Dur , dur la nuit par 35 degrés ! Impossible d'établir le
moindre courant d'air malgré les nombreuses fenêtres et les aérateurs de
toit ouverts en grand . En plus, vers 1 h00 du matin ,il a fallu que
j'aille en catastrophe, reposer les grilles extérieures d'aération du
frigo et du congélateur que j'avais démonter pour en faciliter
l'aération, car il commençait à pleuvoir . Pour finir ,c'était une
fausse alerte , malheureusement ! Cela aurait eu au moins le mérite de
rafraichir un peu ! A 5h00 , l'hymne chinois qui accompagne le lever des
couleurs se met à retentir un peu partout dans les écoles d'arts
martiaux environnantes . A peine terminé, c'est le concert des "Yo,yo,
yoooo ...yo,yo,yooo ...! qui recommencent avec les premiers exercices de
la journée des 70 000 athlètes de la ville . Plus proche de nous , le
bruit des ballons de basket qui rebondissent sans cesse sur le macadam,
devient assourdissant . Encore plus proche , ce sont les alarmes des
scooters , stationnés en masse sur le parking voisin, qui se mettent à
vociférer et à lancer des sons dignes de "La Guerres des Etoiles", sous
l'effet de la chaleur , sans doute ! Et je ne parle pas des coups de
klaxon intempestifs et autres nuisances auditives ... Ils sont vraiment
bruyants c'est Chinois ...! De quoi vous mettre de mauvais poil dès 5h00
du mat ! Quant à leur curiosité maladive , elle n'a pas changé depuis
vingt cinq ans en tout cas! Hier , sur l'autoroute , toutes les dix
minutes nous avons eu droit au même scénario : une voiture double , puis
ralentit pour se caler au même niveau que nous , les fenêtres s'ouvrent
pour laisser place à deux ou trois téléphones portables qui mitraillent
le camping-car de photos et de vidéos . Un petit signe de notre part et
tout le monde sourit . A Pingyao , comme ici d'ailleurs, on retrouve des
Chinois entrain de visiter notre camping-car , le temps d'aller chercher
quelque chose à la soute ou bien lorsqu'on sort des toilettes .
Absolument pas gênés , ils proposent en général de les prendre en photo
avec leur téléphone ou avec notre appareil .
Comme à chaque fois que c'est relâche , nous prenons le bus
vers 9h00 pour aller visiter le monastère bouddhiste de Shaolin situé à
7 km à l'ouest du centre ville . En route nous longeons un petit lac de
barrage pour arrêter dans un large cirque de montagne : c'est dans ce
cadre de verdure , loin de toute vie humaine, que les moines taoïstes
s'étaient installés en 497 pour fonder leur monastère et se consacrer
aux arts martiaux en plus de la méditation . A l 'Est la chaine des
monts ressemble à un bouddha couché et pour cela a été baptisée
Montagne Sacrée .Actuellement , plus de 40 000 élèves viennent y
poursuivre leurs études aux prix de lourds sacrifices financiers de la
part de leurs parents car l'année d'étude coûte environs 30 000 yuans
.C'est certainement cet argent qui a fait la fortune du plus haut
dignitaire du culte bouddhiste chinois qui réside ici d'ailleurs : il
parait d'après Yang , notre guide , que c'est l'homme le plus riche de
Chine, après le Parti Communiste , la troisième puissance financière
étant les Pompes Funèbres ! En plus des arts martiaux , ils apprennent
les mathématiques , l'anglais et le chinois . Puis ils deviennent prof
de leur discipline préféré un peu partout dans le pays et même à
l'étranger , ou rentrent dans l'armée ou encore deviennent garde du
corps pour des personnalités . Ils sont souvent issus de la paysannerie
. Une fois avoir franchi le portique d'entrée , nous avançons dans un
superbe parc très boisé, où des terrains de sport sont aménagés un peu
partout parmi les arbres . De tous côtés nous entendons retentir leurs
cris de guerre qui accompagnent les différents exercices : ici on se bat
à mains nus , là avec de grands bâtons , plus loin d'autres groupes
courent en pelotons serrés . Tout ceci nous parait bien militaire pour
des sportifs et ça nous donne des frissons dans le dos de voir des
jeunes fanatisés de la sorte .
En continuant à avancer dans le parc , nous commençons à
deviner des toitures de temples richement décorées aussi bien au niveau
de la faitière que des larges auvents recourbés vers le hauts . Des
moines en robes grises ou bleues circulent paisiblement ou bien vendent
des fruits ou des baguettes d'encens que les fidèles allument avant de
les planter tête en l'air, dans le sable de larges vasques de cuivre . A
force de visiter cette succession de temples , nous gravissons petit à
petit la montagne jusqu'à une clairière peuplée de stèles en forme de
pagode : ce sont des sépultures des moines importants qui ont vécus ici
. Notre guide nous explique que pour les bouddhistes il y a six mondes
superposés : celui des vivants , l'enfer pour ceux qui se sont mal
conduit , le paradis pour les gens qui ont fait le bien , le monde
animal car ils croient en la réincarnation pour ceux qui se trouvent
entre les deux . Sur les stèles ,on grave tout ce qui pourrait être
utile au défunt enterré en dessous ; c'est pour cela que sur la
dernière, qui remonte à deux ans, on peut voir le bas relief d'une
voiture ! Une bonne surprise , c'est qu'une fois parvenus en haut du
parc , nous pouvons monter à bord de taxis électriques qui nous
déposent à proximité du bus . Heureusement, car nous marchons depuis ce
matin et qu'il est déjà midi lorsque nous arrivons là-haut au cimetière .
De retour au campement nous installons les tables dehors car le
ciel couvert le permet ,et puis la température à l'intérieur des
camping-car est intolérable . Le pastis faiblement dosé , noyé d'eau et
de glaçons est une bénédiction après une telle matinée de marche . Un
repas léger et nous profitons de notre après midi libre pour louer deux
taxis et aller faire quelques courses de bouche dans un supermarché
situé à trois bornes de là . Le nôtre trouve rien de mieux que de
remonter l'avenue sur la quatrième file , c'est à dire à contre sens ,
au grand mépris de ceux qui arrivent en face . Bien sûr ces dames en
profitent pour aller dans les étages voir les sacs , les vêtements et
les chaussures made in China . Nous revenons par le même procédé ,
chargés comme des baudets !
