Suisse dont les énormes mamelles laissnte supposer qu'elle a laissé ses
chiots de côté pour nous rendre visite .
Après le repas , nous décidons de pousser jusqu'au village de
Listvianka qui est une véritable station balnéaire avec de petites
plages de galets . Curieusement , le thermomètre chute de 35 à 19 degrés
dès que nous approchons du lac Baïkal . Nous ne résistons pas , malgré
tout , à l'envie de prendre un bain , de pieds seulement, car l'eau est
à 12 degrés ! Puis nous gagnons notre campement ,installé dans la forêt
de sapin ,sur les hauteurs qui dominent le lac où nous nous baignons ,
mais en piscine chauffée cette fois avec de l'eau à 28 degrés , c'est
mieux !
avait l'apéro de Serge et Marie-Do et barbecue général : notre
campement dans une clairière avec des bouquets de sapins un peu partout
s'y prêtait bien . On voit que Sayansk est une petite station de sport
d'hiver , nous sommes quand même à 600 mètres d'altitude ! Rien à voir
avec nos stations alpines , mais dans notre pâture , il y a quand même
une machine à faire les pistes en stationnement. Autre conséquence de
tous ces événements , la réunion du soir a été écourté : " demain ,
arrivons enfin à Irkoutsk ... grande ville , beaucoup circulation ....
autant de voitures achetées ici qu'à Moscou .... Sibériens riches ,
beaucoup voiture , faire très attention et patience , patience ,
patience car il y aura bouchon ... Surtout sur la route traverse
quelques villes , pas contournement , traverse par centre , aie aie ,
aie ...! Beaucoup police aussi ,plus on rapproche Irkoutsk , donc
attention vitesse , feux rouges , et pas d'alcool .... Alcool zéro pour
touriste .... Sibériens alcool , pas de problème ...bakchich ...Pas de
problème ... Toi , zéro alcool ! Plus on approche Pacifique , plus de
voitures japonaises avec volant à droite , très dangereux , vous avez dû
voir déjà , mais ici beaucoup , beaucoup voiture comme ça ...Poutine ,
voulu interdire volant à droite , six ou sept ans avant , mais Sibériens
têtus ... Rien à faire , Moscou trop loin ... Sibériens arrêtent donner
pétrole , gaz ...Alors Poutine obligé abandonner , hi! h! hi ! Après
Irkoutsk , on continue vers lac Baïkal , route deux voies et montagnes
russes ....beaucoup hauts de côtes , très dangereux ...sibériens
doublent quand même , voit rien ...mais double quand même ! Il faut
s'écarter sur droite , lui passera toujours ! Très dangereux rouler par
ici ! Si arrivez de bonne heure , pouvez baigner dans lac , eau 12
degrés, hi!hi!hi!.... Irtkoutsk , grande escale du Transsibérien : à
bord , quatre classes , très luxueux avec dentelles partout en première
, et wagons bestiaux en quatrième avec lits superposés même dans couloir
; mais femmes préfèrent quatrième pour pas être violée ... Depuis deux
ans wagon spécial pour femme !"
Après une nuit très fraiche à 14 degrés qui a permis de bien
dormir , c'est grand beau , un ciel immaculé , le panard pour aller à la
découverte du Baïkal . Irkoutsk , encore un nom qui fait rêver et qui
rappelle furieusement nos lectures de jeunesse : l'imagination sans
limite de Jules Verne nous déjà fait courir à travers ces contrées
hostiles grâce à son héro Michel Strogoff . Comme hier nous jouons la
prudence en faisant le plein de gasoil dès la sortie de Sayansk . Tout
de suite nous retrouvons les paysages vosgiens de a veille ,avec
petites montagnes arrondies et sapins à tout va. A peine avons-nous le
temps de nous y habituer, que voilà d'immenses combes jurassiennes où
de grands troupeaux de vaches vont paitre en toute liberté . Des
villages aux isbas en rondins s'y perdent aussi parmi les pâturages .
De nombreux petits lacs offrent leur miroir aux nuages : prés de
ceux-ci , des volutes bleutées trahissent la présence de fumoir à
poissons où les pêcheurs préparent leur précieux butin . Tout à coup des
chevaux se lancent dans un galop effréné , suivis de peu par un groupe
de vaches le long de la voie ferrée comme pour escorter le Transsibérien .
Maintenant la forêt disparait pour laisser place à des cultures
céréalières dont les champs se perdent à l'infini : curieusement on ne
voit pas de betteraves à sucre les accompagner comme chez nous : ce
brave Fidèle Castro y serait pour quelques choses en imposant sa canne à
sucre que ça ne m'étonnerait pas . Puis c'est de nouveau la lande
herbeuse , toute plate, à travers laquelle le ruban d'asphalte est tiré
au cordeau jusqu'à l'horizon : au premier plan de frêles bouleaux ont
enfilé de grandes chaussettes noirs d'au moins un mètre de haut . C'est
certainement le résultat d'inondations antérieures .
Arrivés à Irkoutsk vers 13h00 , nous décidons de profiter de la
trève du repas pour en affronter la circulation infernale . Malgré tout,
çà bouchonne dur le long des grandes avenues . Suite à des problèmes de
plein de gaz pour Marc, de talky walky pour nous , nous nous perdons de
vue pendant toute la traversée de la mégalopole pour nous retrouver
enfin , une heure plus tard ,sur la route de Listvianka . Nous trouvons
un superbe coin ombragé sous les sapins au bord du lac Baïkal pour
pique-niquer : un vrai paradis, avec en plus un groupe de villageois
qui dansent aux sons d'un accordéon . J'y fais encore la connaissance
d'une chienne venue chercher quelques friandises : un genre de Berger
Suisse dont les énormes mamelles laissnte supposer qu'elle a laissé ses
chiots de côté pour nous rendre visite .
