mercredi 31 août 2016

ppi étape 83 le 28 août 2016 Khiva-Nukus 220 km

Après une nuit particulièrement chaude passé à se retourner ,
le drap collé sur le dos par la sueur , voilà que je suis obligé de me
lever de bonne heure pour finir de taper le blog alors qu'il commence
juste à avoir un peu d'air frais qui traverse la chambre ! Quel dommage
! En fait nous voulons profiter une dernière fois de la wifi de l'hôtel
avant de partir pour Nukus où on ne sait pas ce qui nous attend comme
équipement !
Comme les préparatifs habituels du matin sont rondement menés
et que nous ne sommes plus freinés par l'inertie de notre groupe de
trois , nous parvenons à décoller vers 7h30 . C'est le coeur serré que
nous quittons ce superbe campement face aux remparts de Khiva
magnifiquement éclairés par la chaude lumière du matin . Cette fois nous
évitons de passer par la vieille ville comme lors de notre arrivés :
aussi nous suivons à la lettre le road-book et laissons le GPS tailler
sa route comme il l'entend de son côté . C'est amusant de voir tout ce
monde paysan commencer sa journée : ici ce sont des gamins qui
conduisent de jeunes vaches un peu nerveuses en pâture , là un vieux
couple transporte un chargement de paille dans une carriole tirée par un
âne , d'autres marchent le long de la route en direction des champs , la
houe sur l'épaule . Cela grouille un peu partout , même au niveau des
étales disposés le long de la route où des femmes commencent à allumer
les fours à pains avec des branches de cotonniers : en forme de grosses
jarres de terre cuite très épaisse , c'est amusant de voir leur large
gueule noire, largement ouverte vers le ciel, cracher de grandes flammes
. Une fois sortis de Khiva nous retrouvons le damier qu'offrent les
rizières, aux innombrables nuances de verts, qui alterne avec les champs
de maïs . Nous ne tardons pas à traverser l'Amou Daria et ses longs
bancs de sable blond qui décorent son lit immense . En suivant les fils
du trolley-bus , nous ne tardons pas à atteindre Urgench que nous
traversons en enfilant une succession de petites routes selon les
indications de Rousman, en tenant compte de tous les repères indiqués :
un gros tuyau bleu ici , un feu rouge qui ne fonctionne pas là-bas, plus
loin un panneau publicitaire ou bien l'enseigne d'une banque , bref un
vrai jeu de piste pour boy-scout . Une fois sortis de ce dédale, je
m'arrête pour que Dominique entre le point GPS de notre destination et
j'en profite pour faire quelques courses de bouche dans un petit
supermarché : des tomates , des poivrons , des oeufs et deux grandes
galettes de pains le tout pour 10 000 sums , soir 2 euros !
Dès que nous récupérons la route de Nukus , nous retrouvons le
désert et son sable jaune orangé : Rousman nous a expliqué qu'au
printemps , sous l'effet des pluies plus fréquentes à cette saison, le
désert devient rouge . Il nous a prévenu aussi que plus loin vers Nukus
nous traverserons le désert noir , le sable étant coloré par des débrits
de minerais . Comme la veille, la route se révèle de très mauvaise
qualité avec des déformations impressionnantes qui nous font décoller de
terre littéralement . J'espère que nos oeufs restés dans le sachet
d'origine , ne vont pas se casser dans le bac à légume du frigo !
Arrivés au kilomètre 75 , nous quittons la route principale
pour aller sur un lieu de pèlerinage musulman, recommandé par Rousman,
situé au pied d'une petite montagne pelée sur laquelle nous avions
remarqué la présence d'une nécropole . Une foule impressionnante
grouille déjà autour du parking . Nous traversons d'abord un petit
marché où beaucoup de commerçants vendent des herbes et de légumes .