Ce soir nous sommes de sortie ,aussi la réunion est réduite à
sa plus simple expression . Dès19h30 nous attaquons la montagne avec
quelques camping-cars, pour aller voir un spectacle son et lumière de
toute beauté . Plusieurs centaines de danseur effectuent des ballets en
pleine nature sur une musique très agréable , même pour des oreilles
occidentales . Ils ont même réussi à faire glisser une énorme lune entre
deux cimes . Une jolie pagode en bois construite au milieu d'un petit
cirque de montagne où cascadent des torrents impétueux servent de décor
. Même les costumes sont superbes . Il n'y a pas de fausses notes ,
résultat l'heure et demi que nous passons sur des gradins moyennement
confortables , passe comme une lettre à la poste .
mercredi 27 juillet 2016
mardi 26 juillet 2016
ppi étape 49 le 26 juillet 2016 Pingyao-Shaolinsi 480 km
Victime d'une sévère poussée de rhume des foins hier soir ,
j'avais la tête farcie à tel point qu' à 22h00 il n'y avait plus de
bonhomme et je tirais ma révérence . Aussi , après une longue nuit de la
sorte, ce matin je suis sur le pont à 5h15 pour blogger , prendre ma
douche , le petit déjeuner et je trouve même le temps de faire le plein
d'eau avant le départ . Pendant ce temps ,Serge est obligé d'avoir
affaire à Jean-Yves pour une panne de chauffe-eau : pour finir c'est un
court-circuit électrique qui est responsable de la décharge complète
d'une de ses batteries .
A 8h00 nous quittons le parking pour repasser sous la porte
fortifiée des remparts et les suivre sur un bon kilomètres ; nous
arrêtons très vite pour acheter des pêches et des tomates aux paysans
venus vendre le produit de leurs cultures . Ensuite , grâce au GPS
Garmin , nous trouvons facilement la direction de la G5 . Etant déjà sur
la réserve de gasoil , je fais un demi-tour surprise sur une deux fois
trois voies car j'ai vu une station service en face , à la dernière
minute . Marc et Serge , pas trop bien réveillés apparemment , ne
réagissent pas assez vite pour couper la circulation et préfèrent
m'attendre sagement le long du trottoir . Une fois le plein fait et le
G5 devant le parechoc pour quelques centaines de bornes , nous pouvons
enfin souffler un peu et nous détendre en parlant ce cette magnifique
étape à Pingyao . Premièrement , parce que nous avons bénéficié d'un
site de campement exceptionnel , en pleine vieille ville et aux pieds
des remparts par dessus le marché ; il parait que les camping-caristes
chinois ont eu une amende de deux cent yuans et trois points de moins
sur leur permis pour avoir franchi la porte fortifiée , réservée aux
voitures . D'après Philippe ,nous avons eu beaucoup de chance car le
parking où nous étions va bientôt disparaitre . Deuxièmement , pour nous
Pingyao était une première alors que depuis le début de notre périple en
Chine, nous étions en terrain connu . Troisièmement ,nous pensons que
pour se plonger dans la Chine profonde , avec ses ruelles bordées de
petites échoppes et grouillantes de monde , on ne peut pas faire mieux
qu'ici ! Et tout ces toits de tuiles rondes en forme de pagode , et
toutes ces grosses lanternes de papier de couleur rouge qui balancent au
moindre courant d'air , c'est merveilleux . Quatrièmement , la cerise
sur le gâteau , Dominique et Marie-Do ont trouvé leur fameux papier , ce
qui en plus nous a valu un super contact avec des autochtones et la
possibilité de voir un intérieur chinois .
Rapidement nous retrouvons la montagne couverte d'une
végétation très dense et très verte ; l'érosion a travaillé le sol en
creusant ici de petits canyon d'argile ocre , laissant là derrière elle
des bouquets de cheminées de fée .C'est vraiment très joli cette
alternance de vert et d'ocre dans la chaude lumière du matin . Par
endroit la main de l'homme a laissé sa trace aussi, en installant des
successions de terrasses parfois plantées d'arbres lorsqu'elles sont
trop étroites parfois couvertes de hauts maïs lorsqu'elles sont plus
larges . L'effet rendu est superbe avec des rayures de différentes
nuances de vert qui escaladent la montage , la transformant en d'énormes
gradins . La G5 serpente à souhait parmi les monts, pénétrant parfois au
plus profond leurs entrailles par de larges tunnels ou enjambant
d'immenses vallées sur des viaducs audacieux . Nous empruntons une
successions de travaux d'art à couper le souffle . Il parait que
Philippe est tombé une fois dans ce secteur sur un groupe de singes en
s'arrêtant pour contempler le paysage .
Malheureusement , à l'approche de Linfen , nous récupérons un
écran de brouillasse digne de Pékin , derrière lequel tout ce beau petit
monde disparait ; il parait que c'est la ville la plus polluée de la
planète : triste record ! Encore un truc qui ne va pas arranger l'état
de mes muqueuses respiratoires . Nous longeons puis traversons le Fleuve
Jaune à Shangyuan . La chaleur commence à être accablante avec le
thermomètre qui atteint 38 degrés . Comme je vois que Marc a un petit
moment de faiblesse en trainant la patte derrière , je propose un arrêt
casse-croute au talky walky qui aussitôt obtient l'assentiment général
.Nous sommes obligés de sortir un peu de l'autoroute pour trouver notre
bonheur prés d'une sorte de jardin public décoré de kiosques en forme de
pagodes . Nous dressons la table à l'ombre d'une haie de petits
acacias... ombre bien légère sous un soleil de plomb qui fait monter le
thermomètre à 39,5 degrés .
Cette après midi , alors que nous reprenons notre descente
vers le sud sur la G5 , nous recevons une succession de message sur
notre téléphone chinois envoyés par Philippe : d'abord pour dire que la
G207 est coupée par des travaux qu'il faut contourner par le nord . Cinq
minutes plus tard un autre nous apprend qu'il ne faut pas prendre ce
chemin car il y a un pont à 2,8 mètres de hauteur . Un troisième nous
conseille de ne pas suivre le GPS chinois , mais de suivre le road-book
! Devant les élucubrations successives de Philipe , nous décidons
d'arrêter sur la bande d'urgence pour en discuter, carte routière en
main . Nous finissons par trancher en décidant d'emprunter la S 85 et de
prendre Dengfeng à revers par le sud . Notre décision se révèle
excellente puisque nous atteignons Shaolinsi vers 16h30, juste après un
seul demi-tour pour trouver l'hôtel Chanwu que nous avions un peu
dépasser dans un premier temps . Ce soir nous avons 14 000 km au
compteur depuis notre départ de Liévin .