Après le repas , nous décidons de pousser jusqu'au village de
Listvianka qui est une véritable station balnéaire avec de petites
plages de galets . Curieusement , le thermomètre chute de 35 à 19 degrés
dès que nous approchons du lac Baïkal . Nous ne résistons pas , malgré
tout , à l'envie de prendre un bain , de pieds seulement, car l'eau est
à 12 degrés ! Puis nous gagnons notre campement ,installé dans la forêt
de sapin ,sur les hauteurs qui dominent le lac où nous nous baignons ,
mais en piscine chauffée cette fois avec de l'eau à 28 degrés , c'est
mieux !
dimanche 3 juillet 2016
ppi étape 27 le 3 juillet 2016 Krasnoïarsk-Taïchet 380 km
Comme chaque matin , en chargeant les coordonnées GPS , je suis
toujours surpris par la progression de notre longitude : partis de 1
degré nous voilà arrivés à 97 : c'est vrai que c'est la première fois
pour nous que nous allons aussi loin vers l'Est par voie terrestre .
Krasnoïarsk , encore une ville russe de plus d'un millions d'habitants ,
est la capitale du Kraï , vaste région de la Sibérie centrale , qui
s'étend sur 3000 km du nord au sud et représente 4 fois la France . En
entrant dans cette mégalopole , nous avons traversé le fleuve Ienisseï ,
qui prend sa source en Mongolie et coule vers le nord sur plus de 3300
km pour se jeter dans la Mer de Kara . La Sibérie est vraiment le pays
de la démesure ! Après le GPS, c'est aux autres instruments de bord
qu'il faut penser et surtout ne rien oublier : les batteries de la
Go-Pro , la tablette de commande de notre "centrale électrique" ,le
téléphone se charge en roulant , par l'intermédiaire de deux ports USB
sur l'allume-cigare où est branchée en permanence la dach-cam et le GPS;
les talkies walkies , l'ordinateur , la batterie de l'appareil photo
c'est sur le 220 v fourni par notre super-convertisseur 3000 watts.
Bien que très fatigués hier soir ,par dix heures de route
pénible , tout le monde est à l'heure pour l'incontournable réunion : "
Pour demain , plus petite étape , moins fatigante ... mais attention ,
tout le long c'est travaux...travaux... travaux...et encore 100
kilomètres de piste ... Vous avez habitude maintenant , ce matin c'était
petit exercice , maintenant on passe choses sérieuses , nous sommes
coeur de Sibérie ,maintenant aventure commence ...hi!hi!hi!... Sur piste
, si voiture sibérienne double , toujours laisser 4 ou 5 mètres ...si tu
peux pas décaler à cause trous , tu ralentis ... très important , si non
carrosserie, aie!aie!aie! Au soir , arrivons à Taïchet , attention
vampires , hi!hi!hi! gros moustiques sibériens , piquent très fort !
mettre manches longues et pantalons , c'est mieux ! Ici , vivent Touvas
, peuplade très ancienne , comme bouriates plus à l'Est : sont origine
turque , sont éleveurs de bétail , moutons , bovins, yaks !"
La sortie de Krasnoïarsk se passe aussi bien que l'entrée : il
faut dire aussi que nous sommes dimanche et de bonne heure en plus
,résultat , il n'y a pas un chat dans les rues .Etant donné que nous
sommes en Sibérie profonde , nous optons pour la sagesse en faisant le
plein de gasoil avant de partir . Comme dans la plupart des villes
russes , nous sommes épatés par la présence de nombreuses usines
crachant à tout va leurs fumées noires en plein centre .
Dès que les faubourgs disparaissent derrière nous , la route part à
l'assaut de petits monts de quelques centaines de mètres d'altitude . Cà
fait bien longtemps que nous n'avions pas quitté le plancher des vaches
de la sorte avec cette interminable traversée de la steppe sibérienne .
Quel plaisir de serpenter parmi les hauts sapins à la découverte ici
d'un joli petit lac , là d'un minuscule village aux maisons en rondin :
on se croirait vraiment dans les Vosges Par contre les nombreux virages
ne facilitent pas le doublement des camions qui peinent dans les côtes
parfois à plus de 12 % . Arrivés au kilomètre cent , nous avons la bonne
surprise de constater que la piste promise par Aldar a été macadamisée .
Il s'en passe en deux ans , même en Russie ! De ce fait , nous
atteignons Kansk , petite ville située deux cent borne à l'Est un peu
avant la fin de matinée , juste pour faire quelques courses de bouche :
encore une fois nous sommes surpris de la faiblesse des prix car nous
nous sortons avec 2000 roubles , soit 26 euros pour un caddy bien garni
! Dans le petit super-marché nous faisons la connaissance d'un jeune
russe désirant parler anglais avec des touristes ; à notre demande , il
nous conduit dans une pizzeria un peu excentrée et nous aide à passer
commande , ce qui n'est pas chose facile avec un menu écrit en
cyrillique . Les russes se révèlent d'excellents pizzaïolos : nous
mangeons pour 13 euros par couple , boissons comprises et en plus la
taulière nous offre des barres chocolatées et une pizza à emporter .
Nous la remercions chaleureusement ( "spéciba bolchoï") et nous offrons
une bouteille de vin français et une excellente terrine de pâté à notre
guide bienfaiteur .
Comme d'habitude c'est Dominique qui prend le manche cette
après midi , d'autant plus que j'ai goûté la bière russe en mangeant .
