Ouf! On ne roule pas aujourd'hui , c'est repos , on peut le
prendre un peu plus cool ce matin . J'ai enfin du temps pour transférer
et classer les photos pendant que Dominique s'occupe du camping-car et
de la lessive qui s'est accumulée avec la course folle de ces derniers
jours . Comme prévu , un bus vient nous chercher vers 9h00 pour nous
conduire sur la place Gengis Khan où se déroule le début de la cérémonie
du Naddam : c'est la fête nationale qui dure deux ou trois jours,
célébrée depuis l'indépendance en 1991 . En route , nous apprenons que
la Mongolie, d'une superficie égale à trois fois la France , ne compte
que 3 millions d'habitants , ce qui lui donne la plus faible densité de
population de la planète avec 0.9 h/km2 . Elle nous explique aussi que
Oulan Bator est la capitale la plus froide du monde avec des
températures qui descendent à moins 60 degrés la nuit en hiver . Le bus
ne pouvant pas approcher d'avantage du centre névralgique , Onur
interrompt ses explications et nous invite à terminer à pieds . Nous
nous frayons un chemin tant bien que mal parmi une foule d'autochtones
mais aussi de touristes , jusqu'en face du siège du Parlement où a été
signée l'acte d'indépendance .Deux rangées de cavaliers mongols vêtus de
superbes cuirasses sculptées et armés de grandes lances attendent en
selle sur leur petits chevaux des steppes . Ceux-ci sont d'une patience
d'ange , rien ne bouge , pas même une queue ou une oreille . Sur les
marches du perron ,des gardes en armures richement décorées défendent le
siège du gouvernement . Lorsque l'orchestre installé un peu plus loin
commence à jouer une musique de péplum américain qui fait vibrer le sol
, les 9 bannières blanches de Gengis Khan sont confiées par un haut
dignitaire au régiment de cavalerie pour aller sous bonne garde jusqu'au
stade où a lieu la véritable cérémonie d'ouverture du Naddam : là , les
neufs tribus s'affrontaient dans trois disciplines : la lutte mongole ,
le tir à l'arc et la course de chevaux c'est dire les trois spécialités
dans lesquelles un bon guerrier mongol devait exceller . Une fois la
cavalerie partie au grand galop de l'esplanade , nous nous dépêchons de
regagner notre bus pour aller suivre la suite de la cérémonie au stade .
Comme hier , il faut affronter d'inextricables embouteillages
pendant une bonne demi-heure avant de continuer à pieds : une ballade
qui nous permet de voir l'immense portrait de Gengis Khan dessiné en
pierres blanches sur une colline couverte d'herbes rases . Un plus loin
c'est le symbole mongol qui décore le flan de montagne : on y retrouve
les différents éléments source de vie : le feu , la terre , l'eau , le
soleil , la lune , le yin et yang . Plus nous rapprochons du stade ,
plus le bain de foule devient oppressant . Onur nous remet les billets
qu'elle a payé 5 fois plus cher que d'habitude : 60 000 t soit 30 euros
au lieu de 12 000 t car cette année il y a énormément de monde ;
résultat , elle n'a pas pu avoir des places groupées et nous nous
retrouvons un peu éparpillés parmi les autochtones , ce qui n'est pas
plus mal ! Le contrôleur offre au passage un drapeau mongol à chaque
spectateur . Bien placés , à proximité de la tribune principale , nous
pouvons déjà admirer les costumes des futurs acteurs et les décors en
préparation sur la pelouse . Comme ce matin, lorsqu'une musique de
péplum à faire vibrer les boyaux se met à retentir, des fantassins en
cuirasse , portant bouclier rond et grande lance ,se mettent à courir
pour envahir la partie gauche de la pelouse ; pendant se temps la
cavalerie avec qui on avait fait connaissance devant le parlement se
lance au galop pour exécuter un tour de stade et prendre position sur
l'aile droite de celui-ci . Quand tout à coup la musique cesse
brutalement , toutes les troupes sont en place , immobiles , prêtes à
l'affrontement . Un pesant silence avant l'inévitable affrontement qui
fait dresser les poils des avant bras , comme-ci nous étions en première
ligne . L'orchestre lâche alors une musique encore plus violente que
tout à l'heure qui donne aussitôt le départ des hostilités : la
cavalerie , lancée au galop enfonce le front des fantassins pour ensuite
faire demi-tour et revenir de plus bel à la charge en un ballet
incessant . La chorégraphie est minutieusement réglée car nous ne
constatons pas une seule bavure . Un spectacle prodigieux qui retrace
admirablement bien ce qu'a pu être l'aventure mongole à travers toute
l'Asie puis l'Europe jusqu'en Allemagne . Après les batailles , nous
avons droit aux cérémonies de mariage et aux ballets de cour du Grand
Khan , avec des costumes prodigieux en soie de couleurs vives ,
brillante à souhait sous le soleil ardent de midi : et puis c'est le
cortège nuptiale avec les troupes au complet qui défilent autour du
stade suivies d'un régiment de soldats perchés sur des chameaux et bien
sûr Gengis Khan en cuirasse et sa chère épouse surmontée d'une coiffe
redoutable par sa taille et ses couleurs . Personnellement nous aurions
préféré en rester là ; mais il s'agit de la fête nationale d'une jeune
nation qui rend hommage à toutes les périodes de son histoire .Résultat
nous avons droit à l'occupation chinoise , puis soviétique , à
l'apparition de la voiture et le spectacle se termine en rendant hommage
aux cosmonautes mongols qui ont participé au programme Soyouz russe : le
premier mongol dans l'espace était le 101 ème cosmonaute du programme
soviétique . Nous avons donc droit au lâchage d'une fusée gonflable
ressemblant à un dirigeable d'un blanc immaculé qu'on aurait posé sur
l'une de ses pointes . Des figurants en combinaison spatiale tout aussi
blanche, sont chargés par l'intermédiaire d'une petite chorégraphie , de
son déplacement jusqu'au milieu de la pelouse et de sa mise à feu . Des
parachutistes porteurs du drapeau mongol et de longs rubans qui
zigzaguent dans le ciel, terminent le ballet aérien en nous offrant
quelques figures à leur façon avant d'atterrir au beau milieu du stade .
Dès que nous rebaissons les yeux , c'est pour admirer un défilé général
de tous les figurants en costume suivi de celui des corps constitués de
l'état : police , téléphonie , poste , infirmières , médecins ...
Dès que la musique cesse , un commentateur muni d'un micro
grimpe à la tribune voisine pour inviter les lutteurs à passer sur le
terrain : c'est impressionnant de voir courir ces montagnes de muscles
de plus de 150 kilos pour former un gigantesque carré au milieu de la
pelouse . Ils sont suivis de peu par leurs entraineurs et les arbitres
vêtus de longues robes de soies de couleurs vives , serrées à la taille
par une large ceinture de tissu et la tête couverte d'un chapeau un peu
carré surmonté d'une pointe dorée . Dès que tout ce petit monde a fini
de saluer le public , voilà les lutteurs qui s'empoignent par groupe de
deux , un peu partout dans le stade , sans limite de ring définie . Pour
gagner la partie, il faut que le vaincu touche le sol avec autre chose
que ses mains et ses pieds . Pour les gros gabarits , cela peut durer
très longtemps, il parait . Des écrans géants permettent au public de
voir les détails des combats . Après avoir assisté à quelques uns
d'entre eux , nous quittons nos places que des lutteurs, en attente de
match , prennent d'assaut dès notre départ . En sortant du stade nous
allons manger des beignets fourrés à la viande hachée de mouton
légèrement relevée avec des oignons : ce n'est pas mauvais au goût ,
bien qu'un peu fade pour nous , mais c'est surtout très gras .
Nous nous rendons ensuite dans un stade voisin , plus petit ,
où se déroulent les épreuves de tir à l'arc . Vêtu de robes de soie ,
comme les entraineurs des épreuves de luttes , les archers bandent leur
arc devant nous , entourent soigneusement l'avant bras droit d'une
cordelette pour éviter d'être blessé lors de la décoche , puis avance
par paquet de quatre sur le pas de tir . Les cibles, distantes de
soixante quinze mètres , sont entourées par les arbitres , apparemment
confiants en leurs compétiteurs ; dès que l'un deux a réussi à mettre
ses quatre flèches dans la cible , l'arbitre lève la mains et d'autres
archers viennent remplacer ceux-là sur le pas de tir . Leur moyenne
d'age est élevée et il y a beaucoup de femmes dans cette compétition
alors qu'elles sont absentes des compétitions de lutte .
Dans un autre stade , encore un peu plus loin, ont lieu les
compétitions d'osselets , une quatrième épreuve plus récemment
introduite au Naddam : en fait cela n'a rien à voir avec le jeu
d'osselet que nous avons tous pratiqué à l'école . Ici les joueurs
disposent d'une petite planchette qui sert de guide sur laquelle vient
glisser une sorte de palet en os de forme carré . Accroupis à cinq
mètres des cibles , d'une pichenette du médius, ils propulsent l'osselet
qui doit faire tomber un empilement d'autres palets . Un jeu beaucoup
moins viril qui n'aurait pas pu exister à l'époque de Gengis Khan mais
qui requière apparemment pas mal d'adresse .