Bien qu'accablés par la chaleur, nous décidons d'aller faire
quelques courses de bouche à pieds , la ville étant toute proche . En
route , que nous regardons dans n'importe quelle direction, nous voyons
et surtout nous entendons des écoles d'arts martiaux : dans leur cour
respective , des garçons et des filles , alignés au cordeau effectuent
des figures de self-défense , les plus doués faisant les mêmes du haut
de leur podium , en hurlant à gorge déployée des successions de" yo, yo
, yo ...yo,yo,yo ...!" Il parait que Shaolinsi est le berceau des arts
martiaux créé en 497 après JC par des moines bouddhistes . Après avoir
exploré plusieurs supermarchés, nous revenons avec quelques paquets de
petits pains au lait , des biscottes et de l'eau . Plus persévérantes
Monique et Marie-Do continuent leurs investigations à la recherche de
viande pendant que nous rentrons bien chargés ,après avoir dégommé une
glace .
Après la réunion et l'apéro organisé par Serge et Marie-Do ,
nous sommes conviés à une démonstration d'arts martiaux dans un théâtre,
à proximité du parking de notre hôtel : et oui les jours se suivent mais
ne se ressemblent pas , aujourd'hui le campement c'est tare-mac et
compagnie , sous le soleil de plomb, c'est royal ! Le seul avantage
c'est que nous pouvons manger dehors sans soucis de lumière . J'ai beau
avoir mis deux heures de clim , il fait 35 degrés dans la chambre quand
nous nous couchons ; le plus mal loti est encore Serge avec son fourgon,
moins bien isolé et de beaucoup plus faible volume . J'ai presque honte
en le quittant, de lui souhaiter bonne nuit !
j'avais la tête farcie à tel point qu' à 22h00 il n'y avait plus de
bonhomme et je tirais ma révérence . Aussi , après une longue nuit de la
sorte, ce matin je suis sur le pont à 5h15 pour blogger , prendre ma
douche , le petit déjeuner et je trouve même le temps de faire le plein
d'eau avant le départ . Pendant ce temps ,Serge est obligé d'avoir
affaire à Jean-Yves pour une panne de chauffe-eau : pour finir c'est un
court-circuit électrique qui est responsable de la décharge complète
d'une de ses batteries .
A 8h00 nous quittons le parking pour repasser sous la porte
fortifiée des remparts et les suivre sur un bon kilomètres ; nous
arrêtons très vite pour acheter des pêches et des tomates aux paysans
venus vendre le produit de leurs cultures . Ensuite , grâce au GPS
Garmin , nous trouvons facilement la direction de la G5 . Etant déjà sur
la réserve de gasoil , je fais un demi-tour surprise sur une deux fois
trois voies car j'ai vu une station service en face , à la dernière
minute . Marc et Serge , pas trop bien réveillés apparemment , ne
réagissent pas assez vite pour couper la circulation et préfèrent
m'attendre sagement le long du trottoir . Une fois le plein fait et le
G5 devant le parechoc pour quelques centaines de bornes , nous pouvons
enfin souffler un peu et nous détendre en parlant ce cette magnifique
étape à Pingyao . Premièrement , parce que nous avons bénéficié d'un
site de campement exceptionnel , en pleine vieille ville et aux pieds
des remparts par dessus le marché ; il parait que les camping-caristes
chinois ont eu une amende de deux cent yuans et trois points de moins
sur leur permis pour avoir franchi la porte fortifiée , réservée aux
voitures . D'après Philippe ,nous avons eu beaucoup de chance car le
parking où nous étions va bientôt disparaitre . Deuxièmement , pour nous
Pingyao était une première alors que depuis le début de notre périple en
Chine, nous étions en terrain connu . Troisièmement ,nous pensons que
pour se plonger dans la Chine profonde , avec ses ruelles bordées de
petites échoppes et grouillantes de monde , on ne peut pas faire mieux
qu'ici ! Et tout ces toits de tuiles rondes en forme de pagode , et
toutes ces grosses lanternes de papier de couleur rouge qui balancent au
moindre courant d'air , c'est merveilleux . Quatrièmement , la cerise
sur le gâteau , Dominique et Marie-Do ont trouvé leur fameux papier , ce
qui en plus nous a valu un super contact avec des autochtones et la
possibilité de voir un intérieur chinois .
Rapidement nous retrouvons la montagne couverte d'une
végétation très dense et très verte ; l'érosion a travaillé le sol en
creusant ici de petits canyon d'argile ocre , laissant là derrière elle
des bouquets de cheminées de fée .C'est vraiment très joli cette
alternance de vert et d'ocre dans la chaude lumière du matin . Par
endroit la main de l'homme a laissé sa trace aussi, en installant des
successions de terrasses parfois plantées d'arbres lorsqu'elles sont
trop étroites parfois couvertes de hauts maïs lorsqu'elles sont plus
larges . L'effet rendu est superbe avec des rayures de différentes
nuances de vert qui escaladent la montage , la transformant en d'énormes
gradins . La G5 serpente à souhait parmi les monts, pénétrant parfois au
plus profond leurs entrailles par de larges tunnels ou enjambant
d'immenses vallées sur des viaducs audacieux . Nous empruntons une
successions de travaux d'art à couper le souffle . Il parait que
Philippe est tombé une fois dans ce secteur sur un groupe de singes en
s'arrêtant pour contempler le paysage .
Malheureusement , à l'approche de Linfen , nous récupérons un
écran de brouillasse digne de Pékin , derrière lequel tout ce beau petit
monde disparait ; il parait que c'est la ville la plus polluée de la
planète : triste record ! Encore un truc qui ne va pas arranger l'état
de mes muqueuses respiratoires . Nous longeons puis traversons le Fleuve
Jaune à Shangyuan . La chaleur commence à être accablante avec le
thermomètre qui atteint 38 degrés . Comme je vois que Marc a un petit
moment de faiblesse en trainant la patte derrière , je propose un arrêt
casse-croute au talky walky qui aussitôt obtient l'assentiment général
.Nous sommes obligés de sortir un peu de l'autoroute pour trouver notre
bonheur prés d'une sorte de jardin public décoré de kiosques en forme de
pagodes . Nous dressons la table à l'ombre d'une haie de petits
acacias... ombre bien légère sous un soleil de plomb qui fait monter le
thermomètre à 39,5 degrés .
Cette après midi , alors que nous reprenons notre descente
vers le sud sur la G5 , nous recevons une succession de message sur
notre téléphone chinois envoyés par Philippe : d'abord pour dire que la
G207 est coupée par des travaux qu'il faut contourner par le nord . Cinq
minutes plus tard un autre nous apprend qu'il ne faut pas prendre ce
chemin car il y a un pont à 2,8 mètres de hauteur . Un troisième nous
conseille de ne pas suivre le GPS chinois , mais de suivre le road-book
! Devant les élucubrations successives de Philipe , nous décidons
d'arrêter sur la bande d'urgence pour en discuter, carte routière en
main . Nous finissons par trancher en décidant d'emprunter la S 85 et de
prendre Dengfeng à revers par le sud . Notre décision se révèle
excellente puisque nous atteignons Shaolinsi vers 16h30, juste après un
seul demi-tour pour trouver l'hôtel Chanwu que nous avions un peu
dépasser dans un premier temps . Ce soir nous avons 14 000 km au
compteur depuis notre départ de Liévin .