Partout dans les villages que nous traversons , nous assistons au
stockage du bois pour l'hiver : de belles petites bûches de bouleau ,
argentées à souhait , rangées méticuleusement en stères devant la façade
des isbas . On récolte et on range aussi le foin un peu partout : on
voit bien que les Touvas sont des éleveurs , d'ailleurs à plusieurs
reprises ,nous sommes obligés d'arrêter le camping-car pour laisser
passer des troupeaux de vaches qui errent sans surveillance .Un peu plus
loin, c'est le train qui nous oblige à arrêter : pour éviter aux
ravacholes de conducteurs sibériens de passer bien que les barrières
soient baissées , des plaques de métal de 50 centimètres de largeur
sortent du macadam des deux côtés et sur chacune des voies . Des petits
vendeurs , installés sur les bas côtés , proposent des sortes de
bouquets de branches feuillues , pendus en chapelets sur une longue
perche de bois. Hier soir Aldar nous a expliqué que cela servait à se
flageller la peau pour la tonifier après la toilette un peu comme çà se
faisait chez nous dans les campagnes avec des orties .
Pour une fois nous arrivons de bonne heure , vers 16h00 mais
une sacrée surprise nous attend au bout du chemin de terre qui mène au
camping: le passage d'un pont en bois un peu vermoulu et branlant , et
en plus très étroit . Roger et Claire refusent de le franchir ainsi que
deux autres équipages ; après un repérage minutieux avec Serge et Marc
et le rebouchage d'un trou avec quelques planches avec Dominique , je
tente le passage en premier, étant en tête de colonne . Si nous passons
nos 5.2 tonnes , les autres pourrons traverser à coup sûr . Les bois
craquent , fléchissent mais tiennent le coup à merveille .La récompense
est au bout car pour une fois le coin est vraiment génial : un petit
lac , des sapins et surtout de l'herbe par terre : çà tombe à-pic car
on commençait à faire une allergie aux parkings en macadam !!
toujours surpris par la progression de notre longitude : partis de 1
degré nous voilà arrivés à 97 : c'est vrai que c'est la première fois
pour nous que nous allons aussi loin vers l'Est par voie terrestre .
Krasnoïarsk , encore une ville russe de plus d'un millions d'habitants ,
est la capitale du Kraï , vaste région de la Sibérie centrale , qui
s'étend sur 3000 km du nord au sud et représente 4 fois la France . En
entrant dans cette mégalopole , nous avons traversé le fleuve Ienisseï ,
qui prend sa source en Mongolie et coule vers le nord sur plus de 3300
km pour se jeter dans la Mer de Kara . La Sibérie est vraiment le pays
de la démesure ! Après le GPS, c'est aux autres instruments de bord
qu'il faut penser et surtout ne rien oublier : les batteries de la
Go-Pro , la tablette de commande de notre "centrale électrique" ,le
téléphone se charge en roulant , par l'intermédiaire de deux ports USB
sur l'allume-cigare où est branchée en permanence la dach-cam et le GPS;
les talkies walkies , l'ordinateur , la batterie de l'appareil photo
c'est sur le 220 v fourni par notre super-convertisseur 3000 watts.
Bien que très fatigués hier soir ,par dix heures de route
pénible , tout le monde est à l'heure pour l'incontournable réunion : "
Pour demain , plus petite étape , moins fatigante ... mais attention ,
tout le long c'est travaux...travaux... travaux...et encore 100
kilomètres de piste ... Vous avez habitude maintenant , ce matin c'était
petit exercice , maintenant on passe choses sérieuses , nous sommes
coeur de Sibérie ,maintenant aventure commence ...hi!hi!hi!... Sur piste
, si voiture sibérienne double , toujours laisser 4 ou 5 mètres ...si tu
peux pas décaler à cause trous , tu ralentis ... très important , si non
carrosserie, aie!aie!aie! Au soir , arrivons à Taïchet , attention
vampires , hi!hi!hi! gros moustiques sibériens , piquent très fort !
mettre manches longues et pantalons , c'est mieux ! Ici , vivent Touvas
, peuplade très ancienne , comme bouriates plus à l'Est : sont origine
turque , sont éleveurs de bétail , moutons , bovins, yaks !"
La sortie de Krasnoïarsk se passe aussi bien que l'entrée : il
faut dire aussi que nous sommes dimanche et de bonne heure en plus
,résultat , il n'y a pas un chat dans les rues .Etant donné que nous
sommes en Sibérie profonde , nous optons pour la sagesse en faisant le
plein de gasoil avant de partir . Comme dans la plupart des villes
russes , nous sommes épatés par la présence de nombreuses usines
crachant à tout va leurs fumées noires en plein centre .
Dès que les faubourgs disparaissent derrière nous , la route part à
l'assaut de petits monts de quelques centaines de mètres d'altitude . Cà
fait bien longtemps que nous n'avions pas quitté le plancher des vaches
de la sorte avec cette interminable traversée de la steppe sibérienne .
Quel plaisir de serpenter parmi les hauts sapins à la découverte ici
d'un joli petit lac , là d'un minuscule village aux maisons en rondin :
on se croirait vraiment dans les Vosges Par contre les nombreux virages
ne facilitent pas le doublement des camions qui peinent dans les côtes
parfois à plus de 12 % . Arrivés au kilomètre cent , nous avons la bonne
surprise de constater que la piste promise par Aldar a été macadamisée .