Plus loin, c'est le quartier des diseuses de bonnes aventures qui ,
assises sur une toile , lisent l'avenir de leurs nombreux clients, en
jouant avec de petites pierres et des coquillages quand ce ne sont des
cartes . Après avoir acheté des pommes de terres et des oignons , nous
pénétrons dans l'enceinte même du site où des femmes s'affairent autour
des poêles à bois où de grosses marmites fument déjà : c'est le plov
national qui est entrain de cuire . A peine sommes-nous entrés qu'on
nous fait goûter des galettes de pain, puis on nous invite à nous
déchausser pour monter sur une estrade où des dizaines d'autochtones
sont accroupis devant une très longue table basse pour palabrer en
buvant du thé et en mangeant des fruits et des confiseries en tous
genres . On nous offre des prunes , des dattes , de la pastèque , du
melon et un genre "cornes de gazelle" , c'est à dire de petits morceaux
de pâte cuits dans la friture . L'accueil est spontané et vraiment très
chaleureux : le chef , sentant que la barrière de la langue commence à
gêner nos échanges , envoie chercher une institutrice qui parle le
français et sa nièce qui se débrouille en anglais . Le plus dur pour
nous est de prendre congé car nous nous sentons bien ici mais nous
avons encore de la route à faire pour nous rendre à Nukus . Pour eux ,
il n'est pas question de nous laisser filer sans avoir goûter le plov
de la fête ,pas encore tout à fait cuit . Nous restons là une bonne
heure à palabrer du mieux que nous pouvons tout en grignotant des
friandises et en en sirotant du thé parfumé aux herbes . Je les fais
rire en comparant leurs dents de devant toutes en or à l'épée en
plastique d'un gamin assis à côté de moi . Ils acceptent gentiment
toutes les photos que je désire faire , même celle du bout de table,
réservé aux femmes . Comme nous insistons pour partir , ils nous font
préparer un sachet de plov fumant , des galettes de pains fourrés , des
dattes , du sucre candy et même des bonbons . Quelle hospitalité! Nous
sommes à la fois content de ce super contact mais un peu gênés de ne
rien avoir à offrir en retour . De leur perchoir ils nous accompagnent
du regard un bon moment en faisant de grands signes d'amitié avant que
nous nous fondions dans la foule .
Après quelques kilomètres, le sable du désert se met à prendre
tout une palette de nuances allant du jaune à l'ocre rouge . Un peu plus
loin nous remarquons que notre route est doublée d'une seconde chaussée
toute neuve sur notre droite, que quelques autochtones osent emprunter .
Dès que nous trouvons un passage dans le sable du terre-plein central ,
nous leur emboitons le pas . Quel bonheur de glisser sur un billard de
la sorte ! Et en plus cela nous permet de rouler à vitesse normal sur
une bonne trentaine de bornes . La sortie , dans du sable un peu trop
meuble ,se révèle scabreuse; il faut accélérer pour ne pas rester
enquillé et pouvoir rejoindre notre tôle ondulée du matin . Sur la
gauche de la route , au sommet d'un petit mont pelé nous admirons au
passage les murailles de l' ancienne forteresse de Chilpik , datant du
V ème siècle avant notre ère . Du même côté , mais un peu plus loin nous
voyons une bande de verdure qui nous intrigue : il s'agit de la réserve
"biosphère" réalisée le long de l'Amou Daria qui tranche avec
l'austérité du désert du Gizilkum qui nous entoure.
Arrivés à Nukus , nous allons directement au musée Savitskiy ,
rebaptisé par certains, le "Louvre du Désert" en raison de sa qualité .
Après avoir cassé la croute sur le parking, nous allons découvrir la
peinture de Savitskyi et les nombreux tableaux d'artistes du pays qu'il
a collectionné tout au long de sa vie : c'est amusant de retrouver le
style de Cézanne , de Gauguin , de Renoir , d'Utrillo ou de Pablo
Picasso ici , à l'autre bout de la Terre . Il y a également une partie
historique très intéressante, notamment une superbe collection de
samovars , dont j'aurais bien aimé pouvoir ramener un exemplaire, mais
il ne faut pas rêver !
Nous allons ensuite nous installer au motel Darbent où , grâce
à Jean-Luc , nous pouvons nous installer en partie à l'ombre d'un haut
bâtiment et surtout bénéficier d'un branchement électrique pour charger
l'ordinateur .