Bien qu'accablés par la chaleur, nous décidons d'aller faire
quelques courses de bouche à pieds , la ville étant toute proche . En
route , que nous regardons dans n'importe quelle direction, nous voyons
et surtout nous entendons des écoles d'arts martiaux : dans leur cour
respective , des garçons et des filles , alignés au cordeau effectuent
des figures de self-défense , les plus doués faisant les mêmes du haut
de leur podium , en hurlant à gorge déployée des successions de" yo, yo
, yo ...yo,yo,yo ...!" Il parait que Shaolinsi est le berceau des arts
martiaux créé en 497 après JC par des moines bouddhistes . Après avoir
exploré plusieurs supermarchés, nous revenons avec quelques paquets de
petits pains au lait , des biscottes et de l'eau . Plus persévérantes
Monique et Marie-Do continuent leurs investigations à la recherche de
viande pendant que nous rentrons bien chargés ,après avoir dégommé une
glace .
Après la réunion et l'apéro organisé par Serge et Marie-Do ,
nous sommes conviés à une démonstration d'arts martiaux dans un théâtre,
à proximité du parking de notre hôtel : et oui les jours se suivent mais
ne se ressemblent pas , aujourd'hui le campement c'est tare-mac et
compagnie , sous le soleil de plomb, c'est royal ! Le seul avantage
c'est que nous pouvons manger dehors sans soucis de lumière . J'ai beau
avoir mis deux heures de clim , il fait 35 degrés dans la chambre quand
nous nous couchons ; le plus mal loti est encore Serge avec son fourgon,
moins bien isolé et de beaucoup plus faible volume . J'ai presque honte
en le quittant, de lui souhaiter bonne nuit !
lundi 25 juillet 2016
ppi étape 48 le 25 juillet 2016 Pingyao
On voit que la soirée d'hier s'est prolongée un peu tard dans
la nuit , ce matin je n'émerge pas avant 6h45 .Malgré la chaleur
ambiante , nous avons réussi à obtenir un léger courant d'air dans la
chambre , ce qui nous a bien aidé pour dormir . Après l'incontournable
rédaction du blog , je me précipite sous la douche pour laver le premier
bain de sueur de la journée : et oui ça coule déjà à flot à cette heure
matinale !
Nous partons en petit taxi collectif électrique , très
pratique pour circuler dans la vieille ville , à raison de six ou huit
par véhicule . Nous attaquons par la porte sud solidement fortifiée .
Surmontée d'une tour crénelée de 18 mètres de haut , elle donne un point
de vue exceptionnel sur la rue principale bordée de commerces sur toute
sa longueur . En se penchant par les créneaux , le panorama extérieur ,
avec les remparts en premier plan n'est pas mal non plus . De l'autre
côté, on domine une mer de toits de tuiles rondes au bords retroussés
vers le haut ,de style pagode . D'après notre guide , la ville de
Pingayo ,très secondaire pourtant,,, a pu bénéficier d'une telle
fortification parce qu'elle abritait la première banque de Chine créée
en 1820 et dont les fonds étaient stockés ici . Un système de lettres de
change permettait les transactions commerciales , sans le risque de
transporter de l'argent et d'être attaqué par les brigands . Ce
privilège a survécu aux deux Guerres de l'Opium , pourtant perdues par
la Chine contre les Anglais et les Français . Notre guide Yang nous
explique que si on voyait la ville depuis un petit avion , on verrait
qu'elle a la forme d'une tortue , animal qui symbolise la longévité ,
très chère aux riches banquiers de la cité . Sur la tour sont également
exposées quelques armes de siège et de vieux canons .
Une fois redescendus de notre poste d'observation , nous
traversons une petite place pour aller visiter la rue principale,
bordées de magnifiques maisons aux toits de pagodes, d'où pendent des
rangées de grosses lanternes de papier, souvent de couleurs rouge et
noire . Devant, de petit commerçants ambulants préparent des galettes
fourrés , des pains bouillis , des fruits découpés et enfilés sur un
grand bâton comme les sucettes . D'autres vendent des chapeaux chinois
coniques ou des éventails finement décorés . Dominique en achète un
pour 15 yuans, soit 2 euros .De beaux magasins proposent des
dégustations de thé, stocké dans de grandes jarres de terre cuite,
noires vernissées . Il y a également beaucoup de restaurants, dont les
portes grandes ouvertes sur la rue, permettent de voir que ceux-ci donne
à l'arrière sur de magnifiques jardins .
Nous remontons ensuite à bords de nos triporteurs électriques
pour aller jusqu'à la tour de l'Est, équipée d'une cloche qui sonnait le
début de la journée, contrairement à son homologue de l'Ouest , équipée
d'un tambour qui en marquait la fin . Nous visitons alors le tribunal ,
la prison avec de petites cellules chauffées pour trois détenus et les
salles de tortures où les Chinois ne manquaient pas d'imagination pour
faire parler les prisonniers ! Des figurants habillés comme au Moyen
Age, miment une petite scènette retraçant le procès opposant un père et
son fils qui lui manquait d'égard et de respect . Nous continuons notre
périple parmi les ruelles jusqu'à la fameuse première banque où l'on
voit encore les bureaux et les lettres de change peintes au pinceau .
Partout l'architecture est conçue pour apporter le maximum d'air et de
fraicheur dans les cours intérieures et les ruelles, ce qui rend notre
visite beaucoup plus agréable que celle de la Cité Interdite à Pékin .
Malgré tout, nous sommes bien contents de rentrer au campement vers
13h00 pour nous rafraichir . Après un pastis très faiblement dosé, avec
beaucoup d'eau et de glaçons , nous installons le salon de jardin sous
une sorte de patio au toit de pagode, pour casser la croute . A l'ombre
de cette frêle construction , nous bénéficions d'un petit vent qui rend
notre repas fort agréable . Et en prime nous pouvons admirer les dessins
qui décorent la charpente , un peu partout au dessus de nos têtes .