Onur nous avait promis une surprise à 16h00 . D' un coup de bus
nous nous rendons dans une boutique de haute couture pour assister à un
défilé de mode . De superbes mannequins exhibent de magnifiques robes
de soirée sur fond de musique mongole moderne . Basé sur la mode
traditionnellle , les couturiers ont stylisé , ont modernisé les modèles
tout en gardant les motifs de soieries anciennes , la forme des manches
pour arriver à un résultat sensationnel . Je pense même que plus d'un de
nos grands couturiers français feraient bien de venir prendre quelques
leçons par ici ! Entre deux exhibitions, un groupe de musiciens nous
proposent quelques morceaux de leur composition : eux aussi , comme les
couturiers mongoles , utilisent des instruments traditionnels du pays
qu'ils ont électrifiés pour faire des morceaux de roc tout à fait
exceptionnels . Dans l'ensemble nous sommes surpris par la finesse des
Mongols par rapport aux Russes et aux Chinois ! Les guides touristiques
que nous avions lus avant le départ nous les avaient présenté comme des
alcooliques , des violents et des rustres , on est loin du compte !
Après avoir fait nos adieux à Charles , notre toubib , qui
rentre demain en France , nous partons mangé au restaurant avec un
couple très sympa de la région de Vienne, Danielle et Bernard , pour
goûter enfin le mouton grillé mongol , spécialité du pays très bien
préparée .
mardi 12 juillet 2016
lundi 11 juillet 2016
ppi étape 34 le 10 juillet 2016 Darkhan-Oulan Bator 250 km
Un très violent orage nous a réveillé vers 1h00 du matin :
Comme nous avions laissé les trois hublots de toit ouverts ainsi que
toutes les fenêtres pour obtenir un courant d'air , ça n'était pas
triste à bord : ils pleuvait à torrent dans les toilettes et le vent ,
avec ses furieuses rafales avait bousculé nos fragiles moustiquaires .
Debout en un clin d'oeil , je me suis précipité pour nous calfeutrer de
façon étanche au plus vite . Pas besoin d'allumer la lumière , le ciel
était clair comme en plein jour, avec les éclairs qui se succédaient à
un rythme infernal . Trempé de la tête au pied , il a fallu que je
m'essuie avant de regagner ma couette . Encore une nuit de sommeil pas
très réparateur étant donné que le vent , toujours aussi violent nous a
accompagné jusqu'à l'aube . Résultat des courses , ce matin ce n'est pas
la grande forme d'autant qu'il faut se lever tôt pour partir à 6h00 .
Pour une fois ce sont nous qui retardons le départ de notre
petite colonne de trois ; nous prenons la direction de la capitale ,
Oulan Bator , par l'unique route du pays . Après une zone de macadam
relativement correcte d'une vingtaines de kilomètres , nous voilà
confrontés à la tôle ondulée , mais cette fois , mongolienne , c'est à
dire qu'ici les ondulations sont plus fortes , les ornières plus
profondes et surtout la route beaucoup plus étroite . Notre moyenne
chute aussitôt ; heureusement que nous n'avons que deux cent cinquante
bornes à dégommer . Chose nouvelle aussi , nous sommes contraints
d'arrêter plusieurs fois pour payer des droits de passage , bien
modestes pour nous : de l'ordre de 2 à 3000 t soit autour d'un euro !
Comme hier ,de part et d'autre de la longue ligne droite du
ruban d'asphalte , c'est l'immensité de la steppe que limitent de
petites montagnes dépourvues de toute végétation hormis l'herbe rase
omniprésente . Aujourd'hui les sommets sont dans la brume et le ciel
encore menaçant , charrie de gros nuages tourmentés . Par endroit la
brouillasse descend jusqu'à nous , nous obligeant à allumer les feux de
brouillard . Mais quel spectacle, aussi bien à droite qu'à gauche , nous
ne savons plus où donner de la tête : ici c'est un petit hameaux de
yourtes fumantes par l'étroite buse qui sort du toit , là c'est un grand
troupeau de chevaux sauvages qui courent dans l'immensité après je ne
sais quoi , un peu plus loin un groupe de cavaliers tente de faire
rentrer une centaine de vaches dans un enclos de bois , style ranch . On
a décoré certains chevaux de parures, peut-être en vue de la fête
nationale du Naddam ...! En tout cas, la circulation est déjà très dense
pour une région aussi déserte , on sent qu'il s'y prépare quelque chose .
Après avoir franchi quelques petits cols , nous plongeons dans
un énorme nuage de pollution sous lequel se cache Oulan Bator : partout
de grosses usines , de hautes cheminées et de gigantesques
refroidisseurs crachent leur venin . Autour de nous, ce ne sont que
carcasses de bâtiments désaffectés ou en voie de construction , c'est
hideux ! Heureusement que sur les collines environnantes on aperçoit des
regroupements de yourtes parmi les baraques en planches souvent peintes
de couleurs vives , chacune s'abritant derrière un petit enclos de bois
. On nous avez prévenu qu'il fallait compter deux heures pour pénétrer
la capitale , mais je commence à comprendre . A 10 km du but indiqué par
le GPS ,c'est l'horreur : sur une avenue à trois voies de chaque côté ,
les Mongols se mettent sur cinq files : bonjour les petits
frotti-frottas !En plus , on dirait que le sport national est le
changement de direction toutes les dix secondes : il y en a même qui se
retrouvent perpendiculaires au sens de la marche général . Une chose
cependant qui est agréable dans ce chaos général , c'est qu'ils ont tous
le sourire et que si on se trouve bloqué , on peut toujours sortir le
bras par la fenêtre de la portière pour demander de l'aide . Et vraiment
quand la situation tourne au vinaigre , il reste le klaxon, très prisé
dans le pays . Avec mes deux trompes à 150 décibels et notre carrure ,
nous parvenons malgré tout à nous faire respecter et nous atteignons
l'hôtel Miami après seulement une heure quarante de bataille rangée !
Mais ensuite , c'est une véritable épreuve de plateau, exigé au permis
poids lourds , pour parvenir de justesse à nous glisser entre une
quantité effroyable de voitures stationnées de façon j'allais dire
anarchique , je crois que l'adjectif mongole convient mieux ,pour
atteindre enfin la grille de l'hôtel : quelle surprise lorsque nous nous
installons dans la cours inondée depuis l'orage de cette nuit sous 10
centimètres d'eau ! Il parait , d'après notre guide Omur qu'ils ont
installé des pompes et qu'en principe demain nous serons au sec .
Vu les circonstances , nous prenons notre repas chacun dans son
îlot respectif . Puis nous retrouvons le reste du groupe de ppistes
pour partir en bus visiter la Fondation Christina Noble où nous devons
remettre nos colis de vêtements et de fournitures scolaires . Nous
apprenons à bord que Bernard , avec son embrayage en rideau , est encore
sur la route , remorqué par le camping-car de Jean-Yves . Après vingt
bornes de trajet qui se terminent dans des petites ruelles de terre
battue nous pénétrons avec le bus pour des raisons de sécurité dans un
vaste enclos de bois . Un dénommé Tom , le big boss , nous explique
qu'ils ont recueilli 47 enfants ici , qu'il existe 10 établissements
comme celui-là en Mongolie et 25 au Vietnam . Puis nous visitons
différentes yourtes consacrées aux chambres , au réfectoire,à la
cuisine ,aux salles de classe et puis nous traversonsle potagers . Nous
assistons , toujours dans une autre yourte, à un petit récital de
musique , de chansons et de danses avant de déposer nos colis . Une des
petites pensionnaires , intriguée par mes chaussettes de contention ,
vient toucher mes jambes , en rigolant , persuadée qu'elles sont
artificielles ;se rendant compte de son erreur , elle montre qu'elle
aussi porte des chaussettes hautes !
Après quelques touchantes étreintes , nous prenons congé de
nos protégés pour aller assister sur la place principale d'Oulan Bator ,
la place Gengis Khan , à un concourt de costumes folkloriques . C'est
amusant de voir se promener les représentants de différents clans dans
la foule sur l'immense esplanade . A l'intérieur d'un véritable théâtre
de plein air ,des groupes professionnels ceux-là, effectuent des danses
folkloriques au son de musiques mongoles . Mais d'un commun accord nous
préférons ballocher sur la place parmi la foule et voir d'authentiques
mongols se promener . Nous nous faisons interpeller par un gars en civil
qui nous demande les passeports . Etant donné qu'il ne porte pas
d'uniforme , je l'envoie promener . Quelques minutes plus tard , il
revient à la charge avec une soit disant interprète qui parle
parfaitement français ; nous lui expliquons que nous sommes en groupe et
que nos papiers sont à l'hôtel , puis nous les laissons là tous les deux
. Mais ils ne lâchent pas l'affaire pour autant et attendent notre guide
: il parait que j'aurais soit disant bousculé quelqu'un qui prenait une
photo ! Une histoire rocambolesque , certainement inventée de toute
pièce pour excuser sa conduite stupide de flic .