Pendant que Dominique est partie au courses avec ses copines Babette et
Martine , je discute avec Roger de notre plan B ,pour traverser la
Turquie à coup de marches forcées afin d' y rester le moins longtemps
possible avant d'atteindre la frontière grecque . Puis je lui demande
conseil pour établir le meilleur itinéraire, pour rejoindre la Croatie
puisqu'il connait bien le secteur . J'ai à peine le temps d'écrire
quelques lignes sur le blog que Danièle vient à domicile pour me couper
les cheveux transformer en un véritable buisson après trois mois
d'errance . En quatre coups de ciseaux , elle réussit à faire presque
aussi bien que François ,mon coiffeur habituel ,alors que ce n'était pas
du tout sa branche puisqu'elle travaillait à l'hôpital de Lyon .
Ce soir , après la réunion , c'est Rousman qui paie un
magnifique apéro avec de la Vodka ouzbek , de la bière locale ainsi
qu'une dégustation de fromages de son pays . Comme il fait déjà bien
noir lorsque nous terminons , nous décidons de manger à bord du
camping-car malgré la chaleur qui y règne !

ppi étape 84 le 29 août 2016 Nukus-Frontière du Kazakstan 450 km

Une violente attaque de tourista perturbe notre nuit à partir
de deux heures du matin au point qu'à 5h00 je me lève définitivement ;
c'est certainement la conséquence de notre fréquentation active de la
fête d'hier et aussi un la faute de notre gourmandise . Aussi les
obligations de vidange et de remplissage sont rondement menés au point
qu'à 7h30 nous sommes fin prêts pour attaquer la longue étape qui doit
nous mener à la frontière du Kazakstan .
Nous commençons par traverser Nukus qui est la capitale du
Karakalpakstan ,petit état dépendant de l'Ouzbékistan où se trouve la
fameuse Mer d'Aral : c'est d'ailleurs au cours de l'étape d'hier qu'il
était possible d'y aller moyennant 300 km de piste en mauvais état .
Rousman nous l'avait fortement déconseillé pour plusieurs raisons ; tout
d'abord c'est cher payé en kilomètres pour voir 4 bateaux échoué dans le
sable .Si l'on veut aller jusqu'à l'eau il faut compter encore 150
bornes aller et retour ,ça commence à faire beaucoup ! Ensuite , il
parait que la population locale n'est pas très accueillante , voir même
agressive et qu'il ne peut pas garantir notre sécurité ; c'est général à
tout le Karakalpakstran . D'ailleurs ,Roustam vient lui même d'être
victime de la malhonnêteté d'un autochtone qui n'a pas tenu sa parole :
il en est furieux! D'après lui c'est une ethnie un peu spéciale , qui
ne respecte pas grand chose !
Dès que nous sortons de la ville nous traversons une région
riche en canaux d'irrigation venant tout droit de l'Amou Daria : il en
résulte une végétation luxuriante où cohabitent rizières , champs de
maïs ,haies de bambous et massifs de tamaris qui en peuplent les berges
; c'est superbe toutes ces tâches mauves qui se reflètent dans l'eau .
Il faut bien attendre cinquante bornes pour retrouver le sable du désert
.et ses bosquets d'épineux . Par moment le vent en tourbillonnant
soulève des colonnes de sable qui montent droit vers le ciel en courant
dans la pleine .
Nous arrêtons au célèbre cimetière Daout Autor qui occupe le
flanc de deux collines voisines et qui date du XVIII ème siècle ; par
endroit d'énormes mausolées se dressent au milieu des tombes ordinaires
:celle-ci sont faite un mur de briques rectangulaire garni d'un haut
pilier à chaque angle surmonté d'un croissant de Lune . A l'intérieur de
cet enclos on peut voir si on se dresse sur la pointe des pieds comme
une espèce de tente canadienne faite de roseaux et partiellement
couverte de sable . Ce qui nous surprend aussi c'est le jeune age des
défunts , surtout chez les femmes .Comme nous nous retrouvons avec Roger
, Claude , Bernard et leurs épouses , Jean-Louis offre une tournée
générale de café .
Dès que nous repartons , nous tombons sur un lac salé asséché
sur notre droite ; une usine de fabrication du Sodium est installée
juste à côté . De loin nous confondons les pelleteuses qui grattent la
croute de sel avec des bateaux échoués :ce doit être une hallucination
collective, car Claire les voit aussi,peut-être suite à notre déception
de ne pas avoir pu aller à la Mer d'Aral ! Très vite , la qualité de la
route se dégrade au point de se transformer en piste caillouteuse et
pleines d'ornières profondes à souhait . Ce n'est pas le quart d'heure
d'être distrait et de plonger une roue là dedans ! Comme nous nous
retrouvons à cinq ou six camping-cars à l'entrée de ce mauvais passage ,
je ne vous explique pas le nuage de poussière que nous soulevons ! Il
faut vite fermer les fenêtres et ouvrir la clim car il fait déjà 36 degrés .