Après nous être reposé tant bien que mal , à l'abri des rayons
du soleil très ardent aujourd'hui , nous décidons de retourner au coeur
de la vieille ville en louant les services d'un mini-taxi électrique sur
lequel nous avons bien du mal à nous caler à quatre . Pendant qu'avec
Serge nous nous contentons d'observer les grouillements de la foule dans
les ruelles , Dominique et Marie-Do fouillent touts les petites échoppes
à la recherche de papiers imprimés à motifs chinois pour décorer leur
création en cartonnage . Elles finissent par trouver leur bonheur chez
un marchand de papier et de pinceaux que son épouse est entrain de
fabriquer , accroupie devant la porte . Il nous invite à la suivre
jusque chez eux pour acheter les fameux papiers exposés en petites
quantités dans son magasin . Après dix minutes de marches dans des
ruelles plutôt glauques , nous traversons une enfilade de courées du
même tonneau pour nous retrouver à couper les rouleaux du précieux
papier directement sur le lit des propriétaires . Comme l'opération se
prolonge un peu , étant donné qu'il faut mesurer et couper 7 morceaux
différents de cinq mètres chacun , la taulière demande à son petit
garçon de faire un service de morceaux de pastèques . Nous avons tout
juste le temps de rentrer en triporteur électrique pour assister à la
réunion de 19 h00 concernant l'étape de demain .Puis nous prenons
l'apéritif avec les camping-caristes chinois qui nous servent des
galettes d'une pâte très tendre que nous devons fourré de petites
tranches de viandes finement coupées et de légumes hachés baignant dans
une sauce noirâtre . C'est délicieux mais très copieux pour une simple
kémia .
Toute la journée nous avons dû présenter notre passeport un peu
partout à chaque entrée de bâtiments historiques et là ce soir nous
constatons que pendant notre petite fête avec nos collègues chinois ,
des flics sont entrés discrètement sur le parking pour filmer tous les
camping-car . Sans aucune paranoïa de notre part , nous avons d'un avis
général , l'impression d'être surveillés sans arrêt . Autre petite chose
désagréable concernant les autochtones , que nous apprenons ce soir à la
réunion, c'est que les camping-caristes chinois sont des gens très
riches (l'un d'entre eux possèdent plusieurs entreprises employant des
centaines de personnes) qui achètent ce genre de véhicule , très rares
dans le pays , pour montrer leur réussite sociale et non pas comme chez
nous par amour du camping , de la vie en plein air et de la liberté .
Leurs véhicules sont limités à 6 mètres de long par la loi . Ils sont
presque vides de meubles, souvent fabriqués en bois très sombre . Dès
qu'ils arrivent au camping , ils sortent le matériel de cuisine dehors
qu'ils installent sous l'auvent , le camping-car ne servant que pour
dormir , quand ils ne vont pas directement à l'hôtel ! Curieuse
conception du camping qui ferait se retourner dans la tombe Baden Powell
en personne .
la nuit , ce matin je n'émerge pas avant 6h45 .Malgré la chaleur
ambiante , nous avons réussi à obtenir un léger courant d'air dans la
chambre , ce qui nous a bien aidé pour dormir . Après l'incontournable
rédaction du blog , je me précipite sous la douche pour laver le premier
bain de sueur de la journée : et oui ça coule déjà à flot à cette heure
matinale !
Nous partons en petit taxi collectif électrique , très
pratique pour circuler dans la vieille ville , à raison de six ou huit
par véhicule . Nous attaquons par la porte sud solidement fortifiée .
Surmontée d'une tour crénelée de 18 mètres de haut , elle donne un point
de vue exceptionnel sur la rue principale bordée de commerces sur toute
sa longueur . En se penchant par les créneaux , le panorama extérieur ,
avec les remparts en premier plan n'est pas mal non plus . De l'autre
côté, on domine une mer de toits de tuiles rondes au bords retroussés
vers le haut ,de style pagode . D'après notre guide , la ville de
Pingayo ,très secondaire pourtant,,, a pu bénéficier d'une telle
fortification parce qu'elle abritait la première banque de Chine créée
en 1820 et dont les fonds étaient stockés ici . Un système de lettres de
change permettait les transactions commerciales , sans le risque de
transporter de l'argent et d'être attaqué par les brigands . Ce
privilège a survécu aux deux Guerres de l'Opium , pourtant perdues par
la Chine contre les Anglais et les Français . Notre guide Yang nous
explique que si on voyait la ville depuis un petit avion , on verrait
qu'elle a la forme d'une tortue , animal qui symbolise la longévité ,
très chère aux riches banquiers de la cité . Sur la tour sont également
exposées quelques armes de siège et de vieux canons .
Une fois redescendus de notre poste d'observation , nous
traversons une petite place pour aller visiter la rue principale,
bordées de magnifiques maisons aux toits de pagodes, d'où pendent des
rangées de grosses lanternes de papier, souvent de couleurs rouge et
noire . Devant, de petit commerçants ambulants préparent des galettes
fourrés , des pains bouillis , des fruits découpés et enfilés sur un
grand bâton comme les sucettes . D'autres vendent des chapeaux chinois
coniques ou des éventails finement décorés . Dominique en achète un
pour 15 yuans, soit 2 euros .De beaux magasins proposent des
dégustations de thé, stocké dans de grandes jarres de terre cuite,
noires vernissées . Il y a également beaucoup de restaurants, dont les
portes grandes ouvertes sur la rue, permettent de voir que ceux-ci donne
à l'arrière sur de magnifiques jardins .
Nous remontons ensuite à bords de nos triporteurs électriques
pour aller jusqu'à la tour de l'Est, équipée d'une cloche qui sonnait le
début de la journée, contrairement à son homologue de l'Ouest , équipée
d'un tambour qui en marquait la fin . Nous visitons alors le tribunal ,
la prison avec de petites cellules chauffées pour trois détenus et les
salles de tortures où les Chinois ne manquaient pas d'imagination pour
faire parler les prisonniers ! Des figurants habillés comme au Moyen
Age, miment une petite scènette retraçant le procès opposant un père et
son fils qui lui manquait d'égard et de respect . Nous continuons notre
périple parmi les ruelles jusqu'à la fameuse première banque où l'on
voit encore les bureaux et les lettres de change peintes au pinceau .
Partout l'architecture est conçue pour apporter le maximum d'air et de
fraicheur dans les cours intérieures et les ruelles, ce qui rend notre
visite beaucoup plus agréable que celle de la Cité Interdite à Pékin .
Malgré tout, nous sommes bien contents de rentrer au campement vers
13h00 pour nous rafraichir . Après un pastis très faiblement dosé, avec
beaucoup d'eau et de glaçons , nous installons le salon de jardin sous
une sorte de patio au toit de pagode, pour casser la croute . A l'ombre
de cette frêle construction , nous bénéficions d'un petit vent qui rend
notre repas fort agréable . Et en prime nous pouvons admirer les dessins
qui décorent la charpente , un peu partout au dessus de nos têtes .
