Après le coup de fil négatif d'hier soir en Bourgogne, à
Pommard ,au restaurant "Face au Clocher", où nous comptions bien fêter
notre anniversaire de mariage et aussi renouer avec la haute gastronomie
française après quatre mois de privations , ce matin nous ne sommes dans
l'incertitude : aller jusque Cassis pour manger une bouillabaisse chez
Liotaud , passer à la maison de Malaucène faire un plouf ,trouver une
autre taule sur Beaune ,...rien ne nous plait vraiment jusqu'à ce qu'une
idée me vienne et emballe aussitôt Dominique . On fait les courses de
bouche chez un super traiteur à Pommard , installé juste à côté du resto
convoité et ensuite on passe chez Rollin , excellent viticulteur à
Pernand-Vergelesse, pour acheter quelques bouteilles de premier cru et
en avant la musique , d'autant que nous connaissons un coin de camping
sauvage au milieu des vignes où toutou adorait venir courir après les
chevreuils .
Dès que notre décision est prise , les préparatifs du
matin s'accélèrent tout à coup et à 7h45 nous sortons du camping après
s'être fait remonter les bretelles par la taulière parce que nous
n'avons pas fait le plein d'eau à l'endroit prévu à cet effet ! Le GPS
,décidé à travailler correctement aujourd'hui , nous conduit du premier
coup vers l'autoroute A8 et c'est parti pour 650 bornes . Très
rapidement nous quittons le bord de mer pour traverser des pinèdes à
perte de vue au milieu desquelles se perdent quelques jolis villages
provençaux blottis autour de leur église . Nous doublons la Montagne
Sainte Victoire et ses flancs déplumés pour contourner Aix en Provence
et atteindre enfin le couloir du Rhône où nous récupérons un léger
mistral . Fatigués par la circulation infernale qui nous accompagne
depuis le départ , nous décidons de prendre une petite pause-café qui
tombe pile-poil puisque c'est à ce moment que Claire et Roger nous
téléphone pour nous annoncer leur arrivée chez eux en Savoie .
Ragaillardis par le mug de Nescafé , nous dégommons la
route jusqu'à Valence où nous décidons d'arrêter pour casser la croute .
Ensuite Dominique prend le relais pendant que sombre dans une petite
sieste avant de reprendre la lecture d'un roman sur la Chine maoïste . A
16h00 nous commençons nos courses bourguignonnes comme prévu : du jambon
persillé , un filet mignon faute de charolais , de la sauce aux morilles
et du gratin dauphinois , voilà de quoi se réconcilier avec les plaisirs
de la table . Chez Rollin malheureusement , les récoltes des deux
dernières années ayant été maigres , il ne leur reste que du Savigny
premier cru en rouge et du Pernand-Vergelesse les Clous en blanc ; ce ne
sont pas ses meilleurs bouteilles mais celles-ci feront agréablement
l'affaire .
Il ne reste plus qu'à nous installer dans notre magnifique nid douillet
à mi-coteau au milieu des vignes pour faire une ballade apéritive avant
la soirée gastronomique .






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