Nous arrêtons ensuite au kilomètre 280 pour acheter deux
jerricans de 20 litres de gasoil dans un petit restaurant . Comme nous
sommes déjà atteint digestivement , nous déclinons l'invitation de
Jean-Luc et de Babette déjà installés à table . Nous préférons manger
léger à bord du camping-car tout en restant malgré tout sur le parking
. La température , rapidement intolérable , nous oblige à précipiter les
choses et c'est avec plaisir que nous reprenons la route pour récupérer
les bienfaits de la clim .Comme d'habitude c'est Dominique qui reprend
le manche et qui malheureusement tombe sur une portion de route
particulièrement déplorable .La taille des ornières est effrayante et
nous oblige à ralentir considérablement .Pas facile de slalomer parmi
tous ces trous béants et surtout c'est vite très fatigant pour le
chauffeur . Pour le passager , c'est plutôt le mal de mer qui le guète !
Heureusement que des groupes de dromadaires sauvages viennent nous
distraire l'esprit en dodelinant de la tête le long de la route .C'est
amusant de les voir ouvrir de grands yeux et battre des cils en nous
regardant curieusement passer devant eux . C'est aussi la première fois
que nous pouvons comparer dromadaires et chameaux en direct car ici tout
le monde cohabite en bonne intelligence apparemment !
Tout à coup nous nous retrouvons nez à nez avec de grosses
remorques qui barrent notre pseudo route : un ouvrier nous invite à
prendre une petite piste à droite très sableuse à en juger par le nuage
que soulève une voiture arrivant en face ; Dominique préfère me redonner
le manche devant l'inhospitalité de la piste .Je décide de mettre en
boite manuelle et d'enclencher la troisième pour gagner en force . C'est
dans un brouillard total que nous rebondissons de bosses en trous sans
pouvoir les voir et essayer de les éviter tant la piste est étroite .
Pas question non plus de baisser le régime moteur , il faut accélérer
pour éviter de rester enquillé dans les passages très meubles .
Pourtant pas plus long que trois ou quatre kilomètres , ce tronçon
parait interminable ; le camping-car n'a jamais été dans un état pareil
: même les vitres latérales , pourtant très haut situées , sont couverte
d'une épaisse couche de sable . Du vrai Paris-Dakar ! En regardant
derrière , je constate avec plaisir que Jean-Luc a réussi à passer :
j'étais un peu inquiet pour lui qui s'était déjà ensablé deux fois dans
le désert de Gobi en Mongolie . Malheureusement , lorsqu'il me double
quelques kilomètres plus loin je constate que c'est Hubert qui est sorti
du passage difficile juste derrière nous . Nous apprendrons le soir que
prudemment Jean-Luc a réussi à trouver un chemin moins périlleux .
Encore trente bornes de route épouvantable et nous arrivons
au bivouac installé en plein désert entre deux maisons à toit plat où
des autochtones se reposent sur le lit installé en façade devant chez
eux . Installé entre Roger et Hubert , nous sortons l'auvent pour
déguster une mousse bien méritée en discutant des aléas des 450 bornes
de l'étape . Après la réunion, c'est Gérald le toubib, qui invite à
l'apéro général pour fêter ses cinquante jours parmi nous .
Puis un dénommé Octobre vient nous faire une petite conférence sur le
Karapakalstan , son pays d'origine et surtout sur la Mer d'Aral dont il
en a fait sa spécialité . Fatigués , nous terminons la journée en
mangeant en tête à tête à bord du camping-car .

ppi étape 85 le 30 août 2016 Frontière du Kazakstan-Beyneu 100 km

Comme ce matin le départ est prévu en convois et par ordre
de numéro vers 7h30 , ce n'est pas la peine de courir d'autant qu'ici en
bivouac nous n'avons pas de corvée d'eau à prévoir . Aussi nous nous
levons à 6h15 juste pour photographier le superbe lever de soleil sur le
désert . Autre inconfort du bivouac , il faut se contenter d'un Nescafé
, faute de branchement électrique pour faire tourner la Nespresso .