Après nous être reposé tant bien que mal , à l'abri des rayons
du soleil très ardent aujourd'hui , nous décidons de retourner au coeur
de la vieille ville en louant les services d'un mini-taxi électrique sur
lequel nous avons bien du mal à nous caler à quatre . Pendant qu'avec
Serge nous nous contentons d'observer les grouillements de la foule dans
les ruelles , Dominique et Marie-Do fouillent touts les petites échoppes
à la recherche de papiers imprimés à motifs chinois pour décorer leur
création en cartonnage . Elles finissent par trouver leur bonheur chez
un marchand de papier et de pinceaux que son épouse est entrain de
fabriquer , accroupie devant la porte . Il nous invite à la suivre
jusque chez eux pour acheter les fameux papiers exposés en petites
quantités dans son magasin . Après dix minutes de marches dans des
ruelles plutôt glauques , nous traversons une enfilade de courées du
même tonneau pour nous retrouver à couper les rouleaux du précieux
papier directement sur le lit des propriétaires . Comme l'opération se
prolonge un peu , étant donné qu'il faut mesurer et couper 7 morceaux
différents de cinq mètres chacun , la taulière demande à son petit
garçon de faire un service de morceaux de pastèques . Nous avons tout
juste le temps de rentrer en triporteur électrique pour assister à la
réunion de 19 h00 concernant l'étape de demain .Puis nous prenons
l'apéritif avec les camping-caristes chinois qui nous servent des
galettes d'une pâte très tendre que nous devons fourré de petites
tranches de viandes finement coupées et de légumes hachés baignant dans
une sauce noirâtre . C'est délicieux mais très copieux pour une simple
kémia .
Toute la journée nous avons dû présenter notre passeport un peu
partout à chaque entrée de bâtiments historiques et là ce soir nous
constatons que pendant notre petite fête avec nos collègues chinois ,
des flics sont entrés discrètement sur le parking pour filmer tous les
camping-car . Sans aucune paranoïa de notre part , nous avons d'un avis
général , l'impression d'être surveillés sans arrêt . Autre petite chose
désagréable concernant les autochtones , que nous apprenons ce soir à la
réunion, c'est que les camping-caristes chinois sont des gens très
riches (l'un d'entre eux possèdent plusieurs entreprises employant des
centaines de personnes) qui achètent ce genre de véhicule , très rares
dans le pays , pour montrer leur réussite sociale et non pas comme chez
nous par amour du camping , de la vie en plein air et de la liberté .
Leurs véhicules sont limités à 6 mètres de long par la loi . Ils sont
presque vides de meubles, souvent fabriqués en bois très sombre . Dès
qu'ils arrivent au camping , ils sortent le matériel de cuisine dehors
qu'ils installent sous l'auvent , le camping-car ne servant que pour
dormir , quand ils ne vont pas directement à l'hôtel ! Curieuse
conception du camping qui ferait se retourner dans la tombe Baden Powell
en personne .
dimanche 24 juillet 2016
ppi étape 48 le 24 juillet 2016 Pékin-Pingyao 650 km
Ce matin à 6h30 ,nous faisons l'ouverture du buffet de petits
déjeuners servi au second étage, suivi de peu par Mari-Do et Serge ;
Marc et Monique nous rejoignent un peu plus tard . Comme nous avons du
pain sur la planche , la sortie de Pékin et une longue étape de 650
bornes , nous sommes décidés à ne pas trainer dans le secteur ! Le temps
de remonter à la chambre pour se laver les dents et de descendre les
sacs au camping-car, il est déjà 7h30 avec l'inertie de groupe , même
restreint !
Comme nous devons partir de l'hôtel par la gauche ,vers
l'ouest, et que nous sommes sur une avenue de deux fois trois voies
,notre premier souci est de trouver un passage pour faire demi-tour . Je
me rend compte en quittant la contre-allée qu'il aurait été plus facile
de trouver notre bonheur sur celle-ci . Quelques kilomètres plus loin ,
je ressors donc pour trouver un passage qui, pour finir ,nous ramène sur
le quatrième périphérique mais direction Est . D'un commun accord nous
décidons d'accepter notre sort, c'est à dire de faire deux tiers du tour
de Pékin par l'Est plutôt qu'un tiers par l'Ouest : une petite erreur
qui se solde par vingt bornes de plus, quand même ! Mais comme
aujourd'hui , nous sommes dimanche , la circulation est beaucoup plus
fluide , résultat ça nous pénalise d'une demi-heure de retard tout au
plus .
Comme prévu , nous tombons sur la G4 au bout de quarante
kilomètres , que nous nous dépêchons d'emprunter ,pressés que nous
sommes de quitter cet enfer urbain . Le mérite de notre petit détour est
de nous faire visiter une dernière fois la capitale de l'Empire du
Milieu et de pouvoir admirer ses magnifiques buildings de verre et
d'acier, aux formes très futuristes . Cà n'a plus rien à voir avec le
Beijin que nous avons connu, il y a 25 ans avec ses bâtiments en béton
grisâtre tout carrés , très communistes et couverts d'une épaisse couche
de poussière blanche venant du désert de Gobi . Nous n'aurions pas pu
imaginé à l'époque ,voir toutes ces voitures , tous ces magasins ouverts
jour et nuit , 7 jours sur 7 ; il fallait se dépêcher d'arriver au
restaurant à 18h00 , car à 19h00 tout était fermé , c'était nuit noir .
Et puis tout ces gens habillés en "bleus de chauffe" avec un petit col
mao , assis sagement au feu rouge sur leur vélo, sur 20 mètres de
front, de chaque côté des larges avenues désertes. C'est prodigieux
la rapidité avec laquelle cette métamorphose s'est opérée . Comme nous
avons pu le lire avant notre départ , le grand boum économique de la
Chine, enfin libéré des dogmes communistes ,profite pour l'instant à
cinquante pour cent de la population , peut-être soixante mais pas
d'avantage . Il y a les "laissés pour comptes" que nous avons vu dans
les petites communes et les villages qui sont restés au même stade que
les Chinois de nos voyages de jeunesse . Le "doux Deng"a quand même fait
du bon bouleau même s'il a encore le sang de Tian 'an men sur les mains
. Même les crachats qui écoeuraient tant les étrangers n'existent
quasiment plus , par contre , le nuage de pollution existe toujours lui
,et il s'est même aggravé , je pense . Pourtant d'après Sophie , notre
guide, des mesures ont été prises comme le fait de rouler à tour de rôle
: les numéros pairs le lundi , les impairs le mardi et ainsi de suite .