Il s'en passe en deux ans , même en Russie ! De ce fait , nous
atteignons Kansk , petite ville située deux cent borne à l'Est un peu
avant la fin de matinée , juste pour faire quelques courses de bouche :
encore une fois nous sommes surpris de la faiblesse des prix car nous
nous sortons avec 2000 roubles , soit 26 euros pour un caddy bien garni
! Dans le petit super-marché nous faisons la connaissance d'un jeune
russe désirant parler anglais avec des touristes ; à notre demande , il
nous conduit dans une pizzeria un peu excentrée et nous aide à passer
commande , ce qui n'est pas chose facile avec un menu écrit en
cyrillique . Les russes se révèlent d'excellents pizzaïolos : nous
mangeons pour 13 euros par couple , boissons comprises et en plus la
taulière nous offre des barres chocolatées et une pizza à emporter .
Nous la remercions chaleureusement ( "spéciba bolchoï") et nous offrons
une bouteille de vin français et une excellente terrine de pâté à notre
guide bienfaiteur .
Comme d'habitude c'est Dominique qui prend le manche cette
après midi , d'autant plus que j'ai goûté la bière russe en mangeant .
Partout dans les villages que nous traversons , nous assistons au
stockage du bois pour l'hiver : de belles petites bûches de bouleau ,
argentées à souhait , rangées méticuleusement en stères devant la façade
des isbas . On récolte et on range aussi le foin un peu partout : on
voit bien que les Touvas sont des éleveurs , d'ailleurs à plusieurs
reprises ,nous sommes obligés d'arrêter le camping-car pour laisser
passer des troupeaux de vaches qui errent sans surveillance .Un peu plus
loin, c'est le train qui nous oblige à arrêter : pour éviter aux
ravacholes de conducteurs sibériens de passer bien que les barrières
soient baissées , des plaques de métal de 50 centimètres de largeur
sortent du macadam des deux côtés et sur chacune des voies . Des petits
vendeurs , installés sur les bas côtés , proposent des sortes de
bouquets de branches feuillues , pendus en chapelets sur une longue
perche de bois. Hier soir Aldar nous a expliqué que cela servait à se
flageller la peau pour la tonifier après la toilette un peu comme çà se
faisait chez nous dans les campagnes avec des orties .
Pour une fois nous arrivons de bonne heure , vers 16h00 mais
une sacrée surprise nous attend au bout du chemin de terre qui mène au
camping: le passage d'un pont en bois un peu vermoulu et branlant , et
en plus très étroit . Roger et Claire refusent de le franchir ainsi que
deux autres équipages ; après un repérage minutieux avec Serge et Marc
et le rebouchage d'un trou avec quelques planches avec Dominique , je
tente le passage en premier, étant en tête de colonne . Si nous passons
nos 5.2 tonnes , les autres pourrons traverser à coup sûr . Les bois
craquent , fléchissent mais tiennent le coup à merveille .La récompense
est au bout car pour une fois le coin est vraiment génial : un petit
lac , des sapins et surtout de l'herbe par terre : çà tombe à-pic car
on commençait à faire une allergie aux parkings en macadam !!
samedi 2 juillet 2016
ppi étape 26 le 2 juillet 2016 Tomsk-Krasnoîarsk 600 km
" Etape très, très longue... 600 km...très difficile
...alternance route , piste , route , piste ... faire attention ,
beaucoup trous , parfois très profonds ... sur piste , beaucoup
cailloux ,roulez à droite pour pas casser pare-brise ! Attention jauge,
pas beaucoup pompes , si possible remplissez jerrican pour secours ,Ok
... et bonne chance à tous ...hi,hi,hi...!" J'avoue que la conclusion
d'Aldar me reste un peu sur l'estomac et son sourire très asiatique
encore plus ! Maintenant c'est Jean-Yves qui en remet une couche: "vos
filtres à particules souffrent en ce moment et ce sera pire quand
l'oxygène diminuera avec l' altitude , surtout en Mongolie ; il faut
donc pousser les vitesses de temps en temps , il faut monter à 3 mille ,
3 mille cinq cent tours/minute , n'hésitez pas , vous verrez çà va
fumer, c'est pas grave . Si vous sentez que le filtre commence à se
boucher , que vous n'avez plus de compression , surtout n'arrêtez pas...
surtout ne coupez pas le moteur...!"
Après toutes ces charmantes recommandations d'hier soir , nous
voilà tous motivés pour partir tôt , vers 7h30 . Pour une fois la sortie
de Tomsk ne pose pas de problème : on voit qu'elle a été un peu oublier
cette ville , à l'écart du Transsibérien , elle ne compte d'ailleurs
qu'un demi million d'habitants .Heureusement qu'elle a ses nombreuses
universités pour se défendre et plus récemment Akademgorod , espèce de
pôle intellectuel , de" Silicone Valley" soviétique, créé par trois
scientifiques russes du XXème siècle désireux de mener leurs travaux à
bien dans le calme de la forêt sibérienne . Nous prenons d'abord la
direction de Mariinsk situé à 200 km pour rattraper le grand axe de
l'Est . Bien qu'il s'agisse d'une petite route secondaire ,son
revêtement à peu prés correct nous permet de maintenir un moyenne de 70
km/h sur plus de cent cinquante bornes . De plus , l'absence quasi
totale de trafic , nous facilite bien la tâche ! Tout à coup, un violent
coup de frein de la voiture qui vient de me doubler, me fait éviter de
justesse une profonde rigole qui traverse la route : une blague à
laisser le train avant sur place ! C'est malheureusement le début de 50
km de piste complètement défoncée qui fait chuter notre moyenne de
moitié . Seules quelques voitures russes osent traiter çà par le mépris
: à fond les manettes , ils rebondissent comme des malades , en levant
des nuages de poussières pas possible . Même les camions roulent au pas
, parfois méchamment inclinés sur le devers du bord de piste , jouant
ainsi dangereusement avec les lois de l'équilibre . C'est amusant de
voir dans les rétroviseurs notre colonne se tortiller sur toute la
largeur de la chaussée . Pas question de respecter la voie de droite ou
de gauche , chacun essayant d'éviter le maximum d'ornières au grand
mépris du code de la route ; d'ailleurs il y a parfois des moments où
nous croisons ceux d'en face à l'anglaise . Mais surtout il faut faire
attention , car certains Sibériens arrivent très vite par l'arrière , et
nous double sans prévenir à droite ou à gauche en fonction de notre
trajectoire et surtout de la leure qu'ils ne maitrisent pas toujours !!