Pendant que Dominique essaie de nettoyer la poussière intérieure
récupérée sur la piste hier , nous avons avec Roger et Jean-Louis la
possibilité de discuter avec Octobre en petit comité et ça change tout
par rapport à ce qu'il a pu dire lors de sa petite conférence de la
veille . En fait, il pense que nous aurions dû aller à la Mer d'Aral et
dormir une nuit là-bas plutôt qu'à Nukus , la route n'étant pas si
mauvaise que cela pour les camping-car ; nous aurions pu voir les
bateaux échoués sur le sable et il organise même avec son agence une
approche de l'eau en 4x4 avec possibilité de se baigner . Celle-ci
contient 160 grammes de sel par litre , il en résulte une portance
inégalable , permettant de faire la planche en lisant le journal !
L'argent ainsi récolté avec ce genre de prestation ,permet aux locaux de
vivre et même de financer le reboisement avec des tamaris qui ont le
pouvoir de fixer le sable . D'autre part un artisanat local s'est
également développé pour compenser un peu les pertes économiques de la
région du fait de la disparition de la pêche et la fermeture des
nombreuses conserveries du secteur . Nous apprenons également que le
Karakapalstan représente près de 40 % de la surface de l' Ouzbékistan et
que la Mer d'Aral , la Mer Caspienne et la Mer Noire ont la même origine
géologique qui remonte à 6 millions d'années . En fait Octobre est un
archéologue de renom international qui vient de faire un cycle de
conférences en Arizona , notamment à Phoénix et à Flagstaff . Dire
qu'hier midi lorsque nous avons fait le plein de gasoil, je l'ai pris
pour un bluffer à l'entendre parler des states en connaisseur !
A 7h30 tapantes le cortège se met en route pour faire les 5
bornes qui nous séparent de la frontière kazak .Aujourd'hui nous sommes
en troisième position derrière le 4x4 et le président . Comme c'est la
fête nationale en Ouzbékistan , les autochtones ne peuvent pas sortir
du pays , résultat il n'y a pas trop de monde et surtout pratiquement
pas de camion , hormis les Russes . A 8h00 les grilles s'ouvrent pour
laisser passer les cinq premiers véhicules ; c'est super encourageant .
Malheureusement nos espoirs fondent vite comme neige au soleil :
aussitôt dans l'arène , nous nous rendons compte que que l'équipe du
matin joue la montre en attendant leurs collègues de 9h00 .D'entrée de
jeu , nous perdons une heure bêtement ! Le temps que les nouveaux
s'échauffent , il faut attendre 9h30 . Rousman est anxieux car il pense
qu'en tant qu'ouzbek , il va se faire refouler , même s'il a le statut
de guide ! Après avoir montré nos passeports et la carte grise plusieurs
fois dans différents bureaux , c'est la visite du camping-car et le
passage sur la fosse . Encore une demi-heure d'attente inexplicable et
nous avons le droit de quitter l'Ouzékistan en compagnie de Rousman qui
rayonne de joie .
Il faut ensuite franchir la barrière cadenassée du Kazakstan où
un groupe d'énormes camions nous attend. Par chance en avançant à pieds
jusqu'à la barrière suivante ,nous tombons sur un soldat très dynamique
qui comprend aussitôt qu'on a beau avoir le statut de touriste , ça ne
sert à rien si on est coincé derrière une armée de poids lourds.
Un quart d'heure plus tard nous passons devant tout ce beau monde pour
attaquer les formalités douanières kazaks .
Présentations de passeport , de carte grise , formulaires à remplir dans
deux ou trois bureaux et il n'y a plus que l'épreuve de la fosse . En
quatre heures l'affaire est dans le sac , nous n'en revenons pas . C'est
bien la première fois que nous franchissons une frontière si vite depuis
notre départ de France !
Par contre la piste qui s'offre à nous pour rejoindre Beyneu
n'est pas du gâteau :il s'agit d'un vestige de route goudronnée dont il
ne reste que quelques lambeaux sous une épaisse couche sable amenée par
le vent . Gérard , notre président , ouvre la route en soulevant des
nuages de poussière et de sable . Par endroit le désert a asséché
d'ancien lac , laissant d'énormes croutes de sel jusqu'aux niveaux des
plantes qui peuplaient les rives . C'est curieux à voir : aussi je ne
résiste pas longtemps à l'envie de photographier tout ça et de prélever
un peu de cristaux de sel.