Nous terminons la soirée dans un restaurant du coin, recommandé
par notre guide Omur, pour sa viande cuite aux sabres : en fait nous
héritons d'un wok de qualité médiocre après un petit numéro de cirque
avec de grands couteaux ! Le plus déçu d'entre nous c'est quand même
Serge qui comptait bien manger une bonne pièce de boeuf , lui qui est au
régime crudités depuis le début du périple . Résultat , nous compensons
cette déception culinaire générale par une petite vodka frappée à bord
du camping-car .
Comme nous avions laissé les trois hublots de toit ouverts ainsi que
toutes les fenêtres pour obtenir un courant d'air , ça n'était pas
triste à bord : ils pleuvait à torrent dans les toilettes et le vent ,
avec ses furieuses rafales avait bousculé nos fragiles moustiquaires .
Debout en un clin d'oeil , je me suis précipité pour nous calfeutrer de
façon étanche au plus vite . Pas besoin d'allumer la lumière , le ciel
était clair comme en plein jour, avec les éclairs qui se succédaient à
un rythme infernal . Trempé de la tête au pied , il a fallu que je
m'essuie avant de regagner ma couette . Encore une nuit de sommeil pas
très réparateur étant donné que le vent , toujours aussi violent nous a
accompagné jusqu'à l'aube . Résultat des courses , ce matin ce n'est pas
la grande forme d'autant qu'il faut se lever tôt pour partir à 6h00 .
Pour une fois ce sont nous qui retardons le départ de notre
petite colonne de trois ; nous prenons la direction de la capitale ,
Oulan Bator , par l'unique route du pays . Après une zone de macadam
relativement correcte d'une vingtaines de kilomètres , nous voilà
confrontés à la tôle ondulée , mais cette fois , mongolienne , c'est à
dire qu'ici les ondulations sont plus fortes , les ornières plus
profondes et surtout la route beaucoup plus étroite . Notre moyenne
chute aussitôt ; heureusement que nous n'avons que deux cent cinquante
bornes à dégommer . Chose nouvelle aussi , nous sommes contraints
d'arrêter plusieurs fois pour payer des droits de passage , bien
modestes pour nous : de l'ordre de 2 à 3000 t soit autour d'un euro !
Comme hier ,de part et d'autre de la longue ligne droite du
ruban d'asphalte , c'est l'immensité de la steppe que limitent de
petites montagnes dépourvues de toute végétation hormis l'herbe rase
omniprésente . Aujourd'hui les sommets sont dans la brume et le ciel
encore menaçant , charrie de gros nuages tourmentés . Par endroit la
brouillasse descend jusqu'à nous , nous obligeant à allumer les feux de
brouillard . Mais quel spectacle, aussi bien à droite qu'à gauche , nous
ne savons plus où donner de la tête : ici c'est un petit hameaux de
yourtes fumantes par l'étroite buse qui sort du toit , là c'est un grand
troupeau de chevaux sauvages qui courent dans l'immensité après je ne
sais quoi , un peu plus loin un groupe de cavaliers tente de faire
rentrer une centaine de vaches dans un enclos de bois , style ranch . On
a décoré certains chevaux de parures, peut-être en vue de la fête
nationale du Naddam ...! En tout cas, la circulation est déjà très dense
pour une région aussi déserte , on sent qu'il s'y prépare quelque chose .
Après avoir franchi quelques petits cols , nous plongeons dans
un énorme nuage de pollution sous lequel se cache Oulan Bator : partout
de grosses usines , de hautes cheminées et de gigantesques
refroidisseurs crachent leur venin . Autour de nous, ce ne sont que
carcasses de bâtiments désaffectés ou en voie de construction , c'est
hideux ! Heureusement que sur les collines environnantes on aperçoit des
regroupements de yourtes parmi les baraques en planches souvent peintes
de couleurs vives , chacune s'abritant derrière un petit enclos de bois
. On nous avez prévenu qu'il fallait compter deux heures pour pénétrer
la capitale , mais je commence à comprendre . A 10 km du but indiqué par
le GPS ,c'est l'horreur : sur une avenue à trois voies de chaque côté ,
les Mongols se mettent sur cinq files : bonjour les petits
frotti-frottas !En plus , on dirait que le sport national est le
changement de direction toutes les dix secondes : il y en a même qui se
retrouvent perpendiculaires au sens de la marche général . Une chose
cependant qui est agréable dans ce chaos général , c'est qu'ils ont tous
le sourire et que si on se trouve bloqué , on peut toujours sortir le
bras par la fenêtre de la portière pour demander de l'aide . Et vraiment
quand la situation tourne au vinaigre , il reste le klaxon, très prisé
dans le pays . Avec mes deux trompes à 150 décibels et notre carrure ,
nous parvenons malgré tout à nous faire respecter et nous atteignons
l'hôtel Miami après seulement une heure quarante de bataille rangée !
Mais ensuite , c'est une véritable épreuve de plateau, exigé au permis
poids lourds , pour parvenir de justesse à nous glisser entre une
quantité effroyable de voitures stationnées de façon j'allais dire
anarchique , je crois que l'adjectif mongole convient mieux ,pour
atteindre enfin la grille de l'hôtel : quelle surprise lorsque nous nous
installons dans la cours inondée depuis l'orage de cette nuit sous 10
centimètres d'eau ! Il parait , d'après notre guide Omur qu'ils ont
installé des pompes et qu'en principe demain nous serons au sec .
Vu les circonstances , nous prenons notre repas chacun dans son
îlot respectif . Puis nous retrouvons le reste du groupe de ppistes
pour partir en bus visiter la Fondation Christina Noble où nous devons
remettre nos colis de vêtements et de fournitures scolaires . Nous
apprenons à bord que Bernard , avec son embrayage en rideau , est encore
sur la route , remorqué par le camping-car de Jean-Yves . Après vingt
bornes de trajet qui se terminent dans des petites ruelles de terre
battue nous pénétrons avec le bus pour des raisons de sécurité dans un
vaste enclos de bois . Un dénommé Tom , le big boss , nous explique
qu'ils ont recueilli 47 enfants ici , qu'il existe 10 établissements
comme celui-là en Mongolie et 25 au Vietnam . Puis nous visitons
différentes yourtes consacrées aux chambres , au réfectoire,à la
cuisine ,aux salles de classe et puis nous traversonsle potagers . Nous
assistons , toujours dans une autre yourte, à un petit récital de
musique , de chansons et de danses avant de déposer nos colis . Une des
petites pensionnaires , intriguée par mes chaussettes de contention ,
vient toucher mes jambes , en rigolant , persuadée qu'elles sont
artificielles ;se rendant compte de son erreur , elle montre qu'elle
aussi porte des chaussettes hautes !
Après quelques touchantes étreintes , nous prenons congé de
nos protégés pour aller assister sur la place principale d'Oulan Bator ,
la place Gengis Khan , à un concourt de costumes folkloriques . C'est
amusant de voir se promener les représentants de différents clans dans
la foule sur l'immense esplanade . A l'intérieur d'un véritable théâtre
de plein air ,des groupes professionnels ceux-là, effectuent des danses
folkloriques au son de musiques mongoles . Mais d'un commun accord nous
préférons ballocher sur la place parmi la foule et voir d'authentiques
mongols se promener . Nous nous faisons interpeller par un gars en civil
qui nous demande les passeports . Etant donné qu'il ne porte pas
d'uniforme , je l'envoie promener . Quelques minutes plus tard , il
revient à la charge avec une soit disant interprète qui parle
parfaitement français ; nous lui expliquons que nous sommes en groupe et
que nos papiers sont à l'hôtel , puis nous les laissons là tous les deux
. Mais ils ne lâchent pas l'affaire pour autant et attendent notre guide
: il parait que j'aurais soit disant bousculé quelqu'un qui prenait une
photo ! Une histoire rocambolesque , certainement inventée de toute
pièce pour excuser sa conduite stupide de flic .