Bien que nos yeux et nos esprits soient absorbés par toutes les
embûches de la piste , nous parvenons toutefois à admirer un chapelet de
jolies petits villages aux isbas très colorées . Quelques artisans
installés sur les bas côtés de la route vendent des chaises et des
fauteuils en bois de leur fabrication . Un peu plus loin , une espèce de
procession composée d'une majorité de femmes avec un fichu sur la tête
attire d'autant plus notre attention qu'elle est escortée par la police
. Certaines d'entre elles portent religieusement des icônes . Entre les
communes , la forêt de sapins a repris ses droits au point de venir
jusqu'au bord de la route . Néanmoins quelques champs de céréales
trahissent la présence de hameaux cachés derrière les arbres .Au bord
d'une clairière un vacher à cheval tente de rassembler son troupeau aidé
d'un long fouet .
Dès que nous retrouvons la grande route de l'Est , celle-ci se
met à suivre une chaine de petites montagnes couvertes de forêts de
sapins . Nous arrêtons vers 14h00 pour casser la croûte rapidement
chacun dans sa turne pour gagner du temps car il reste encore 250
kilomètres pour Krasnoïarsk . A peine avons-nous repris la route que
nous essuyons un violent orage qui diminue brutalement notre visibilité
et nous oblige à réduire notre vitesse à cause de grosses bâches d'eau
qui provoquent par endroit de l'aquaplaning ,très désagréable avec un
camion de plus de cinq tonnes ! A la sortie de Bogotol , profitant d'un
feu tricolore qui passe au vert juste deant nous , je me surprends à
doubler un camion et un minibus à la sibérienne , poussant un peu vers
la gauche les voitures d'en face : le mauvais exemple déteint vite !
Aussitôt , j'ai droit à un rappel à l'ordre du copilote...!
Bien que nous ayons dégommé les 600 bornes de l'étape en un peu
plus de neuf heures , nous nous installons au camping à 19h30 car ici
encore, nous aggravons notre décalage horaire d'une unité, ce qui le
porte à 6 heures par rapport à Paris : à cinquante bornes prés ,nous
franchissons la barre des 9000 km ce soir .
...alternance route , piste , route , piste ... faire attention ,
beaucoup trous , parfois très profonds ... sur piste , beaucoup
cailloux ,roulez à droite pour pas casser pare-brise ! Attention jauge,
pas beaucoup pompes , si possible remplissez jerrican pour secours ,Ok
... et bonne chance à tous ...hi,hi,hi...!" J'avoue que la conclusion
d'Aldar me reste un peu sur l'estomac et son sourire très asiatique
encore plus ! Maintenant c'est Jean-Yves qui en remet une couche: "vos
filtres à particules souffrent en ce moment et ce sera pire quand
l'oxygène diminuera avec l' altitude , surtout en Mongolie ; il faut
donc pousser les vitesses de temps en temps , il faut monter à 3 mille ,
3 mille cinq cent tours/minute , n'hésitez pas , vous verrez çà va
fumer, c'est pas grave . Si vous sentez que le filtre commence à se
boucher , que vous n'avez plus de compression , surtout n'arrêtez pas...
surtout ne coupez pas le moteur...!"
Après toutes ces charmantes recommandations d'hier soir , nous
voilà tous motivés pour partir tôt , vers 7h30 . Pour une fois la sortie
de Tomsk ne pose pas de problème : on voit qu'elle a été un peu oublier
cette ville , à l'écart du Transsibérien , elle ne compte d'ailleurs
qu'un demi million d'habitants .Heureusement qu'elle a ses nombreuses
universités pour se défendre et plus récemment Akademgorod , espèce de
pôle intellectuel , de" Silicone Valley" soviétique, créé par trois
scientifiques russes du XXème siècle désireux de mener leurs travaux à
bien dans le calme de la forêt sibérienne . Nous prenons d'abord la
direction de Mariinsk situé à 200 km pour rattraper le grand axe de
l'Est . Bien qu'il s'agisse d'une petite route secondaire ,son
revêtement à peu prés correct nous permet de maintenir un moyenne de 70
km/h sur plus de cent cinquante bornes . De plus , l'absence quasi
totale de trafic , nous facilite bien la tâche ! Tout à coup, un violent
coup de frein de la voiture qui vient de me doubler, me fait éviter de
justesse une profonde rigole qui traverse la route : une blague à
laisser le train avant sur place ! C'est malheureusement le début de 50
km de piste complètement défoncée qui fait chuter notre moyenne de
moitié . Seules quelques voitures russes osent traiter çà par le mépris
: à fond les manettes , ils rebondissent comme des malades , en levant
des nuages de poussières pas possible . Même les camions roulent au pas
, parfois méchamment inclinés sur le devers du bord de piste , jouant
ainsi dangereusement avec les lois de l'équilibre . C'est amusant de
voir dans les rétroviseurs notre colonne se tortiller sur toute la
largeur de la chaussée . Pas question de respecter la voie de droite ou
de gauche , chacun essayant d'éviter le maximum d'ornières au grand
mépris du code de la route ; d'ailleurs il y a parfois des moments où
nous croisons ceux d'en face à l'anglaise . Mais surtout il faut faire
attention , car certains Sibériens arrivent très vite par l'arrière , et
nous double sans prévenir à droite ou à gauche en fonction de notre
trajectoire et surtout de la leure qu'ils ne maitrisent pas toujours !!