Beaucoup de chameaux et de dromadaires ,abandonnés à leur triste sort ,
déambulent nonchalamment tout en broutant quelques touffes d'épineux .
Ils ne sont vraiment pas difficile , ces bestiaux !
Tout à coup au kilomètre 70 , la piste se métamorphose en un
billard .Aussitôt , en optimistes nez nous faisons des plans sur la
comète ! Pas de chance ,ça dure deux kilomètres à peine ! Quelle
déception, d'autant que les dix dernières bornes se révèlent être une
ancienne route en béton ,complétement détruite, avec de dangereux
bouts de ferraille qui dépassent . Une fois rendus à Beyneu ,notre
premier soucis est de faire le plein de gasoil car nous sommes sur la
réserve depuis quelques kilomètres . Après deux essais infructueux ,nous
trouvons notre bonheur mais il ne prennent pas la carte de crédit ni les
euros . Résultat nous allons jusqu'à l'hôtel pour essayer de faire du
change : non seulement ,il ne s'en occupe pas mais en plus ils nous
disent que la banque est fermée aujourd'hui car c'est la fête de la
Constitution . Par chance en fouinant un peu en ville ,nous finissons
par trouver un guichet automatique qui accepte la Masert Card .Une fois
notre problème de carburant réglé , nous nous installons sur le parking
en plein soleil . Il est 16h00 lorsque nous pouvons enfin passer à table .
Quelques lignes jetées sur le blog , une dégustation de café
avec Rousman et Sergeï, notre nouveau guide kazak,
un peu de rangement , quelques petites courses de bouche avec Claude qui
a trouvé une petite épicerie et nous voilà gentiment arrivés à l'heure
de la réunion , suivi aussitôt de l'apéro offert royalement par
Jean-Yves ce soir . Fatigués par cette journée passée à glander dans
les bureaux de la frontière , nous nous contentons d'un petit repas
rapide à bord du camping-car sans même essayer d' aller voir les
festivités pour la Constitution kazak que l'on entend vaguement de très
loin .

samedi 27 août 2016

ppi étape 82 le 27 août 2016 Khiva

Malgré une nuit un peu moins fraiche que d'habitude nous
parvenons à dormir jusque 6h00 . Il est temps pour moi de descendre
finir le blog et préparer le café pour Dominique qui a du mal à émerger
ce matin . Une douche glacée et nous partons pour l'hôtel , histoire de
se connecter ; d'abord pour avoir des nouvelles des enfants et aussi de
la Turquie , ensuite pour télétransmettre les trois jours de blog encore
à l'état de brouillon . Un petit déjeuner rapide et nous voilà fin prêts
pour aller visiter Khiva .
Pour une fois nous n'avons pas besoin de bus étant donné la
taille de la ville et la proximité de notre campement . Nous commençons
par contourner les remparts d'un quart de tour pour aller chercher la
porte ouest , celle par laquelle les caravanes de la Route de la Soie
entraient lorsqu'elles étaient de retour vers la Chine . Le sultan du
khanat de Khiva fait parti de ceux qui ont accepté d'être sous la
domination de la Russie Impériale au milieu du XIX ème siècle .
Sur le plan architectural , Khiva a connu deux restaurations ;
celle du XVII ème et celle du XIX ème siècle . Les monuments sont donc
mieux conservés qu'à Boukkhara ou Samarcande , beaucoup plus anciennes
toutes les deux .
Le rempart qui ceint la vieille ville ,de quatre kilomètres de long
,possèdent douze portes . Garni de tours tronconiques , très évasées à
leur base , il est lui-même fortement incliné au niveau de la partie
inférieure afin que les projectiles lancés du haut des créneaux
rebondissent vers les assaillants , appliquant ainsi la technique Vauban
. Curieusement des tombes de guerriers, morts hors les murs ,sont
construites sur le renflement de la muraille .