Nous terminons la soirée dans un restaurant du coin, recommandé
par notre guide Omur, pour sa viande cuite aux sabres : en fait nous
héritons d'un wok de qualité médiocre après un petit numéro de cirque
avec de grands couteaux ! Le plus déçu d'entre nous c'est quand même
Serge qui comptait bien manger une bonne pièce de boeuf , lui qui est au
régime crudités depuis le début du périple . Résultat , nous compensons
cette déception culinaire générale par une petite vodka frappée à bord
du camping-car .
dimanche 10 juillet 2016
ppi étape 32 le 8 juillet 2016 Babushkin-Kiakhta 320 km
Révéillé à 5h00 , comme d'habitude, je cours dehors pour
admirer le fugace spectacle du lever de soleil sur la baie et faire
quelques clichés . Avec la rangée de camping-cars alignés devant la
plage, qui se découpent à contre-jour comme des ombres chinoises , c'est
superbe . La fraicheur de l'aube me fait rapidement regagner mes pénates
pour taper le blog . Mais à 7h00 , je ne tiens plus , l'envie de piquer
une tête dans le Baïkal est trop forte : sur la grève de galets je
retrouve Marie-Noelle , Claire et René déjà entrain de nager : dès mon
arrivée , ils s'arrêtent tous pour regarder les grimaces et écouter les
jurons que les 14 degrés de l'eau provoquent :" oh la vache! oh non de
d...! " J'ai beau me contorsionner dans tous les sens , le premier
contact est violent ; arrivé au niveau de la ceinture , c'est trop dur
et trop long, je plonge !"Oh la vache ...! " Mais curieusement au bout
de quelques minutes je suis acclimaté au point de faire des aller et
retours dans la petite crique comme les autres .Le froid intense nous a
insensibilisé les extrémités et maintenant ce n'est que du bonheur : un
bain dans le lac le plus grand du monde au saut du lit , c'est royal :
notre baignade suscite la curiosité de pas mal de ppistes qui préfèrent
s'armer de leur appareil photo que de leur maillot de bain ; seuls
Michel , Treach et Nills , le couple d'anglais ,osent se jeter à l'eau
au sens propre du terme . C'est vivifiant après une nuit rendue
difficile par les nombreux passages de Transsibériens . Forts d'une
centaines de wagons chacun , je les entendais venir de très loin , le
son étant porté par les eaux du lac . Leur poids titanesque faisait
vibrer le lit . Et puis leurs incessants coups de sirènes pour chasser
le bétail des voies , c'était plutôt crispant . Heureusement qu'entre
deux le doux bruit du ressac était là pour me bercer et m'envoyer tout
droit dans les bras de Morphée .
Malgré la baignade , nous parvenons à décoller vers 8h30
.Première obligation de a journée, le plein de gasoil et si possible
celui du jerrican selon les conseils d'Aldar : " demain , traversée
Bouriatie , quittez Baïkal, pas beaucoup pompes , alors prudence ...
prudence...prudence ...! Bouriatie , république semi autonome dans
Fédération Russe ...Demain vous traversez Ulan Ude , capitale Bouriatie
, 400 000 habitants , bouriates descendants Gengis Khan , tous
bouddhistes chamanistes , pas orthodoxe , vous verrez grand monastère
bouddhiste , le plus grand de Sibérie et de Russie aussi !C'est là que
réside chef des bouddhistes ... Sur petite route à droite ...te donnes
coordonnées GPS après... Fin d'étape à travers steppe... demain pas
camping , bivouac dans steppe , pas eau... pas l'électricité non plus
pour brancher toi ... Bivouac dans steppe, à gauche après stupa , petite
construction bouddhiste , comme çà ... Attends , dessine pour toi...
donne point GPS après ...Pas la peine arriver trop tôt ...Si non , trop
chaud dans steppe ... hi! hi !hi!..°
La route suit le lac encore sur une trentaine de kilomètres ,
nous offrant par moment de jolies points de vue . Puis nous rentrons
dans les terres pour retrouver montagnes et forêts : depuis que nous
avons acheté des plateaux en écorce de bouleau je sais pourquoi certains
d'entre eux ont des chaussettes noires d'un mètre de haut . Nous
retrouvons également les chapelets de petits marchands de fraises des
bois et aussi de myrtilles installés sur les bas -côtés? qui annoncent
l'approche d'un village . A la sortie de l'un d'eux nous croisons une
importante colonne de camping-cars italiens se suivant cul à cul ;
manifestement , ils rentrent de Mongolie . Au fur et à mesure que nous
rentrons dans les terres , nous perdons l'effet Baïkal : le thermomètre
grimpe aussitôt de 10 degrés , ça promet !
Nous escaladons quelques petites montagne couverte de forêts de sapin où
la route prend plaisir à serpenter , enchainant virage sur virage . Nous
voyons d'ailleurs au passage plusieurs carcasses de camion abandonnées
en contrebas de la route :Aldar nous a expliqué que les Sibériens n'ont
pas le matériel nécessaire pour soulever de tel monstre de ferraille .
Après avoir retrouvé la plaine , la végétation change brutalement ; la
forêt fait place à de vastes étendues d'herbe rase , un peu jaunie sous
le soleil de plomb : le thermomètre atteint les 45 degrés lorsque nous
entrons dans Oulan Oud . Après avoir traversé le fleuve Sélenga sur un
grand pont gardé par quatre énormes tigres de pierre , nous nous
faufilons dans une circulation intense jusqu'au marché du centre ville .
Le stationnement étant difficile chacun se débrouille de son côté pour
nous retrouver devant de magnifiques étales de fruits , de légumes et
d'épices . Depuis quelques jours nous avions constaté que chez les
autochtones il y avaient de plus en plus de gens avec des traits
mongoloïdes mais ici ont atteint plus de 90%
Après une bonne heure de ballade parmi les étales colorés et
les odeurs d'épices , nous reprenons la route , cette fois plein sud
vers la Mongolie . Le paysage est de plus en plus dénudé : de l'herbe
rase à perte de vue , quelques touffes d'arbrisseaux éparpillés , la
rivière Sélenga qui serpente un peu plus bas dans la vallée et de chaque
côté des monts totalement pelés . Quelques villages très isolés
s'égrainent à distance de la route : des maisons de bois peintes de
couleurs vives mais aussi des yourtes attirent notre attention . Il est
déjà 14h00 lorsque nous atteignons le fameux monastère bouddhiste dont
Aldar nous avait parlé : étant donné la chaleur insoutenable nous
décidons de manger à l'intérieur du camping-car en attendant le reste de
la troupe; nous goutons à nouveau l'Omul fumé, toujours avec autant de
plaisir : dire que la faible température de l'eau du lac demande pas
moins de dix ans pour qu'ils atteignent la taille nécessaire pour passer
à table!
Nous commençons la visite du monastère par celle d'un stade
installé juste à côté où se déroule une compétition de lutte arbitré par
des mongols vêtus comme à l'époque de Gengis Khan , un chapeau à pointe
sur la tête . En fait nous apprenons que deux fois par an c'est la fête
au monastère : à cette occasion, on expose la dépouille d'un chef
bouddhiste , mort au début du siècle dernier . Sans aucun soin de
conservation particulier , il est parvenu jusqu'à nous en parfait état .
Au prix de quelques jonctions de mains et de flexions du cou , nous
parvenons à pénétrer dans le temple principal en suivant l'interminable
file de fidèles , pour nous prosterner au pied de la fameuse momie . Le
plus dur est de sortir du temple à reculons sans se prendre les pieds
dans le plancher disjoint . Nos dévotions terminées, nous continuons la
visite de ces lieux sacrés, en arpentant une immense court entourée de
palissades en bois : à l'intérieur se mêlent de façon un peu anarchique
des tambours à prières que les pèlerins font tourner de la main droite
en passant devant , des baraquements qui doivent servir de cellules aux
moines , une dizaine d'autres petit temples plus bariolés les uns que
les autres avec leurs bords de toit relevés de style pagode . Le plus
intéressant dans l'histoire ,ce sont les costumes des pèlerins mongols
venus de leur pays voisin en bus à l'occasion de la fête . Avant de
repartir , nous assistons à l'incontournable photo de groupe , en robe
de soie brillante devant l'autocar .
Encore cent bornes de steppe écrasée par le soleil où nous
continuons à longer la rivière Sélenga, formant par endroit de petits
lacs et par la même occasion de frêles taches de verdure . Des troupeaux
de vaches viennent y boire et aussi s'y baigner .Sur les monts pelés qui
nous entourent on peut voir de petites stupas blanches, pour bien
rappeler que nous sommes bien en pays bouddhiste . Seuls quelques
minuscules villages aux maisons de bois et des yourtes isolées résument
la présence humaine dans cette immensité d'herbe rase . Nus tournons à
gauche juste derrière la stupa plantée juste sur le bord de la route .