Bien que nos yeux et nos esprits soient absorbés par toutes les
embûches de la piste , nous parvenons toutefois à admirer un chapelet de
jolies petits villages aux isbas très colorées . Quelques artisans
installés sur les bas côtés de la route vendent des chaises et des
fauteuils en bois de leur fabrication . Un peu plus loin , une espèce de
procession composée d'une majorité de femmes avec un fichu sur la tête
attire d'autant plus notre attention qu'elle est escortée par la police
. Certaines d'entre elles portent religieusement des icônes . Entre les
communes , la forêt de sapins a repris ses droits au point de venir
jusqu'au bord de la route . Néanmoins quelques champs de céréales
trahissent la présence de hameaux cachés derrière les arbres .Au bord
d'une clairière un vacher à cheval tente de rassembler son troupeau aidé
d'un long fouet .
Dès que nous retrouvons la grande route de l'Est , celle-ci se
met à suivre une chaine de petites montagnes couvertes de forêts de
sapins . Nous arrêtons vers 14h00 pour casser la croûte rapidement
chacun dans sa turne pour gagner du temps car il reste encore 250
kilomètres pour Krasnoïarsk . A peine avons-nous repris la route que
nous essuyons un violent orage qui diminue brutalement notre visibilité
et nous oblige à réduire notre vitesse à cause de grosses bâches d'eau
qui provoquent par endroit de l'aquaplaning ,très désagréable avec un
camion de plus de cinq tonnes ! A la sortie de Bogotol , profitant d'un
feu tricolore qui passe au vert juste deant nous , je me surprends à
doubler un camion et un minibus à la sibérienne , poussant un peu vers
la gauche les voitures d'en face : le mauvais exemple déteint vite !
Aussitôt , j'ai droit à un rappel à l'ordre du copilote...!
Bien que nous ayons dégommé les 600 bornes de l'étape en un peu
plus de neuf heures , nous nous installons au camping à 19h30 car ici
encore, nous aggravons notre décalage horaire d'une unité, ce qui le
porte à 6 heures par rapport à Paris : à cinquante bornes prés ,nous
franchissons la barre des 9000 km ce soir .
vendredi 1 juillet 2016
ppi étape 25 Novossibirsk-Tomsk 280 km
"Demain , on traverse Novossibirsk ,capitale actuelle de la
Sibérie , alors , patience...patience...patience...C'est l'heure du
bureau , beaucoup de monde ... Seulement quatre ponts sur l'Ob ... Tout
le monde passe par là ... alors , patience ...patience ...patience !
Attention , trois,, quatre files , des fois plus , chauffeurs sibériens
changent sans arrêt , toujours avoir oeil à droite , à gauche ... Faire
très attention ! Ensuite , monte nord , routes mauvaises ,beaucoup
camions , beaucoup travaux : en Sibérie hivers long , été court , alors
beaucoup travaux été ....beaucoup ,beaucoup! l faut encore avancer
montre une heure aujourd'hui!" Cela fait cinq heures de décalage avec la
France , bonjour la fatigue , surtout pour moi qui me lève à 5h00 pour
taper le blog !!
Retardé par la nécessité de vérifier mon niveau d'huile à la
demande de Jean-Yves , je ralentis le démarrage que nous voulions
précoce ,de notre petit groupe , mon bidon du précieux liquide étant
enfoui au fin fond de notre soute. Il faut dire aussi que je profite
de mon déballage complet des lieux pour sortir des réserves alimentaires
, des médicaments et une bouteille d'apéro , cachés sous le double fond
. Ce 'est pas le tout , de tout sortir , maintenant il faut que chaque
chose retrouve sa place ... Un vrai casse-tête ! Malgré cela , nous
décollons vers 8h00 armés de nos GPS .C'est Serge qui ouvre la marche ,
bien que son guidage satellite mette un bon quart d'heure pour se cadrer
enfin . En attendant nous le guidons à coup de talky walky . Comme hier
, mais à l'envers, nous remontons Sovietskoï sur 11 km avant de gagner
le noeud du problème . A la volée nous tentons quelques clichés
,profitant des nombreux ralentissements , quand ce ne sont pas des
immobilisations prolongées carrément :" patience
...patience...patience.." a dit Aldar , hier soir ! Ici c'est une
mosquée avec ses frêles minarets , qui attire notre attention , là ce
sont les bulbes et les dômes dorés d'une église orthodoxes qui méritent
notre curiosité , plus loin de sinistres bâtiments staliniens en béton
grisonnant à souhait ,rappellent que l'air soviétique n'est pas encore
si éloignée que çà , les grands ponts sur l'Ob qui ont dû être un
véritable casse-tête pour les ingénieurs de la fin du XIX ème siècle
pour faire traverser le Transsibérien d'Alexandre III ,un caprice de
monarque qui en valait la peine !