Une fois la porte franchie , nous arrivons devant le madrasa
Mohamed Amin Khan, reconverti en hôtel de caractère, puisque les
chambres sont installées dans les anciennes cellules d'étudiant . La
magnifique façade articulée autour d'un haut iwan en son centre est
finement décorée de majolique , c'est à dire de carreaux de céramique
déjà peints au préalable et agencé en motifs géométriques ou floraux .
Par contre, ici à Khiva ,la céramique épargne des parties de maçonnerie
dont l'ocre met encore plus en valeur les bleus et les verts des
décorations de la façade . Devant se dresse Kalta Minor , la base de ce
qui aurait dû être le plus grand minaret du monde musulman d'Asie
Centrale avec 76 mètres de haut ; malheureusement la mort prématurée du
sultan Mohamed Amin Khan fit interrompre ce projet pharaonique .Résultat
, il ne fait que 26 mètres , mais sa large base et son magnifique
revêtement de céramique vert jade en fond le monument le plus
remarquable de Khiva .
Nous continuons à serpenter parmi les ruelles étroites pour
atteindre Koukhna Ark la citadelle des sultans de Khiva : une fois la
porte principale franchie , nous visitons sur la gauche la mosquée d'été
décorée de magnifiques piliers de bois sculptés surmontés de jolis
chapiteaux soutenant un plafond à caissons, peints de couleurs vives et
aux motifs géométriques . Au fond , par une porte basse , nous gagnons
la salle du trône ; en hiver , le sultan recevait dans une yourte
chauffée , installée sur l'estrade circulaire en briques qu'on voit en
sortant dans la cour.
Encore une petite ballade dans les ruelles inondées de soleil et nous
entrons dans un petit musée consacré à Islam Khodja , grand vizir ,
c'est à dire le grand chef religieux, au début du XXième siècle ,
personnage très cultivé qui fit construire un madrasa , une école
publique , un hôpital et bien sûr son minaret . Puis nous continuons
notre promenade en allant à la Grande Mosquée du Vendredi , immense
salle très sombre , propice au recueillement Son plafond à caissons non
décorés est soutenu par une forêt de piliers(213exactement ) , chacun
sculpté différemment dans un énorme tronc d'orme noir . Deux lucarnes de
quelques mètres de côté, ménagées dans le toit, diffusent un peu de
lumière . La sobriété des lieux et la pénombre invite,sans nul doute , à
la méditation et à la prière .
Rousman , voyant l'état déclinant des troupes , nous conduit
dans un petit restaurant pour nous rafraichir d'abord d'une bière bien
fraiche et pour reposer un peu nos jambes mises à rude contribution
depuis ce matin . Après un petit buffet de crudités à base de carottes ,
d'aubergines frites , de betteraves rouges et de choux fleur , nous
buvons un bouillon de viande et de légumes avant de déguster un plat de
poivrons et de courgettes farcies . Un chausson fourré à la pâte
d'amande accompagné d'un thé bouillant et nous voilà complétement
retapés pour affronter l'après midi .
Nous commençons par la visite du Harem , vaste cour avec à
gauche la cellule du sultan plus grande que les autres , les quatre
suivantes plus petites pour les épouses légitimes et à l'étage au dessus
ainsi qu' en face , tout une série de grandes terrasses et
d'appartemenst pour les concubines . Un couloir au plafond richement
décorés mènent aux appartements réservés aux eunuques et au bureau du
sultan .
Nous terminons en visitant le caravansérail Allakouli Khan
ainsi que le madrasa du même nom construit juste à côté avec une
magnifique façade décorées de majoliques bleues et vertes aux motifs
géométriques . Malheureusement la lassitude s'installe devant tant de
joyaux d'architecture qui a donné le titre de ville-musée à Khiva .
Rousman comprend que la coupe est pleine et qu'il est temps de nous
donner quartier libre . Nous rentrons au camping car en errant dans les
ruelles tout en mangeant une glace bien mérité . Nous arrêtons chez
l'ébéniste avec qui nous avions discuté hier soir pour acheter un lutrin
en orme et une belle planche à découper sculptée . Puis nous nous
octroyons une heure de baignade à la piscine de l'hôtel Asia avant de
vaquer à nos occupations chacun de notre côté jusqu'à la réunion du soir
. Puis nous mangeons sagement en tête à tête dans le camping car où il
fait 29 degrés ! Cela présage une nuit difficile !