Nous nous enfonçons alors sur une piste de sable, sur quelques centaines
de mètres ,pour installer le campement un peu avant un minuscule hameaux
de quatre ou cinq maisons doté d'un temple bouddhiste . C'est
extraordinairement dépaysant de se retrouver là , au beau milieu de
nulle part pour passer la nuit . D'énormes criquets viennent nous
chatouiller les jambes et faire sursauter Géraldine , notre
accompagnatrice , qui part en hurlant se réfugier dans le 4x4 de secours
. Serge offre de l'eau fraiche à un berger mongol venu nous rendre
visite avec son troupeau de sept cent moutons : il est obligé de
conduire ces bêtes seul car ses chiens ont jugés qu'il faisait trop
chaud pour quitter la maison ! En tout cas c'est que nous avons cru
comprendre ; c'est bien comme chez nous pendant que le maitre bosse , le
chien se prélasse dans le canapé !!
admirer le fugace spectacle du lever de soleil sur la baie et faire
quelques clichés . Avec la rangée de camping-cars alignés devant la
plage, qui se découpent à contre-jour comme des ombres chinoises , c'est
superbe . La fraicheur de l'aube me fait rapidement regagner mes pénates
pour taper le blog . Mais à 7h00 , je ne tiens plus , l'envie de piquer
une tête dans le Baïkal est trop forte : sur la grève de galets je
retrouve Marie-Noelle , Claire et René déjà entrain de nager : dès mon
arrivée , ils s'arrêtent tous pour regarder les grimaces et écouter les
jurons que les 14 degrés de l'eau provoquent :" oh la vache! oh non de
d...! " J'ai beau me contorsionner dans tous les sens , le premier
contact est violent ; arrivé au niveau de la ceinture , c'est trop dur
et trop long, je plonge !"Oh la vache ...! " Mais curieusement au bout
de quelques minutes je suis acclimaté au point de faire des aller et
retours dans la petite crique comme les autres .Le froid intense nous a
insensibilisé les extrémités et maintenant ce n'est que du bonheur : un
bain dans le lac le plus grand du monde au saut du lit , c'est royal :
notre baignade suscite la curiosité de pas mal de ppistes qui préfèrent
s'armer de leur appareil photo que de leur maillot de bain ; seuls
Michel , Treach et Nills , le couple d'anglais ,osent se jeter à l'eau
au sens propre du terme . C'est vivifiant après une nuit rendue
difficile par les nombreux passages de Transsibériens . Forts d'une
centaines de wagons chacun , je les entendais venir de très loin , le
son étant porté par les eaux du lac . Leur poids titanesque faisait
vibrer le lit . Et puis leurs incessants coups de sirènes pour chasser
le bétail des voies , c'était plutôt crispant . Heureusement qu'entre
deux le doux bruit du ressac était là pour me bercer et m'envoyer tout
droit dans les bras de Morphée .
Malgré la baignade , nous parvenons à décoller vers 8h30
.Première obligation de a journée, le plein de gasoil et si possible
celui du jerrican selon les conseils d'Aldar : " demain , traversée
Bouriatie , quittez Baïkal, pas beaucoup pompes , alors prudence ...
prudence...prudence ...! Bouriatie , république semi autonome dans
Fédération Russe ...Demain vous traversez Ulan Ude , capitale Bouriatie
, 400 000 habitants , bouriates descendants Gengis Khan , tous
bouddhistes chamanistes , pas orthodoxe , vous verrez grand monastère
bouddhiste , le plus grand de Sibérie et de Russie aussi !C'est là que
réside chef des bouddhistes ... Sur petite route à droite ...te donnes
coordonnées GPS après... Fin d'étape à travers steppe... demain pas
camping , bivouac dans steppe , pas eau... pas l'électricité non plus
pour brancher toi ... Bivouac dans steppe, à gauche après stupa , petite
construction bouddhiste , comme çà ... Attends , dessine pour toi...
donne point GPS après ...Pas la peine arriver trop tôt ...Si non , trop
chaud dans steppe ... hi! hi !hi!..°
La route suit le lac encore sur une trentaine de kilomètres ,
nous offrant par moment de jolies points de vue . Puis nous rentrons
dans les terres pour retrouver montagnes et forêts : depuis que nous
avons acheté des plateaux en écorce de bouleau je sais pourquoi certains
d'entre eux ont des chaussettes noires d'un mètre de haut . Nous
retrouvons également les chapelets de petits marchands de fraises des
bois et aussi de myrtilles installés sur les bas -côtés? qui annoncent
l'approche d'un village . A la sortie de l'un d'eux nous croisons une
importante colonne de camping-cars italiens se suivant cul à cul ;
manifestement , ils rentrent de Mongolie . Au fur et à mesure que nous
rentrons dans les terres , nous perdons l'effet Baïkal : le thermomètre
grimpe aussitôt de 10 degrés , ça promet !
Nous escaladons quelques petites montagne couverte de forêts de sapin où
la route prend plaisir à serpenter , enchainant virage sur virage . Nous
voyons d'ailleurs au passage plusieurs carcasses de camion abandonnées
en contrebas de la route :Aldar nous a expliqué que les Sibériens n'ont
pas le matériel nécessaire pour soulever de tel monstre de ferraille .
Après avoir retrouvé la plaine , la végétation change brutalement ; la
forêt fait place à de vastes étendues d'herbe rase , un peu jaunie sous
le soleil de plomb : le thermomètre atteint les 45 degrés lorsque nous
entrons dans Oulan Oud . Après avoir traversé le fleuve Sélenga sur un
grand pont gardé par quatre énormes tigres de pierre , nous nous
faufilons dans une circulation intense jusqu'au marché du centre ville .
Le stationnement étant difficile chacun se débrouille de son côté pour
nous retrouver devant de magnifiques étales de fruits , de légumes et
d'épices . Depuis quelques jours nous avions constaté que chez les
autochtones il y avaient de plus en plus de gens avec des traits
mongoloïdes mais ici ont atteint plus de 90%
Après une bonne heure de ballade parmi les étales colorés et
les odeurs d'épices , nous reprenons la route , cette fois plein sud
vers la Mongolie . Le paysage est de plus en plus dénudé : de l'herbe
rase à perte de vue , quelques touffes d'arbrisseaux éparpillés , la
rivière Sélenga qui serpente un peu plus bas dans la vallée et de chaque
côté des monts totalement pelés . Quelques villages très isolés
s'égrainent à distance de la route : des maisons de bois peintes de
couleurs vives mais aussi des yourtes attirent notre attention . Il est
déjà 14h00 lorsque nous atteignons le fameux monastère bouddhiste dont
Aldar nous avait parlé : étant donné la chaleur insoutenable nous
décidons de manger à l'intérieur du camping-car en attendant le reste de
la troupe; nous goutons à nouveau l'Omul fumé, toujours avec autant de
plaisir : dire que la faible température de l'eau du lac demande pas
moins de dix ans pour qu'ils atteignent la taille nécessaire pour passer
à table!
Nous commençons la visite du monastère par celle d'un stade
installé juste à côté où se déroule une compétition de lutte arbitré par
des mongols vêtus comme à l'époque de Gengis Khan , un chapeau à pointe
sur la tête . En fait nous apprenons que deux fois par an c'est la fête
au monastère : à cette occasion, on expose la dépouille d'un chef
bouddhiste , mort au début du siècle dernier . Sans aucun soin de
conservation particulier , il est parvenu jusqu'à nous en parfait état .
Au prix de quelques jonctions de mains et de flexions du cou , nous
parvenons à pénétrer dans le temple principal en suivant l'interminable
file de fidèles , pour nous prosterner au pied de la fameuse momie . Le
plus dur est de sortir du temple à reculons sans se prendre les pieds
dans le plancher disjoint . Nos dévotions terminées, nous continuons la
visite de ces lieux sacrés, en arpentant une immense court entourée de
palissades en bois : à l'intérieur se mêlent de façon un peu anarchique
des tambours à prières que les pèlerins font tourner de la main droite
en passant devant , des baraquements qui doivent servir de cellules aux
moines , une dizaine d'autres petit temples plus bariolés les uns que
les autres avec leurs bords de toit relevés de style pagode . Le plus
intéressant dans l'histoire ,ce sont les costumes des pèlerins mongols
venus de leur pays voisin en bus à l'occasion de la fête . Avant de
repartir , nous assistons à l'incontournable photo de groupe , en robe
de soie brillante devant l'autocar .
Encore cent bornes de steppe écrasée par le soleil où nous
continuons à longer la rivière Sélenga, formant par endroit de petits
lacs et par la même occasion de frêles taches de verdure . Des troupeaux
de vaches viennent y boire et aussi s'y baigner .Sur les monts pelés qui
nous entourent on peut voir de petites stupas blanches, pour bien
rappeler que nous sommes bien en pays bouddhiste . Seuls quelques
minuscules villages aux maisons de bois et des yourtes isolées résument
la présence humaine dans cette immensité d'herbe rase . Nus tournons à
gauche juste derrière la stupa plantée juste sur le bord de la route .