Quarante kilomètres , une heure quarante cinq de gym-cana
stressant à souhait , pour venir à bout de la capitale sibérienne , ce
n'est pas une mince affaire en début de journée . Aussi la route , bien
que très mauvaise , nous parait facile après cet enfer urbain . Je ne
sais pas si c'est une coïncidence ou pas , mais notre remontée vers le
nord s'accompagne d'une réapparition de la forêt de bouleaux de part et
d'autre de la route .Plus de steppe herbeuse qui s'étale à l'infini ,
notre horizon retrouve des limites à l'échelle humaine . On retrouve
quelques traversées de village et même quelques petits commerçants
équipés de samovars . Les cultures aussi sont plus belles et mieux
soignées que dans le reste de la Sibérie .
Grâce à nos efforts respectifs de conduite et aussi au bon
vouloir de nos GPS , coopérant aujourd'hui , nous arrivons vers 13h00 à
Tomsk dont la traversée se révèle beaucoup plus commode que celle de
Novossibirk . On s'installe une fois de plus sur l'étroit parking d'un
hôtel où il faut se tasser les uns contre les autres pour que les dix
sept camping-cars trouvent une place . Un repas rapide et nous
enchainons avec une visite guidée de la ville en bus .
Mickael , notre coach d'une après midi , nous apprend que la ville avait
été fondé en 1600 par Ivan Godounov à la demande des autochtones pour
les défendre des brigands . C'est ici que fut installée la première
université au delà de l'Oural . Elle a gardé ce prestige intellectuel
jusqu'à nos jours car elle fait parti du top 10 des meilleurs
établissements universitaires de Russie . La visite de la ville comporte
une fois de plus son cortège d'églises orthodoxes et de couvents sur
lesquels je n'insisterais pas car nous commençons tous à saturer et
notre guide semble bien désabusé ! Par contre , c'est ici que nous
voyons les plus belles maisons en bois décorées de magnifiques
sculptures , le plus souvent laissée à l'abandon , avec de vieilles
carcasses de voitures toutes rouillées , abandonnées dans la cour !
Aldar me montre une pompe à eau installée au bord de la rue , qu'on
laissait couler l'hiver pour ne pas qu'elle soit bloquée par le gel :
les isbas , même très riches , n'étaient pas équipées d'eau courante ;
pourtant âgé seulement de quarante deux ans , il a vécu sa petite
enfance dans ces conditions et garde de très mauvais souvenirs des
corvées d'eau qui lui incomber en temps que gamin de la maison . Nous
visitons également l'université la plus ancienne de la ville ,
construite dans un joli parc fleuri , où nous assistons à la remise des
diplômes de fin d'étude : çà ressemble d'avantage à un défilé de mode
qu'à une soutenance de thèse , avec une myriade de supers nanas en robe
de soirée et chaussures à talons démesurés . Nous en avons tous le
souffle coupé!
De retour au camping-car nous attaquons notre seconde
dégustation de caviar , cette fois organisée par Monique ; je me
contente de livrer la vodka congelée qui l'accompagne . Une superbe
russe , vient alors nous interrompre pour nous inviter à manger à
condition de pouvoir visiter nos camions . Une fois sa curiosité
satisfaite , accompagnée d'une séance photo incontournable , elle nous
emmène dans le jardin de l'hôtel pour faire connaissance avec son groupe
d'amis ; ils sont tous alpinistes et pratiquent également le rafting
couramment . Près du feu de camp et du barbecue , ils ont installé un
grand écran pour nous montrer leurs exploits , tous çà bien sûr , un
verre de vodka à la main . De notre côté nous leurs versons du pastis
pur à chaque fois qu'il faut trinquer : "good french vodka with anis ,
an other one , please !" Il n'y a pas que nous qui allons avoir mal au
cheveux , demain matin . Une chose curieuse dans leurs films c'est qu'à
chaque fois qu'ils parviennent à un sommet , même à 4 000 mètres , les
filles s'habillent en robe de soirée qu'elles transportent dans leur sac
pendant l'ascension ! Marc leur montre ses talents de chanteur
qu'aussitôt un guitariste russe accompagne spontanément . Pour éponger
les petits godets de vodka qui se succèdent ils nous servent des
morceaux de volaille grillés . Un soirée aussi extraordinaire
qu'inattendue où nous goûtons la légendaire hospitalité russe à pleines
dents . C'est avec beaucoup de regrets que nous tirons notre révérence
vers 23h30 car demain une dure étape de 600 km nous attend !
Sibérie , alors , patience...patience...patience...C'est l'heure du
bureau , beaucoup de monde ... Seulement quatre ponts sur l'Ob ... Tout
le monde passe par là ... alors , patience ...patience ...patience !
Attention , trois,, quatre files , des fois plus , chauffeurs sibériens
changent sans arrêt , toujours avoir oeil à droite , à gauche ... Faire
très attention ! Ensuite , monte nord , routes mauvaises ,beaucoup
camions , beaucoup travaux : en Sibérie hivers long , été court , alors
beaucoup travaux été ....beaucoup ,beaucoup! l faut encore avancer
montre une heure aujourd'hui!" Cela fait cinq heures de décalage avec la
France , bonjour la fatigue , surtout pour moi qui me lève à 5h00 pour
taper le blog !!