Résultat les gens achètent deux voitures pour pouvoir rouler tous les
jours . Pour le permis c'est pareil : il faut attendre 5 ans entre
l'inscription et le droit de le passer, à Pékin .Résultat , les gens le
passent dans une autre ville mais du coup, ils ne peuvent conduire que
jusqu'au cinquième périphérique, et pas au delà : ils ne peuvent pas
venir en plein centre . Tout est compliqué en Chine !
Au fur et à mesure que nous nous éloignons du centre , la
concentration d'usines, fumantes à souhait ,augmente et par la même
occasion la grisaille environnante aussi . C'est vraiment affreux et
suffoquant à la fois d'autant que le thermomètre est passé de 29 degrés
ce matin à 39,5 vers midi ! Pendant les trois cent premiers kilomètres
nous traversons une plaine spécialisée dans la culture du maïs ; on voit
aussi pas mal de pépinières dont les jeunes arbres sont couchés par le
vent . Puis tout à coup, à travers la brouillasse toujours omniprésente
, nous devinons la silhouette de petites montagnes très abruptes, qui
jaillissent de la plaine comme des pains de sucres . On dirait des
ombres chinoises, avec la lumière du soleil à contre .
Nous quittons la G4 pour prendre la G20 à droite sur une bonne
vingtaine de bornes puis la G5, lorsque tombons sur un barrage en béton
: en allant voir de plus prés , je constate que l'autoroute est
seulement en construction . Nous décidons de continuer par la route qui
s'offre à nous sur la ,en espérant que nos deux GPS seront à la hauteur
: une demi-heure plus tard nous décidons de faire demi-tour à l'entrée
d'une piste poussiéreuse à souhait et pleine de camions . Nous
rebroussons chemin pour récupérer la G20 que nous prenons vers le sud .
Aussitôt celle-ci se met à attaquer sévèrement la montagne , provoquant
de ce fait une file continue de camions sur la droite . Nous traversons
alors une large rivière , transformée en un véritable torrent de boue
qui charrie des énormes troncs d'arbres et même deux semi-remorques
complétement pliés . C'est certainement la conséquence des orages d'hier
soir . Nous franchissons un premier col où nous doublons une série de
poids lourds transportant jusqu'à 25 voitures chacun , 9 en bas et deux
rangées de 8 en haut . Nous ne résistons pas au plaisir de photographier
de tels monstres qui peinent tout ce qu'ils peuvent dans la pente . Dans
le second col, nous finissons par être immobilisés par un énorme bouchon
: pour ne pas perdre de temps , nous décidons de casser la croute , ce
qui crée rapidement des envies chez nos voisins routiers .Un message de
Phiippe nous apprend que le bouchon , suite à des glissements de
terrains, atteint maintenant 30 kilomètres . Et dire que je plaignais
ceux d'en face , bloqués suite à deux accidents successifs avec des
camions complétement tordus au milieu de la chaussée .
A peine avons-nous fini le café que la situation se débloque
tout doucement . Comme d'habitude Dominique prend le poste d'après midi
. Bien que la route reste montagneuse et tortueuse à souhait , je mets
le blog à jour aux prix de quelques acrobaties . Il faut être à 500
kilomètres de Pékin pour qu'enfin le voile laiteux de la pollution nous
quitte pour laisser place à un beau soleil d'après midi . Nous
retrouvons en même temps la plaine travaillée par l'érosion : sous
l'effet du ravinement , de mini canyons de terre ocre se sont creusés un
peu partout dans le vert tendre de la nature . C'est vraiment très joli
avec la chaude lumière qui règne maintenant .
Nous atteignons enfin Pingyao vers ,après 10 heures de volant
dans une chaleur étouffante: une étape redoutable ! Heureusement que le
jeu en vaut la chandelle : après avoir traversé des quartiers populaires
, grouillant de monde , où beaucoup de paysans sont venus vendre le
fruit de leurs cultures sur les trottoirs et même dans les rues déjà
étroites , nous tombons nez à nez avec les remparts crénelés de la
vieille ville : c'est un spectacle fabuleux avec le soleil couchant qui
en rosit les murailles : nous finissons par pénétrer dans la ville
fortifiée en empruntons l'une de ces six portes garnies de tours de
défense . Nous héritons cette fois d'un super campement installé juste
aux pieds des remparts et entouré de pagodes aux toits retroussés , d'où
pendent de grosses lanternes de papiers rouges . C'est dans ce cadre
idyllique que nous décidons de terminer la journée par un barbecue avec
Claire et Roger pendant que le reste des ppistes investit les petits
restos du coin . Cela nous permet aussi de faire connaissance avec des
camping-caristes chinois venus à notre rencontre ici , à Pingyao en leur
faisant goûter du champagne et de l'eau de vie de prune . De leur côté ,
ils nous servent des carottes râpées et des concombres alors que nous
sommes déjà au café-chocolat ; je ne vous explique pas le mélange !
déjeuners servi au second étage, suivi de peu par Mari-Do et Serge ;
Marc et Monique nous rejoignent un peu plus tard . Comme nous avons du
pain sur la planche , la sortie de Pékin et une longue étape de 650
bornes , nous sommes décidés à ne pas trainer dans le secteur ! Le temps
de remonter à la chambre pour se laver les dents et de descendre les
sacs au camping-car, il est déjà 7h30 avec l'inertie de groupe , même
restreint !
Comme nous devons partir de l'hôtel par la gauche ,vers
l'ouest, et que nous sommes sur une avenue de deux fois trois voies
,notre premier souci est de trouver un passage pour faire demi-tour . Je
me rend compte en quittant la contre-allée qu'il aurait été plus facile
de trouver notre bonheur sur celle-ci . Quelques kilomètres plus loin ,
je ressors donc pour trouver un passage qui, pour finir ,nous ramène sur
le quatrième périphérique mais direction Est . D'un commun accord nous
décidons d'accepter notre sort, c'est à dire de faire deux tiers du tour
de Pékin par l'Est plutôt qu'un tiers par l'Ouest : une petite erreur
qui se solde par vingt bornes de plus, quand même ! Mais comme
aujourd'hui , nous sommes dimanche , la circulation est beaucoup plus
fluide , résultat ça nous pénalise d'une demi-heure de retard tout au
plus .