Nous nous enfonçons alors sur une piste de sable, sur quelques centaines
de mètres ,pour installer le campement un peu avant un minuscule hameaux
de quatre ou cinq maisons doté d'un temple bouddhiste . C'est
extraordinairement dépaysant de se retrouver là , au beau milieu de
nulle part pour passer la nuit . D'énormes criquets viennent nous
chatouiller les jambes et faire sursauter Géraldine , notre
accompagnatrice , qui part en hurlant se réfugier dans le 4x4 de secours
. Serge offre de l'eau fraiche à un berger mongol venu nous rendre
visite avec son troupeau de sept cent moutons : il est obligé de
conduire ces bêtes seul car ses chiens ont jugés qu'il faisait trop
chaud pour quitter la maison ! En tout cas c'est que nous avons cru
comprendre ; c'est bien comme chez nous pendant que le maitre bosse , le
chien se prélasse dans le canapé !!
ppi étape 33 le 9 juillet 2016 Kiakhta-Darhan 200km
C'est avec beaucoup d'amertume qu'hier soir nous avons fait nos
adieux à la Sibérie et surtout à Aldar , celui qui a su si bien nous la
vendre depuis 3 semaines . Nous ne tarissons pas d'éloges car il a su
nous guider avec beaucoup d'humour et de bonne humeur ; il a répondu
présent lors de chaque problème mécanique qu'il a résolu avec une
efficacité remarquable . Aussi nous écoutons religieusement son dernier
briefing :" demain , passage frontière russo-mongolienne , très , très
long , donc patience ...patience ...patience...! Deux ans avant ,
arrivés à 9 h00 , sortis à 18h00 ... Surtout pas photo , même avec
appareil caché derrière sac ou autre ...Pas phooootooo...! Douanier pas
si bête , voit tout ... Si photo , prend appareil , vide mémoire et
après fouille camping-car ...ça peut durer 4 heures donc surtout pas
phoootooo ...On part tôt , à 7h00 pour être premier à la frontière ...On
part en convois jusque là ! Un convois , c'est surveiller celui derrière
dans rétro , et pas seulement coller celui devant . Une fois là-bas ,
par contre on colle celui devant , pas plus 30 cm , surtout ! Si non
aussitôt trois voitures mongoles précipitent entre camping-cars ...Il
faut coller ! Moi , peut pas passer , mais t'attends à la barrière ! Si
léve le bras comme-ça , tu fonces ...Pas adieux Aldar , la bise , les
pleurs , toutes sortes conneries ...Si lève le bras , tu fonces , c'est
tout! Et bonne chance en Mongolie !"
Comme convenu , ce matin à sept heures pétantes , le convoi de
dix sept camping-cars quitte le bivouac pour serpenter d'abord dans la
plaine comme une immense chenille . Nous passons ensuite deux ou trois
petits cols parmi les pins : on se croirait sur les pentes du Ventoux et
dès que nous redescendons nous retrouvons notre trajectoire rectiligne à
travers l'immensité herbeuse de la steppe . Après avoir quitté une zone
relativement humide avec de petits lacs , nous voilà en pleine
sécheresse avec des buissons desséchés , une herbe qui se fait rare et
beaucoup de sable et de poussière , surtout lorsqu'un camion s'amuse à
prendre un chemin de traverse !
A 9h00 nous atteignons le poste frontière après s'être arrêtés
à un barrage de police 10 bornes avant . Aldar nous livre son dernier
numéro de chef d'orchestre en organisant notre passage de la fameuse
barrière par paquet de trois . Puis nous errons de bureaux en bureaux
pour présenter ici les passeport ,là la carte grise rebaptisé pour la
circonstance "passeport machine" plus loin les permis internationaux ;
on remplit des formulaires sans comprendre , puis d'autres papiers ...à
chaque bureau il faut attendre , attendre ,... Unef ois le supplice
terminé pour les Russes , on recommence chez les Mongols . C'est aussi
long mais ici au moins on bénéficie de beaux sourires , çà permet de
mieux supporter ce véritable parcours du combattant ! On termine par le
change d'euros en tugorit (1 euros pour 2200 tugorit , résultat on se
retrouve avec une pile de billets couvert de zéro : pour un peu on se
sentirait riche sauf qu'au bureau suivant on nous réclame déjà 70 000 t
pour la carte verte mongolienne ! C'est devant le dernier bureau que
nous rencontrons pour la première fois notre guide locale : quel bonheur
d'entendre enfin quelqu'un s'exprimer en français . Et puis ça y est ,
la récompense est là , la barrière s'ouvre et le bidasse qui la garde
m'offre un salut militaire des plus rigide !Il est déjà 15h00 car ici
nous ajoutons une heure , ce qui porte à sept heures le décalage avec la
France
" Bonjour la Mongolie !" A peine sommes-nous de l'autre côté de
la barrière que nous nous frottons à l'anarchie ; face au camping-car ,
quatre files de bus et de voitures et tout le monde reste sur ses
positions . Nous profitons de cette inertie statique pour changer des
euros au black .Pendant ce temps les resquilleurs de la quatrième lignes
finissent pas s'infiltrer l'un à droite , un autre à gauche , et le
chemin finit par se libérer devant nous .Et bien sûr plus loin le même
scénario se reproduit , mais là c'est moi qui suis obligé de céder .Pas
drôle d'emprunter le bas-côté en devers avec une inclinaison inavouable
. Je sert les fesses tant j'ai peur de baller sur le côté surtout quand
en plus nous franchissons de grosses ornières . Au point de ralliement,
nous retrouvons une partie des troupes , le reste étant encore aux
prises avec les douaniers .
Après une petite pause bien nécessaire d'une demi-heure ,nous
prenons la direction de Darkhan . Aussitôt la route affronte l'immensité
de la steppe , mais curieusement celle-ci n'est plus la même depuis la
frontière ; ici l'herbe est beau plus verte et plus drue . Les petites
montagnes qui en limitent l'horizon paraissent plus vertes et surtout
plus hautes Nous voyons aussi nos premiers chevaux et nos premières
yourtes parfois groupées par deux ou trois avec souvent un enclos à côté
pour le bétail .Nous croisons également de grands troupeaux de vaches ,
mais surtout de moutons et de chèvres avec des bergers à cheval . Nous
atteignons notre lieu de bivouac vers 17h00 , superbement installé en
pleine steppe avec en contrebas de lac de sel de Darkhan . Sous un ciel
tourmenté où courent de gros nuages sombres , les yourtes blanches des
bergers installées au bord de l'eau n'en ressortent que d'avantage .
Ce soir ,nous sommes obligés de faire la réunion et de prendre
l'apéro sous l'auvent de Pierre et Lydia qui sont d'astreinte .
Heureusement ,ça ne dure pas et nous parvenons à dresser la table pour
manger face au lac : c'est royal...! Et en plus , nous avons sans cesse
les encouragement de toutes les voitures mongoles qui passent ; l'une
d'entre-elles s'arrête pour nous montrer l'auto-stoppeuse française
qu'ils ont prise en charge à Oulan Bator ! Que le monde est petit ...!
adieux à la Sibérie et surtout à Aldar , celui qui a su si bien nous la
vendre depuis 3 semaines . Nous ne tarissons pas d'éloges car il a su
nous guider avec beaucoup d'humour et de bonne humeur ; il a répondu
présent lors de chaque problème mécanique qu'il a résolu avec une
efficacité remarquable . Aussi nous écoutons religieusement son dernier
briefing :" demain , passage frontière russo-mongolienne , très , très
long , donc patience ...patience ...patience...! Deux ans avant ,
arrivés à 9 h00 , sortis à 18h00 ... Surtout pas photo , même avec
appareil caché derrière sac ou autre ...Pas phooootooo...! Douanier pas
si bête , voit tout ... Si photo , prend appareil , vide mémoire et
après fouille camping-car ...ça peut durer 4 heures donc surtout pas
phoootooo ...On part tôt , à 7h00 pour être premier à la frontière ...On
part en convois jusque là ! Un convois , c'est surveiller celui derrière
dans rétro , et pas seulement coller celui devant . Une fois là-bas ,
par contre on colle celui devant , pas plus 30 cm , surtout ! Si non
aussitôt trois voitures mongoles précipitent entre camping-cars ...Il
faut coller ! Moi , peut pas passer , mais t'attends à la barrière ! Si
léve le bras comme-ça , tu fonces ...Pas adieux Aldar , la bise , les
pleurs , toutes sortes conneries ...Si lève le bras , tu fonces , c'est
tout! Et bonne chance en Mongolie !"
Comme convenu , ce matin à sept heures pétantes , le convoi de
dix sept camping-cars quitte le bivouac pour serpenter d'abord dans la
plaine comme une immense chenille . Nous passons ensuite deux ou trois
petits cols parmi les pins : on se croirait sur les pentes du Ventoux et
dès que nous redescendons nous retrouvons notre trajectoire rectiligne à
travers l'immensité herbeuse de la steppe . Après avoir quitté une zone
relativement humide avec de petits lacs , nous voilà en pleine
sécheresse avec des buissons desséchés , une herbe qui se fait rare et
beaucoup de sable et de poussière , surtout lorsqu'un camion s'amuse à
prendre un chemin de traverse !