Retardé par la nécessité de vérifier mon niveau d'huile à la
demande de Jean-Yves , je ralentis le démarrage que nous voulions
précoce ,de notre petit groupe , mon bidon du précieux liquide étant
enfoui au fin fond de notre soute. Il faut dire aussi que je profite
de mon déballage complet des lieux pour sortir des réserves alimentaires
, des médicaments et une bouteille d'apéro , cachés sous le double fond
. Ce 'est pas le tout , de tout sortir , maintenant il faut que chaque
chose retrouve sa place ... Un vrai casse-tête ! Malgré cela , nous
décollons vers 8h00 armés de nos GPS .C'est Serge qui ouvre la marche ,
bien que son guidage satellite mette un bon quart d'heure pour se cadrer
enfin . En attendant nous le guidons à coup de talky walky . Comme hier
, mais à l'envers, nous remontons Sovietskoï sur 11 km avant de gagner
le noeud du problème . A la volée nous tentons quelques clichés
,profitant des nombreux ralentissements , quand ce ne sont pas des
immobilisations prolongées carrément :" patience
...patience...patience.." a dit Aldar , hier soir ! Ici c'est une
mosquée avec ses frêles minarets , qui attire notre attention , là ce
sont les bulbes et les dômes dorés d'une église orthodoxes qui méritent
notre curiosité , plus loin de sinistres bâtiments staliniens en béton
grisonnant à souhait ,rappellent que l'air soviétique n'est pas encore
si éloignée que çà , les grands ponts sur l'Ob qui ont dû être un
véritable casse-tête pour les ingénieurs de la fin du XIX ème siècle
pour faire traverser le Transsibérien d'Alexandre III ,un caprice de
monarque qui en valait la peine !
Quarante kilomètres , une heure quarante cinq de gym-cana
stressant à souhait , pour venir à bout de la capitale sibérienne , ce
n'est pas une mince affaire en début de journée . Aussi la route , bien
que très mauvaise , nous parait facile après cet enfer urbain . Je ne
sais pas si c'est une coïncidence ou pas , mais notre remontée vers le
nord s'accompagne d'une réapparition de la forêt de bouleaux de part et
d'autre de la route .Plus de steppe herbeuse qui s'étale à l'infini ,
notre horizon retrouve des limites à l'échelle humaine . On retrouve
quelques traversées de village et même quelques petits commerçants
équipés de samovars . Les cultures aussi sont plus belles et mieux
soignées que dans le reste de la Sibérie .
Grâce à nos efforts respectifs de conduite et aussi au bon
vouloir de nos GPS , coopérant aujourd'hui , nous arrivons vers 13h00 à
Tomsk dont la traversée se révèle beaucoup plus commode que celle de
Novossibirk . On s'installe une fois de plus sur l'étroit parking d'un
hôtel où il faut se tasser les uns contre les autres pour que les dix
sept camping-cars trouvent une place . Un repas rapide et nous
enchainons avec une visite guidée de la ville en bus .
Mickael , notre coach d'une après midi , nous apprend que la ville avait
été fondé en 1600 par Ivan Godounov à la demande des autochtones pour
les défendre des brigands . C'est ici que fut installée la première
université au delà de l'Oural . Elle a gardé ce prestige intellectuel
jusqu'à nos jours car elle fait parti du top 10 des meilleurs
établissements universitaires de Russie . La visite de la ville comporte
une fois de plus son cortège d'églises orthodoxes et de couvents sur
lesquels je n'insisterais pas car nous commençons tous à saturer et
notre guide semble bien désabusé ! Par contre , c'est ici que nous
voyons les plus belles maisons en bois décorées de magnifiques
sculptures , le plus souvent laissée à l'abandon , avec de vieilles
carcasses de voitures toutes rouillées , abandonnées dans la cour !
Aldar me montre une pompe à eau installée au bord de la rue , qu'on
laissait couler l'hiver pour ne pas qu'elle soit bloquée par le gel :
les isbas , même très riches , n'étaient pas équipées d'eau courante ;
pourtant âgé seulement de quarante deux ans , il a vécu sa petite
enfance dans ces conditions et garde de très mauvais souvenirs des
corvées d'eau qui lui incomber en temps que gamin de la maison . Nous
visitons également l'université la plus ancienne de la ville ,
construite dans un joli parc fleuri , où nous assistons à la remise des
diplômes de fin d'étude : çà ressemble d'avantage à un défilé de mode
qu'à une soutenance de thèse , avec une myriade de supers nanas en robe
de soirée et chaussures à talons démesurés . Nous en avons tous le
souffle coupé!
De retour au camping-car nous attaquons notre seconde
dégustation de caviar , cette fois organisée par Monique ; je me
contente de livrer la vodka congelée qui l'accompagne . Une superbe
russe , vient alors nous interrompre pour nous inviter à manger à
condition de pouvoir visiter nos camions . Une fois sa curiosité
satisfaite , accompagnée d'une séance photo incontournable , elle nous
emmène dans le jardin de l'hôtel pour faire connaissance avec son groupe
d'amis ; ils sont tous alpinistes et pratiquent également le rafting
couramment . Près du feu de camp et du barbecue , ils ont installé un
grand écran pour nous montrer leurs exploits , tous çà bien sûr , un
verre de vodka à la main . De notre côté nous leurs versons du pastis
pur à chaque fois qu'il faut trinquer : "good french vodka with anis ,
an other one , please !" Il n'y a pas que nous qui allons avoir mal au
cheveux , demain matin . Une chose curieuse dans leurs films c'est qu'à
chaque fois qu'ils parviennent à un sommet , même à 4 000 mètres , les
filles s'habillent en robe de soirée qu'elles transportent dans leur sac
pendant l'ascension ! Marc leur montre ses talents de chanteur
qu'aussitôt un guitariste russe accompagne spontanément . Pour éponger
les petits godets de vodka qui se succèdent ils nous servent des
morceaux de volaille grillés . Un soirée aussi extraordinaire
qu'inattendue où nous goûtons la légendaire hospitalité russe à pleines
dents . C'est avec beaucoup de regrets que nous tirons notre révérence
vers 23h30 car demain une dure étape de 600 km nous attend !
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