Comme prévu , nous tombons sur la G4 au bout de quarante
kilomètres , que nous nous dépêchons d'emprunter ,pressés que nous
sommes de quitter cet enfer urbain . Le mérite de notre petit détour est
de nous faire visiter une dernière fois la capitale de l'Empire du
Milieu et de pouvoir admirer ses magnifiques buildings de verre et
d'acier, aux formes très futuristes . Cà n'a plus rien à voir avec le
Beijin que nous avons connu, il y a 25 ans avec ses bâtiments en béton
grisâtre tout carrés , très communistes et couverts d'une épaisse couche
de poussière blanche venant du désert de Gobi . Nous n'aurions pas pu
imaginé à l'époque ,voir toutes ces voitures , tous ces magasins ouverts
jour et nuit , 7 jours sur 7 ; il fallait se dépêcher d'arriver au
restaurant à 18h00 , car à 19h00 tout était fermé , c'était nuit noir .
Et puis tout ces gens habillés en "bleus de chauffe" avec un petit col
mao , assis sagement au feu rouge sur leur vélo, sur 20 mètres de
front, de chaque côté des larges avenues désertes. C'est prodigieux
la rapidité avec laquelle cette métamorphose s'est opérée . Comme nous
avons pu le lire avant notre départ , le grand boum économique de la
Chine, enfin libéré des dogmes communistes ,profite pour l'instant à
cinquante pour cent de la population , peut-être soixante mais pas
d'avantage . Il y a les "laissés pour comptes" que nous avons vu dans
les petites communes et les villages qui sont restés au même stade que
les Chinois de nos voyages de jeunesse . Le "doux Deng"a quand même fait
du bon bouleau même s'il a encore le sang de Tian 'an men sur les mains
. Même les crachats qui écoeuraient tant les étrangers n'existent
quasiment plus , par contre , le nuage de pollution existe toujours lui
,et il s'est même aggravé , je pense . Pourtant d'après Sophie , notre
guide, des mesures ont été prises comme le fait de rouler à tour de rôle
: les numéros pairs le lundi , les impairs le mardi et ainsi de suite .
Résultat les gens achètent deux voitures pour pouvoir rouler tous les
jours . Pour le permis c'est pareil : il faut attendre 5 ans entre
l'inscription et le droit de le passer, à Pékin .Résultat , les gens le
passent dans une autre ville mais du coup, ils ne peuvent conduire que
jusqu'au cinquième périphérique, et pas au delà : ils ne peuvent pas
venir en plein centre . Tout est compliqué en Chine !
Au fur et à mesure que nous nous éloignons du centre , la
concentration d'usines, fumantes à souhait ,augmente et par la même
occasion la grisaille environnante aussi . C'est vraiment affreux et
suffoquant à la fois d'autant que le thermomètre est passé de 29 degrés
ce matin à 39,5 vers midi ! Pendant les trois cent premiers kilomètres
nous traversons une plaine spécialisée dans la culture du maïs ; on voit
aussi pas mal de pépinières dont les jeunes arbres sont couchés par le
vent . Puis tout à coup, à travers la brouillasse toujours omniprésente
, nous devinons la silhouette de petites montagnes très abruptes, qui
jaillissent de la plaine comme des pains de sucres . On dirait des
ombres chinoises, avec la lumière du soleil à contre .
Nous quittons la G4 pour prendre la G20 à droite sur une bonne
vingtaine de bornes puis la G5, lorsque tombons sur un barrage en béton
: en allant voir de plus prés , je constate que l'autoroute est
seulement en construction . Nous décidons de continuer par la route qui
s'offre à nous sur la ,en espérant que nos deux GPS seront à la hauteur
: une demi-heure plus tard nous décidons de faire demi-tour à l'entrée
d'une piste poussiéreuse à souhait et pleine de camions . Nous
rebroussons chemin pour récupérer la G20 que nous prenons vers le sud .
Aussitôt celle-ci se met à attaquer sévèrement la montagne , provoquant
de ce fait une file continue de camions sur la droite . Nous traversons
alors une large rivière , transformée en un véritable torrent de boue
qui charrie des énormes troncs d'arbres et même deux semi-remorques
complétement pliés . C'est certainement la conséquence des orages d'hier
soir . Nous franchissons un premier col où nous doublons une série de
poids lourds transportant jusqu'à 25 voitures chacun , 9 en bas et deux
rangées de 8 en haut . Nous ne résistons pas au plaisir de photographier
de tels monstres qui peinent tout ce qu'ils peuvent dans la pente . Dans
le second col, nous finissons par être immobilisés par un énorme bouchon
: pour ne pas perdre de temps , nous décidons de casser la croute , ce
qui crée rapidement des envies chez nos voisins routiers .Un message de
Phiippe nous apprend que le bouchon , suite à des glissements de
terrains, atteint maintenant 30 kilomètres . Et dire que je plaignais
ceux d'en face , bloqués suite à deux accidents successifs avec des
camions complétement tordus au milieu de la chaussée .
A peine avons-nous fini le café que la situation se débloque
tout doucement . Comme d'habitude Dominique prend le poste d'après midi
. Bien que la route reste montagneuse et tortueuse à souhait , je mets
le blog à jour aux prix de quelques acrobaties . Il faut être à 500
kilomètres de Pékin pour qu'enfin le voile laiteux de la pollution nous
quitte pour laisser place à un beau soleil d'après midi . Nous
retrouvons en même temps la plaine travaillée par l'érosion : sous
l'effet du ravinement , de mini canyons de terre ocre se sont creusés un
peu partout dans le vert tendre de la nature . C'est vraiment très joli
avec la chaude lumière qui règne maintenant .
Nous atteignons enfin Pingyao vers ,après 10 heures de volant
dans une chaleur étouffante: une étape redoutable ! Heureusement que le
jeu en vaut la chandelle : après avoir traversé des quartiers populaires
, grouillant de monde , où beaucoup de paysans sont venus vendre le
fruit de leurs cultures sur les trottoirs et même dans les rues déjà
étroites , nous tombons nez à nez avec les remparts crénelés de la
vieille ville : c'est un spectacle fabuleux avec le soleil couchant qui
en rosit les murailles : nous finissons par pénétrer dans la ville
fortifiée en empruntons l'une de ces six portes garnies de tours de
défense . Nous héritons cette fois d'un super campement installé juste
aux pieds des remparts et entouré de pagodes aux toits retroussés , d'où
pendent de grosses lanternes de papiers rouges . C'est dans ce cadre
idyllique que nous décidons de terminer la journée par un barbecue avec
Claire et Roger pendant que le reste des ppistes investit les petits
restos du coin . Cela nous permet aussi de faire connaissance avec des
camping-caristes chinois venus à notre rencontre ici , à Pingyao en leur
faisant goûter du champagne et de l'eau de vie de prune . De leur côté ,
ils nous servent des carottes râpées et des concombres alors que nous
sommes déjà au café-chocolat ; je ne vous explique pas le mélange !
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