A 9h00 nous atteignons le poste frontière après s'être arrêtés
à un barrage de police 10 bornes avant . Aldar nous livre son dernier
numéro de chef d'orchestre en organisant notre passage de la fameuse
barrière par paquet de trois . Puis nous errons de bureaux en bureaux
pour présenter ici les passeport ,là la carte grise rebaptisé pour la
circonstance "passeport machine" plus loin les permis internationaux ;
on remplit des formulaires sans comprendre , puis d'autres papiers ...à
chaque bureau il faut attendre , attendre ,... Unef ois le supplice
terminé pour les Russes , on recommence chez les Mongols . C'est aussi
long mais ici au moins on bénéficie de beaux sourires , çà permet de
mieux supporter ce véritable parcours du combattant ! On termine par le
change d'euros en tugorit (1 euros pour 2200 tugorit , résultat on se
retrouve avec une pile de billets couvert de zéro : pour un peu on se
sentirait riche sauf qu'au bureau suivant on nous réclame déjà 70 000 t
pour la carte verte mongolienne ! C'est devant le dernier bureau que
nous rencontrons pour la première fois notre guide locale : quel bonheur
d'entendre enfin quelqu'un s'exprimer en français . Et puis ça y est ,
la récompense est là , la barrière s'ouvre et le bidasse qui la garde
m'offre un salut militaire des plus rigide !Il est déjà 15h00 car ici
nous ajoutons une heure , ce qui porte à sept heures le décalage avec la
France
" Bonjour la Mongolie !" A peine sommes-nous de l'autre côté de
la barrière que nous nous frottons à l'anarchie ; face au camping-car ,
quatre files de bus et de voitures et tout le monde reste sur ses
positions . Nous profitons de cette inertie statique pour changer des
euros au black .Pendant ce temps les resquilleurs de la quatrième lignes
finissent pas s'infiltrer l'un à droite , un autre à gauche , et le
chemin finit par se libérer devant nous .Et bien sûr plus loin le même
scénario se reproduit , mais là c'est moi qui suis obligé de céder .Pas
drôle d'emprunter le bas-côté en devers avec une inclinaison inavouable
. Je sert les fesses tant j'ai peur de baller sur le côté surtout quand
en plus nous franchissons de grosses ornières . Au point de ralliement,
nous retrouvons une partie des troupes , le reste étant encore aux
prises avec les douaniers .
Après une petite pause bien nécessaire d'une demi-heure ,nous
prenons la direction de Darkhan . Aussitôt la route affronte l'immensité
de la steppe , mais curieusement celle-ci n'est plus la même depuis la
frontière ; ici l'herbe est beau plus verte et plus drue . Les petites
montagnes qui en limitent l'horizon paraissent plus vertes et surtout
plus hautes Nous voyons aussi nos premiers chevaux et nos premières
yourtes parfois groupées par deux ou trois avec souvent un enclos à côté
pour le bétail .Nous croisons également de grands troupeaux de vaches ,
mais surtout de moutons et de chèvres avec des bergers à cheval . Nous
atteignons notre lieu de bivouac vers 17h00 , superbement installé en
pleine steppe avec en contrebas de lac de sel de Darkhan . Sous un ciel
tourmenté où courent de gros nuages sombres , les yourtes blanches des
bergers installées au bord de l'eau n'en ressortent que d'avantage .
Ce soir ,nous sommes obligés de faire la réunion et de prendre
l'apéro sous l'auvent de Pierre et Lydia qui sont d'astreinte .
Heureusement ,ça ne dure pas et nous parvenons à dresser la table pour
manger face au lac : c'est royal...! Et en plus , nous avons sans cesse
les encouragement de toutes les voitures mongoles qui passent ; l'une
d'entre-elles s'arrête pour nous montrer l'auto-stoppeuse française
qu'ils ont prise en charge à Oulan Bator ! Que le monde est petit ...!
jeudi 7 juillet 2016
ppi étape 31 le 7 juillet 2016 Irkoutsk-Babushkin 380 km
Apparemment notre pot d'hier a plu , et c'est tant mieux car je
n'est rien eu à ranger au frigo ! En plus nous avons été comblés car
Aldar a accepté de nous faire une démonstration de sa façon de boire son
verre de vodka en le faisant rouler sur la joue en ayant eu soin d'en
offrir un goutte à la Terre et une goutte au Ciel auparavant (un rite
chamanique bouriate à coup sûr!) : avec sa permission j'ai même pu le
filmer . Ensuite il m'a montré qu'il parfumait la vodka avec un fond de
pastis dans le verre .
"Demain c'est étape montagne , donc beaucoup virages ...Faire
très attention, voitures sibériennes doublent en face , faut arrêter ,
c'est mieux ... on passe même petit col ... Camping-car va peiner ...
Attention , pas faire chauffer moteur trop ....Après , vous encore
beaucoup , beaucoup route ...!Moi demain chez moi en Bouratie ...Moi
prend voiture personnelle pour accompagner vous frontière avec Mongolie
... Demain matin , rend à vous passeport avec date sortie Russie ... Si
non ,vous pas sortir Russie , vous goulag ...hi! hi ! hi ! Dans
descente , pas toujours freiner , très mauvais ... ça chauffe , aie !aie
!aie ! Utilisez frein moteur , c'est mieux pour camping-car , très
lourd! Demain encore travaux , travaux ,travaux , donc patience ,
patience , patience ! On suit la côte sud du Baïkal ! Il faut s'arrêter
, beaucoup points de vue sur lac !Moi , en Bouriatie l'hiver , chasse
mais pas avec fusil comme vous , avec petite cartouche carton , nous
fusil avec chargeur , cinq balles grosses comme ça , pour tuer ours ,
élans , cerfs ... aussitôt animal tué , ouvre ventre avec couteau et hop
tranche de foie manger tout chaud ...Humm!...Tu rigoles ... C'est vrai ,
très bon ... Le reste foie sur balcon , moins quarante , pas besoin
congélateur comme chez vous ... Après , tous les jours coupe petites
tranches foie congelé , très fines, fond dans la bouche ...hummm ! avec
vodka ...Hummm!
Bien que l'étape prévue ne soit pas très longue , nous décidons
de partir relativement tôt, car nous avons beaucoup de choses à faire ce
matin : le plein de gasoil , le plein de gaz car ici on peut remplir les
bouteilles avec du GPL directement à la pompe et aussi des courses de
bouche , car après ce sera plus délicat en Mongolie . Aussi à huit
heures tapantes nous quittons le parking pour nous arrêter à la première
pompe ,où nous sommes obligés d'attendre un peu pour qu'elle daigne
ouvrir . Le temps que je vide mon jerrican dans le réservoir et voilà
Serge qui n'arrive plus à démarrer .Sa clef parvient à déclencher
l'ouverture des portes mais ne parvient pas faire tourner le démarreur .
Après un rapide examen de la situation , nous téléphonons à Jean-Yves
qui est juste sur le point de quitter le camping . Une demi-heure plus
tard , le diagnostic tombe : ceux sont les clefs qui se sont désactivées
. Pour solutionner ce problème électronique , il faut transporter le
véhicule sur plateau chez un concessionnaire Mercédes . Par chance
,nous ne sommes qu'à quarante kilomètres d'Irkoutsk . Il faut donc
l'intervention d'Aldar pour mettre sur pied tout çà ! Serge et Marie-Do
ont le moral dans les godasses ; nous tentons de les soutenir du mieux
que nous pouvons , déjà par notre présence et par des propos les plus
réconfortants possible .
En attendant le dépanneur , stressé et incapable de rester là
sur le parking , les bras ballants à discuter , j'en profite pour
rattraper mon retard en tapant mon blog sur l'ordi , dans le camping-car
. Comme la situation s'éternise , je propose à Dominique de retourner 15
km en arrière pour aller sur le petit marché aux poissons fumés pour
acheter quelques produits d'artisanat locaux que nous avions repéré hier
. Il s'agit de plateau fait de morceau d' écorce de bouleau cousu
grossièrement entre eux et décorés de motifs gravés . Le résultat est
plutôt joli , résultat nous en achetons trois avant de rejoindre la
troupe toujours occupé à attendre le dépanneur . Il finit par arriver à
11h00 et met presque une heure pour faire grimper le fourgon sur son
plateau ; la manoeuvre n'est pas facile car sans contact , tout est
bloqué sur les véhicules modernes . Il faut soulever le train avant avec
deux crics pour glisser et amarrer un petit chariot métallique sous
l'avant du véhicule avant de pouvoirt le haler sur la plateforme
fortement inclinée . Ensuite c'est le porte-à-faux arrière du fourgon de
Serge qui pose problème en frottant sur le parking avec un bruit
métallique des plus sinistre . Le dépanneur glisse alors des planches
sous les roues pour réduire l'angle d'inclinaison et le frottement cesse
. Serge part à bord de la dépanneuse . Marie-Do monte à bord du 4x4
d'Aldar avec pour consigne de nous tenir au courant de l'évolution de la
situation .En attendant nous gagnons Irkoutsk pour faire nos courses de
bouche et le plein de gaz dans une station spécialisée que nous avions
repéré hier en bus .
A 14h00 , comme le téléphone n'a toujours pas sonné , nous
commençons à traverser la capitale de la Sibérie Orientale , toujours
aussi grouillante de circulation . Dès que nous quittons l'enfer urbain
, nous retrouvons un paysage montagnard , mais plutôt alpin maintenant
,car les cimes sont plus hautes et les pentes plus abruptes : j'aide le
camping-car du mieux que je peux en mettant en boite manuelle . La route
serpente beaucoup parmi les sapins, rendant les doublements de camions
hasardeux , d'autant que beaucoup de voitures arrivent en face . Et puis
les semi-remorques russes ne facilitent pas la tache avec leur longueur
démesurée . Nous enjambons ainsi plusieurs petits monts . Vers 15h00 ,
le téléphone nous apprend la bonne nouvelle ; le véhicule est réparé .
Aussitôt nous optons pour une pause casse-croûte , histoire de leur
permettre de rattraper une partie de leur retard . Après une difficile
recherche dans le secteur , nous finissons par trouver un affreux
parking poussiéreux à souhait . Une fois installés au fond de celui-ci
sur une vieille dalle , derrière une palissade , nous nous rendons
compte qu'il s'agit d'une station service encore en activité !! Il ne
nous reste plus qu'à riper un peu sur quelques dizaines de mètres ,
histoire de rester en bon terme avec les voisins !
Vers 16h00 nous reprenons notre traversée de la chaine
montagneuse pour enfin descendre sur les bords du Baïkal : ici la route
offre de magnifiques points de vue sur le lac . Dommage que nous ayons
le soleil de face et que bien souvent le panorama se cache derrière de
hautes rangées d'arbres . Une fois parvenus au niveau de l'eau , nous
suivons la berge en compagnie du Transsibérien ,omniprésent , qui
contourne aussi le lac par le sud . Nous arrivons au campement en même
temps que Serge et Marie-Do qui , en forçant un peu sur la mécanique ,
ont réussi à nous rattraper . Et comme les heureux événements n'arrivent
jamais seul , à la sortie du petit chemin de terre qui nous mène au
camping , nous avons la surprise d'être sur une plage , au bord du
Baïkal ,et au soleil couchant de surcroît .
Une happy end que nous accompagnons d'un solide apéro bien mérité !!
n'est rien eu à ranger au frigo ! En plus nous avons été comblés car
Aldar a accepté de nous faire une démonstration de sa façon de boire son
verre de vodka en le faisant rouler sur la joue en ayant eu soin d'en
offrir un goutte à la Terre et une goutte au Ciel auparavant (un rite
chamanique bouriate à coup sûr!) : avec sa permission j'ai même pu le
filmer . Ensuite il m'a montré qu'il parfumait la vodka avec un fond de
pastis dans le verre .
"Demain c'est étape montagne , donc beaucoup virages ...Faire
très attention, voitures sibériennes doublent en face , faut arrêter ,
c'est mieux ... on passe même petit col ... Camping-car va peiner ...
Attention , pas faire chauffer moteur trop ....Après , vous encore
beaucoup , beaucoup route ...!Moi demain chez moi en Bouratie ...Moi
prend voiture personnelle pour accompagner vous frontière avec Mongolie
... Demain matin , rend à vous passeport avec date sortie Russie ... Si
non ,vous pas sortir Russie , vous goulag ...hi! hi ! hi ! Dans
descente , pas toujours freiner , très mauvais ... ça chauffe , aie !aie
!aie ! Utilisez frein moteur , c'est mieux pour camping-car , très
lourd! Demain encore travaux , travaux ,travaux , donc patience ,
patience , patience ! On suit la côte sud du Baïkal ! Il faut s'arrêter
, beaucoup points de vue sur lac !Moi , en Bouriatie l'hiver , chasse
mais pas avec fusil comme vous , avec petite cartouche carton , nous
fusil avec chargeur , cinq balles grosses comme ça , pour tuer ours ,
élans , cerfs ... aussitôt animal tué , ouvre ventre avec couteau et hop
tranche de foie manger tout chaud ...Humm!...Tu rigoles ... C'est vrai ,
très bon ... Le reste foie sur balcon , moins quarante , pas besoin
congélateur comme chez vous ... Après , tous les jours coupe petites
tranches foie congelé , très fines, fond dans la bouche ...hummm ! avec
vodka ...Hummm!
Bien que l'étape prévue ne soit pas très longue , nous décidons
de partir relativement tôt, car nous avons beaucoup de choses à faire ce
matin : le plein de gasoil , le plein de gaz car ici on peut remplir les
bouteilles avec du GPL directement à la pompe et aussi des courses de
bouche , car après ce sera plus délicat en Mongolie . Aussi à huit
heures tapantes nous quittons le parking pour nous arrêter à la première
pompe ,où nous sommes obligés d'attendre un peu pour qu'elle daigne
ouvrir . Le temps que je vide mon jerrican dans le réservoir et voilà
Serge qui n'arrive plus à démarrer .Sa clef parvient à déclencher
l'ouverture des portes mais ne parvient pas faire tourner le démarreur .
Après un rapide examen de la situation , nous téléphonons à Jean-Yves
qui est juste sur le point de quitter le camping . Une demi-heure plus
tard , le diagnostic tombe : ceux sont les clefs qui se sont désactivées
. Pour solutionner ce problème électronique , il faut transporter le
véhicule sur plateau chez un concessionnaire Mercédes . Par chance
,nous ne sommes qu'à quarante kilomètres d'Irkoutsk . Il faut donc
l'intervention d'Aldar pour mettre sur pied tout çà ! Serge et Marie-Do
ont le moral dans les godasses ; nous tentons de les soutenir du mieux
que nous pouvons , déjà par notre présence et par des propos les plus
réconfortants possible .
En attendant le dépanneur , stressé et incapable de rester là
sur le parking , les bras ballants à discuter , j'en profite pour
rattraper mon retard en tapant mon blog sur l'ordi , dans le camping-car
. Comme la situation s'éternise , je propose à Dominique de retourner 15
km en arrière pour aller sur le petit marché aux poissons fumés pour
acheter quelques produits d'artisanat locaux que nous avions repéré hier
. Il s'agit de plateau fait de morceau d' écorce de bouleau cousu
grossièrement entre eux et décorés de motifs gravés . Le résultat est
plutôt joli , résultat nous en achetons trois avant de rejoindre la
troupe toujours occupé à attendre le dépanneur . Il finit par arriver à
11h00 et met presque une heure pour faire grimper le fourgon sur son
plateau ; la manoeuvre n'est pas facile car sans contact , tout est
bloqué sur les véhicules modernes . Il faut soulever le train avant avec
deux crics pour glisser et amarrer un petit chariot métallique sous
l'avant du véhicule avant de pouvoirt le haler sur la plateforme
fortement inclinée . Ensuite c'est le porte-à-faux arrière du fourgon de
Serge qui pose problème en frottant sur le parking avec un bruit
métallique des plus sinistre . Le dépanneur glisse alors des planches
sous les roues pour réduire l'angle d'inclinaison et le frottement cesse
. Serge part à bord de la dépanneuse . Marie-Do monte à bord du 4x4
d'Aldar avec pour consigne de nous tenir au courant de l'évolution de la
situation .En attendant nous gagnons Irkoutsk pour faire nos courses de
bouche et le plein de gaz dans une station spécialisée que nous avions
repéré hier en bus .
A 14h00 , comme le téléphone n'a toujours pas sonné , nous
commençons à traverser la capitale de la Sibérie Orientale , toujours
aussi grouillante de circulation . Dès que nous quittons l'enfer urbain
, nous retrouvons un paysage montagnard , mais plutôt alpin maintenant
,car les cimes sont plus hautes et les pentes plus abruptes : j'aide le
camping-car du mieux que je peux en mettant en boite manuelle . La route
serpente beaucoup parmi les sapins, rendant les doublements de camions
hasardeux , d'autant que beaucoup de voitures arrivent en face . Et puis
les semi-remorques russes ne facilitent pas la tache avec leur longueur
démesurée . Nous enjambons ainsi plusieurs petits monts . Vers 15h00 ,
le téléphone nous apprend la bonne nouvelle ; le véhicule est réparé .
Aussitôt nous optons pour une pause casse-croûte , histoire de leur
permettre de rattraper une partie de leur retard . Après une difficile
recherche dans le secteur , nous finissons par trouver un affreux
parking poussiéreux à souhait . Une fois installés au fond de celui-ci
sur une vieille dalle , derrière une palissade , nous nous rendons
compte qu'il s'agit d'une station service encore en activité !! Il ne
nous reste plus qu'à riper un peu sur quelques dizaines de mètres ,
histoire de rester en bon terme avec les voisins !
Vers 16h00 nous reprenons notre traversée de la chaine
montagneuse pour enfin descendre sur les bords du Baïkal : ici la route
offre de magnifiques points de vue sur le lac . Dommage que nous ayons
le soleil de face et que bien souvent le panorama se cache derrière de
hautes rangées d'arbres . Une fois parvenus au niveau de l'eau , nous
suivons la berge en compagnie du Transsibérien ,omniprésent , qui
contourne aussi le lac par le sud . Nous arrivons au campement en même
temps que Serge et Marie-Do qui , en forçant un peu sur la mécanique ,
ont réussi à nous rattraper . Et comme les heureux événements n'arrivent
jamais seul , à la sortie du petit chemin de terre qui nous mène au
camping , nous avons la surprise d'être sur une plage , au bord du
Baïkal ,et au soleil couchant de surcroît .
Une happy end que nous accompagnons d'un solide apéro bien mérité !!
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